Jeux de hasard !

POV Ron

Je mâchais machinalement ma tartine tandis que Mione, sur l'estrade, commençait son monologue sur le déroulement du bal.

-Hey Harry ! J'adore Mione mais quand elle fait des discours, c'est aussi long et ennuyeux que Dumby !

-Ron, Ron, Ron ! Tu as de la chance qu'elle ne soit pas là pour t'entendre. Elle te passerait un de ces savons !

Harry imita alors la voix d'Hermione, haut perchée quand elle s'énerve.

-Et puis Ron ! Arrête d'appeler notre honorable directeur comme ça ! Mais enfin vas-tu cesser de t'empiffrer !

Neville et moi éclatâmes de rire tandis qu'Harry pinçait les lèvres dans une parfaite imitation ! Ma sœur lui donna une tape sur l'épaule.

-Tout ceci sera répété et amplifié !

Je regardais mon ami et lui dit !

-Non pitié, oh très grand Neville, garde le secret de mon péché !

Ginny leva les yeux au ciel.

-Ce que vous pouvez être bêtes parfois !

Je me tournais à nouveau vers l'estrade pour l'observer. Son regard chocolat brillait sous sa concentration et son stress. Elle était droite comme un piquet mais toujours aussi jolie à mes yeux. Mon sourire béat se fana alors que je tombais sous le froid polaire du regard de Malefoy. « Toujours aussi avenant ! ».

Quelques minutes plus tard, c'était lui qui parlait après que nous ayons tous déposé les noms des couples déjà formés. Même si son expression était mortellement sérieuse, je crus voir sa face de fouine se dessiner.

-Dis Harry, j'ai l'impression qu'il prépare un sale coup ! Il a l'air de jubiler sous son air d'enterrement.

-Ouais, je le trouve presque fébrile ! Remarque pour une fouine bondissante…

-…Rien d'étonnant, acheva Neville un large sourire étalé sur son visage.

Ginny gloussa.

-C'est sûr qu'il a presque l'air de trépigner sur place !

Je me concentrais à nouveau sur le discours ou plutôt sur ma deuxième tartine.

-Vous pouvez maintenant vous avancer un par un pour tirer au sort le nom de votre partenaire.

Comme Personne ne bougea, un sourire en coin étira ses lèvres alors que fier de lui il annonça.

-Bien, je vois que je vais devoir montrer l'exemple.

Un morceau de la tartine tomba de ma bouche sous le choc.

-Puré Ron, tu manges comme un porc ! Si maman était là…

Je coupais le sermon de ma sœur.

-Ouah, vise la tête de sa fiancée on dirait que sa bouche va se décrocher et que la fin du monde est proche !

-Tu m'étonnes qu'il ait l'air de mourir d'impatience, le salaud !

Neville fronçait les sourcils.

-J'ai beau ne pas apprécier Pansy, je trouve qu'il abuse, après tout, c'est le jour de leurs fiançailles !

-Et bien si quelqu'un n'avait pas compris qu'il ne voulait pas se marier, c'est fait !

Harry avait les larmes au bord des yeux à force de rire. Le grand blond tendit sa main, nonchalant, dans la marmite et y pris un papier. Alors qu'il lisait le nom inscrit je le vis blêmir.

-Et bien, on dirait qu'il n'avait pas prévu ce qu'il voit !

Malefoy reprit contenance et de son air le plus blasé annonça.

POV Max

-Marianne Potter !

Je sentis mon sang se glacer le long de mes veines alors que Malefoy, visage imperturbable posait son regard sur moi.

Blaise éclata d'un grand rire qui résonna dans toute la grande salle. Le professeur McGonagall le visage courroucé le sermonna.

-Faites preuve d'un peu de retenu, Mr Zabini !

A côté de moi, je crus que Pansy essayait de me tuer rien qu'avec son regard quand soudain je vis des larmes emplirent ses yeux. Elle se leva d'un bond et quitta précipitamment la grande salle, tête baissée. Nott semblait désapprouver.

-Je sais bien qu'il ne veut pas épouser Pansy mais ça serait bien qu'il arrête de l'humilier.

-Oh, c'est pas la fin du monde ! Remarque quand je te regarde Marianne, j'ai l'impression que si !

