Au Détour d'un Couloir…
POV Max
« Mince ! » Je rongeais l'ongle de mon pouce énervée. J'étais assise sur mon lit depuis presque dix minutes. Le dortoir était toujours complètement désert. « C'est de sa faute après tout ! ». Personne ne m'avait suivie après ma sortie théâtrale. « Et tant mieux ! »
-Tss…
Je baissais les yeux vers la photo touchant du doigt le visage souriant de Dara.
« De toute façon, elle a amplement mérité ce qui lui arrive !». A ce stade-là, la jalousie de Pansy était pire que maladive.
-Pfff…
Je soufflais en passant une main distraite dans mes cheveux en regardant mon reflet dans le miroir du mur.
- Franchement, j'ai d'autres chats à fouetter ! Ah ouais ? Mais tu vois ma vieille, tu t'es littéralement jetée dans son jeu.
Et maintenant que j'en étais réduite à parler toute seule, eh bien oui, je m'en voulais. « Je dois être maso ! ».
Avec du recul, je savais très bien pourquoi elle avait fait ça.
- Seulement deux semaines que je suis là et paf, Malefoy me porte plus d'attention que tu n'en as sûrement jamais eue ! De quoi avoir une bonne envie de meurtre et de sang, hein Pansy ! Ceci dit, s'il y a quelqu'un qui se passerait bien d'une telle attention, c'est moi. Tu peux me croire ! De toute façon, ce n'est pas comme si Malefoy m'aime ou quoi que ce soit de ressemblant. « Non, sans rire ! »
C'était plus un sentiment de haine le tout mêlé d'un soupçon de dégoût et d'un sentiment contradictoire de convoitise. Ah ! Et une irrémédiable envie de me voir soumise. « Merci Freud ! » Et puis ça passe pas inaperçu ! Il l'étale aux yeux de tous ! Bref, il voulait me réduire en un petit tas de cendre, se délectant et prenant son pied, pas de quoi m'envier. « Finalement, c'est Pansy qui doit être maso ! »
Comme une folle je continuais à parler à mon reflet.
-Quoi !? Bon d'accord j'irais m'excuser ça te va !?
POV Pansy
Ma tête me faisait un mal de chien. Je rêvais, cette peste m'avait envoyée valdinguer comme une vieille chaussette. Et puis d'abord, comment s'y était-elle prise !? Elle n'avait même pas utilisé de baguette. Et Draco qui n'avait rien fait pour me défendre, je n'en revenais pas. Le pire c'est qu'après m'avoir aidée à me relever, il avait ajouté dédaigneux.
-Je t'avais dit d'arrêter mais c'est plus fort que toi, hein Pansy !?
Et puis il m'avait laissé en plan sans même me demander si j'allais bien.
-Merde ! On va se marier à la fin !
Ma voix résonna dans le couloir sombre. Des rires moqueurs s'élevant des tableaux me firent échos.
-C'est ça moquez-vous ! Je vais mettre le feu à vos cadres !
Les rires cessèrent instantanément. Souriant fière de moi mais les yeux piquants, je continuais mon chemin sans savoir où j'allais. J'avais juste sentis le besoin de m'isoler loin des regards de pitié et méchants des autres Serpentard. D'habitude, Blaise et même Théo, venait voir si j'allais bien, mais je suppose qu'il considérait que cette fois-ci je l'avais bien mérité. J'errais sans but depuis quelques minutes lorsque je sentis des larmes couler le long de mes joues.
-Eh !? Manquez plus que ça !
Tout en frottant mes yeux je continuais mon monologue. Et tant pis, si ça alertait le vieux Rusard !
-T'es qu'une gamine ma fille. Si tu commences à pleurer à cause de ça, tu vas te dessécher avant d'atteindre tes trente ans !
Ma mère me l'avait dit et je m'en souvenais comme si c'était hier.
-Pansy quand vas-tu cesser de faire l'enfant ! Une Parkinson ne pleure pas. Tu es destiné à épouser un Malefoy, un sang pur. Tu dois faire honneur à notre nom. Si tu pleures pour un rien alors tu n'as pas fini. L'épouse de noble famille se doit de toujours d'afficher un visage de circonstance. Il n'y a pas de place pour la faiblesse.
