Wayne était rentré à Poudlard depuis deux jours, et James n'avait pu s'empêcher de remarquer que son bras était déjà de retour sur les épaules de Lily Evans. Merlin, il en était malade. Elle ne disait rien. Comment pouvait-elle ne rien dire ? Comment pouvait-elle le laisser faire ? Il savait que ce n'était pourtant pas tout à fait ce qu'il s'était passé. Alice lui avait expliqué que Lily avait longuement hurlé sur Wayne le jour de son retour, mais le bras était bien là où il était, et les hurlements ne signifiaient rien pour James. Le tableau était celui là. Elle était assise dans la Grande Salle à côté de lui, et il avait la main sur elle.
Il s'était promit qu'il ne dirait rien si cela arrivait, il s'était promit qu'il la laisserait, qu'il ne lui mènerait pas la vie dure parce qu'elle l'était déjà. Il s'était promit de la laisser tranquille, de la laisser faire ce qu'elle voulait même si elle lui avait dit oui à l'infirmerie, mais il n'avait pas prévu qu'il serait incapable de rester de marbre face à ça.
« Bon, qu'est-ce que tu attends ? L'interrogea Sirius dont les pieds tapaient d'impatience sous la table.
_ Je n'en sais rien, répondit très honnêtement James. »
Son meilleur ami soupira bruyamment, et sans que James n'ait pu faire quoi que ce soit pour l'en empêcher, Sirius dégaina sa baguette et envoya son plat de haricots verts directement à la figure de Daren Wayne. James ne lui avait pourtant rien confirmé concernant sa relation avec Evans, mais le maraudeur avait toujours su lire en lui comme dans un livre ouvert. Une bonne partie de la table éclata de rire, et pendant ce temps là, Lily fusillait Sirius Black et James Potter du regard.
Wayne n'avait pas le choix, il était obligé de rester bien sagement assit sur son banc s'il ne voulait pas se faire renvoyer définitivement cette fois-ci et James devait bien l'admettre, cela le faisait rire. Le regard de Lily le réjouissait un peu moins, et il déglutit lorsqu'elle les pointa tous les deux du doigt, Sirius et lui, et qu'elle leur fit signe de la suivre à l'extérieur de la Grande Salle.
« Vous êtes vraiment des abrutis ! Daren vient de rentrer, il ne peut même pas se défendre ! Leur cria-t-elle lorsqu'ils furent seuls dans les couloirs.
_ Il aurait fait quoi s'il avait pu ? Il aurait tranché sa petite-amie en deux ? L'interrogea Sirius sur un ton sec.
_ Retenue demain soir pour tous les deux, lâcha t-elle en s'efforçant d'ignorer la remarque.
_ James n'a rien fait, protesta Sirius.
_ Potter ne fait jamais rien, commenta Lily avec ironie. »
Sirius lui jeta un regard haineux et tourna les talons mais son meilleur ami resta planté devant la préfète avec la terrible impression que son commentaire signifiait plus que ce que Sirius avait comprit.
« Potter ne fait jamais rien ? Répéta-t-il en l'observant attentivement. »
Elle baissa les yeux. Elle regrettait ces mots, ce n'était pas ce qu'elle voulait dire. Elle voulait juste dire que... Qu'il n'avait aucune réaction depuis deux jours. Il la regardait de loin, et c'était tout. C'était comme si elle n'avait plus aucune importance, comme si le fait que Daren soit revenu remettait les choses dans l'ordre. Alors elle avait laissé Daren faire ce qu'il voulait d'elle en attendant que James Potter réagisse, mais il ne le faisait pas.
« Potter ne fait jamais rien ?! Reprit-il avant de s'avancer vers elle. »
Merlin. Son regard était presque menaçant. Elle recula, recula, recula, et puis son dos heurta une porte. Le jeune homme se pencha sur elle, et elle laissa échapper un soupir de peur, d'appréhension, d'exaspération, elle ne savait pas trop. Un mélange de tout cela, probablement. Elle respirait comme si elle était en train de courir un marathon alors qu'elle était seulement en train d'essayer de garder toute sa tête face à la proximité de James Potter.
