« Lily ? Pourquoi est-ce que tu ne me parles pas ? Ça fait trois jours que ça dure... Gémit Alice en s'asseyant à côté d'elle au déjeuner. »

La jeune femme ne répondit pas. Elle n'arrivait toujours pas à y croire. Alice avait donné sa liste à Potter. Elle avait donné sa liste à Potter . Bon sang mais à quoi pensait-elle ?! Elle n'arrivait pas à croire qu'elle l'ait trahie de cette manière, elle n'arrivait pas à croire qu'elle ait aidé Potter à mettre en place cette supercherie. Ils s'étaient moqués d'elle, tous les deux, et elle n'avait plus aucune envie d'avoir affaire à eux.

« Lily... S'il te plaît, dis moi au moins ce que je t'ai fait, la supplia-t-elle. »

Lily continua à manger comme si personne n'était à côté d'elle, comme si personne ne lui parlait, comme si James Potter ne l'observait pas de l'autre bout de la table. Elle s'en fichait éperdument. Le crétin l'avait littéralement ridiculisée, et sa meilleure amie était de mèche. Comment avait-elle pu faire une chose pareille ? C'était le genre de trahison qui méritait la peine ultime : l'ignorance jusqu'à la mort de l'un des deux partis.

Elle était si furieuse. Elle s'était cachée dans la salle de bain de son dortoir et avait inspecté la liste avec attention, assise contre la cabine de douche. Potter avait rayé certaines lignes, et cela la rendait malade de ne pas s'être aperçue de quoi que ce soit pendant qu'il menait doucement son plan à terme. Pourtant, maintenant, elle y voyait un peu plus clair. Elle comprenait pourquoi Potter se réjouissait de s'être fait arrêter par la police après leur soirée aux Trois Balais.

Elle comprenait également pourquoi il s'était stupidement retrouvé dans la chambre de Pétunia en pleine nuit. Merlin, elle comprenait même la véritable raison de leur escapade dans les cuisines. Il ne voulait pas l'embrasser, il voulait juste rayer une fichue ligne de cette fichue liste ! La gueule de bois, elle se l'était infligée elle-même, mais on ne pouvait pas dire qu'il n'en avait pas allègrement profité. Le patronus, le trèfle à quatre feuilles, les rires... Tout ça, c'était n'importe quoi ! C'était du vent. James Potter lui même n'était que du vent.

« Je t'en supplie, Lily, insista Alice en penchant sa tête pour essayer de capter le regard de Lily. »

La préfète capitula. Elle fourra la main dans sa poche, et abattit sa carte sur la table, ou plutôt, sa liste, tout en lançant un sourire ironique à sa meilleure amie alors que tout ce qu'elle avait véritablement envie de faire était de pleurer de rage. Là, seulement quand le regard d'Alice jongla entre le morceau de parchemin et le regard furieux et déçu de sa meilleure amie, Lily quitta la Grande Salle.

« Oh merlin... Souffla Alice. Merlin, Merlin, Merlin, Merlin... »

Elle se jeta sur le parchemin pour vérifier qu'il s'agissait bien de ce qu'elle croyait, et quand elle constata avec horreur qu'il s'agissait effectivement de la liste, son visage devint livide. Elle se prit la tête entre les mains avant de se la taper bruyamment contre la table. James apparut à côté d'elle à ce moment précis, et un seul coup d'oeil vers le parchemin suffit à ce qu'il comprenne la raison du changement de comportement de la jeune femme.

Il tâta instinctivement sa poche alors qu'il savait pertinemment que la liste n'y était plus, puis ses yeux paniqués se posèrent sur Alice. Il fallait absolument qu'ils fassent quelque chose. Il ne pouvait pas la laisser croire qu'il s'était amusé, parce qu'il était plutôt évident que c'était ce qu'elle pensait et que c'était la raison pour laquelle elle ne lui avait pas lancé un seul regard depuis cette soirée qu'ils avaient passés tous les deux dans la Salle Commune.

