Note : Ah ! Un de mes chapitres préférés. J'ai particulièrement aimé l'écrire et je suis heureuse de le partager avec vous.
Merci à celles qui laissent des reviews, vous êtes tops ! Les lecteurs de passage, juste un petit mot suffit à illuminer ma journée.
Ma SomeCoolName, il est pour toi.
Et un dernier merci à Clélia pour la correction de ce chapitre. Love.
Harry est éreinté. Il a passé la journée dans l'avion après quatre jours à Canberra (sans compter les 48h de trajets) pour mettre en place une convention entre les élites aborigènes et le gouvernement australien sur d'obscurs points écologiques. Il ne comprendra jamais pourquoi ce genre de missions diplomatiques lui échoit à chaque fois. Il y a forcément une bonne raison. À moins que Merlin ne lui en veuille. Il ne voit que cela. Il soupire et ferme les yeux, se lovant dans la banquette confortable du taxi qui le ramène chez lui.
Après leur combat, Eggsy a obtenu sa semaine afin de reprendre des forces. Bien évidemment, il n'a pas été recalé. Il a même obtenu une note plus qu'honorable, lui faisant ainsi conserver la deuxième position, loin devant Charlie, et ce, pour son plus grand bonheur. Sa recrue lui a terriblement manqué et il lui tarde de serrer le jeune homme dans ses bras.
Il est surprenant de voir la place qu'Eggsy a pris dans sa vie, d'ailleurs, Harry peine encore à y croire. Du fait de son métier, il n'aurait jamais pensé trouver quelqu'un et, son âge avançant, s'était résigné à finir sa vie avec pour seule compagnie ses livres et son scotch. Mais c'était sans compter sur Eggsy et sur son énergie et sa spontanéité. Si le jeune espion a mis en désordre autant ses habitudes de célibataire que ses meubles, il a su apporter à Harry la sérénité dont il avait toujours secrètement rêvé. D'autant plus qu'Eggsy et lui ont les mêmes attentes dans un lit, ce qui ne gâche rien, bien au contraire.
Le chauffeur tape à la vitre, le tirant de ses pensées. Il remercie Lyle d'un signe de tête et sort dans la ruelle, profitant du froid anglais qui l'encercle et semble le laver du sable moite de Canberra. Il monte les quelques marches, jouant avec ses clés avant d'ouvrir la porte. Il dépose ses lunettes sur la commode et souffle de contentement, enfin chez lui. Il dépose sa veste, ses armes, et redevient un parfait gentleman qui ne souhaite voir qu'une seule personne.
« Eggsy ? »
Un bruit de pas se fait entendre à l'étage suivi d'une porte qui claque et d'une cavalcade dans l'escalier. Son amant apparaît essoufflé, portant sa robe de chambre bordeaux sur sa peau nue, celle que chaque Kingsman possède dans sa garde-robe. Le sourire qu'ils échangent montre à quel point ils tiennent l'un à l'autre. Harry le prend dans ses bras, respirant son odeur particulière, le nez dans ses cheveux. Le torse chaud contre le sien lui apporte tout le réconfort possible. Leur étreinte dure un moment et c'est JB, venant réclamer son lot de caresses, qui les ramène dans le monde réel.
« La maison est toujours là à ce que je vois ? » se moque Harry en tapotant la tête du petit chien.
« J'ai essayé pourtant. Mais Merlin appelle les pompiers trop vite à chaque fois. »
Harry rit, pour la première fois depuis des jours, et prend la main de son amant, le menant jusqu'au canapé où il s'effondre d'une manière peu sophistiquée. Pour une fois. Eggsy s'allonge sur lui, sa tête contre son torse. Harry ferme les yeux, heureux.
« Harry ? J'ai peut-être fait une connerie. »
Il aurait dû parier avec Merlin finalement. Galahad ouvre un œil et resserre sa recrue contre lui.
« Plus tard, Eggsy. Je n'ai pas envie de me battre avec toi ce soir. »
« Si on pouvait éviter, ça m'arrangerait, c'est clair. J'ai encore super mal au nez et j'ai mis vachement longtemps à me débarrasser des bleus. » ricane le plus jeune en se redressant.
Harry soupire. S'il avait su qu'Eggsy transformerait leur combat en moyen de le mettre mal à l'aise, il aurait frappé moins fort. Ou pas.
