Il y a des jours comme ça ….
POV Draco
Un souffle chaud au creux de ma nuque. Un frisson parcourant ma peau, le long de mon dos. Une respiration profonde et lente. Une odeur de sueur et une autre, plus légère flottant dans l'air. J'ouvris brusquement les yeux. J'étais bel et bien dans la chambre des préfets en chef. La mienne pour le reste de l'année. Harmonieuse, aux couleurs des verts et argents. Le luxe le plus envié de Poudlard. Seul point d'ombre, la fille endormie à mes côtés. « Merde ! ». Je me redressais vivement. Un peu trop rapidement. La tête me tourna.
Après ma dispute avec la sœur de saint-Potty, je m'étais rendue dans la salle commune des Serpentards. Et comme prévue, une fête pour les nouveaux venus avait été organisée. Un passage obligé pour s'intégrer. Bien entendu, j'avais bu plus que de raison. Pansy m'avait collée toute la soirée, serrant mon bras, ne cessant de demander où se trouvait la nouvelle Potter. Cet élan d'intérêt n'engageait rien de bon pour l'autre. « Pas comme si je m'en souciais de toute façon ! ». Je m'étais esquivé et j'avais rejoint Blaise. Ce bellâtre draguait, conforme à sa réputation, trois filles de cinquième année. J'avais finalement fini la soirée avec l'une d'entre elle et dont je ne me souvenais même pas du nom.
Je grognais de mécontentement. Mon crâne allait exploser et je n'avais pas du tout envie de me prendre la tête au réveil. Je ne dormais jamais avec ces filles. Je voulais absolument éviter de leur donner l'impression de compter. Les voir pleurer finissait inévitablement par m'énerver.
Je la secouais sans douceur. Ses paupières se soulevèrent lentement. Sans détours je lançais :
-Dégage !
Surprise, les yeux embués par le sommeil, elle bégaya, la voix enrouée.
-Mais…Enfin…
-Je t'ai dit de partir ! «Ça y est, elle va chialer ! »
Les larmes envahissaient petit à petit son visage.
-Mais… Je croyais…
Je la coupais. Un sourire en coin étirait à présent mes lèvres. Moment étrangement exultant. « Navrante naïveté ! »
-Et tu croyais quoi ? Hum…. Laisse-moi deviner ! Que nous allions sortir ensemble et que ce serait l'amour fou ? Ah ! Qu'avec toi ce serait différent ?
Je riais maintenant. Rire fort et sans joie. Je jubilais. Savourant les changements de ses expressions. Egarement, incompréhension, tristesse, douleur. Pitoyable petite chose à ma merci.
-Comme c'est touchant ! Mais, tu n'es qu'un coup d'un soir. Juste un moyen, plutôt mauvais d'ailleurs, de passer ma frustration. J'ai tiré mon coup, tu as pris ton pied. Ça s'arrête là ! Le principe d'une relation d'un soir. Juste du cul rien que du cul. Je t'ai baisé et tu as aimé. Je suis un salaud, tu n'es qu'une traînée, point final. Maintenant, barre-toi avant que je perde réellement patience.
La gamine redoublant de larmes ramassa ses habits et s'habilla maladroitement tout en se précipitant vers la sortie. Comme à chaque fois, je perdis immédiatement mon sourire. « Génial ! Ma journée est gâchée ! » . Je me dirigeais vers la salle de bain d'humeur maussade.
Dans la salle commune, mon homologue était assis dans un fauteuil en train de lire. « Comme c'est original ! Un livre ! » Je levais un sourcil, affichant un air dédaigneux et moqueur. Granger afficha un sourire ironique.
-Bonjour Ô cher Malefoy ! Je vois que tes histoires de petites culottes sont toujours aussi IN - intéressantes ! En parlant de ça, ça m'arrangerait que tu fasses tes sauteries ailleurs. Les bruits de tes ébats sexuels sont terriblement dérangeants et tellement peu original.
Là, c'était la meilleure ! La vierge et prude gamine aux livres qui se permettait un commentaire sur ma vie sexuelle.
-Tu pourrais dispenser mes yeux de la vision d'horreur que tu offres au réveil, Sang de Bourbe.