Tu parles dire ça à une gamine de huit ans… Je n'arrivais pas à me calmer et ma tête me faisait de plus en plus mal. J'étais arrivée sans le vouloir près de la salle des potions. Secouée par des sanglots je me laissais glisser le long du mur et entourais mes jambe, enfouissant mon visage dans mes bras. Je restais ainsi je ne sais combien de temps avant d'entendre quelqu'un me demander.
-Est-ce que ça va ?
Je ne relevais pas la tête, même si la voix du garçon me disait quelque chose. Je ne l'avais même pas entendu approcher.
-Laisse-moi, je t'ai rien demandé !
J'avais répondu méchamment, pourtant contrairement à la plupart des gens, il ne partit pas et insista.
-Tu as mal quelque part ?
Je relevai brutalement la tête, n'arrangeant en rien la douleur lancinante qui résonnait dans mon crâne.
-Tu comprends pas quand on te parle ?
-Parkinson !?
Je n'en croyais pas mes yeux, il avait fallu que ce soit cet abruti profond.
-Londubat !?
Il afficha un air méfiant, hésitant quant à quoi faire.
-Et bien casse-toi ! Je n'ai pas besoin de ta pitié !
Il me lança un regard dépité avant de dire.
-Il y a une différence entre pitié et sollicitude Parkinson. Et puis, je pars si j'en ai envie.
Je n'en revenais pas. Sur ces paroles, il s'assit juste à côté de moi. J'essayais de juste l'ignorer mais, cet idiot, commença la discussion comme si nous étions de vieilles connaissances. Remarque nous l'étions un peu d'une certaine façon. Après tout je lui avais mené la vie dure comme la plupart des gens. Il n'y avait pas que les Serpentard pour se moquer de lui.
-Eh bien si je m'attendais à croiser une fille en pleurs en revenant de ma colle avec Rogue, j'aurais rigolé. Mais si on m'avait dit que la Parkinson qui terrorise toute la gente féminine serait là, en larme, j'aurais demandé à cette personne de se faire interner sur le champ. Alors qu'est-ce qui peut faire pleurer une mégère comme toi ?
-Ferme là Londubat, j'ai pas besoin d'un psychomage !
-Non, peut-être pas mais tu as sûrement besoin d'un médicomage. Tu saignes !
Après lui avoir lancé un regard méchant. Je portais ma main à l'arrière de ma tête et sentit que mes cheveux étaient poisseux. Je réalisé que j'avais également plusieurs entailles sur les avant-bras. Enfin, rien de bien méchant.
-Laisse-moi te soigner !
-Pour perdre la vie. Je ne crois pas non ! Je n'ai pas besoin de l'aide d'un pareil benêt.
-Benêt !?
Il me lança un regard amusé. Comme d'habitude, il ne s'énervait pas. Mais je devais avouer qu'il avait changé. Depuis qu'il avait participé à cette foutue armée de Dumbledore, il avait pris en assurance et quand les gens se moquaient, il ne se laissait plus faire comme un chien battu. Non, monsieur rigolait avant d'ignorer son monde. Bref, terriblement frustrant.
-Très drôle Parkinson ! J'avoue que je suis une vraie catastrophe en potion mais je ne suis pas nul, d'ailleurs je suis même en tête de promos sur une ou deux matières ! Et vu comme je suis maladroit, je sais parfaitement lancer des sorts de soins basiques !
Je le toisais en pinçant les lèvres, les joues mouillées par mes larmes et murmurais comme une gamine.
-Hum ! Et pourquoi tu m'aiderais ?
-Ai-je besoin d'une raison pour aider une fille blessée et en pleurs ? Et, puis on pas vraiment des étrangers Parkinson.
Je souriais ironique.
-Non, pas vraiment. T'as intérêt à pas faire n'importe quoi ou je t'étripe Gryffondor.
Il me sourit avant de dire.
-Et bien voilà ! La vraie Parkinson est revenu. Tu es bien plus jolie quand tu souris.
Je rougis violemment en balbutiant.
-Que…
Avant que j'aie le temps d'en dire plus, il lançait un sort pour cicatriser mes plaies. Elles disparurent quasi instantanément.
-Et voilà le travail est fait !
Il se releva avant d'ajouter :
- Bon, ce n'est pas que je ne t'aime pas mais il commence à être tard et je n'ai pas envie d'être collé pour avoir trainé en ta compagnie ! Tu ferais bien d'aller te coucher Parkinson !
Et il s'en alla me laissant complètement abasourdie. Le petit garçon un peu simplet et par très beau avait sacrément grandi. Je me pris à sourire.