« Elle ne devait pas savoir, James ! S'exclama Alice en pleurant presque.
_ Je... Elle a dû tomber de ma poche, je... Je suis désolé Alice. »

La jeune femme balaya ses excuses de la main et quitta à son tour la table du déjeuner. James essaya de leur parler à l'une et à l'autre toute la journée, mais aucune d'entre elle ne sembla disposée à l'écouter jusqu'à ce qu'Alice vienne le voir de son plein gré à la fin de la journée, pendant qu'il jouait aux échecs version sorcier avec Rémus sans réellement prêter attention au jeu. Il attendait juste que Lily descende de son dortoir pour aller faire sa ronde, il l'interpellerait à ce moment là.

« Ce n'est pas de ta faute, c'est de la mienne, lâcha Alice en se laissant péniblement tomber sur le fauteuil qui était à côté de lui.
_ Je pense qu'Evans veut tous les deux nous tuer, en fait, répondit-il en grimaçant.
_ Et elle en a tous les droits. Merlin, c'est comme si on avait comploté contre elle. Tu vois comme ça ne sonne pas bien ? On a fait quelque chose dans son dos et c'est... C'est vraiment horrible parce que c'est ce qu'elle a toujours craint. Elle n'avait pas confiance en qui que ce soit avant moi et... Mon dieu je suis une horrible amie. »

James secoua la tête. Alice n'était pas une mauvaise amie. Elle était tout, sauf ça. Elle était parfois un peu exubérante, et certainement beaucoup trop investie dans les affaires des autres alors qu'elle aurait dû s'occuper des siennes, mais elle était comme ça. Elle voulait aider, et c'était raté.

« Vous êtes stupides, commenta Rémus en bougeant mécaniquement son cavalier sur l'échiquier. »

Il réduisit en miettes celui de James sous le regard des deux fautifs qui étaient en train de se morfondre dans leur coin alors qu'ils auraient dû s'en prendre à Lily. Aux yeux du lycanthrope, ni Alice, ni James n'avaient commis la moindre erreur. Le faux pas venait de Lily, seulement de Lily.

« Tu veux bien développer, Lunard ? L'interrogea James avec une pointe d'agacement dans la voix.
_ Bien sûr. Vous êtes stupides, et Lily Evans l'est encore plus, répondit-il d'une voix neutre en faisant signe à James de jouer.
_ Lily n'est pas stupide, protesta Alice.
_ Bien sûr que si, elle l'est. Sinon elle ne se serait pas mise en colère, si ? Continua-t-il. »

Alice et James se jetèrent un coup d'oeil perplexe. Ils n'avaient aucune idée de ce que le préfet était en train de leur raconter, mais pour lui, tout semblait si parfaitement logique qu'il n'avait même pas l'air de vouloir se fatiguer à expliquer les choses. Pourtant, il dut s'y coller à cause de l'insistance d'Alice qui ne cessait de le déconcentrer en lui tirant sur la manche.

« Evans devrait être contente. Une personne se soucie assez d'elle pour avoir donné l'opportunité à une autre personne d'accomplir point par point tous ses souhaits, je ne vois vraiment pas pourquoi elle en fait tout un plat, expliqua-t-il en haussant les épaules. »

Encore un fois, James et Alice se regardèrent, complètement sceptiques. Rémus avait le don de tout simplifier. Ils s'étaient tous les deux préparés à le contredire, songeant que Lily avait définitivement tous les droits d'être en colère, mais leur argumentation se perdit au fin fond de leur gorge. Il y avait des « Mais » qui persistaient et qui sortaient de temps en temps, mais ils ne menaient à aucune véritable logique. Celle de Rémus était implacable.

« Peut-être que le moyen n'était pas le bon, certes, mais... Lily Evans est juste tellement puérile... Et vous êtes tous horriblement stupides. Ça me donne mal à la tête. »

Rémus bougea nonchalamment son dernier pion avant de prononcer un « échec et mat » sur un ton tellement neutre et dépourvu de fierté qu'Alice se demanda comment les choses se déroulaient lorsqu'il perdait. Elle n'eut pas l'occasion de se moquer de lui à ce propos puisqu'il les planta là comme deux abrutis pour aller se coucher.

