Project Poudlard...

POV Max

Le bruit d'un souffle glacial, infime, qui pourtant résonne fort et puissant. J'entendais ma respiration faible, saccadée se mêlant au courant. Je frissonnais, j'avais froid ! Brusquement, j'ouvris les yeux. J'étais étalée sur les dalles en pierre d'un couloir.

«Où suis-je ? »

Perdue, il me fallut quelques minutes pour me souvenir ce qui s'était passé. Falco, visiblement libéré de son sort, me léchait allègrement le visage. Je le repoussais avec douceur.

Ma tête me faisait atrocement mal et pour couronner le tout, il faisait complètement noir. « Génial ! » Je me redressais difficilement essuyant ma joue. « Bave de chien et sang ! A table ! »

J'essayais tant bien que mal de me rappeler d'un sort pouvant produire un peu de lumière. « Je suis sûre de l'avoir lu ! » Je pestais intérieurement quand ça me revint.

-Lumos !

Je clignais des yeux à plusieurs reprises, surprise par l'intensité. D'une part et d'autre, le couloir s'étendait à perte de vue. Je regardais mon chiot tout en lui parlant.

-Bon ! La bonne nouvelle c'est que je peux me lever, enfin je crois ! La moins bonne…on est complètement perdu mon petit Falco !

Je me mis sur mes jambes, tremblante sous l'effort et la fatigue.

-Bien, droite ou gauche ?

Entendre ma voix, même un chuchotement, m'empêchait de penser à mon mal de crâne. La douleur résonnait dans toute ma tête. Finalement, je partis à droite.

Je tournais en rond depuis une bonne heure. C'était à n'y rien comprendre ! « Il va me falloir un temps fou pour apprendre à me repérer ici ! » Les murmures des tableaux à mon passage n'arrangeaient rien ! J'avais demandé mon chemin un peu plus tôt à la toile d'une petite fille au visage espiègle et habillée avec une robe datant au moins du moyen-âge. Résultat, la situation n'avait pas évoluée et je ne savais même pas retourner à mon point de départ.

« Si je retrouve cette sale gamine ! A croire que je suis stupide ! De toute façon, j'aurais dû m'en douter ! Monter des étages plutôt que de descendre vers les sous-sols ! Les cachots sont toujours aux sous-sols ! »

Je ruminais mes pensées et fomentais de terribles vengeances contre l'abruti blond en portant Falco qui refusait d'avancer.

« Je vais teindre ses satanés cheveux de princesse en vert dégueulasse et je le changerais en rat quand je saurais comment faire ! J'apprends vite ! Allions l'utile à l'agréable ! Je le donnerais comme jouet à Falco ! Oui, tout simplement parfait ! ».

J'eu un sourire sadique et lâchais un ricanement glauque, trahissant un certain déséquilibre mental, qui rendrait le Joker de Batman jaloux !

-Tu pourrais marcher gros tas !

Alors que je réprimandais mon chien, j'entendis un murmure ! Son doucereux et ténu. A la fois sourd et aigu ! Hypnotique souffle, frêle et éphémère ! Ma peau se hérissa. La respiration lente, je posais mon chien qui refusa de me suivre, jappant de peur. Tout en l'ignorant et comme un somnambule, pantin dépourvue de jugement mais irrésistiblement attiré, je me dirigeais vers le chuchotement.

Plus j'avançais et plus je discernais des sons nouveaux, le murmure s'avéra être une mélodie. Une chanson que je connaissais bien, entendue maintes et maintes fois. Articulée des lèvres du sorcier aux yeux gris. Je venais de franchir la frontière entre songe et réalité. La voix était différente, beaucoup plus jeune, espiègle et cruelle.

J'étais dans un couloir au bout duquel se trouvait une grande fenêtre. La lune éclairait, d'une pâle lueur, les murs froids qui m'entouraient ! Des grains de poussières étaient visibles dans les rayons de lumière donnant à la scène un côté mystérieux et antique ! Bref, un parfait film d'horreur ! Alors que je marchais lentement, le bruit derrière moi me fit faire volte face. Falco ! Il avait finalement décidé de me suivre mais le faisait de loin et en longeant le mur. « De quoi as-tu peur ? » Cette pensée s'adressait à Falco et encore plus à moi-même. « Tu flippes ma petite Max ! Pitoyable… »

Je repris ma marche, la mélodie toujours plus moqueuse, entrecoupée de rires. Dédain, mépris, cruauté. Un rire d'enfant cristallin aux sonorités de ceux des plus vils tueurs.

