Chapitre 2

Il fut interrompu par le bruit de quelqu'un frappant à la porte et eut l'envie de se taper la tête contre la table, il avait oublié que Peter devait passer. La panique le gagna, Peter n'était pas l'homme le plus jaloux qu'il connaissait mais avec son passé auprès des femmes, il ne doutait pas un instant de ce que Peter pourrait imaginer. Elisabeth se dégagea de son étreinte lui indiquant qu'il pouvait aller ouvrir. Cette femme était un vrai roc, capable de se recomposer un visage en quelques minutes alors qu'elle venait de s'effondrer dans ses bras à peine un quart d'heure plus tôt.

Respirant un grand coup, il ouvrit la porte d'un geste vif et qu'il espérait enjouer.

Bonjour toi, dit Peter en l'embrassant langoureusement mais sentant Neal se tendre sous son étreinte. Qu'est ce qui se passe ? Ne me dis pas que Mozzie se trouve chez toi.

Non, écoutes c'est compliqué. Je t'en prie, ne juge pas avant de me laisser la chance de m'expliquer.

D'accord qui est ici. Je dois prévoir les menottes, mettre de côtés mes principes. Pitié ne me dis pas que Mozzie se ballade nu dans ton appartement, une fois m'a largement suffi, merci.

Un rapide sourire passa sur les lèvres de Neal à se souvenir. Mozzie avait fait fort sur ce coup-là. Il était parvenu à se persuader que des micros étaient planqués dans les fringues qu'il avait et que désormais il ne vivrait que nu tant qu'il ne se serait pas fait une garde-robe sur mesure par une personne sûre. Et pour être tout à fait certain, il avait brûlé toutes ses affaires. Il n'avait évidemment pas choisi une de ses planques habituelles mais il s'était installé chez Neal qui lui fuyait depuis maintenant deux jours l'appartement donnant toutes les excuses possibles à Peter qui avait accepté de l'accueillir chez lui sans poser de question.

Neal avait atterri à l'hôpital en observation pour quelques heures suite à un mauvais coup reçu à la tête et ses vêtements avaient été passés à la moulinette après un roulé-boulé sur le trottoir pour éviter une voiture. Le spectacle qui attendait Peter lorsqu'il pénétra dans l'appartement, reflétait un de ses pires cauchemars, Mozzie chantait à pleine voix dans le salon du Barbara Stresand tout en faisant il ne savait quoi avec un pinceau. Le cri qu'ils poussèrent tous les 2 dut s'entendre sur tout le pâté de maison. Mozzie et lui en étaient restés traumatisés un bon moment et Peter n'avait plus osé regardez Mozzie dans les yeux pendant un mois.

Depuis cet évènement, il prenait toujours soin de frapper à la porte avant de rentrer chez Neal.

Ce n'est pas quelqu'un que tu risques de devoir arrêter, dit Neal. Bon d'accord, il jouait sur les mots, pensa Neal. Tout ce que je te demande, c'est de ne pas juger trop vite.

Quand tu commences ce genre de discours, c'est bizarre mais je suis tout sauf rassuré. D'accord, dit il en s'approchant de la terrasse, Neal qu'as-tu fait ?

Le si éloquent Neal Caffrey se mit alors à bafouiller des mots incompréhensibles cherchant comment présenter Elisabeth.

Peter, je… c'est… enfin nous… elle…

Bonjour, Elisabeth, dit Peter en tendant la main à Elisabeth interrompant Neal avant qu'il ne s'enfonce davantage.

Peter, ravie de vous revoir.

Comment vous connaissez-vous tous les deux ?

N'espère pas noyer le poisson toi. A quoi dois-je m'attendre pour qu'Elisabeth qui travaille pour une branche du FBI de Washington se trouve dans ton appartement ? Où plus exactement comment as-tu pu te retrouver sur la Blacklist ?

Là quoi ?

Ne fais pas l'innocent, je ne…

Peter s'interrompit réalisant l'ampleur de ce que ça signifiait. Neal semblait vraiment pour une fois innocent des accusations à peines voilées qu'il avait porté contre lui. Bon sang, il s'était comporté comme un véritable crétin et allait s'excuser quand il réalisa que si Elisabeth n'était pas là pour interroger Neal comme un suspect, les autres possibilités étaient encore plus loin de le ravir.

Je vais te dire tout ce que tu veux savoir mais c'est on va dire compliquer.

Pourquoi, quand j'entends ce genre de phrase sortir de ta bouche, je sens une migraine pointer le bout de son nez. Est-ce que je vais avoir besoin d'une bonne dose d'alcool dans le sang ?

