Chapitre 4
Ce fut sa dernière pensée avant qu'un coup de feu déchire le silence qui venait de s'installer. Il se rendit à peine compte du coup de tazzer qu'il reçut avant de perdre connaissance. En reprenant connaissance, il mit un certain temps avant de réaliser ce à quoi il avait assisté, il ignorait combien de minutes ou d'heures plus tôt. Il était désormais seul dans cette pièce, toujours attaché à une chaise. C'est à ce moment seulement qu'il réalisa toute l'horreur de la situation, Neal son meilleur ami s'était fait tirer dessus de l'autre côté de la pièce.
Il fallait qu'il l'aide, il fallait qu'il se détache, il fallait que… mais il réalisa soudain qu'aucun son ne sortait de l'autre pièce. Avec l'énergie du désespoir, il s'échina à se défaire de ses liens basculant sur le côté violemment, il parvint à casser la chaise et à se défaire ainsi de ses liens. Il se précipita vers la porte l'ouvrant pour trouver son ami mais tout ce qu'il put voir, c'était du sang s'étalant par terre en une petite flaque d'un rouge écoeurant. A quelques centimètres de là gisait ouvert le bracelet de Neal.
Peter, il fallait qu'il prévienne Peter, lui saurait le retrouver. Retrouver mais retrouver quoi, le corps de Neal avait disparu et ne serait sans doute jamais retrouvé mais il fallait essayer de le trouver sans quoi jamais il ne se le pardonnerait. Le coup de feu résonnait encore et encore dans sa tête. Il souffla un grand coup et partit à la recherche d'un téléphone espérant que Reddington ne les ait pas pris.
Même moment chez June
Peter était furieux, Neal avait disparu dans la nature depuis près de deux heures. Sin bracelet GPS avait indiqué pendant presque tout ce temps qu'il était dans le périmètre des 3 kilomètres qui lui étaient astreints. Peter et Elisabeth n'avaient pas réagi immédiatement pensant que Neal était resté discuter un peu discuter avec June. Ce n'est qu'en voyant June une demi-heure plus tard sur le pas de leur porte qu'ils apprirent que Neal n'était jamais passé chez elle.
Peter devait se l'avouer, il était plus inquiet que furieux car bien que le jeune homme l'ait habitué aux coups fourrés en général il pouvait le repérer à l'avance. Mais là rien n'avait filtré, il en était à se résigner à appeler Mozzie preuve s'il en était de son désespoir car vu la complexité pour contacter l'homme et ses idées bizarres mais au point où il en était, se dit-il. Peter en était là de ses réflexions quand un numéro de téléphone inconnu apparut sur son écran. Seule une respiration haletante au bout du fil se fit entendre mais celle-ci était assez reconnaissable pour qu'il n'ait pas de doute quand au nom de celui qui était de l'autre côté de la ligne.
« _ Mozzie, vous avez l'intention de dire quelque chose ou vous comptez les gorges profondes encore longtemps, dit Peter agacé.
_ Je… enfin Peter… il faut que… balbutia Mozzie.
_ Mozzie, je vous trouve encore plus agaçant quand vous restez silencieux. Je vais vous aider, qu'avez-vous encore fait avec Neal ? Dites-moi surtout comment vous avez fait pour lui retirer le bracelet.
_ Ce n'est pas moi cette fois, c'est ce type, je n'ai rien pu… Il faut que… paniqua Mozzie.
_ D'accord, calmez-vous. Dites-moi où vous êtes, j'arrive, dit Peter d'un ton serein. »
Une sérénité qu'il était loin de ressentir quelques instants après avoir raccroché. Jamais il n'avait vu le petit homme aussi paniqué mais c'est aussi quelque chose d'autres dans sa vois qui avait fait résonner une alarme dans sa tête et dans son cœur.
Une demi-heure plus tard, Elisabeth et lui se tenaient devant la porte d'un bâtiment qui semblait à l'abandon. Jurant intérieurement, il espérait vraiment que l'homme à lunettes ne le lançait pas sur un nouveau jeu de piste dont il avait le secret. Cependant, la scène qu'ils découvrirent à l'étage. Mozzie se tenait sur le seuil de la pièce les bras ballants et l'air hagard. Ce n'était pas tant cela qui retint l'attention de Peter mais l'odeur âcre du sang.
« _ Mozzie, qu'est ce qui s'est passé ici, vous êtes blessé ?
_ ….
_ Répondez-moi, bon sang, dit il en le secouant mû par une sourde angoisse.
_ Il l'a tué, avoua-t-il dans un souffle.