Elle aurait peut-être dû lui parler au lieu de rester coller à Daren comme un bigorneau à son rocher. Elle aurait peut-être dû lui demander si son offre tenait toujours et si son « oui » était toujours la réponse qu'il attendait, mais le plus simple avait été d'attendre, de reprendre Wayne comme s'il ne s'était jamais rien passé et de voir si le comportement de Potter changeait. Il n'y avait eu que de l'indifférence, mais là, dans le couloir vide, il n'y en avait plus.
Il appuya sa main sur la poignée qui se trouvait juste derrière elle, et elle manqua de trébucher dans le placard à balai. Il eut le réflexe heureux de la retenir, et puis il donna un coup de pied dans la porte pour la refermer derrière eux avant de faire pivoter Lily pour inter-changer leur position et la caler étroitement entre la porte et son corps.
« Potter ne fait jamais rien ? Ajouta-t-il une troisième fois.
_ Ce n'est pas ce que... Tu ne... Je ne voulais pas... »
Oh Merlin. La chose arrivait encore. Elle n'arrivait plus à parler distinctement et ses yeux fixaient la bouche de Potter avec autant de panique que d'espoir. Un placard à balai. Ils étaient dans un placard à balai et il avait cloué ses mains à la porte, de chaque côté de sa tête pour l'empêcher de s'évader. Il la fixait avec cet air furieux et elle sut. Elle sut qu'il allait le faire. Ne serait-ce que pour la contredire, elle sut qu'il allait l'embrasser. Et il le fit. Parce qu'il fallait être parfaitement honnête, elle l'avait défié, elle l'avait cherché.
Elle mit plusieurs secondes à réaliser ce qu'il se passait, et puis elle sentit toutes ses facultés mentales l'abandonner. Lâches, pesta-t-elle intérieurement avant de capituler de la même manière. Elle ne pouvait pas reprocher à son esprit d'abdiquer si son corps ne tenait pas non plus le coup, mais voilà, c'était James Potter, et ce crétin savait s'y prendre.
Ses mains avaient quittées la porte pour venir se poser sur ses joues et celles de Lily avaient déposées les armes comme tout le reste de son corps pour se jeter sur le sien de la manière la plus irraisonnable qui soit, mais c'était si bon. C'était comme rentrer chez soit après un long voyage. Sa bouche lui était plus familière que celle de Daren alors qu'elle sortait avec lui depuis presque trois mois.
« James... Souffla-t-elle entre deux baisers. Arrête. Deux minutes. James... »
Oh bon sang, était-elle si peu convaincante que cela pour qu'il ne prenne même pas la peine de l'écouter ? Pourtant, elle avait prononcé son prénom, cela aurait dû attirer son attention, mais il était bien trop occupé à essayer de lui faire oublier qu'il n'avait rien fait pour s'autoriser à s'arrêter maintenant sur un détail comme celui-ci. Il l'embrassait, encore et encore, et elle avait si peu de volonté qu'elle ne parvenait pas à empêcher la chose de se reproduire inlassablement.
Regardons les choses en face, James était doué. Comment était-elle supposée arrêter quelque chose d'aussi plaisant ? Où pourrait-elle bien en trouver la force ? Son petit-ami était dans la pièce d'à côté et c'était vraiment, vraiment très mal de lui faire une chose pareille, mais Lily n'y pensait même plus parce que son cerveau s'était débranché. Il n'y avait plus que les lèvres de James sur les siennes, les mains de James sur son visage, le corps de James contre le sien, et Merlin, arriva ce qu'il devait arriver. Elle poussa un soupir de désir dans sa bouche. Un pathétique soupir de désir. De désir... ! Ce truc qu'elle n'avait jamais ressenti avant et qui la rendit écarlate.
Bizarrement, ce soupir eut l'effet contraire de ce à quoi elle s'était attendue. Les lèvres de James Potter lâchèrent les siennes, et l'espace qu'il laissa entre eux ne représenta plus aux yeux de Lily qu'un vulgaire obstacle à franchir le plus vite possible. James avait ce sourire en coin figé sur le visage, et Lily ne voulait que sa bouche sur la sienne, encore.