Non mais ça concerne une partie de mon passé.

Et en quoi Elisabeth est elle impl … Non, ne me dis pas que nous avons un deuxième escroc au sein du FBI.

Rien n'a jamais été prouvé et rien ne pourra être jamais relié à moi. Et cela fait dix ans qu'il n'y a plus rien à savoir sur moi.

Mise à part s'il y a meurtre, je ne peux rien contre vous. De surcroît, je suppose que ça concerne des crimes hors de ma juridiction. D'accord, d'accord, dit il après quelques instants en déposant son badge sur la table. Voilà, tu es content.

Neal et Elisabeth passèrent l'heure suivante à décrire à Peter les premiers temps de leur cohabitation. A la fin, Peter secouait la tête de gauche à droite d'un air blasé. Pourquoi il n'était même pas surpris, prouvait qu'il connaissait Neal et que désormais rien ne pouvait plus le surprendre.

Je suis venue voir Neal car j'avais besoin d'un endroit tranquille et sur pour réfléchir à certaines choses et je savais qu'il pourrait me le fournir, dit Elisabeth. Je promets de ne pas lui attirer d'ennuis.

Oh, je sais très bien que Neal est tout à fait capable de s'attirer les ennuis sans personne.

Ca, ce n'est pas moi qui vous contredirais.

Hé ! Tu n'es pas supposé le soutenir.

Neal, franchement, tu crois que j'ai oublié le coup du drugstore.

Flash back

Voilà maintenant quelques mois qu'il était entré dans la vie d'Elisabeth et son père, il y avait eu bien sur des hauts et des bas mais la vie avait commencé à prendre une certaine routine qui était vraiment agréable. Cependant, tout ceci était trop beau pour durer, Sam s'était fait arrêter pour un simple défaut de paiement d'amendes et un refus de présentation au tribunal. La peine était légère tout juste 3 mois mais en attendant, Elisabeth et lui avaient dû quitter la maison qu'ils occupaient pour éviter le placement par les services sociaux.

Ils s'étaient trouvés un petit appartement digne d'une clapier à lapin mais qui avait le mérite de se trouver dans un quartier où les flics évitaient de venir. Bien sur, tout n'était pas évident, ils devaient se planquer, suivre les cours et pouvoir se nourrir tous les jours étaient un exercice digne d'un équilibriste.

Ils étaient à sec, l'urgence était de trouver de l'argent frais. Ils avaient trouvé un petit drugstore, ça leur avait pris près de deux semaines pour repérer les lieux et les habitudes du gérant. C'était leur premier coup sans Sam, ils étaient nerveux et la tension entre eux était à son comble.

Neal força la serrure battant son meilleur temps pendant qu'Elisabeth faisait le gué à l'extérieur. Le gérant avait fermé une heure plus tôt, nous étions jeudi, la veille du jour où le mec remettait l'argent de la caisse à la banque.

Tout se passait comme prévu jusqu'au moment où Elisabeth entendit puis vit la voiture du gérant débarquer. Cette dernière eut beau appeler à plusieurs reprises Franck, ces appels restèrent vains. Il ne lui fallut cependant que quelques minutes pour élaborer un plan. Retirant son col roulé, elle dénoua ensuite ses cheveu, les ébouriffa et avança d'une démarche langoureuse.

Salut, chéri. Ca te dit un petit coup, 50 dollars. Je te promets que tu le regretteras pas.

Elle commença à balader ses mains sur le corps de ce type qui lui donnait plus envie de vomir qu'autre chose. Tout en jetant des coups d'œil, vers la porte de secours. Finalement, juste à temps, elle le vit sortir rapidement, elle repoussa le type en le giflant.

Désolée, mon chou, je fais rien si t'as pas ce qu'il faut sur toi. Je reviens vite mon chou.

Elle se précipita hors de son champ de vision et rejoignit Franck à l'appartement. Elle lui balança son poing dans le ventre.

Ca c'est pour ne pas m'avoir entendu quand je t'ai appelé. J'espère que je n'ai pas dû faire ça pour rien.

Ne t'en fais pas, on a touché le jackpot presque 2000 dollars.

Fin du flash back

Je te reconnais bien là Caffrey.

Planque de Mozzie même moment

M Abersham, vous savez très bien ce que je veux. Et vous allez faire en sorte qu'il soit là dans les 2 heures qui viennent.

Je ne connais…

Et n'essayez pas de me mentir, je sais qui vous êtes et vous savez qui je suis. Je veux Neal Caffrey, dit Raymond Reddington….

A suivre