Fripes et jupons !
POV Max,
-Co**** !
Pas besoin de préciser ! Je sortais de mon tête à tête avec l'autre imbécile.
« Tu ne perds rien pour attendre, Malefoy ! Si tu crois pouvoir t'en tirer, la blague ! »
Tout en écumant de rage, je jurais d'aller au bal en short et en tong.
« Juste pour t'emmerder, Malefoy !»
Mais voilà, c'était sans compter sur le terrible pouvoir de persuasion des femmes Weasley. Quelques minutes plus tard, en ce magnifique samedi « pluvieux comme vache qui pisse ! », j'arpentais, l'âme en peine, les rues de Pré-au-lard. Je me trainais littéralement derrière une horde de fille hystérique, en quête d'une robe de soirée.
« Oh joie ! »
Pour parachever ma bonne humeur et soit disant assurer la sécurité des habitants, des Aurors étaient postés à tous les coins de rue et ne cessaient de nous scruter comme au rayon laser. J'étais au bord de l'apoplexie !
A la tête de notre troupeau, Ginny rayonnait de plaisir ! Je crois qu'on peut le dire, elle « kiff » faire les boutiques ! Je me penchais, un air de confidente, vers Luna et Hermione.
-Bon les filles, je la plaque au sol pendant que vous la saucissonnez !
Hermione les yeux pétillant de malice ajouta.
-Ou sinon on profite que Ginny et ces cruches de Parvati et Lavande font de la lèche aux vitrines pour fuir très, très, très loin !
-Même pas un petit jet de cailloux ?
On gloussa de concert sous le sourire doux de Luna.
-Voyons, ce n'est pas si terrible et puis ça fait plaisir à Ginny ! La voir heureuse me suffit !
Prenant un sourire ironique, je rajoutais.
-Ah ! Luna tu dois être un ange descendu sur terre pour me donner mauvaise conscience !
Hermione rigola et me dit :
-Depuis quand les Serpentards ont une conscience !
Je lui donnais une gentille frappe alors que Ginny le regard faussement courroucé ajoutait :
-Quand vous aurez finit de comploter, on pourra rentrer chez Madame Guipure !
Le magasin semblait sorti d'une autre époque avec son plafond bas, ses murs de chaux et cette grande fenêtre en bois foncé. La tenancière portait un chignon grisonnant duquel ne s'échappaient pas la moindre petite mèche folle. Ses toutes petites lunettes ronde, adoucissaient son air strict mais dans l'ensemble, son allure était celle d'une femme sophistiquée et sûre d'elle.
Cela faisait une heure qu'on était là. Parvati et Lavande avait finie. La jolie indienne avait choisi une robe bustier parme offrant une courte traine.
Je commençais sérieusement à m'ennuyer. J'étais assise dans un fauteuil la tête en arrière à regarder le ciel s'éclaircir à travers la fenêtre.
Lavande finit par opter pour du bleu électrique collant à merveille avec sa forte personnalité. « Une façon polie pour ne pas dire autre chose … ». La robe aguichante s'arrêtait largement au-dessus du genou et était sertie à la taille par un large nœud en satin de même teinte.
C'était au tour de la jolie et difficilement satisfaisable rousse ! Au final, Ginny opta pour une belle robe empire échancrée dans le dos et d'un beau prune sombre proche du noir mettant en valeur sa chevelure flamboyante. « Je pense qu'Harry va adorer ! »
Pour Luna ce fût étrangement plus facile. On aurait dit que le vêtement l'attendait. C'était une jolie robe boule, bleu pâle, à la ceinture large et au bustier sur lequel étaient brodés de fines fleurs d'un fil plus foncé. « La réincarnation d'Alice aux pays des merveilles ! »
Hermione opta pour une robe mousseline longue à fine bretelle et de couleur émeraude qui flottait autour d'elle. Elle me regarda en souriant d'un air sadique et calculateur. Je sentais ma dernière heure arrivée. J'en avais presque des sueurs froides ! « Sans rire ! »
-Eh bien Max ! A toi maintenant !
J'eu un sourire forcé alors que je montais sur l'escabeau. Autant dire que je me sentais aussi à l'aise qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine ou comme un hooligan à une soirée opéra.
