Lily était complètement avachie sur sa table, la tête entre les mains, les yeux brillant de larmes. Elle n'était pas en train de pleurer la mort de ses parents, non, bien qu'elle l'eut été pendant un certain temps, elle était cette fois seulement en train de faire face au plus gros rhume de l'histoire de sa vie. Elle avait l'impression que quelqu'un avait jeté un sort d'obstruction sur ses narines et ses cheveux étaient si désordonnés que n'importe qui aurait parié que les maraudeurs avaient repris leur activité favorite qui consistait à métamorphoser toutes sortes d'objets en chauve-souris pour ensuite les faire voler droit sur la tête de la préfète, ce qu'ils s'étaient amusés à faire tous les jours de l'année pendant trois ans.
Elle sursauta légèrement quand un avion en papier atterrit devant son bureau et dû rassembler toutes ses forces pour le déplier. Ce n'était pourtant qu'un morceau de parchemin, mais Merlin, sa nuit avait été tellement difficile qu'elle n'avait plus aucune force en elle. Elle n'avait d'ailleurs rien pu avaler au petit déjeuner, elle s'était simplement traînée jusqu'à la salle de Sortilèges en priant ne pas s'effondrer en chemin tout en expliquant à Alice qu'elle allait parfaitement bien.
« Notre rendez-vous de samedi était si épuisant que ça ?
JP »
Elle trempa sa plume dans son encrier pour lui répondre tout en essayant de se tenir à peu près correctement. Peut-être qu'en correspondant avec lui, elle oublierait un peu qu'elle était à deux doigts de s'évanouir sur sa table.
« Non, c'était très bien, mais je vote pour que l'on reste à l'abri la prochaine fois.
LE »
« Vas à l'infirmerie, tu me fais peur.
Ps : Tu vois Evans, tu ne peux pas te passer de moi, tu penses déjà à la prochaine fois.
JP »
« Je vais bien, je n'ai pas besoin d'aller à l'infirmerie.
Ps : Je ne répondrai même pas à ce genre de provocation.
LE »
« Tu vas aller à l'infirmerie dès la fin de ce cours, et je vais t'y porter si nécessaire. Il est hors de question que j'aie ta mort sur la conscience.
Ps : tu viens de le faire.
JP. »
« Tu n'oserais pas faire une chose pareille James Potter.
LE »
« Tu te rends compte de l'absurdité de cette note ? « Tu n'oserais pas » et « James Potter » dans la même phrase, vraiment ?
JP »
Lily laissa échapper un petit rire. Il oserait, bien évidemment, et elle le suspectait même de n'attendre qu'un refus de sa part à la fin du cours pour pouvoir la faire basculer sur son épaule comme un sac à patates et la lâcher devant la porte de l'infirmerie, mais elle ne voulait pas. Pas devant tout le monde, alors elle ne le tenta pas. Elle attendit que la cloche sonne pour prendre ses affaires et traîner son pauvre corps jusqu'à un lit de l'infirmerie où elle se laissa péniblement tomber.
L'infirmière lui jeta quelques sorts pour faire tomber sa fièvre et soulager ses maux de tête, puis elle posa une potion sur sa table de chevet pour l'aider à dormir, et Lily tomba comme une masse juste après l'avoir avalée. Elle ne se réveilla qu'à l'heure du déjeuner, et elle picora très brièvement dans l'assiette que l'infirmière lui apporta avant de se recoucher une nouvelle fois.
« J'amène du courrier pour Lily Evans, déclara Alice en pénétrant dans l'infirmerie. »
La préfète se redressa légèrement. Depuis que ses parents étaient décédés, elle n'avait reçu aucune lettre de qui que ce soit. Même Pétunia ne lui avait pas écrit, mais à vrai dire, elle n'attendait plus rien d'elle et elle préférait ne pas y penser parce qu'à chaque fois qu'elle le faisait, elle fondait en larmes.
« C'est de qui ? Demanda t-elle en attrapant l'enveloppe avec précaution.
_ Je n'en sais rien, ouvre, l'encouragea sa meilleure amie. »
Lily décacheta soigneusement l'enveloppe, puis déplia le parchemin et le lut brièvement pendant qu'Alice la scrutait. Le visage de la jeune femme rousse changeait régulièrement d'expression, et lorsqu'elle arriva en bas de la page, elle souriait largement. Elle essuya une petite larme au coin de ses yeux et Alice ne sut pas trop si c'était à cause du contenu de la lettre ou parce qu'elle était malade.