Lily descendit approximativement au même moment et James qui attendait ce moment depuis déjà plusieurs heures bondit de son fauteuil pour aller se poster devant elle. Elle l'ignora superbement avant de le contourner, mais il marchait plus vite qu'elle et inexorablement, il se retrouva devant la seule entrée de la Salle Commune avant elle.

« Pousse toi Potter, lui ordonna-t-elle sur un ton autoritaire qui lui fit froid dans le dos.
_ Non. Ecoute je...
_ Alors vas-y. Ris. Moque toi une bonne fois pour toutes, qu'on en finisse !
_ Mais je n'ai aucune intention de...
_ Tu sais quoi ? Tu es la pire personne que je connaisse. Tu es... Si perfide ! Je n'arrive pas à croire que j'aie pu ignorer ça. »

James referma la bouche immédiatement. Lily Evans avait visiblement beaucoup plus besoin de parler que lui. Ou de hurler. Et il venait de se prendre un coup en pleine figure, là. Trois jours plus tôt, il pensait qu'il allait enfin avoir ce qu'il voulait, il pensait qu'il allait enfin l'avoir, qu'elle avait comprit, et pourtant, elle était là, à le regarder comme si elle voulait juste le tuer, et il n'arrivait plus à parler. Tout s'était bloqué.

« Et tu sais quoi, Potter ? Je plains ta pauvre mère...
_ Lily, non, tenta de l'arrêter Alice en se levant à son tour.
_ Parce qu'à sa place, je serais horrifiée d'avoir un fils pareil ! Termina-t-elle avec une violence dans le regard qu'aucun de ses deux interlocuteurs ne lui avait jamais vu. »

Cette fois, le visage de James devint totalement livide. Ses lèvres frémirent légèrement, il déglutit, et il sentit ses yeux le brûler affreusement. Il expira brutalement comme si quelqu'un venait de lui donner un violent coup de poing dans l'abdomen, et il se retourna en même temps que Lily. Lui, pour monter dans son dortoir, elle pour aller faire sa ronde dans les couloirs.

Les malheureux élèves qui n'étaient pas encore couchés se firent réprimander si forts qu'ils se jurèrent de ne jamais quitter de nouveau leur Salle Commune une fois le couvre-feu passé. Alice, qui essayait désespérément de rattraper la jeune femme leur lançait des regards d'excuse à chaque fois qu'ils passaient devant elle. Un deuxième année avait même éclaté en larmes et elle avait été obligé de le consoler avant de reprendre sa route.

Elle s'était mise à courir, bien décidée à arrêter Lily dans sa folie meurtrière, et elle le fit. Elle attrapa son bras, et elle l'obligea à se retourner. La préfète se dégagea de son étreinte avec brutalité. Elle pleurait. Elle pleurait de rage et de tristesse, et Alice n'en eut absolument rien à faire. Elle ne pouvait pas la laisser s'en sortir après avoir dit des choses pareilles à James, après avoir parlé de sa mère. Sa mère, bon sang.

James était déjà assez inquiet à ce propos sans que quiconque ne vienne amener le sujet sur le tapis, mais le faire de cette façon était carrément inadmissible. Alice était là quand James avait appris pour la maladie de sa mère, elle était là quand il était revenu dévasté après sa première visite à Sainte Mangouste, elle était là quand il avait commencé à péter un câble, quand il s'était mis à fréquenter Fanny Drake parce que c'était la chose la plus irresponsable à faire.

Elle était là quand il s'était battu avec Sirius dans la Salle Commune parce qu'il avait volontairement reprit sa forme humaine au beau milieu de la cabane hurlante pendant la pleine lune et que ses deux meilleurs amis avaient tout juste réussi à le faire sortir avant que Rémus ne le déchiquette. Elle était là, et Lily ne l'était pas. Elle n'avait aucune idée de ce qu'il avait traversé, elle n'avait aucune idée des horreurs qu'elle venait de lui cracher au visage.