« Arrête ça, Evans, lui dit-il en lâchant son visage. Ce truc avec Wayne. Arrête le aujourd'hui. »
Elle déglutit et se rapprocha pour l'embrasser à nouveau comme un zombi incapable de réfléchir à ses gestes, mais il la repoussa en la clouant une nouvelle fois à la porte. Elle fut forcée de le regarder dans les yeux cette fois-ci, et elle se sentit vraiment, vraiment terrible. Elle venait de bécoter Potter dans un placard à balai. Le cliché ne pouvait pas être pire.
« Je te jure, arrête tout aujourd'hui. Je veux que tu sois avec moi. Arrête ça, insista-t-il.
_ Je... J'ai...
_ Ne joue pas, Evans, sinon je ne serai plus là. Ça ne se reproduira plus tant que tu seras avec lui, et nous savons tous les deux que tu ne pourras pas t'empêcher d'y penser. A chaque fois que tu seras avec lui, tu ne penseras qu'à moi et à ce qu'il s'est passé dans ce placard à balai. Tu passeras devant tous les jours, et la seule chose qui te viendra à l'esprit, c'est le plaisir que tu as ressenti là, avec moi. Avec moi, Evans, pas avec lui. »
Il n'y avait rien à répondre à cela, et James n'attendit pas de réponse. Il posa ses mains sur les deux épaules de Lily pour la décaler légèrement, puis il ouvrit la porte et quitta le placard à balai pour rejoindre la Grande Salle. Elle était complètement à bout de souffle, complètement désarçonnée, complètement d'accord avec lui. Il fallait qu'elle arrête ça.
Ce crétin savait parfaitement ce qu'il faisait en l'embrassant de cette manière, et il savait aussi parfaitement ce qu'il faisait quand il l'ignora toute la journée. Il lui donnait un avant-goût de ce à quoi elle devait s'attendre si elle restait avec Daren tout comme il lui avait donné un avant-goût de ce qui l'attendait si elle décidait finalement de donner une suite au « oui » qu'elle avait prononcé dans l'infirmerie.
Elle ne pouvait s'empêcher de rougir et de trembler de tous ses membres à chaque fois qu'elle posait les yeux sur cet abruti de Potter qui était aussi calme que s'il était en train de rédiger un stupide devoir de Métamorphose alors qu'elle arrivait à peine à respirer en repensant à sa bouche sur la sienne. Merlin. Il n'y avait pas de justice.
Elle tapotait nerveusement les bras de son fauteuil lorsque James Potter pénétra finalement dans la Salle Commune. Il était près d'une heure du matin et elle s'était répétée probablement une cinquantaine de fois ce qu'elle devait lui dire. Pourtant, lorsque ses yeux accrochèrent les siens, tout s'évapora.
« Traîner dans les couloirs à cette heure là, Potter... Tu cherches vraiment à te faire renvoyer.
_ Qui a dit que je traînais dans les couloirs ? Répliqua-t-il avec un sourire malin.
_ Quoi ? Tu étais encore en train de lancer un ultimatum à une pauvre fille après l'avoir pelotée dans un placard à balai ? »
James brandit les mains en l'air comme on aurait brandit un drapeau blanc en pleine guerre, et il s'avança vers le canapé sur lequel il jeta négligemment sa veste avant de se laisser tomber dessus à son tour. Allongé sur le dos, les bras croisés sur sa poitrine, les yeux rivés sur les moulures au plafond, il souriait comme s'il savait déjà ce qu'elle allait lui dire, et cela exaspérait profondément Lily.
« En parlant d'ultimatum... Y-a-t-il quelque chose que tu voudrais me confier ? Poursuivit-il.
_ Ne jubile pas trop, Potter, répondit-elle avec agacement.
_ Théoriquement, je pourrais partir, à défaut de jubiler, puisqu'il est passé minuit, et que je ne sais toujours pas si tu as fait la bonne chose.
_ Oh mais le problème est justement là, Potter, ton sourire idiot me prouve que je n'ai justement pas fait la bonne chose, rétorqua-t-elle d'une voix calme.
_ Ouch, se moqua-t-il en feignant la douleur. »
Bonne ou mauvaise, elle l'avait faite, cette chose. Elle avait rompu avec Daren Wayne dans le parc, un peu plus tôt, et il avait été aussi compréhensif que l'on doit l'être quand on a jeté un sort de coupure à sa petite-amie quelques jours plus tôt. Il avait reçu l'information sans pour autant l'avoir acceptée, et Lily avait bien entendu omis d'évoquer la part de responsabilité de James Potter là dedans. Il ne devait pas savoir, pas si tôt.