-Avez-vous choisit un modèle à essayer, Mlle ?
Je montrais vaguement l'habit en question, du bout des doigts sur le catalogue du magasin.
-Celle-ci ? Vous êtes sûre ?
« J'en sais rien, je lui en pose des questions, moi ? » Sur une échelle de un à dix de la nervosité j'avais atteint le point de non-retour. J'avais même les mains moites ! Je pestais intérieurement en m'imaginant ce que cela allait être le jour où il faudrait enfiler cette maudite robe !
-Euh…
La rousse voyant mon hésitation prit les devant.
-Celle-ci devrait être parfaite !
-Très bon choix !
Je la remerciais d'un hochement de tête pendant que la couturière s'affairait. La femme interrompit sont travail soudainement.
- Au nom de Merlin ! Détendez-vous, vous êtes aussi raide et inflexible que la discussion d'un centaure !
Ginny avait l'œil. L'habit était un vrai bijou. Le bustier, laissant mes épaules nues, était échancré en v dans le dos. Il était fait de fine dentelle de fleurs d'un rouge très sombre. Juste en dessous de la poitrine, de la soie plissée rouge sang aussi foncé que les broderies, cintrait parfaitement ma taille. Le bas de la robe, du même tissu que la ceinture, était fuselé jusqu'aux genoux où elle s'évasait légèrement flottant sur le sol.
J'en resté coite. Autant dire que ça n'arrivait pas tous les jours.
-Elle est faite pour toi Max !
Notre virée chez Madame Guipure me couta les yeux de la tête ! Mais comme le disait si bien Ginny :
-Vos parents vous ont laissés de l'argent, Harry en a profité, à ton tour !
Je finis par abandonner les autres pour me promener en compagnie de Falco. Le pauvre avait attendu près de deux heures à l'entrée de la boutique. Ce gros tas avait encore grandi depuis la rentrée et semblait apprécier ses journées chez Hagrid. D'après le géant, il faisait de la compagnie à ce bon vieux Crockdur. Le chien gambadait joyeusement autour de moi. Je m'arrêtais devant le magasin de balais regardant rapidement la vitrine. Il faudrait que je commande un balai très prochainement ou le blond peroxydé me ferait une syncope.
Je vadrouillais sans but lorsque je me décidais à aller voir la cabane hurlante, plus par curiosité que réelle envie. Harry m'avait raconté comment y accéder depuis le parc et qu'il n'y avait rien à l'intérieur mais le bâtiment délabré était tellement austère que je comprenais facilement sa réputation. Alors que je m'arrachais à sa contemplation, j'entendis des pas derrière moi. Falco se mit à grogner.
-Tiens, tiens si ce n'est pas la catin de Malefoy !
Je me retournais pour faire face aux deux gorilles de notre équipe de quidditch, Crabbe et Goyle.
-En voilà une heureuse rencontre ! Ironisais-je.
-Pas autant que pour nous Potter !
Le plus petit pointait discrètement sa baguette dissimulée sous sa cape, sur moi.
-Sérieux !? Encore !
-Tu devrais nous suivre bien gentiment si tu ne veux pas être malencontreusement blessée.
-Au cas où vous l'auriez oublié, il y a des Aurors tout autour de nous ! Je cris, vous êtes dans une merde pas possible !
J'avais dit ça pour gagner du temps. Les Aurors n'étaient pas loin mais l'endroit était complètement désert. S'il ne m'avait pas attaqué par surprise, c'était précisément que les Aurors auraient rappliqué dans la seconde en détectant un sort suspect. Mais je ne me faisais pas d'illusion, j'étais dans une situation délicate et visiblement sans issue.
-Ils ne t'entendront pas crier Potter !
A mes pieds Falco grognait en montrant les dents pendant que les bras croisés sur la poitrine, je les observais avec une attitude volontairement détachée.
-Ok, ok on se calme !
Je faisais mine d'avancer vers eux quand mon chien beaucoup moins patient et ayant senti le danger se jeta sur Crabbe, le plaquant au sol. Pris par surprise et surtout par douleur, le garçon se mit à gémir, se retenant à grande peine d'hurler.
- Enlève-le, enlève-le !