Il avait insisté volontairement sur mon prénom le regard empli de malice, alors qu'il était toujours aussi hilare. Je ne pus m'empêcher de dire.

-Elle était vraiment blessée !

-Ce n'est pas la première fois, elle s'en remettra après tout, la vie c'est marche ou crève !

« C'est pas à moi que tu vas l'apprendre ! »

Blaise avait eu un regard amer contrastant violemment avec son caractère jovial de l'instant. Je n'aurais jamais cru le voir aussi cynique.

-Sûr ce ! Souhaitez-moi bonne chance ! dit-il laconique alors qu'il se dirigeait vers la marmite comme si il jouait son destin.

Je le regardais marcher quand Théo me dit.

-Il fait comme si ça ne l'affecte pas mais je te garantis qu'il n'a qu'une envie, mettre son poing dans la figure de Draco. Pansy, c'est comme notre petite sœur et c'est encore plus vrai pour Blaise. Lui qui sourit toujours devient quelqu'un d'autre quand on s'en prend à elle. Le soir où tu l'as projetée contre le mur, si Draco ne l'avait pas calmé, je pense qu'il te l'aurait fait payer.

Je posais mon regard sur le dos de notre camarade alors que ce dernier jetait un regard noir à Malefoy. Il eut un air de défi puis se détourna et annonça de façon théâtrale

-Voyons voir à qui me réserve le destin !

Il haussa un sourcil surprit et annonça :

-Luna Lovegood !

Des rires et murmures se firent entendre alors que mon amie blonde semblait perdue dans son monde. Toujours comme à son habitude, Blaise plus exubérant que jamais, se dirigea contre toute attente vers la table des Poufsouffles avec de grandes enjambées. Il s'arrêta devant Luna et afficha son sourire de charmeur.

-Mlle Lovegood !

Luna sembla se réveiller d'un rêve à l'entente de son prénom. Elle posa son regard étrange et presque translucide sur celui du grand black.

-Le destin a choisi ! Acceptes-tu de venir avec moi au bal ?

Des rires fusèrent alors que le Serpentard mettait un genou à terre. Un des Poufsouffle ajouta.

-Alors Loufoca, tu acceptes ?

Luna parla de sa voix douce et toujours aussi décalée.

-Le destin est parfois cruel mais immuable !

-J'en conclu que c'est un oui !

La voix de McGonagall résonna plus énervée que jamais.

-MR. ZABINI QUAND VOUS AUREZ CESSE DE FAIRE LE PITRE, PEUT-ÊTRE POURRONS NOUS CONTINUER ?

Plusieurs personnes passèrent puis se fût Théo, il tomba avec la cadette des Greengrass, Astoria. L'espèce de reine des glaces prit un air dégoutté. Lorsque ce fût le tour de Neville, certaines personnes rire d'avance, plaignant sa ou son cavalier selon les cas. La surprise générale tomba lorsqu'il tira le nom de Pansy Parkinson.

Décidément la soirée fut riche en événement !

Un certain moldu du nom de Balzac a dit « on est jamais aussi bien servi que par le hasard !» Pour l'heure, j'aurais tendance à penser que le hasard est un moyen détourné du destin, de s'amuser au dépend des hommes. Ce soir, il s'est offert un récital !

POV Pansy

Autant dire les choses comme elles le sont, j'avais littéralement la haine. Si vous m'aviez posé la question, hier encore je vous aurais dit que mes priorités se résumaient à un seul et unique point, l'un de ces changements qui marque une vie entière, l'organisation de mes fiançailles.

Il lui avait fallu moins d'une heure pour tout foutre en l'air. Draco n'en avait toujours fait qu'à sa tête. Il incarnait le Malefoy dans toute sa splendeur : égoïsme, égocentrisme, fierté et une furieuse manie à vouloir tout dominer. Bref, un chieur pathologique et obsessionnel.

Si j'avais bien compris qu'il ne voulait pas de ces fiançailles, j'avais toujours au moins eu cet espoir ténu que, par fierté et pour le foutu nom des Malefoy, il s'y serait contraint le moment venu. Mais voilà, m'ignorer ne lui avait pas suffi voilà qu'il venait de m'humilier en annonçant participer à cette mascarade. Piocher le nom de sa compagne pour le bal, m'abandonnant le jour même de nos fiançailles.