« Alors, c'est qui ?
_ Tes parents. Ils... Ils me proposent de passer les vacances d'avril chez toi et de rester aussi tout l'été jusqu'à ce que je me trouve un endroit pour habiter, répondit-elle un peu abasourdie.
_ Oh Lily ! C'est génial ! Je n'en avais aucune idée, ils ne m'avaient rien dit ! »
Elle replia la lettre pour la remettre dans l'enveloppe en s'efforçant de ne pas craquer devant Alice. Elle ne pouvait pas se rendre compte de ce que cela représentait pour elle, elle ne pouvait pas savoir à quel point elle était soulagée. Ses parents venaient de lui offrir un parachute et c'était merveilleux. Elle n'était pas totalement perdue, elle ne serait pas lâchée dans la nature après Poudlard, elle aurait un endroit où rester.
Elle devait admettre qu'elle était tout de même un peu gênée parce qu'elle ne voulait pas s'imposer, mais les parents d'Alice étaient des gens réfléchis et elle savait que s'ils lui proposaient de rester avec eux, c'était de bon coeur et c'était parce qu'ils souhaitaient vraiment l'aider, alors elle se promit de leur répondre dès qu'elle serait rétablie et d'envoyer la meilleure boîte de chocolat qu'elle trouverait à Geneva Wendall dès qu'elle pourrait retourner à Pré-Au-Lard. Elle avait cette chose en commun avec la mère d'Alice : elles pouvaient manger des friandises pendant une heure consécutive sans s'arrêter.
« Alors j'imagine qu'on rentre ensemble vendredi soir ? Lui demanda Alice.
_ J'imagine, répondit Lily en souriant.
_ Super ! Je te laisse, je vais être en retard pour le cours de potion. Je repasserai te voir ce soir, Rémus a dit qu'il prendrait ta ronde donc ne te fais pas de soucis à ce propos. »
Lily la remercia et retomba dans son lit après avoir bu une gorgée de potion qui restait encore sur sa table de chevet. Elle était complètement lessivée, mais elle n'arrivait pas à dormir. Elle avait chaud, mais à chaque fois qu'elle retirait la couverture de ses épaules, elle se mettait à grelotter. Elle n'en pouvait plus de se tourner et de se retourner dans son lit, elle n'attendait qu'une chose : que ces fichues potions au goût abominable fassent effet.
« Merlin, tu es vraiment mal en point, remarqua James qui venait d'entrer, sa cape d'invisibilité à la main.
_ Non... Ça va, je t'assure, ça va. Qu'est-ce que tu fais là ? Tu devrais être en potion.
_ Je ne t'ai pas vu depuis samedi, répondit-il en la fixant avec une pointe d'inquiétude.
_ Tu m'as vu tout à l'heure.
_ Je t'ai aperçu, la corrigea-t-il avant de s'asseoir sur le bord de son lit. »
Comme la première fois qu'il l'avait fait, Lily s'écarta légèrement sous le coup de la surprise. Ce n'était pas le genre de chose qui la mettait très à l'aise, mais James ne sembla pas s'en apercevoir, il se contenta de continuer à la dévisager et elle se demanda un instant si la chaleur qu'elle ressentait n'était pas plutôt due à ce regard qu'au virus qu'elle avait contracté. James, lui, était vraiment confus. S'il avait su qu'elle serait malade comme ça, il ne l'aurait pas laissé se promener sous la pluie.
« Moi qui comptait passer la soirée avec toi... La prochaine fois que je te propose de marcher sous la pluie, frappe moi.
_ L'infirmière a dit que je pourrai sûrement sortir ce soir, que j'irai mieux, s'empressa de répondre la jeune femme.
_ Il faut que tu te repose. On se verra demain si tu vas mieux.
_ James, on peut se voir ce soir, insista-t-elle.
_ Non, on ne peut pas. Tu as l'air d'un cadavre, tu dois rester allongée, et puis j'enchaîne retenues sur retenues jusqu'à 22h de toutes façons... »
Elle pesta et il ne put réprimer un sourire quand il l'entendit marmonner « merci pour le compliment, crétin. ». Il avait juste prévu d'aller voir comment elle allait et de repartir, mais c'était difficile de quitter la pièce quand il la voyait emmitouflée dans ses couvertures l'air abattu, alors il se laissa basculer à côté d'elle.