Je claquais la porte de la salle de bain sans attendre la réponse. Il me fallait une douche chaude et une potion anti gueule de bois.
Une heure plus tard, je me dirigeais d'un pas rapide vers les cachots. Cours de potion commun avec les Gryffondors oblige. J'étais à la bourre. « Semaine pourrie en perceptive ! »
Alors que je me rapprochais, j'aperçu le binoclard visiblement en retard lui aussi. Sauf, qu'il affichait une mine sombre digne de mon parrain. « Saint Potter est contrarié ! La blague. » Au moment de tourner à droite, nous arrivâmes à même hauteur. Pas un mot, ni même une insulte ne furent échangés. « Je me fais vieux ! ». En l'observant de biais, je vis qu'il serrait la mâchoire et était complètement perdu dans ses pensées. Bref, lui aussi avait mal commencé la journée.
Nous arrivâmes en même temps devant la porte du cachot du maître des potions. Potter se mordillais les lèvres, hésitant visiblement à rentrer. Quant à moi, je n'avais trouvé aucune raison valable à mon retard. « Quelle plaie ! »
-Bon Potter ! On va pas y passer la nuit.
A peine avais-je prononcé ces mots, que le brun frappait et ouvrait la porte. Toutes les têtes se tournèrent dans sa direction. Rogues lança son plus magnifique regard noir cherchant à tuer sur place la personne osant l'interrompre.
-Oh ! M Potter ! Quel bon vent vous amène ? « Cynisme, du Rogues a n'en pas douter ! » Laissez-moi deviner ! Vous avez soudain pris conscience du degré abyssal de votre ignorance et de votre inégalable incompétence. Je suppose que consciencieux comme vous l'êtes, vous avez décidé d'y remédier en assistant à mon cour. C'est trop d'honneur mais je me vois dans….
Mon parrain se tut en me voyant.
-Et bien, quel étrange duo ! Mr Malefoy, je suppose qu'il y a une explication logique à votre retard commun qui n'est pas à mettre sur le dos du hasard.
Sans le vouloir, mon parrain venait de me fournir l'excuse idéale.
-Non professeur, nous devions décider des jours pour le terrain de quidditch. Nous avons eu plus de mal que prévu à nous mettre d'accord. Accepteriez-vous nos excuses ?
-Ça ira pour cette fois asseyez-vous ! dit-il à contre cœur.
Sans demander mon reste je me précipitais à un chaudron libre au milieu de la salle pendant que Potter faisait de même rejoignant sa chère belette.
Alors que j'ensorcelais ma plume pour qu'elle prenne des notes seule, envisageant de me la couler douce, la porte s'ouvrit violemment.
-Quoi encore !
Mon parrain avait rugi de colère, prêt à lapider la personne osant rentrer ainsi, sans frapper et en retard.
-Je suis désolée ! Je me suis endormie et ensuite j'ai eu du mal à trouver la salle.
Marianne Potter, les cheveux en bataille, la cravate défaite et la robe ouverte sur trois boutons se tenait dans l'entrée de la salle. Elle était essoufflée et avait les joues légèrement rosies.
-Décidément, c'est une épidémie ! Vous ne valez pas mieux que votre frère ! Allez-vous asseoir immédiatement avant que je ne sois tenté de vous changer en horloge pour vous apprendre la ponctualité !
Elle regarda la salle à la recherche d'une place lorsqu'elle me vit. Je ne rêvais pas. Elle affichait un petit sourire mutin et ses yeux brillaient de malice. Elle se dirigea d'un pas conquérant vers moi. Me fixant droit dans les yeux comme pour me défier de protester.
-Bonjour Malefoy ! dit-elle en s'asseyant à côté de moi. Puis chuchotant, elle ajouta.
-Tu t'es bien reposé j'espère ! Mon réveil a été un peu brutal et froid, mais j'ai dormi comme une MASSE !
-Ferme là Potter !
Soudain, je sentis sa baguette s'enfoncer dans ma cuisse. Tout en suivant le cours, elle murmura.
