Une première journée mouvementée…
POV Max
Je fixais la potion mijotant doucement captivée par les bulles du liquide épais, gonflant et éclatant dans de petits bruits sourds. Soudain, je perçus un mouvement à côté de moi. Le sort ne faisait plus effet. Malefoy rouge de colère semblait proche de l'hystérie. Un sourire étira mes lèvres alors que ses yeux lançaient presque des éclairs. Ils étaient gris orageux. Je les regardais me promettre milles souffrances sans broncher. Il avait sorti sa baguette, la mâchoire crispée par la haine et la maintenait sous mon menton. « Le petit Malefoy est contrarié ! ». Etrangement, personne n'avait remarqué notre dispute.
Alors qu'il semblait sur le point de me faire payer ma petite blague, Rogue entra dans la salle et je le vis retirer vivement sa baguette à l'abri des regards.
-Tu le regretteras lâcha-t-il amer. Il détourna la tête attendant la fin de la classe avec une impatience non dissimulée.
A l'instant même où le cours se termina, Malefoy attrapa son sac et, d'un mouvement rapide de baguette, y rangea ses affaires en vrac avant de refermer brusquement la fermeture. Il me lança un regard noir tout pinçant les lèvres pour réprimer une remarque. Il balança son sac sur l'épaule et parti furibond, un rien théâtral, suivi de près par la brune. « Le toutou Pansy ! Comme ils sont mignons »
Toujours assise, la tête appuyée négligemment sur mon bras, je les regardais partir affichant un sourire mesquin. « Ce n'est que le début mon petit Malefoy ! La guerre est une longue, et lente, très lente, descente en enfer. »
-Excuse-moi ?
La voix hésitante me sortit de ma rêverie. Je levais le visage et tombais face à deux magnifiques yeux verts cachés derrière des lunettes de franchement mauvais goût. Harry Potter, visiblement ennuyé, avait finalement décidé de faire le premier pas.
-On pourrait parler ?
-Euh… Oui bien sûr !
J'avais hésité, prise de court. « Là !? Comme ça !? »
-Pas maintenant, on a cours, mais…euh… ce soir après le repas à la tour d'astronomie. Enfin… si ça te va.
-Je suppose, oui.
Je me levais m'apprêtant à partir lorsqu'il ajouta :
-Bon, bin à ce soir alors !
Je m'étais répété que je me fichais d'avoir un frère et qu'il décide ou non de me parler n'était pas mon problème. Je ne pensais pas prendre cette histoire autant à cœur et pourtant cette simple phrase me déstabilisa encore plus. La réponse eue du mal à franchir le seuil de mes lèvres.
- A ce soir…
Il me sourit. Perplexe, je le regardais rejoindre son pote roux à l'entrée de la salle, perdue dans mes pensées. J'attrapais mes affaires et me dirigeais vers le cours suivant dans un état presque léthargique.
Finalement, la matinée passa rapidement et sans autres heurts. Visiblement, Malefoy avait décidé de prendre son temps et de bien méditer sa vengeance. Je ne lui avais pas reparlé depuis notre « petit différent ».
A l'heure du repas, alors que j'avançais vers la grande salle, je croisais mon parrain.
-Hey Max !
Je me retournais, face au grand brun affichant un magnifique sourire. « Toujours aussi séduisant ! »
-Comment va ma filleule préférée ? Alors, tout ce passe bien chez les serpents ? Laisse-moi devinez, tu en baves ! En tout cas, je t'en dois une. La tête de Servilus quand tu as été envoyé chez les Serpentards. C'était le pied. « Tu m'en diras tant ! Il est plus gamins que ses élèves quand il s'y met !»
-Mais non, ils sont plutôt sympas « La blague ! » mais je me sens mieux seule. « La voie du mensonge et parfois plus simple que celui de la vérité ! » Enfin bref, ta dette va être très lourde ! J'ai besoin d'habits moi ! « Changeons de sujet ! »
-Tu es dure en affaire ! Je voulais te dire, Harry m'a promis d'essayer de te parler. Enfin peut-être … C'est plutôt une bonne nouvelle !
-Oui il est venu me voir, mais dit moi, vous avez réussi à discuter.
