Le Chant du Choixpeau…

POV Max

Sale, déchet, rebut, exclue, merde, loque, traînée, ver, larve… Tous ces adjectifs affectueux pour décrire une seule et même personne, MOI ! Mes petits camarades de Serpentards avaient donné le ton !

Je les regardais tour à tour. Le plus proche collait son voisin de gauche et tentait de mettre le plus de distance possible avec ma place. « Pestiférée ! ». Il devait avoir deux années de moins et semblait paniquer à l'idée que quelqu'un le pense mêlé d'une manière ou d'une autre à moi.

Quelques sièges plus loin, une fille blonde au visage magnifique et froid me contempla avec dégoût. Elle riait, moqueuse, aux paroles que lui murmurait son camarade. Chez les autres, je pouvais même lire une sorte de haine et de mépris que je ne comprenais pas.

-Le nom des Potter est connu, souviens-t-en !

Sirius me l'avait dit avant de rajouter qu'il était lui aussi une sorte de célébrité ! Moi qui rêvais d'une année normale dans le calme. « Raté ! »

Au centre de la table, siégeait le groupe avec qui j'avais partagé mon wagon. A présent, ils étaient quatre. La personne dont ils avaient parlé les avait rejoints et n'était autre que CE garçon ! Le blond de mon rêve ! "Il a l'air d'un parfait fils à papa !" Je n'avais jamais cru aux prémonitions et sorcière ou non, je n'étais pas prête à y croire sans preuves tangibles !

Je les observais de biais. La jeune brune dégageait la même prestance malgré son uniforme et me fixait méchamment, les lèvres ironiques. Le grand black exubérant, Blaise si je me souvenais bien, attirait de nombreux regards féminins ! Il était magnifique. Surement métisse, il aurait pu faire la couverture de magazines. Mais pour l'heure, il avait perdu son sourire et semblait essayer d'atteindre de toute les manière possible le blond au visage maladif et en sueur. Ce dernier avait vraiment une apparence atypique. C'était la première fois que je voyais quelqu'un aussi pâle. Lui aussi était beau et c'était indéniable ! De la petite cour des Serpentards, c'était lui le roi.

Soudain, je me senti observée. Le dernier de la bande, Théo ou quelque chose dans le genre, avait capté mon regard. Ses yeux verts translucide ne laissaient transparaître aucuns sentiments. Un sourire espiègle étirait ses lèvres. Il me fit un clin d'œil avant de replonger dans ses pensées.

Falco choisit ce moment pour me détourner de ma distraction et réclamer toute mon attention. Je le mis sur mes genoux pour le caresser ! « Tu commences à être lourd, gros tas! » Son ventre émit un son de protestation. Il avait faim et moi aussi.

POV Draco

Depuis que j'avais pris conscience que ma fiancée mystère et la sœur de Saint Potter n'étaient qu'une seule et même personne j'étais complètement déconnecté de la réalité et n'arrivais pas à reprendre pied. « Indigne d'un Malefoy ! »

Etre stoïque, froid, de marbre, hautain, hermétique aux émotions, ne rien laisser transparaître. Telle avait été la base de mon éducation. Dire que je me targuais de maîtriser cet art à la perfection ! Ma très chère tante n'avait pas réussi à m'arracher ni grimaces ni cris lors de ses séances intensives de doloris. Le lord lui-même ne m'avait pas arraché le moindre sanglot durant sa punition. Mon père m'avait élevé dans l'esprit des sangs pur. Anciennes traditions faites de règles et de douleurs, sans émotions, sans amours, m'inculquant jours après jours, le mépris des autres et le respect dû à notre rang. J'avais appris de ma mère la dissimulation des émotions et je savais totalement fermer mon esprit aux intrusions. Décrypter les autres, était pour moi un jeu et leurs émotions une faiblesse.

