Confessions et tentation…

POV Draco

Je regardais l'homme, là, assis en face de moi. Son regard noir et sévère me brûlait plus que ne l'aurait fait un brasier. Je fixais bêtement sa bouche pincée. Mon parrain, affichait sa mine boudeuse par excellence. Celle-là, qui terrifiait tant les élèves de Poudlard. J'eu un sourire tout en me laissant tomber sur une chaise miteuse. Le vieil objet craqua sous l'effort.

-Puis-je savoir ce qui vous ravit ainsi, monsieur Malefoy ?

-Tsss ! Ne joue pas au professeur quand il n'y a personne autour.

Il arqua un sourcil avant d'ajouter.

-Je n'en aurais pas besoin, enfin, si tu te comportais correctement ! Expliques-moi ce que peut bien faire le préfet en chef, vers 3 heures du matin, assis sur le rebord d'une fenêtre et si loin de son lit.

Il n'avait pas souri, d'ailleurs je ne doutais pas une seconde qu'il ne savait plus comment faire, mais, pourtant, son ton s'était fait taquin. J'attendais patiemment qu'il finisse sa tirade. Il en mourrait visiblement d'envie.

- Aurais-tu soudain eu l'idée de mettre fin à ta morne existence ? Hmmm… ou peut-être, t'étais-tu juste perdu dans les méandres de la vie palpitante des adolescents ? J'ai eu vent, des deux côtés, de ton comportement… Disons plus que suspect…

«Des deux côtés ? … tellement pratique ce double jeu. Je suis presque sûr que parfois il prend un malin plaisir à tout connaître. »

-Crabbe et Goyle pères semblent très au fait des affaires de Poudlard…

Il grimaça en ajoutant.

- Même notre cher directeur affiche ce sourire énervant lorsque l'Ordre évoque le sujet.

-Je ne vois pas où tu veux en venir…

Bon d'accord, je mentais. Je voyais très bien en fait. Mais mon parrain appréciait particulièrement avoir une discussion de sourds.

Il haussa le ton et cracha presque le nom avec ce ton venimeux qu'on pouvait facilement associer aux bonnes personnes.

-POTTER !

Je prenais un air surpris et innocent.

-Lequel ?

-Ne me prend pas pour un imbécile Draco. Je parle de la FILLE. Le maître a donné une mission aux deux abrutis ! Peux-tu me dire à quoi tu joues, EXACTEMENT ! JE TE RAPPELLE QUE TU ES SUR UNE CORDE RAIDE !

Il avait posé violemment ses mains sur le bureau tout en se levant rouge de colère. Il me fixait droit dans les yeux. Je me murais dans le silence, les yeux plus froids que jamais.

Ce genre de disputes était fréquent. Je suppose qu'il s'inquiétait, enfin à sa manière.

-MAIS À QUOI PENSES-TU ? RÉPONDS AU NOM DE MERLIN !

-Je pense que je ne suis pas sourd !

Mon parrain me lançant son regard spécial saint Potter avant de reprendre contenance et de se rasseoir après avoir réajusté le haut de sa robe.

-Ne sois pas insolent !

Il prit une minute comme pour peser le poids des mots qu'il allait dire.

-Tu ne peux pas intervenir et menacer Crabbe et Goyle. A quoi ça rime ? Certains disent que tu la défends, que peut-être…

-Peut-être quoi ?

-Peut-être es-tu passés de l'autre côté ?

-Je ne suis d'aucun côté…

-Voilà donc ce que tu te dis pour avoir la conscience tranquille! Comme c'est facile ! Comme c'est pratique !

-Non, je n'ai juste aucun intérêt pour les fanatiques que ce soit du serpent ou du vieil ahuris !

- Tu crois vraiment qu'ils te laisseront tranquille. Pour les Mangemorts, tu deviendras une cible et pour l'Ordre, tu seras toujours un criminel. Aucune guerre ne permet pas l'indécision.

Je lâchais venimeux.

-On pourrait te dire la même chose !

Il ne me l'avait jamais ouvertement dit mais je savais qu'il jouait double jeu avec l'Ordre même s'il affirmait le contraire aux Mangemorts. Il se leva d'un bond et me menaça de sa baguette.

-Que sais-tu ! Fais bien attention à ta réponse.

Je ne cillais pas.

-Tu ne feras rien, je le sais très bien.

Il sembla soudain très fatigué.

-Tu dois fermer ton esprit en présence de ton père et des autres Mangemorts. Ce genre d'information pourrait me coûter cher !

-J'ai toujours su que j'étais ton filleul préféré !

Malgré mon ton ironique et insolent, je crus voir l'esquisse d'un sourire. « Non, après tout je dois rêver ! »

-Dans tous les cas, fait profil bas. Crabbe et Goyle ont reçu l'ordre de te surveiller. Reste loin de Potter !

Un silence s'installa. J'attendais qu'il me donne l'autorisation de partir. Il prit un air songeur et dit.

-Es-tu amoureux d'elle, Draco ?

J'eu un raté avant d'éclater de rire.

-Amoureux ? MOI ? Je ne la connais que depuis à peu près un mois !

-C'est ça, ris ! Ce n'est pas moi qui le dis, Draco. Certains pensent que tu es un traître, que tu as un béguin d'adolescent. Ton père semble attendre tes fiançailles avec impatience. Sûrement pour faire taire les rumeurs.

Je levais les yeux au ciel tout en prenant un sourire en coin.« Eh bien, il risque d'être déçu le paternel !»

-Des rumeurs, et de qui !?

-Tu as repoussé publiquement Parkinson et tout le monde est au courant pour vos têtes à tête quotidien.

-CE SONT DES COURS IMPOSES !

« Les rumeurs sont la pire des pestes »

-Et depuis quand tu joues au entremetteur !

Le visage de mon parrain devint rubicond sous la colère. Mais avant qu'il ne réplique j'ajoutais.

-Et toi, tu crois quoi ?

Il reprit contenance et me jeta un regard noir avant de lâcher, d'un air las :

-Peu importe ce que je pense. Mais même si amoureux n'est pas le mot, une chose est sûre, elle t'obsède.

Je blêmis.

-Donc je te le redis fait profil bas et tiens-toi loin d'elle. Retournes dans ton dortoir. Demain est un grand soir !

Il avait lâché sa dernière phrase d'un ton moqueur comme pour calmer l'atmosphère mais je me levais violemment et claquais la porte de colère.

Le bruit de mes pas résonnait lourdement le long des couloirs silencieux en direction de la tour des préfets.

J'écumais littéralement de rage lorsque je la vis…Marianne Potter.

Elle portait un grand T-shirt difforme par-dessus un jean usé. Ses cheveux étaient encore plus emmêlés que d'ordinaire. Elle ressemblait à une folle à s'énerver contre un tableau.

-Pu****… Ne fais pas comme si tu ne m'entendais pas ! Je veux une explication à ce merdier !

Je la regardais de loin toujours furieux. Il avait fallu que je tombe sur elle à cet instant précis. Je devais être maudit. Sans vraiment le réaliser j'avançais vers elle en silence.