Son regard se fit plus dur et sérieux.
-Disons que c'était un peu froid. Il m'en veut encore de ne pas lui avoir dit que j'étais vivant. Plutôt logique de toute façon. Et je crois qu'il refuse même de pardonner à Dumbledore. En même temps ce vieux fou l'a bien mérité ! Enfin, tant que tout se passe bien pour toi… Tu me le dirais si ça n'allait pas ?
-Oui « Il sait… »
Il frotta ma tête de sa main ébouriffant mes cheveux déjà emmêlés et me souhaita bon appétit avant de partir manger lui aussi. J'avais menti à une personne qui souhaitait croire en moi. C'était douloureux. Je m'en voulais. « Note à moi-même, m'excuser auprès de Sirius ! »
Je déjeunais sur le pouce, une fesse dans le vide en bout de table, seule, en bonne pestiférée. Maigre consolation, la nourriture était délicieuse. « Jus de citrouille ? Pas mal !».
« Dix minutes ! » A peine dix minutes et j'avais compris que l'histoire de la magie était sûrement la matière la plus ennuyeuse jamais créée. Je décidais de rattraper mon retard en potion en lisant un index récapitulatifs des plantes utilisées. La première heure s'était écoulée avec une lenteur exaspérante alors que le fantôme « oui fantôme ! » qui nous servait de conférencier continuait de sa voix monocorde son monologue.
Je soupirais bruyamment en m'étirant lorsque je remarquais le regard méchant et moqueur de Pansy. Elle semblait discuter et colporter avec sa voisine en me dévisageant. Un gloussement leur échappa lorsqu'elles remarquèrent que je les avais vus. « Gamines ! ». Il valait mieux pour moi de me méfier.
La journée passa beaucoup trop vite et l'heure du rendez-vous se rapprocha inexorablement. Je me dirigeais vers la tour d'astronomie presque comme une condamnée.
POV Draco
« Sale trainée ! Traite à son sang ! » Elle ne perdait rien pour attendre. Elle venait, purement et simplement, de me déclarer la guerre. Et bien soit ! Elle l'aurait. Parole de Malefoy.
J'avais passé la journée à ressasser un moyen efficace de me venger. Mais tout était trop fade, pas assez fort. Je voulais qu'elle souffre, me supplie mais chaque fois que j'imaginais un plan, ça finissait invariablement par un sourire moqueur étirant ses lèvres. Sourire que je voulais réduire en miettes. Je voulais voir des larmes striant son visage tordue par la douleur. Pas une douleur physique, non, une douleur qui ronge le cœur et l'âme. Bref, qu'elle me supplie de mettre fin à sa vie de minable et arrête de monopoliser mon esprit.
-Hey, Malefoy tu écoutes !
Je sursautais, la voix de Blaise me ramena à la réalité. Je déteste quand il m'interpelle comme Potter et sa clique ! « Je lui ai déjà dit, merde à la fin ! »
-M'appelle pas par mon nom ! T'es lourd !
Je triturais ma nourriture du bout de mon couteau, l'air nonchalant, la tête appuyée sur mon autre bras. Blaise afficha ça moue énervée et lâcha la voie acide.
-Comme vous voudrez MÔSIEUR, vos désirs sont des ordres ! Non mais sans rire, tu nous ignores depuis toute à l'heure. C'est chiant à la fin !
-Rien à faire ! Va draguer tes gourdasses.
C'était en train de dégénérer et comme d'habitude, Théo intervînt pour couper court à notre dispute.
-Ce que voulait dire Blaise, c'est que les seules fois où tu sembles perdu dans tes pensées, c'est que tu as des emmerdes avec ton père ou que tu imagines un plan pour faire payer Potter. Alors ?
« Merde ! ». Je soupirais. Nott n'avait jamais été stupide mais surtout, il était un peu trop observateur pour son propre bien. Il ne regardait rien en particulier, un sourire aux lèvres. « Encore, cette expression stupide sur le visage ! »
-En fait, c'est après Potter fille que j'en ai. Ta capacité d'analyse est effrayante Théo.