Pour le coup, c'était comme si j'avais tout oublié. Mes barrières s'étaient ébranlées ! Je n'entendais plus rien de ce qui m'entourait. J'étais sourd et aveugle à la fois ! Seule ma respiration saccadée atteignait mes oreilles, tonitruante, recouvrant le reste. Je sentais ma transpiration rouler le long de mon cou, insidieuse, rampant lentement vers mon dos et le long de ma colonne vertébrale. Je frémis. C'était impossible ! Je ne pouvais pas perdre le contrôle ainsi.

Il avait juste fallu que je croise son regard pour que mon univers s'écroule. J'y avais lu une intelligence froide, effrayante analyse de son entourage, un reflet de moi-même ! Juste un léger mouvement des paupières comme pour tout assimiler. Se perdre dans ses yeux vairons semblait si facile. Dérangeants, intrigants mais magnifiques.

Ce qui ébranla mon monde réglé au millimètre fût la surprise qu'elle afficha lorsqu'elle me vit. Elle sembla me reconnaître l'espace d'un instant et se désintéresser de moi la seconde d'après ! « Je suis un Malefoy, merde ! »

Je pris pleinement conscience à cet instant, que mon rêve n'en était plus un. Le mirage était devenu tangible. Comme si je sentais d'avance ses doigts se refermer autour de mon cou. Je ne pouvais plus nier. Cacher la marque ne servait plus à rien. Cette promesse de sang existait belle et bien ! « Grand père qu'as-tu fait ! »

J'avais toujours eu le contrôle et je savais où j'allais. A présent j'étais un tout petit rouage d'une machinerie bien plus grande et réglée au millimètre !

POV Harry

Le repas se faisait attendre.

-Il nous laisse bien mariner le Dumby !

Hermione frappa le grand roux tout en lui faisant la morale.

-Ron ! Dumbledore est l'un des plus grands sorciers de tous les temps ! Ne l'appelle pas comme ça !

Je coupais le moratoire de mon amie.

-En attendant, successeur de Merlin ou pas, il va me devoir une sacrée explication !

Je jetais un regard furtif à la fameuse Marianne.

-Visiblement, les serpents ont l'accueil aussi froid que leur sang ! Dis-je acide. Remarque, une Potter à Serpentard, même moi …

-HARRY ! Ne sois pas comme ça ! On dirait un vieux aigri et puis tu ne la connais pas !

Ginny venait de me pincer le bras tout en me faisant son sermon.

Dumbledore se leva mettant fin à notre échange ainsi qu'aux différents murmures et conversations.

-Chers élèves, encore une fois bienvenue à Poudlard ! Avant de passer à table nous devons écouter la chanson de notre cher Choixpeau. Je souhaiterais rappeler que la forêt interdite l'est toujours. Les nombreux objets prohibés sont tous recensés dans la liste de notre cher M. Rusard, affichée sur la porte de son bureau. Avant toutes choses, laissez-moi vous présenter vos nouveaux professeurs. M. Rogues assure de nouveaux pleinement les cours de potion et Mlle Granger enseignera l'étude des moldus. Par ailleurs, laissez-moi vous présenter Mlle Rosanna Trelawney qui enseignera les Rhunes.

Des murmures et rires étouffés se firent entendre. Une jeune femme aux cheveux blonds vénitiens et aux yeux bleus se leva et salua de la tête la salle.

-Vous croyez qu'elles sont de la même famille, elle et la folle dingue de divination ! demanda Ron en baillant.

-Non, pas possible, elle est beaucoup trop jolie rétorqua Seamus.

Dumbledore demanda le silence et continua.

-Bien, il ne me reste plus qu'à vous présenter votre professeur de défense contre les forces du mal !

L'homme à la capuche venait de se lever.

-M. Sirius Black !

« Impossible ! » Alors qu'un brouhaha immense s'élevait dans la grande salle, deux émotions contradictoires, s'emparèrent de moi. La joie incommensurable de savoir mon parrain en vie et une colère immense, sourde et froide.

A l'annonce et au milieu du bruit, je m'étais levé, animé par la rancœur et avais hurlé sans vraiment en prendre conscience.

-VOUS VOUS MOQUEZ DE MOI !?

Ma voix avait résonné au-dessus du ramdam général.