« Bien. » répond-t-il en se positionnant face à son amant. « Qu'as-tu fait de si répréhensible pour que ça ne puisse attendre demain ? »
Le jeune espion le regarde droit dans les yeux, son beau regard bleu piqueté de sombre semblant hésiter entre une expression penaude et un éclat de rire.
« On est sorti mercredi avec Roxy. Elle avait besoin d'air après une mission vraiment foireuse. J'te jure ! Je ne l'avais jamais vu comme ça. Elle en a presque chialé. Et je suis sûr d'avoir plus pleuré cette dernière année que Rox' dans toute sa vie. C'est te dire à quel point elle était mal. »
Le cœur d'Harry se serre, étrangement. Il n'est pas un homme paranoïaque, il a confiance en son partenaire. Cependant, le ton trop badin qu'emploie Eggsy le met mal à l'aise et l'inquiète. Il le pousse à continuer d'un signe de tête.
« Bref. On est allés boire un verre et là, elle m'a dit qu'elle savait plus si elle voulait continuer. » dit Eggsy en secouant la tête pour bien montrer son incrédulité. « Genre, Roxy quoi. On a parlé. On a fait que ça. Mais à la fin, elle s'est bien rendue compte qu'elle était faite pour ça. »
« Eggsy, je ne vois pas ce qu'il y a de mal dans ce que tu as fait. Au contraire. »
« Attends un peu, tu diras plus pareil après. » ricane Eggsy. Il se passe la main dans les cheveux, cherchant comment continuer. « On avait bu et en rentrant, on est passé devant un tatoueur. Sur le coup, ça paraissait une super idée. »
À ces mots, Harry se redresse, les sourcils froncés. Il n'a pas pu faire ça.
« Où, Eggsy ? »
Sa voix est rauque, tremble légèrement. Il prie tous les dieux qu'il connait et auxquels il n'apporte habituellement qu'une crédibilité limitée pour ne pas voir apparaître sur la peau parfaite de son amant une inscription mal orthographiée ou une tête de mort hideuse. Ou pire, un tatouage tribal qui ne veut rien dire. Oh non. Il a assez vu de tatouage tribal ces derniers jours.
Eggsy se mord la lèvre et se lève, ouvrant sa robe de chambre et dévoilant son corps uniquement vêtu d'un boxer noir. Là, sur l'aine, un pansement recouvre l'encre indélébile. Il baisse son caleçon, assez pour découvrir toute la surface de la compresse, retire les bouts de sparadraps et montre à son instructeur les deux neuf en chiffres romains qu'il s'est tatoué. La peau est rougie autour des entrées de l'aiguille mais le noir contraste bien avec la peau habituellement crémeuse de son amant. Harry plisse le nez.
IX IX.
« C'est la date de mon entrée chez Kingsman. La première fois où j'ai passé la porte du tailleur et où on s'est rencontré. Ça me semblait vraiment une bonne idée… Roxy a fait pareil mais dans le bas du dos. Bon, elle, elle ne risque pas de le montrer à Perceval par contre. »
La seule chose à laquelle pense Harry quand il tire son partenaire sur lui et qu'il prend sa bouche de toutes ses forces, c'est qu'Eggsy parle définitivement trop quand il est stressé. Il accentue son baiser, mordille les lèvres pleines, serrant ce corps marqué contre lui. Car, pour Harry, Eggsy vient de lui faire le plus des cadeaux : ce tatouage, loin d'arranger son côté possessif, est la preuve écrite qu'Eggsy lui appartient.
Le jeune homme aurait pu très bien écrire le nom de sa sœur, la date d'anniversaire de sa mère ou demander un dessin sans signification aucune. Mais non. Il a choisi le 9 septembre, la date de leur première rencontre, la date de son entrée dans sa vie et si cela prouve bien une chose, c'est qu'Eggsy est à lui, à lui seul.
Alors, ce soir-là, il prend Eggsy sur le canapé, aimant son corps de la plus belle des façons. Il l'embrasse en murmurant son nom. Il le caresse pour lui faire crier le sien. Et lorsqu'Eggsy jouit dans sa main, son sexe encore profondément enfoncé en lui, et que son sperme s'étale sur le IX IX encore luisant de crème, Harry comprend enfin. Ainsi, une fois allongés l'un sur l'autre, la respiration rendue courte par le plaisir, Harry murmure le premier je t'aime de toute sa vie.