Il vit ses yeux s'agrandir quand sa tête se retrouva à côté de la sienne sur l'oreiller, et il la soupçonna largement d'avoir arrêté de respirer, mais il ne fit aucun commentaire là dessus, il se contenta de la regarder. Même en cadavre, elle était jolie. Elle n'aurait certainement pas apprécié le compliment, alors il ne le prononça pas, il le garda pour lui même en essayant de refréner l'élan qui aurait voulu qu'il la prenne dans ses bras parce qu'il doutait qu'elle apprécie ce genre d'initiative quand ils étaient à l'horizontal.
Pourtant, quelques secondes plus tard, ce fut elle qui se rapprocha. Plus qu'il ne l'aurait imaginé, pour être parfaitement sincère. Elle nicha sa tête dans son cou, et il sentit son souffle brûlant s'échouer sur sa peau. Il essaya tant bien que mal de garder la tête froide, ferma les yeux, et plongea finalement sa main dans ses cheveux roux pour lui masser le crâne.
« Tu devrais être en potion, lui rappela-t-elle dans un murmure.
_ Slughorn n'a pas besoin de moi.
_ Je vais te contaminer si tu restes là... Slughorn ne te contamineras pas, lui.
_ Oh, s'il savait où je suis à ce moment précis, je peux t'assurer qu'il trouverait quelque chose pour m'empoisonner. Personne ne dois toucher à la fabuleuse Lily Evans, reprit James en imitant leur professeur de potion. »
Lily laissa échapper un léger rire et se serra un peu plus contre lui. Elle ne savait pas si c'était la fièvre qui la dotait d'une témérité toute nouvelle mais elle avait besoin de le sentir près d'elle et même si elle culpabilisait un peu à l'idée de lui faire rater son cours ou de lui refiler ses microbes, elle était vraiment contente qu'il soit là, et Merlin, il fallait le dire, sa main faisait des miracles dans ses cheveux. Si elle avait su qu'elle se sentirait aussi bien avec lui, peut-être qu'elle ne se serait pas posé autant de questions.
« Tu es conscient que si l'infirmière nous trouve, on est mort ?
_ C'est tout l'intérêt, répondit-il en souriant.
_ Tu as vraiment de gros problèmes avec les règles, répondit-elle en riant. »
Elle n'avait pas envie que l'infirmière débarque dans la pièce parce que si elle le faisait, James devrait partir. Elle se fichait de la soufflante qu'ils se prendraient tous les deux, et elle doutait bien qu'ils seraient envoyés dans le bureau du professeur McGonagall ou pire, dans celui du directeur dès qu'elle serait apte à s'y rendre, mais ça n'avait plus d'importance. Elle était dans un état catastrophique et la présence du jeune homme l'apaisait.
« Tu fais quoi pour les vacances ? L'interrogea-t-elle au bout de quelques secondes.
_ Je rentre chez moi, répondit-il sans lui retourner la question. »
Ce n'était pas qu'il ne s'y intéressait pas, c'était surtout qu'il se doutait bien qu'elle ne rentrerait pas chez elle puisque ses parents n'étaient plus là, et cela ne servait à rien de remuer le couteau dans la plaie, elle vivait déjà assez mal les choses pour qu'il en rajoute une couche avec une maladresse.
« Moi, je serai chez Alice. Ses parents m'ont offert l'asile, reprit-elle avec une touche d'humour qui ne trompa pas James. »
Elle ne pleurait plus depuis quelques temps, mais ça ne changeait rien. James savait ce qu'il en était à l'intérieur. Il la regardait quand elle pensait que personne ne faisait attention, et il voyait qu'elle était perdue, qu'elle avait peur, qu'elle était incertaine, mais il ne savait pas quoi faire pour l'aider, alors il se contentait de rester disponible pour elle.
« On pourra se voir alors ? L'interrogea-t-il.
_ Je pense... J'imagine qu'il faudrait que tu trouves une manière de te faire inviter par Alice, mais j'aimerais bien, oui, répondit-elle. »
Elle était si proche de lui qu'il pouvait sentir les vibrations de sa voix contre sa poitrine et vint un moment où il ne put faire autrement que de s'écarter légèrement. Elle redouta l'espace d'un instant de le voir s'en aller mais elle constata que ce n'était pas du tout ce qu'il avait l'intention de faire quand il approcha sa bouche de la sienne.