- D'ABORD, VOUS ME PONDEZ UNE POTTER SORTIE D'ON NE SAIS OÙ ET MAINTENANT CA ?

Sur le coup de ma colère, tous les verres de la table des Gryffondors explosèrent.

« C'est de trop ! » Je me dirigeais fou de rage hors de la grande salle sous le regard surpris de mes amis, Ginny à mes trousses essayant vainement de me raisonner.

POV Draco

La petite scène de Saint-Potty eu au moins le mérite de me sortir de ma torpeur et me permis de reprendre le contrôle de mes émotions. Mon masque était à nouveau en place.

-Draco, arrête de nous ignorer !

-Je ne vous ignore pas, Blaise.

-Tu méditais peut être !?

Agacé, je crachais :

-Lâche moi tu veux !

-Ne prends pas cet air avec moi ! Je te connais trop bien. Tu n'as jamais déconnecté comme ça de la réalité. Tu tremblais même !

-Surtout que tu fixais souvent la nouvelle !

- Tu vas pas t'y mettre Théo !

Pansy se tendit à côté de moi. Elle avait le visage crispé et la mâchoire serrée. A l'autre bout de notre table, ma deuxième fiancée caressait son chien pas le moins du monde intéressée par les événements qui se déroulaient. Elle ignora même le signe de la main que lui adressait notre nouveau professeur et lui tira la langue.

Je reportais mon attention sur l'homme. « Sirius Black ! ». Sacré début d'année ! Même gracié, il avait passé plusieurs années de sa vie à Azkaban. A quoi pensait ce vieux fou de Dumbledore !

McGonagall s'avança demanda le silence alors que Black et le directeur se rasseyaient. Elle déposa à nouveau le Choixpeau au centre de l'estrade et ce dernier commença sa chanson.

« Aux temps oubliés et bien avant ma création,

Avant les fondateurs, avant le grand enchanteur,

Les Vieux Sages, animés de passion, et d'ambition,

Étudièrent l'Art sans relâche et sans peur.

Assoiffés de puissance, animés de folie

Par eux l'Art fût détruit

Et de la lumière, la magie blanche, naquit.

Alors que dans l'ombre, la magie noire, germait.

Et dans la douleur, la magie du sang, surgit

Alors qu'en douceur, notre magie, grandissait.

La discorde des Sages, de l'Art, précipita la fin.

Oublié le Don fût retrouvé par le grand Merlin.

Sage parmi les sages, aux portes de la mort, l'enchanteur légua

Aux fondateurs que vous connaissez, de l'Art, le secret

Courageusement, la magie blanche, Gryffondor protégea.

Par l'intelligente Serdaigle, la magie Noire fût gardée.

Ambitieusement, de la magie de sang, Serpentard s'empara.

Par la juste Poufsouffle, la magie d'aujourd'hui fût enseignée.

De créer et d'instruire, ensemble ils avaient l'ambition.

Ils usèrent du pouvoir et, de l'Art, Poudlard fût crée

Vint la discorde et les quatre furent emplis de dissensions

Serpentard enseignait aux descendants des plus nobles lignées.

Serdaigle partageait sa culture avec les intelligences sûres.

Gryffondor apprenait à ceux qui par le courage étaient animés.

Poufsouffle ne voyait que l'équité et tous ses élèves à égalité.

Les quatre piliers furent séparés, et l'Art perdu à tout jamais.

Mon vrai créateur Merlin, par les temps sombres, une mission m'a confié.

Je ne peux que souhaiter pour le salut de notre cher Poudlard

Que de l'union des maisons renaîtra l'immaculé grand Art.

Je n'ai qu'un conseil à vous donner mes chers,

Speculum humanae animae iter »

La fin de la chanson nous laissa tous coi. La dernière phrase était la plus mystérieuse de toute. Je ne savais pas ce qu'elle signifiait. Une chose était sûre, pendant que les gens commençaient à manger, mon mauvais pressentiment à propos de la marque et de toute cette histoire ne faisait que s'amplifier.