J'ai réellement pris conscience de sa bassesse lorsque fier de lui, il m'a regardé dans les yeux, tout en faisant son annonce. Je l'aurais étripé. Pour parachever cette grotesque comédie, il avait fallu qu'il tire le nom de cette maudite Potter. Au moins l'un comme l'autre eurent la décence de blêmir et de ne pas se réjouir de la situation.

Je me souvenais encore du visage peiné qu'elle posa sur moi. Ses yeux dépareillés rendirent la scène encore plus vivace, comme une brûlure. Et pour la seconde fois en peu de temps je sentis les larmes me monter aux yeux. J'aurais voulu réagir autrement, m'énerver, en rire mais ne pas en pleurer. Je n'eus d'autre choix que de quitter la grande salle, tête baissée, pour ne pas rajouter à mon humiliation.

Comme toutes les fois où Draco allait trop loin ou que quelqu'un me blessait, je m'isolais dans une des salles de classes vides, dans les cachots. Invariablement, Blaise finissait par me retrouver. Cette fois encore n'y fit pas exception. Il s'assit à l'envers sur la chaise devant moi. Croisant les bras sur le dossier pour y appuyer sa tête. Le silence dura une bonne dizaine de minutes avant qu'il ne se décide à le rompre.

-Tu sais bien que Draco est parfois un parfait con !

Comme je ne répondais pas il continua.

-Il t'aime quand même, à sa façon, tu le sais ?

-Comme une sœur, je sais !

J'avais craché ma réplique, la voix amère.

-Si tu le sais pourquoi continues- tu d'insister ?

-Parce que moi, je l'aime et puis de toute manière ce mariage, ce n'est pas une option. On n'a pas le choix !

-On a toujours le choix Pansy et tu le sais. C'est juste une question de volonté.

-C'est toujours facile de dire ça, Blaise.

Un silence gêné s'installa.

-J'ai l'impression qu'il s'éloigne de nous, Blaise. Il se perd dans sa haine pour cette fille et pour son père. Je ne le reconnais plus.

-Pourtant tu veux toujours l'épouser !

-Je te l'ai déjà dit, je l'aime c'est tout.

Son regard changea et devient distant et froid. Je n'aimais pas quand il montrait cette facette de lui. Pour moi, il était et resterait le grand frère souriant que je n'avais jamais eu.

-Es-tu sûre de réellement l'aimer ? Pansy, il ne faut pas confondre admiration et amour.

J'eu l'impression de prendre une douche froide. Pourtant, il finit, comme à son habitude, par lâcher une blague.

-Bah de toute façon, tu es condamnée à une vie de tortures par tes propres parents. Après tout, tu es fiancée à un Malefoy autant relativiser et voir le côté pratique de la chose. Grace à Draco, tu es surentraînée et fin prête pour les années à venir !

Il éclata de rire tout en ébouriffant mes cheveux et réussit finalement à m'arracher un sourire. Je me levais et pris une voix autoritaire.

-Mr Zabini, quand vous cesserez de faire le pitre, peut-être pourrions-nous rentrer à notre salle commune !

En sortant de la salle, je ne fus pas surprise de trouver Théo appuyé contre le mur. Comme à chaque fois il nous attendait.

-Ça y est, la Princesse a retrouvé le sourire ?

Je lui donnais une tape sur l'épaule tandis que Blaise et lui riaient de concert. Il me tendit son bras et dit.

-Allez Princesse, on rentre.

Bras dessus, bras dessous on se dirigea vers la salle commune des Serpentards.

«Les vrais amis sont les seuls à pouvoir transformer les mauvais moments en bon souvenirs et les bons moments en souvenirs inoubliables»

Au moment de monter dans nos dortoirs respectifs, Blaise m'interpella.

-Oh fait Pansy, je t'ai pas dit le nom de ton cavalier.

Au vu du sourire sadique qu'il afficha et de celui moqueur de Théo, je pris peur.

-Neville Londubat ! Bonne Nuit Princesse !