« Je vais te transmettre tous mes microbes, murmura-t-elle pour le dissuader.
_ Tant pis. »
Une seconde plus tard, ses lèvres étaient sur les siennes, et Lily n'avait plus aucune force pour le repousser, mais elle en trouva assez pour agripper son pull. Elle avait l'impression qu'ils ne s'étaient pas embrassés depuis des siècles alors que cela faisait juste trois jours, mais c'était un peu l'éternité quand on sortait avec James Potter.
Ils continuèrent à s'embrasser longuement, jusqu'à ce que la fièvre de Lily se confonde avec la tiédeur du baiser qui commençait à sérieusement jouer sur sa tension. Sans trop s'en rendre compte, elle se dégagea des couvertures qui la recouvraient pour pouvoir se rapprocher de lui en évitant particulièrement de lâcher sa bouche, et elle se retrouva bientôt à moitié allongée sur lui.
Elle ne prit conscience de la situation que lorsqu'il la fit basculer pour se retrouver au dessus d'elle, mais elle n'avait aucune envie d'arrêter ça, peu importe ce que c'était, alors elle le laissa approfondir le baiser, et elle fut surprise de sa propre audace lorsqu'elle glissa ses mains sous sa chemise et qu'elle apprécia le contact de sa peau froide sous ses doigts brûlants. Qui aurait pu la blâmer ? Elle était malade, elle avait besoin d'un peu de réconfort. De repos aussi, certes, mais là n'était pas la question.
Elle laissa échapper un petit soupir quand il lâcha sa bouche pour lui planter des baisers dans le cou, et elle ne put faire autrement que de basculer légèrement sa tête en arrière pour l'encourager, exactement le genre de chose qu'elle n'aurait pas fait avec Daren pour une raison qui lui échappait encore. James Potter était toxique. Il faisait fuir la plupart de ses neurones par sa simple présence et sa stupide bouche s'occupait d'anéantir ceux qui restaient.
« Merlin, Lily, tu es brûlante, constata t-il en s'écartant brutalement d'elle.
_ Je sais, répondit-elle en le regardant droit dans les yeux et en le tirant de nouveau vers ses lèvres. »
Il se contenta d'un baiser rapide avant de se redresser et de descendre de son lit. Il avait bien compris qu'il lui faisait de l'effet, mais tout de même pas à ce point là, et il n'avait aucune envie d'empirer son état alors il se posa sur la chaise qui était près de son lit tout en tentant de reprendre le contrôle sur ses pensées qui s'étaient un peu égarées.
« Si après ça, dans deux jours tu n'es pas cloué au lit, c'est qu'il y a un problème, commenta-t-elle avec un sourire coupable.
_ Ça faisait partie de ton plan dès le début, n'est-ce pas, Evans ? Contaminer un maraudeur pour que Gryffondor arrête de perdre des points.
_ Il y a une seule personne dans cette pièce qui est assez tordue pour penser à ce genre de chose, et ce n'est pas moi, Potter, répondit-elle en rabattant la couverture sur ses épaules.
_ Ose me dire que tu ne vas pas te réjouir de me voir agoniser pendant que les cours se dérouleront sans encombre, dans le plus grand ennui général, la défia t-il avec un petit sourire moqueur. »
Elle aurait pu protester, mais il n'avait pas totalement tort. Elle avait beau ressentir pour lui des choses qui la perturbaient énormément, elle n'en était pas moins soulagée quand il était hors circuit. Merlin, les choses se passaient tellement mieux quand il n'était pas dans les parages ! Gryffondor ne perdait presque pas de point, et aucun élève ne venait la voir en pleurant parce que James leur avait jeté un sort pour leur faire changer de couleur, ou leur avait collé le derrière sur un banc. Essayez seulement de passer la porte d'une salle de classe avec un banc ! Ce n'est pas simple, et Lily le savait parce qu'elle avait été la première victime de ce sort en troisième année.
« Peut-être un peu, mais là n'est pas la question !
_ Ah ! Je le savais. Tu jubiles intérieurement, Evans. Dans ce cas là, je t'abandonne à ton triste sort pour rejoindre le cours de potion ! Lui lança-t-il avant de s'avancer vers la porte.
_ Avec trente minutes de retard ? L'interrogea-t-elle, perplexe.