« Alors... S'impatienta-t-il.
_ Alors... Wayne et moi, c'est terminé, lâcha-t-elle.
_ Yes ! S'exclama-t-il en levant ses deux poings en l'air.
_ Potter... Sérieusement... Un peu de retenue, lui intima-t-elle en haussant un sourcil.
_ Non. Plus aucune retenue Evans, répliqua-t-il avant de bondir du canapé. »
Et Merlin il se jeta sur elle. Complètement. Avant qu'elle ne se rende compte de quoi que ce soit, il avait pris sa place dans son fauteuil et elle se retrouvait assise sur ses genoux sans même le réaliser, à l'embrasser comme si rien d'autre ne comptait, comme deux pathétiques bêtes sauvages incapables d'éprouver la moindre sensation de satiété.
Elle ne voulait pas arrêter ça, elle ne voulait pas, mais elle le devait parce qu'il fallait qu'elle lui explique quelque chose d'important. Elle ne sut par quel miracle elle parvint à lâcher sa bouche, mais tous ses efforts tombèrent à l'eau lorsqu'il attrapa son visage entre ses mains et qu'il reprit là où elle avait tenté de s'arrêter. Merlin elle ne pouvait pas lutter.
« James... Juste... »
Il n'écoutait pas. Bon sang il n'écoutait jamais rien. Il était infernal et elle aimait le fait qu'il le soit. Elle aimait le fait qu'il ne puisse pas s'arrêter de l'embrasser parce qu'il fallait l'avouer, c'était plutôt flatteur, mais elle allait suffoquer si il ne lui laissait pas reprendre sa respiration deux secondes et elle n'était pas en mesure de se battre pour sa propre vie, alors il allait falloir qu'il fasse preuve de lucidité pour se rendre compte qu'il était en train de la tuer de la meilleure façon qui soit.
Et il lui laissa ses deux secondes. Pas plus. Elle eut juste le temps de prendre une profonde inspiration et de commencer une phrase qui n'avait aucun sens avant que ses lèvres ne se plaquent une nouvelle fois sur les siennes, aspirant tous les mots qu'elle aurait pu vouloir prononcer ainsi que la moindre protestation qu'elle aurait pu laisser échapper. Il était fort. Elle était d'une nullité sans égale.
« Il faut qu'on parle, réussit-elle finalement à murmurer à toute vitesse lorsqu'il s'écarta légèrement.
_ Quoi ?
_ Il faut que... Il faut qu'on parle, répéta-t-elle en essayant tant bien que mal de reprendre son souffle.
_ Pas. Maintenant. Evans. Répondit-il en l'embrassant entre chaque mot.
_ Si, maintenant, protesta-t-elle en faisant l'effort surhumain de le repousser. »
Il soupira et se laissa retomber au fond du fauteuil en roulant les yeux. Hé ! C'était son attitude d'exaspération, à elle, ça ! Elle réalisa juste quand elle fronça les sourcils, prête à lui hurler de ne pas se comporter comme un parfait idiot et de l'écouter une bonne fois pour toutes, qu'elle était actuellement assise sur ses genoux, et ses joues commencèrent à la brûler légèrement. La position était embarrassante.
« Pourquoi faut-il toujours que tu ruines les meilleurs moments ? S'indigna t-il en laissant ses deux mains retomber le long du fauteuil comme si son corps était désarticulé.
_ Parce que tu n'écoutes jamais ce que l'on te dit ! Riposta-t-elle.
_ Très bien, c'est bon, vas y, j'écoute, mais ça a plutôt intérêt d'en valoir la peine, capitula-t-il en passant sa stupide main dans ses cheveux. »
Elle fit un mouvement pour s'écarter mais il la retint en lui jetant un regard dissuasif et elle obtempéra. Elle avait mis un terme à la séance de bécotage, elle pouvait bien faire un effort et accepter un peu de proximité.