_ Mozzie, qui a tué qui ? dit Peter d'une voix suppliante priant pour qu'une de ses pires craintes ne se réalise. »
Mais l'homme semblait incapable de sortir un son de plus, aussi se décala-t-il sans un mot. La scène était éloquente mais Peter resta bloquer un long moment semblant hors du monde extérieur. Ce fut le cri déchirant d'Elisabeth qui lui fit reprendre ses esprits.
« _ Y a-t-il une chance pour qu'il soit encore en vie ? Et où est le c… corps de Neal ? dit Peter d'une voix lointaine.
_ Il l'a emmené après lui avoir tiré dessus. Tout est de ma faute, il m'a enlevé pour attirer Neal dans un piège… »
Et Mozzie parla pendant de longues minutes des dernières heures et du calvaire qu'il avait vécu. Lorsqu'il termina par le meurtre de Neal auquel il avait dû assister sans rien pouvoir tenter pour sauver son ami.
« _ Qui était-ce Mozzie ? Vous ne faites que dire « il » sans jamais le nommer explicitement. Qui peut vous faire peur à ce point.
_ Neal n'aurait pas voulu que je vous mêle à ça. Ca remonte à bien avant votre collaboration avec Neal.
_ Vous m'avez mêlé à tout ça à partie du moment où il s'est attaqué à vous et que l'homme que j'aime a été assassiné, hurla Peter. »
Il reprit lentement son calme au contact d'une main posée sur son bras. Il tourna son regard vers Elisabeth qui fier et droite gardait une attitude digne malgré les larmes contenues qui faisaient briller ses yeux.
« _ Très bien mais je vous préviens Peter cela risque de vous conduire à une mort certaine.
_ Je suis prêt à tout entendre.
_ Cet homme, je suis sur que vous en avez déjà entendu parler. Il fait parti des dix hommes les plus recherchés par le F.B.I, on le surnomme le médiateur du crime. Habituellement, personne ne prononce son nom, il s'appelle Raymond Reddington.
_ Non, c'est impossible pourquoi, dit Elisabeth sous le choc de la nouvelle. Il ne peut pas faire partie de la liste. Neal n'a jamais… il…
_ Pourquoi ? finit par demander Peter.
_ Kate, dit Mozzie comme si ce simple nom pouvait tout expliquer. »
Mais si cela n'éclaircissait pas beaucoup Peter, Elisabeth quand à elle avait tout de suite compris.
« _ Saint Georges et le dragon, dit elle laconiquement.
_ Oui, Neal l'a volé au nez et à la barbe de Reddington qui le voulait pour lui. Je savais bien que ça finirait par nous retomber dessus un jour ou l'… Comment elle sait ça elle et qu'est ce qu'elle fait ici ?
_ Vous croyez vraiment que Neal aurait pu faire ce coup tout seul Monsieur Abersham.
_ Vous mais vous êtes un agent non.
_ J'ai connu Neal Caffrey bien avant qu'il ne porte ce nom à l'époque il se faisait appeler Franck.
_ Vous êtes la fille de Sam n'est ce pas. J'ai été navré d'apprendre son décès, c'était un sacré mec.
_ Merci.
_ Est-ce que l'un de vous pourrait m'expliquer. »
Flash back
Cinq ans plus tôt
Elisabeth rentrait chez elle après une journée de cours harrassante. Sa dernière année avant de soutenir sa thèse de doctorat était la plus dure, elle alternait les recherches et cumulait deux boulots pour se payer un appartement décent. Sam lui avait proposé de l'aider financièrement mais elle s'y était opposée fermement. En effet, depuis qu'elle avait choisi sa voie, elle avait tout quitté.
Sans tourner le dos à l'homme qui l'avait élevé comme s'il était son père, et alors que Franck suivait les traces de ce dernier, elle avait choisi de changer de vie. Après avoir obtenu son diplôme de fin d'étude avec mention lui permettant d'obtenir une bourse pour ses années à l'université. Bien sur, ce n'était pas l'une des plus cottées du pays mais elle n'aurait pas pu se permettre d'engager des frais plus importants.
Aux aguets, elle sentit une présence étrangère dans l'appartement, elle se déplaça aussi silencieusement que possible dans le noir absolu et jeta son adversaire au sol.
«_ Félicitations Liz, tu es toujours aussi doué, dit son adversaire essoufflé.
_ Franck ou devrais-je dire Neal Caffrey à présent. Que me vaut ta présence chez moi ?
_ J'ai apporté de quoi boire.
_ Pourquoi quand tu me dis cela je pense que la bouteille entière ne suffire pas à me faire avaler la couleuvre que tu veux me faire passer…
A suivre