Mon chien grognait tout en mâchouillant son mollet ! Pendant que Goyle essayait tant bien que mal de le faire lâcher, je pris ma baguette pour les menacer à mon tour.
-Falco !
Le chien arrêta de mordre le mollet de Crabbe et se dirigea tranquillement vers moi sans les lâcher des yeux. Il se coucha à mes pieds, babines retroussées.
-Bon et maintenant ? On s'entretue !?
Goyle fronça les sourcils.
-Tu étais censées avoir un minimum peur et nous suivre sans résister pas nous menacer avec ta baguette.
-La prochaine fois essayer de m'enlever quand je regarde ailleurs, ce sera plus facile !
C'était une impasse. Vingt minutes s'étaient écoulées et aucun de nous n'avez bougé. Je venais à me résoudre de passer mon centième anniversaire ici quand à mon plus grand déplaisir j'entendis sa voix.
POV Draco
J'étais en compagnie de Blaise et Théo sur le chemin de traverse pour acheter nos costumes. Ce premier avait décidé de me faire la tête parce que j'avais fait pleurer cette plaie de Pansy. Enfin, il essayait. On aurait dit un gamin qui boude. Théo n'arrêtait pas de rire en regardant les réactions puériles du grand dadais.
-C'est bon Blaise, j'ai compris, arrêtes !
-Excuses-toi alors !
Je l'ignorais à nouveau. « M'excuser !? Et puis quoi encore ! ». Rageur, je les distançais et partais de mon côté. J'avais besoin d'air. Malheureusement, dès que je me fus éloigné d'eux, deux Aurors commencèrent à me filer. «Je voudrais juste être tranquille une seconde !». Je ne fis pas une centaine de mètres que je tombais sur le spectacle navrant de Crabbe et Goyle faisant face à Potter.
-En voilà une scène bien pitoyable !
Elle fût la première à regarder en ma direction, me transperçant de son regard blasé avant de murmurer ce qui semblait être un juron moldu. Je l'ignorais et clamais à voix haute :
-Décidément, je ne peux pas faire un pas sans tomber sur vous !
-On va finir par croire que tu la suis comme ton ombre, Malefoy. Je me demande ce que ton père et les autres en penseraient !
J'eu soudain une violente envie d'étriper cet abruti.
-Laisse mon père en dehors de ça Goyle, sinon je me demande ce que les AUTRES penseraient, en effet, de votre tentative ridicule d'enlèvement. Je vais finir, moi aussi, par croire que vous êtes totalement stupides !
Je désignais du doigt les deux Aurors un peu plus loin derrière moi. J'entendis Crabbe grommeler quelque chose comme quoi il n'aurait pas dû y avoir ce maudit chien.
-On est tous d'accord pour dire qu'il ne s'est rien passé, n'est-ce pas !
J'avais pris une voix glaciale.
-Tu n'auras pas toujours le dernier mot Malefoy !
Crabbe avait craché sa réplique comme du venin avant de se détourner emmenant avec lui son comparse. S'ils avaient facilement accepté de partir, c'est à cause des Aurors me suivaient de près. Après tout, les Malefoy ne faisaient pas l'unanimité quant à leur « innocence ». Alors que je regardais mes deux anciens camarades, Potter tentait d'en profiter pour filer le plus discrètement et rapidement possible. J'eu un sourire en coin avant de mettre à la suivre les mains dans les poches.
-Eh Potter ! Tu ne crois pas que tu as quelque chose à me dire ?
Elle tourna la tête pour me dévisager avant de dire.
-Oui Malefoy, tu as parfaitement raison ! Je devrais peut-être porter plainte pour harcèlement. Je te manquais à ce point depuis ce matin ?
J'ignorais sa pique.
-Tu pourrais dire merci Potter !
-Je ne t'ai rien demandé Malefoy !
J'avais saisi son poignet pour la forcer à se retourner. Elle faillit trébucher sur son chien mais se redressa de justesse.
-P'TAIN MALEFOY ! T'en as pas assez de m'emmerder ?
-Mais de rien Potter ! Tout le plaisir est pour moi !
POV Max
Un grand sourire étirait son visage. J'avais envie de le gifler.