« Wayne est... Il n'est pas vraiment d'accord avec ça. »
James Potter lui lança un sourire moqueur et elle plaqua sa main sur son visage avec dépit. Elle était stupide, vraiment. Evidemment que son ex-petit-ami n'était pas d'accord avec le fait qu'elle le quitte, pourquoi avait-elle dit une imbécillité pareille ?
« Je... Je veux dire que... Il ne sait pas, pour toi, et je ne veux pas qu'il sache tout de suite, expliqua-t-elle, gênée.
_ Alors quoi ? »
Il n'y avait plus aucune trace de sourire sur le visage du jeune homme. Il la fixait simplement avec curiosité et incompréhension.
« Alors, est-ce qu'on peut garder cette chose... Entre nous... Pour le moment ?
_ Combien de temps, exactement ? Lui demanda-t-il avec une pointe d'irritation dans la voix.
_ Je ne sais pas... Une semaine... Deux ? Proposa-t-elle d'une petite voix. »
Sa seule réponse fut de pousser un long soupir et de balancer sa tête en arrière. Elle se sentait coupable. Elle savait qu'elle l'avait déjà malmené quand Wayne était rentré et voilà qu'elle recommençait, mais c'était juste que cela lui semblait mal de s'afficher avec James Potter le lendemain de sa rupture avec Daren.
« Tu me tues, Lily Evans, lâcha-t-il.
_ Tu... Tu auras le droit de me corrompre dans tous les placards à balai qui croiseront notre chemin. »
A peine eut-elle fini sa phrase qu'elle se flagella mentalement pour l'avoir prononcée. Un sourire se dessina progressivement sur le visage de James alors que le sien avait probablement atteint une teinte de rouge qui n'existait même pas encore. Et puis Potter éclata de rire. Il en pleurait presque, à vrai dire, et Lily trouva cela vraiment vexant.
« Tu... Tu essaies de m'acheter avec... Avec des sessions pelotages top secrètes ? L'interrogea-t-il entre deux rires.
_ Ce n'est pas drôle, Potter ! Je... Je me sens déjà assez gênée d'avoir dit ça pour qu'en plus tu te moques !
_ Oh si, c'est drôle, Evans. Parce que c'est toi qui l'a dit.
_ Je ne voulais pas le dire, reprit-elle en croisant ses bras sur sa poitrine, vexée.
_ Tu voulais le dire et plus important, tu voulais le faire, acquiesça-t-il avec ce fichu regard suggestif en approchant dangereusement sa main de sa taille.
_ Non, idiot, nia-t-elle avant de lui donner une petite tape sur les doigts. »
Il continuait de hocher la tête comme le crétin qu'il était et ce qui énervait le plus Lily était sans conteste le fait qu'il ait raison. Elle avait envie qu'il la coince dans un placard à balai, dans les toilettes des filles, dans une salle de classe vide, dans son dortoir. Peu importe où, elle avait envie de ces sessions top secrètes.
« Tu ne sais pas ce que tu veux, Evans, et tant que tu ne sais pas ce que tu veux, tu n'auras que le strict minimum, conclut-il en déposant un rapide baiser sur ses lèvres. »
Il l'attrapa dans ses bras avant de lui rendre son fauteuil et il monta dans son dortoir juste comme ça. Elle avait pensé qu'il y aurait un peu plus. Elle avait pensé qu'après l'explication, ils pourraient retourner à leur occupation précédente, mais visiblement James Potter ne l'avait pas entendu de cette oreille. A quoi s'attendait-elle ? Ils n'avaient jamais su se mettre d'accord sur quoi que ce soit, après tout.
Elle s'apprêtait à monter à son tour dans son dortoir lorsqu'un morceau de parchemin attira son attention sur le canapé. Il n'était pas là avant que James n'arrive. Il avait dû tomber de sa poche lorsqu'il s'y était allongé. Elle l'attrapa pour s'assurer de pouvoir lui rendre le lendemain, mais alors qu'elle s'apprêtait à le glisser dans sa poche, quelque chose attira son attention.
Elle ne sut si c'était la façon dont le papier était déchiré sur les côtés, sa couleur légèrement rosée, ou la fine écriture qu'elle pouvait deviner à travers, mais elle le reconnut presque immédiatement. Juste pour en avoir le cœur net, elle le déplia et ses craintes se confirmèrent. C'était sa liste. James Potter avait sa liste.