-Bien tenté ! Mais tu vas enfin nous dire ce qu'il y avait dans la lettre que tu as reçu ce matin.
Je le fixais surpris. Je n'y pensais pourtant déjà plus.
-Ah ! Pas grand-chose en fait ! Mon père est encore partit dans son délire pour la marque depuis que je lui ai dit que je devais rester à Poudlard pour les vacances pour mon rôle de préfet en chef. Bref, du coup ça reporte l'échéance à la fin de l'année et il est furieux.
-C'est plutôt un bonne nouvelle non ?
-Mmm…
-Allez crache le morceau. C'est quoi l'autre problème !
« L'autre problème !? Hormis le fait que je suis fiancé à deux filles en même temps, qu'une me fatigue et que je déteste l'autre, qui comme si ça ne suffisait pas, est la sœur de saint Potter ! Que ma vie est un vrai bordel à cause du fantôme de mon grand-père ! Que mon père soit un Mangemort fanatique au point d'héberger le fou furieux et sa clique. Non, vraiment je ne vois pas !? »
-Pas grand-chose… Juste qu'il tient à s'assurer que les fiançailles se dérouleront sans problème. « Il va pas être déçu le vieux ! »
-Epouser Pansy ! Tu parles d'un beau merdier ! « Sans rire ! »
-Merci pour ton réconfort Blaise.
-Pas de quoi. Je suis ravi de pouvoir t'aider ô mon maitre.
Je le frappais gentiment sur la tête. Qu'ils me parlent de la lettre était finalement une bonne chose. Le problème que j'avais avec la sœur Potter ne concernait que moi. Alors que je m'apprêtais à boire, je vis que Théo continuait de me regarder tout sourire.
-N'empêche, la sœur de Potter, elle est plutôt bonne, non ?
Je m'étouffer à moitié recrachant l'eau, alors que Blaise sourire malicieux ajoutait.
-Pour le coup, Théo ! Je suis à cent pour cent avec toi. Elle est carrément bandante. Elle a un corps à damner Merlin !
-Non mais je rêve ! Vous êtes en train de baver sur la traite à son sang je vous signale. Cette sale gamine !
-On a très bien vu comment tu la regarde ! Et puis une bombasse reste une bombasse. Traitre à son sang ou pas.
-N'importe quoi !
Théo nous laissa nous disputer, replongeant dans ses pensées. Il ne perdait rien pour attendre celui-là ! Le reste du repas continua dans la bonne humeur malgré mon esprit encombré par des envies de vengeances et d'incertitudes.
Alors que je me dirigeais vers la salle des Préfets. J'étais à nouveau en rogne à cause des insinuations de Blaise. C'est pourquoi, je ne la vis qu'au dernier moment. Elle marchait seule dans le couloir. Les yeux perdus dans le vide, marmonnant à toute vitesse des paroles inintelligibles. Marianne Potter se dirigeait vers la tour d'astronomie et ne m'avait pas remarquée. J'aurais pu la coller pour le mois entier et sans attendre, mais, je voulais savoir où elle allait. Alors je me mis à la suivre en silence et à distance et j'avais bien fait. Là, assit sur le rebord du balcon, le balafré attendait.
POV Max
Il y a très peu de choses qui m'effrayent. Jusqu'à ce jour je pouvais même dire que je n'avais peur de rien ou presque. Mais là, alors que je l'apercevais debout dans la pénombre. Oui, je balisais complètement. Insidieux sentiment de faiblesse qui s'empare de tout mon corps, petit à petit.
J'avais peur de ce qu'il allait me dire. Allait-il m'accepter ? Voulait-il qu'on apprenne à se connaître ou que plus jamais je ne lui adresse la parole. Les interrogations les plus folles se succédaient dans ma tête alors que je m'avançais mais une certitude les supplanta toutes. Les balayant comme par un simple coup de vent. Je ne voulais pas qu'il soit indifférent. Finalement, cette histoire me tenait à cœur. Je voulais une famille. Ce qu'on m'avait toujours refusé, je le voulais là et maintenant. Je voulais et j'obtiendrais, je l'appellerais frère et qu'il ne soit pas d'accord, m'importait peu. J'avais pris ma décision.