« Lâche moi espèce de...
_ Espèce de quoi, Lily ? Hein ? Qu'est-ce que tu vas me dire à moi ? Tu vas me dire que je suis sournoise ? Que je suis déloyale ? Que je t'ai menti ? Tu vas me dire que nous n'avons jamais été amies, c'est ça ? Eh bien vas-y, Lily, dis le, mais réfléchis bien avant, parce que tu pourrais perdre plus que tu ne le crois, la coupa-t-elle en pointant un index accusateur sur elle. »

La jeune femme rousse resta interdite. Elle ne s'attendait pas à une explosion comme celle-ci, pas venant d'Alice, pas envers elle. Elles ne se disputaient jamais. Jamais. Alice avait toujours été compréhensive, et quand elle n'était pas d'humeur à l'être, eh bien elle se taisait simplement. Lily ne resta pas sans voix très longtemps. Elle avait des choses à dire, et il fallait qu'elle les laissent sortir.

« Je n'arrive pas à croire que tu m'aies fait ça ! Tu as donné ma liste à Potter ! Alice, tu t'es fichue de moi !
_ Je ne me suis pas fichue de toi ! J'essayais de t'aider, nia-t-elle.
_ Tu essayais d'aider Potter à m'humilier devant tout le château, surenchérit Lily en essuyant rageusement ses larmes.
_ Merlin mais de quoi tu parles ?! Est-ce que tu te rends compte de l'absurdité de tes propos ? Je n'ai jamais donné cette liste à James pour qu'il te ridiculise !
_ Alors pourquoi ?! Répéta Lily en croisant les bras et en laissant s'échapper un rire jaune qui fit penser à Alice qu'elle ne la croyait pas le moins du monde.
_ Tu n'as aucune idée, n'est ce pas ? L'interrogea-t-elle d'une voix presque inaudible. »

Lily leva les yeux au plafond et haussa une épaule. Effectivement, elle n'avait aucune idée de ce dont Alice pouvait bien parler, mais ça n'avait plus aucune importance. Alice était dans le camp de Potter, maintenant.

« Eh bien la voilà, la dure vérité, Lily. James Potter est dingue de toi. Il est amoureux, et tu es la seule à ne pas le voir, lâcha-t-elle en la regardant gravement. »

La phrase résonna dans tout le couloir si bien que Lily ne put y échapper. L'écho percuta un mur pour rebondir sur l'autre et ainsi de suite jusqu'à ce que le silence vienne de nouveau s'installer entre les deux jeunes femmes qui se toisaient comme deux guerriers le feraient avant un combat à mort. Et Merlin, ce silence était horrible. Il remettait tout en question, absolument tout, du début à la fin, de ce soir là où elle avait demandé à James de l'aider à se trouver un petit-ami, jusqu'à ce moment précis où Alice venait de lui flanquer une gifle au figuré.

« Il ne l'est pas, murmura Lily, incertaine. »

Alice fronça les sourcils, hors d'elle, et elle hocha la tête en serrant les poings le long de son corps. Lily s'approcha d'un mur pour s'y appuyer légèrement, et elle observa de nouveau sa meilleure amie en secouant sa tête de gauche à droite.

« Il ne l'est pas, répéta-t-elle. Il voulait juste... Il voulait juste se moquer de moi. »

Il sembla à Alice que cette fois-ci, Lily essayait d'avantage de se convaincre que d'essayer de la croire parce que c'était la chose la plus simple à faire. Se convaincre que Potter la détestait réellement et passer à autre chose. C'était tout ce à quoi elle s'était préparée. Elle n'avait évidemment pas pu envisager que James éprouvait de réels sentiments pour elle.

