Note: Allez ! Après tant de fluff, un peu de smut ça fait du bien :) . Et SomeCoolName (Bon anniiiiiversaiiiiire) adore ça : 3

Clélia, merci merci merci.

Une très bonne lecture !


Le soleil éclaire paisiblement la pièce, sa lumière filtrée par les rideaux que les deux hommes ont oublié de tirer quand ils sont venus se coucher. Ils avaient d'autres choses plus importantes en tête comme essayer d'ouvrir la chemise de l'autre sans la déchirer (la dernière fois qu'Eggsy a pété une chemise d'Harry, il a dû regarder son amant se toucher alors qu'il était attaché à sa chaise de bureau. Terrible.). Le jeune homme s'étire, tape son oreiller et reprend sa position initiale contre Harry. Les dimanches chez Kingsman sont aussi rares qu'un cheveu sur la tête de Merlin et il entend bien en profiter.

Sa main glisse dans celle posée sur le ventre nu d'Harry qui dort profondément sur le dos, sa respiration soulevant sa poitrine en un rythme lent et régulier. Eggsy se blottit un peu plus contre son amant, son sexe tapant contre la cuisse ferme barrée d'une longue entaille, souvenir d'un coup de couteau offert par un émir saoudien. Le corps d'Harry est comme ça : plein de cicatrices qui racontent toutes des choses différentes, souvent secrètes, récits d'évènements qui ont changé la face du monde, en toute discrétion.

Le soleil se lève encore, annonciateur d'une heure avancée de la matinée. Eggsy déteste dormir avec la lumière (ce qui est souvent gênant sur le terrain) et il sent le sommeil le quitter. Il ouvre un œil et regarde discrètement son amant toujours endormi. S'il n'arrive plus à fermer l'œil, il n'y a pas de raison qu'il soit le seul. Alors, il bouge, fait comme s'il cherchait une position plus confortable où il pourrait se rendormir. Il se tourne, abandonnant le torse de son mentor pour y revenir quelques secondes après, passe une jambe au-dessus d'Harry puis au-dessous, grommelle, enfouit sa tête dans le cou chaud et souffle de mécontentement. Il va pour se retourner une nouvelle fois lorsque deux mains puissantes bloquent ses poignets de part et d'autre de sa tête et qu'un corps athlétique le chevauche d'un seul mouvement. Les yeux encore bouffis de sommeil n'atténuent pas la moue sévère d'Harry, désormais totalement réveillé.

« Eggsy » grogne-t-il, sa voix rendue rauque par sa gorge sèche « Tu sais combien je déteste quand tu t'agites de cette façon de bon matin. »

Mais Eggsy n'entend pas le reproche : son cerveau s'est déconnecté au moment où il a senti l'érection matinale d'Harry sur la sienne. Il soulève les hanches pour plus de contact, un air insolent traînant sur son visage. Il a toujours préféré faire l'amour le matin : encore à moitié endormi, les inhibitions tombent plus facilement et les envies les plus profondes se révèlent aussi efficacement qu'après une bonne cuite. Eggsy a également remarqué qu'Harry est plus imaginatif après une longue nuit de repos, surtout quand il doit se venger d'avoir été sournoisement tiré d'un sommeil réparateur.

Harry se penche, mordille la clavicule saillante, laissant ses dents égratigner la peau fine plus que de raison, tout en balançant du bassin dans l'unique but d'augmenter la délicieuse friction entre leurs membres durs. Eggsy gémit, ferme les yeux sous le coup du plaisir.

« C'est ça que tu veux ? Dis-moi, Eggsy. Tu veux que je m'occupe de toi ? C'est pour ça que tu m'as réveillé ? »

Eggsy acquiesce, murmure un oui qui ressemble à une plainte étranglée. La lenteur que met Harry dans ses baisers dans son cou, et sur son torse est presque douloureuse. Eggsy veut beaucoup plus mais ses poignets entravés et les cuisses d'Harry resserrées autour de ses hanches empêchent tout mouvement. Il pousse un nouveau râle quand il sent les lèvres fines s'attaquer à son téton droit.

« Accroche-toi au barreau. Ne le lâche pas. Sous aucun prétexte. » lui murmure Harry en revenant vers son oreille dont il mordille le lobe.