Je passais devant un miroir ancien. Encadré de dorures, fines moulures représentant un rosier, surmonté d'un aigle. Mais ce n'est pas la beauté de l'objet qui m'arrêta. Juste le reflet pâle et maladif de mon profil. Mais le plus étrange, la lueur qu'émettait ma poitrine. On discernait parfaitement tous les enchevêtrements du symbole, complexe et mystérieux dans la nuit. Je comprenais mieux la réaction de mon chiot. C'est de moi qu'il avait peur, de la marque et pas seulement de la voix. Je déglutis et me concentrais sur la lumière de ma baguette pour oublier celle sur mon corps. Soudain la mélodie cessa.

-MA…RI…AN…NE… ! MARI…ANNE… !

Je sursautais. « C'est carrément glauque ! C'est quoi ce délire ! » La voix m'appelait, prenant un malin plaisir à séparer les syllabes de mon prénom. J'aurais peut-être dû fuir mais c'était plus fort que moi, il fallait que je sache. Je forçais mes pieds à avancer malgré les gémissements plaintifs de Falco. C'est alors que je le vis pour la première fois. Le genre de rencontre qui change toute une vie.

Il était là. Passant de son tableau au couloir en sautillant joyeusement, espiègle. Diable à l'apparence d'un chérubin. Mais par-dessus tout, à la ressemblance sans conteste avec Draco Malefoy. Je n'eus pas le courage de demander si c'était une blague de mauvais goût. De toute évidence, ce n'en était pas une. Alors, à quoi bon me fatiguer à demander des explications. Je me contentais d'attendre.

-MA…RI…AN…NE…

Il ria. « Au moins il y en a un qui aime mon prénom ! »

- Jolie petite Marianne !

Ses éclats de rires étaient tintés de mépris.

-Tu ressembles à tes géniteurs !

Réplique choquante dans la bouche d'un enfant.

-Satané cheveux noir des Potter. Tu sembles perdue ! Peut-être devrais-je t'aider ?

Il semblait réfléchir.

-Ta mère était une sacrée sorcière, enfin pour une Sang de Bourbe, bien sûr !

Son sourire en coin me fit frissonner. « Il change de sujet… Il me teste, cherche mes limites… »

- Humm, tu as plus de sang-froid que je ne croyais. Alors, petite Potter, tu es bien trop maître de tes émotions pour être à Gryffondor, je ne me trompe pas, n'est-ce-pas ?

Je répondais d'un ton se voulant neutre mais un peu froid.

-Serpentard, semblait plus intéressant.

-Oh ! Un Potter à Serpentard !

Son rire se répercuta dans tout le couloir. Il applaudit, les jambes croisées comme un aristocrate, flottant au-dessus du sol en position assise. Il se releva et me fit une courbette.

- Lord Abraxas Cygnus Malefoy, le seul et l'unique, maître des sciences occultes et de la magie de sang pour vous servir, miss !

Je décidais de jouer le jeu, enfin sans révérence, « Faut pas exagérer ! ».

-Max Potter, tout court. Sorcière depuis un mois.

-Je vois qu'Albus a bien travaillé ! Il me sourit, la tête de biais, un air de mystère, comme pour m'inciter à poser une question. « Comme si j'allais lui faire ce plaisir ! »

-Je te propose un marché, petite fille ! Je t'aide à rentrer à la salle des Serpentard. Qu'en dis-tu ?

-Et la condition ?

-La condition… Je me suis déjà permis de la prélever !

Un gloussement cynique lui échappa alors qu'il me regardait de haut en bas.

-Vous vous moquez de moi !? Déjà prélever…

Je marquais une pause réalisant soudain ce qu'impliquait cette phrase

-Vous êtes à l'origine de cette marque !

-Il se peut en effet ! Mais tu devrais ranger ta fierté et accepter mon offre. Sinon tu peux continuer à errer.

Il se dirigea vers son cadre mimant de disparaître. Je me mordais les lèvres de frustration.

-Bon d'accord ! De toute façon vous m'avez déjà flouée

Le cadre de la toile bascula pour ouvrir un passage.

-Ce chemin te mènera directement à la salle commune.

-Je ne sais pas ce que vous m'avez fait ni comment, mais quand j'aurais éclaircie tout ça, nous aurons une explication, je vous en fais la promesse…

Hilare, il me demanda.

-Oh, serait-ce une menace ? Que pourrait bien tu faire à un mort petite fille ! J'attends avec impatience.

-Je…

Il avait disparu. « Et merde ! »

Soudain au loin j'entendis une voix résonner.

-Cherche ma belle ! Ils sont tout proches.

Sirius m'en avait parlé, Rusard et Miss Teigne. J'attrapais Falco et sans plus attendre je me précipitais dans le couloir en refermant derrière moi.