-Tu voulais jouer non ? Soit, voyons voir qui craquera en premier. Elle me jeta le sort que j'avais lancé à son clebs la veille. « Elle ne pouvait pas l'avoir retenue !».
J'allais la tuer. Je ne pouvais ni parler ni bouger.
Mon parrain afficha la potion du jour et nous laissa seuls comme à son habitude.
-Ne t'inquiète pas ! Je m'occupe de tout ! Ah par contre je ne connais pas la moitié des ingrédients. Ça sera peut-être dangereux. Tu n'auras qu'as me faire signe si je me trompe ! Ah j'oubliais, tu peux-pas bouger !
Elle s'éloigna en direction de l'armoire, sourire aux lèvres. Jamais je n'avais eu autant envie de faire mal à quelqu'un. Encore plus qu'à ma chère tante.
POV Max
Je jubilais. Je ne lui avais pas teint les cheveux en vert mais finalement, c'était aussi bien. Petite vengeance bien méritée. Le problème, maintenant c'est que je ne savais pas quels ingrédients utiliser. Une jeune fille aux cheveux broussailleux me regardait avec curiosité. Je lui rendis son regard et me décidais à lui parler.
-Bonjour, je suis Max !
-Oui je sais…Moi c'est Hermione Granger ! Je voulais faire ta connaissance… A dire vrai, Je suis amie avec Harry et je m'inquiète… et… S'il te plait, n'en veux pas à Harry ! Heu… Personne ne l'avait mis au courant. Tu comprends ? Il est comme en état de choc. Faut pas lui en vouloir ! Enfin bref, dans tous les cas, même si tu es à Serpentard, j'espère qu'on pourra s'entendre et si tu as la moindre question n'hésite pas.
Elle avait dit sa réplique d'une traite, sans respirer. « Elle veut que je lui réponde quoi !? »
-Je crois que je ne lui en veux pas. «Réponse un peu faiblarde ! » Je comprends sa réaction tu sais. « A vrai dire je m'en fiche, non ? Pas comme si j'avais eu le temps d'y penser ! »
-Ah ! -elle parue surprise- Je pensais que tu serais vexée, en colère ou même triste. Je le connais depuis tellement longtemps maintenant ! Il est si têtu mais il viendra de lui-même quand il sera prêt.
-Oh… « Cette fille est vraiment une amie appliquée ! »
Je ne savais pas quoi dire d'autre. S'il voulait me parler tant mieux, sinon tant pis je passerais à autre chose. Bon d'accord, je me mentais à moi-même. Je voulais le rencontrer. Je décidais de changer de sujet.
-Dis-moi tu peux me montrer les ingrédients à utiliser et m'expliquer leurs applications !
Il s'avéra qu'Hermione était une vraie encyclopédie sur patte. J'étais impressionnée par la quantité de chose qu'elle semblait avoir emmagasiné et par la passion qu'elle avait à les partager. Je la remerciais et rejoignais ma place.
-Je vois que tu ne fais aucun effort pour m'aider ! Tu n'as pas bougé d'un pouce.
Je ris à ma blague avant de rajouter.
-Je t'emprunte ton livre de potion, j'ai oublié le mien.
Son livre contenait tout un tas d'annotations étranges que je décidais de suivre. Faire la potion s'avéra être un jeu d'enfant. Je m'ennuyais ferme. Lorsque le sort cessa de faire effet.
POV Draco
Elle me regardait, attendant visiblement ma réaction, pas le moins du monde effrayée.
-Toi…
J'interrompais ma phrase alors que Rogues entrait bruyamment dans la salle.
-C'est fini ! Je vois que la place de monsieur Londubat est encore entière ! Les usines de chaudrons n'ont plus qu'à fermer, la faillite est proche. Je donne un point à Gryffondor pour cet exploit remarquable.
Je rongeais mon frein alors que mon parrain passait dans les rangs commentant au grès de son humeur les potions des autres. Bien entendu, il resta longtemps devant celui du survivant et de la belette, critiquant leur mixture tout son saoul. La traite à son sang riait sous cape.
-Tu le regretteras !
Alors que le cours se terminait, je me levais et quittais précipitamment la salle. « Y a des jours comme ça où on ferait mieux de rester couché ! »