_ J'ai déjà fait pire, répondit-il en haussant les épaules et en quittant la pièce. »
Elle se souvenait effectivement d'une fois où Rémus et lui étaient arrivés en Divination exactement une minute avant que la cloche ne sonne. Le pauvre professeur Indigo n'avait rien pu en dire car même s'il l'avait voulu, les deux garçons ne l'auraient pas écouté. Ils faisaient leurs propres règles. Fort heureusement, la plupart des professeurs ne se laissaient pas mener par le bout du nez et la plupart du temps, les maraudeurs écopaient d'une retenue.
Lily commençait à se demander s'il n'y avait pas conflit d'intérêt entre son poste de préfète et sa relation avec James Potter, et elle redoutait chaque jour d'apprendre qu'il avait de nouveau fait perdre des points à Gryffondor. Elle n'allait pas agir comme Rémus, elle ne fermerait pas les yeux, et tant pis si elle se fâchait avec lui, elle avait été nommée préfète pour faire respecter les règles, pas pour bécoter un maraudeur en douce.
« Lily ? »
Il était presque 19h quand une voix la tira de son sommeil. Elle ouvrit timidement les yeux et fut tentée d'enfouir sa tête dans son oreiller lorsqu'elle constata que Daren Wayne s'approchait de son lit. Il était à peu près la dernière personne avec laquelle elle avait envie de discuter maintenant. Non pas qu'ils se soient quittés en mauvais termes, car ce n'était pas le cas même si Wayne n'était évidemment pas ravi qu'elle rompe, mais elle savait qu'elle devrait un jour ou l'autre lui dire qu'elle fréquentait Potter car elle lui devait la vérité, et ça n'allait pas être une mince affaire.
« Je t'amène tes leçons. Je sais que tu aurais peut-être préféré que ce soit quelqu'un d'autre, mais Alice a passé la journée à discuter avec Mélina Prewett et elle n'a rien noté, expliqua-t-il en lâchant une pile de parchemin sur sa table de chevet.
_ Merci Daren, répondit-elle simplement.
_ Potter a insisté pour venir lui-même au début, mais comme il est arrivé en cours de potion avec une demie-heure de retard et qu'il s'est fait renvoyé dix minutes après, j'ai pensé que mes notes seraient plus complètes et bizarrement, il était d'accord avec ça.
_ Comment ça il s'est fait renvoyé dix minutes après ? Demanda Lily en se hissant légèrement pour s'asseoir en tailleur. »
Wayne fut étonné de cette question, lui qui pensait que la chose la plus étrange dans cette phrase était que James Potter n'ait pas omis d'objection à ce qu'il aille porter les devoirs de Lily alors qu'ils étaient en guerre froide depuis des semaines et des semaines à propos de la jeune femme.
« Black et lui ont trouvé une caisse de bézoards dans la réserve de potion, ils ont commencé à se les lancer dessus, et quand Black s'est baissé pour esquiver, Slughorn s'en est pris un en pleine poire.
_ Oh Merlin... Murmura Lily en plaquant sa main sur son visage.
_ Ça ne s'est pas arrêté là. En Métamorphose, Pettigrow avait jeté un sort à la chaise du professeur McGonagall pour qu'elle fasse un bruit de trompette à chaque fois qu'elle s'asseyait... Et en Sortilèges, Potter a jeté un maléfice de Folloreille à Marc Grant parce qu'il écoutait sa conversation avec Fanny Drake.
_ Fanny Drake ? Potter discutait avec Fanny Drake ? Reprit Lily, stupéfaite.
_ Ils n'ont fait que ça aujourd'hui. Tout le monde pense qu'ils sont ensemble, répondit Daren en haussant les épaules. »
Lily déglutit. Elle avait juste envie de se recoucher et d'oublier cette conversation. Pourquoi diable parlait-il avec Fanny Drake ? Qu'avait-il de si important à lui dire ?! A chaque fois qu'ils en discutaient ensemble, il agissait comme si cette fille ne valait rien pour lui, mais ils en revenaient toujours au même point, à ce rien qui semblait à Lily être en fait un affreux tout.
« Je ne sais pas pourquoi j'ai cru qu'il pourrait avoir une chance avec toi. Tout le monde sait que vous ne vous supportez pas, continua Daren avant de lui faire un signe de la main et de quitter l'infirmerie.
Lily avait hoché la tête mécaniquement, et elle s'était recouchée en se disant que plus jamais elle ne voulait sortir de l'infirmerie.