« Merlin, je sais que parfois, ses blagues sont étonnamment élaborées mais pas à ce point là, Lily. Pas au point d'essayer de te faire plaisir pour t'anéantir après. Parce que j'espère que tu comprends maintenant que c'est ce qu'il essayait de faire, il voulait réellement te faire plaisir.
_ Tu... Tu lui as donné ma liste... Il l'a lu... C'était privée, c'était... Bafouilla-t-elle sans trouver réellement de cohérence dans les morceaux de phrase qu'elle prononçait.
_ Oh ça suffit, Lily ! Je suis en train de te dire qu'il t'aime et qu'il a fait toutes ces choses pour toi et tu restes fixée sur le fait qu'il ait lu ta liste ?! Bon sang mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ?! S'exclama Alice d'une voix forte.
_ Mais tu...
_ Stop. Arrête de parler. Lily, pitié, arrête de parler deux minutes et réfléchis à tout ce que je viens de te dire, l'interrompit sèchement Alice. »

La préfète cligna des yeux plusieurs fois, balaya les couloirs de son regard vide comme si elle essayait de démêler le sac de nœuds qui s'était formé dans sa tête, et referma finalement la bouche en essayant d'assimiler ce qu'Alice lui avait confié. Elle vivait dans un monde de fou, et elle n'y comprenait rien.

Sa tête tournait. Elle avait l'impression qu'elle allait exploser. Pas seulement sa tête, en fait, tout son corps. C'était comme si une petite boule d'angoisse s'était mise à grandir, grandir, grandir à l'intérieur d'elle pour finir par broyer ses os, faire éclater sa peau, faire gicler son sang comme un gigantesque feu d'artifice un 14 juillet, et faire retomber ses membres en lambeaux.

Et au fur et à mesure qu'elle commençait à absorber les informations qu'Alice avait laissé échapper, elle sentait la douleur s'intensifier. Ses yeux s'élargissaient comme s'ils allaient sortir de leurs orbites, ses doigts se crispaient comme si ses phalanges allaient déchirer sa peau, son cœur battait comme s'il allait bondir hors de sa poitrine, et ses jambes vacillaient dangereusement.

James Potter était amoureux d'elle. James Potter était amoureux d'elle. Merlin. James Potter était amoureux d'elle. Un frisson la traversa brutalement. Elle ne parvenait même plus à avaler sa salive. Sa bouche était entrouverte, ses yeux s'étaient de nouveau embués de larmes, et le regard qu'elle lança à Alice était dépourvu de toute la haine qu'elle ressentait une minute plus tôt. C'était un regard de panique. James Potter était amoureux d'elle, et elle venait de l'envoyer balader comme elle ne l'avait jamais fait avant.

« Je... Je suis désolée, souffla-t-elle après plusieurs minutes de blanc.
_ Ce n'est pas à moi qu'il faut dire ça, la sermonna Alice. »

Lily se sentit tellement ridicule... Jamais de sa vie elle n'avait eu l'impression d'être aussi stupide. Soyons francs, elle était d'habitude plutôt intelligente, mais il fallait croire qu'elle se trouvait dans cette catégorie de personnes capables d'effectuer une potion de Felix Felicis en sifflotant joyeusement face à la simplicité de la tâche, mais incapables de comprendre les choses les plus évidentes. Comme par exemple, la profonde tendresse qu'un camarade de classe pouvait éprouver pour elle.

Il lui avait dit, pourtant. Il lui avait dit qu'il ne se moquait pas d'elle, il lui avait répété, mais Merlin, Comment était-elle supposée le prendre au mot ? C'était Potter et Potter était habituellement un abjecte crétin qui ne voyait pas plus loin que le bout de son nez. Malgré cela, elle avait également des sentiments à son égard, et c'était précisément pour cette raison qu'elle avait perdu son sang froid. Elle s'était sentie touchée dans son orgueil, et elle avait paniqué.

Il fallait qu'elle aille le voir, il fallait qu'elle s'excuse. Elle se sentait tellement honteuse, tellement misérable. Elle lui avait dit des choses affreuses. Elle ne savait pas si elle arriverait à le confronter tant elle était mortifiée par son propre comportement, mais il fallait qu'elle fasse l'effort juste pour lui. Elle ne méritait pas d'avoir le droit d'attendre le lendemain matin. James Potter valait plus qu'un simple « ça attendra demain. ».