L'ordre est clair, Eggsy tend les mains derrière lui et attrape la barre de bois de la tête de lit. Harry se redresse et commence à caresser les muscles contractés des bras de son partenaire, en appréciant le dessin induit par la position que le plus jeune a adopté à sa demande. Ses yeux ne quittent pas le regard azur d'Eggsy qui halète de plus belle lorsque ses pouces arrivent sur ses lèvres.

« Ouvre. »

Eggsy croit mourir. Harry entoure leurs deux sexes d'une seule main et lui tend la deuxième, qu'il prend en bouche. Il suce les doigts, les humidifiant au maximum pour que son mentor puisse le prendre rapidement. Son amant relâche sa prise et se place entre ses jambes. Eggsy plie les genoux, permettant à Harry d'embrasser ce point si sensible sous sa rotule qui le fait toujours transpirer d'envie.

C'est uniquement pour ça qu'il n'a pas respecté la règle qui veut qu'on ne réveille pas Harry Hart un dimanche de repos. Uniquement pour le sentir le pénétrer avec toute la force dont il est capable. Et justement, l'index d'Harry se faufile entre la peau tendre de ses fesses à l'instant même où sa bouche trouve sa verge. Eggsy ne comprend plus ce qui se passe, ratant les transitions entre les gestes, trop absorbé par les sensations qui s'enchaînent sur son corps entre son ventre plat que griffe la main qui n'est pas à l'intérieur de lui, l'étirant autant que possible, et son membre aspiré, titillé par des lèvres qui savent très bien ce qu'elles font.

Il écarte un peu plus les jambes. Ses phalanges serrent la tête de lit à s'en faire péter les articulations. Il aimerait, lui aussi, toucher, palper, érafler ce corps marqué et musclé qu'il adore dans chacune de ses prières païennes. Il ferme les yeux, rejette la tête en arrière lorsqu'un des doigts frôle sa prostate. Il gémit, appelle Harry (quand son amant ne lui impose pas de se taire, Eggsy en profite toujours pour être le plus vocal possible, sachant combien Harry aime ça).

Harry retire ses doigts, les pose sur la ligne de poils noirs ordonnés qui orne ses abdos encore visibles et de sa main gauche, guide son sexe tandis que la droite retourne entre les lèvres d'Eggsy qui engloutit immédiatement l'index et le majeur. Et cette fois-ci, il garde les yeux bien ouverts, ne quittant pas le regard fier de l'autre homme.

« C'est bien Eggsy. Que je ne te fasse pas mal. »

Putain. Pour Eggsy, ces mots valent autant, voire même plus, que la tape sur l'épaule qu'il reçoit à chaque mission réussie. Ils sont la preuve qu'en plus d'être fier de sa recrue, Harry veut également prendre soin de lui, veut lui offrir à un lieu où s'abandonner en toute confiance, veut le protéger, lui qu'on a toujours jugé invincible. Il a envie d'être sans défense et de supplier Harry de lui en donner d'avantage, toujours plus. Harry Hart l'a apprivoisé, a su passer derrière son masque fragile de racaille des banlieues. Il est le seul à avoir vu ce qu'Eggsy attendait.

Et il le lui prouve encore ce matin, après s'être lubrifié, en le pénétrant faiblement, sans aller en profondeur afin de punir le plus jeune de ne pas l'avoir laisser continuer sa nuit. La douce torture fait grogner Eggsy qui se cambre, cherchant plus de contact. Alors, Harry lui replie les jambes sur son torse et pousse à l'intérieur de lui, intensifiant subitement les coups, le surprenant totalement. Ses cuisses frottent contre son membre en cadence. Il ne tiendra pas longtemps, il le sait. Il le dit à Harry qui accélère et lui ordonne de jouir, suivant un rituel bien à eux. Quand il sent enfin la semence de son amant couler de son anatomie, Eggsy est déjà dans un état post-coïtal avancé, l'ayant précédé dans la jouissance.

Harry tombe à ses côtés, élégamment (Mais comment fait-il ? se demande Eggsy malgré le brouillard emplissant son cerveau), et lui fait relâcher le barreau de bois d'un signe de tête. Il le serre contre lui, embrasse son front humide de sueur et déplace quelques mèches de cheveux. Eggsy sourit.

Il adore ce genre de fin de semaine.