Note: Clélia Kerlais, merci. Merci. Merci. Merci. MERCI.
SCN, joyeux joyeux joyeux anniversaire !
Le titre vient de la comptine "1, 2, 3, nous irons au bois". Oui, il me fallait bien quelque chose.
Les reviews sont appréciées, évidemment. C'est notre seule façon de savoir que tant de travail et de plaisir ont plu. :)
Bonne lecture !
Il souffle une nouvelle fois, tentant quand même de se faire discret. Mais putain, il donnerait tout ce qu'il a pour être ailleurs qu'ici, allongé sur le sol, dans cette forêt sombre et humide du fin fond de l'Autriche, un fusil de précision HTR 2000 pointé en direction d'un chalet aux volets encore fermés. Ça fait trois heures qu'ils attendent comme des cons et il se les gèle.
Si seulement il pouvait se blottir un peu contre le corps chaud d'Harry. Juste un peu. Juste assez pour sentir à nouveau ses membres engourdis. Mais il est clair que c'est impossible. Ils sont en pleine mission et Harry Hart est incorruptible. Il se déplace légèrement vers sa gauche, sa jambe frôlant celle de son partenaire qui grogne son nom, la voix basse et grave.
Eggsy se fige et replace son regard dans le viseur. Toujours rien. Bordel… Si leur informateur s'est planté, il jure qu'il ira lui-même le retrouver et qu'il se fera une joie de l'achever. Nouveau soupir. Ils sont complétement seuls dans cette forêt pourrie et le silence qui les entoure est vraiment flippant. Même Merlin a déserté leurs oreillettes pour pas qu'ils se fassent repérer. Faut dire que le mec qu'ils doivent buter est assez parano pour posséder un matos de sécurité de malade. D'où l'immobilisation forcée et l'interdiction totale de faire le moindre bruit.
Il tourne son visage vers Harry qui semble s'être changé en statue de marbre. Il ne quitte pas la lunette des yeux, son index ganté crispé sur la gâchette, prêt à tirer au moindre mouvement suspect. Ses lèvres ne forment plus qu'une ligne fine, indice de l'intense concentration dans laquelle il s'est plongé. Putain, qu'il est canon. Eggsy adore quand il est comme ça : focalisé sur une cible, dévoilant sa force et son charisme animal sous son aspect de gentleman sophistiqué.
Harry est un loup et Eggsy aimerait bien se faire dévorer dans ce bois.
« Eggsy. Tiens-toi tranquille, s'il-te-plaît. » murmure Harry.
« J'ai froid. »
Le ton d'Eggsy est plein de sous-entendus que l'espion comprend parfaitement. Son regard quitte le viseur et se tourne vers son apprenti, clairement blasé.
« Risquerais-tu de compromettre la mission juste parce que tu souhaites te réchauffer ? »
« Si on reste encore longtemps comme ça, je risque surtout de plus avoir de bite. Et, mine de rien, j'y tiens. Comme toi d'ailleurs. »
Le sourire insolent d'Eggsy ne fait qu'accentuer le regard dur de son mentor.
« Langage, Eggsy. »
Harry retourne à sa tâche non sans avoir froncé une nouvelle fois les sourcils pour intimer à Eggsy de conserver son sérieux. Le jeune espion souffle son mécontentement et râle contre les petits vieux trop raisonnables. Pourtant, il sent une douce chaleur l'envahir lorsque, quelques minutes plus tard, son équipier le rapproche de lui d'un geste habile. Tout son flanc gauche est alors collé à Galahad et, s'il se concentre bien, il peut même sentir sa respiration s'échouer sur sa joue.
« Mieux ? » chuchote Harry.
Eggsy hoche imperceptiblement la tête mais son sourire éclatant veut tout dire. Attendri, Harry se penche vers sa recrue pour embrasser la pommette rougie par le froid hivernal de cette soirée de février. Le léger contact de ses lèvres fait sursauter Eggsy qui se retourne rapidement vers son amant.
« Comporte-toi bien, remplis la mission et je te réchaufferais personnellement. »
Alors, lorsqu'un mouvement se fait enfin sentir près du chalet qu'ils surveillent depuis trois heures, Eggsy est plus motivé que jamais.
