Note : Et voilà le 10 ! Le titre vient de la recette du Martini donné dans le film.
Encore un joyeux anniversaire ma Some !
Ce chapitre a été corrigé par Nalou que je remercie très très fort et à qui je pense encore plus fort !
Bonne lecture !
Sans quitter son dossier des yeux, Harry décroche son BlackBerry. Il sourit quand la voix de son amant résonne dans l'appareil.
« T'en as pour longtemps ? »
« Bonjour à toi aussi. »
Il entend très clairement Eggsy soupirer avec exagération.
« Bonjour Harry. Comment s'est passée ta journée ? »
« Assez chargée. Je finis un dossier et je rentre. Et la tienne ? »
« La même. J'suis passée chez maman après l'entraînement et j'ai donc pas eu le temps de faire les courses. »
C'est à son tour de soupirer. Il se frotte les yeux sous ses lunettes.
« Et là » continue Eggsy « je suis face au frigo et c'est la dèche. Y a vraiment rien à grailler. Donc, avant que tu gueules, comme d'habitude… »
Les derniers mots sont murmurés mais assez fort pour qu'Harry comprenne qu'Eggsy voulait qu'il les entende. Il secoue la tête, amusé.
« … on commande à manger ? Chinois ou pizza ? »
Un coup d'œil rapide sur sa Bremont qui, en plus de sa fonction assommer, indique aussi l'heure, lui permet de proposer quelque chose de plus attirant.
« Mets ton Tom Ford et la cravate anthracite. Je passe te prendre dans une heure. »
« Tu veux jouer au sugar daddy ce soir ? » se moque le jeune homme.
« Une heure, Eggsy. Ne sois pas en retard. »
« C'est toi qui dis ça ? »
Harry lâche un à plus tard exaspéré avant de raccrocher au nez de sa recrue qui est en train de rire. Eggsy est une source sans fin de blagues douteuses.
Evidemment, il a dix minutes de retard quand il passe récupérer Eggsy qui l'attend, patiemment, au bout de la ruelle. Un long manteau noir en cachemire est refermé sur le costume qu'Harry lui a offert à Noël. Tom Ford a toujours été sa maison de prédilection quand il ne doit pas s'habiller pour Kingsman (et qu'il n'a donc pas besoin de costumes pare-balles). Eggsy monte dans l'Audi et l'embrasse rapidement.
« Alors, on va où, daddy ? »
« Je t'en prie, Eggsy. » se plaint Harry en posant sa main gauche sur son genou, le serrant légèrement.
« Ouais. Je sais. T'aimes pas. Mais j'adore voir ton petit air outré à chaque fois que je le dis. Ça me donne envie de te mener dans un lit. »
Harry éclate de rire et entrelace ses doigts à ceux du plus jeune qui sourit avant de regarder vers la fenêtre. Les minutes passent, silencieuses, les deux hommes profitant de la présence de l'autre. Cela fait longtemps qu'ils ne se sont pas retrouvés seuls, pour une soirée et ils comptent bien en profiter. Quand ils s'engagent sur Belgrave Square, il devine immédiatement que son amant sait où ils vont diner chez Marcus, son restaurant préféré. Eggsy l'aime bien aussi, il lui a dit qu'il ne se sent pas trop ridicule dans cette ambiance sophistiquée mais moderne où les fourchettes ne sont pas si nombreuses et où ils se contentent de mettre un seul verre à vin.
Ils se garent dans un parking sous-terrain (Eggsy est persuadé que dans chaque parking de Londres, du Royaume-Uni même, une place est réservée à Kingsman) et partent affronter la nuit froide. Leurs épaules se frôlent mais jamais ils ne se prennent la main. Déjà, il fait trop froid. Ensuite, ils courent le risque de rencontrer un autre agent. Leur relation encore secrète, ils n'ont aucune envie de gâcher la soirée pour une chose aussi insignifiante qu'une promenade de deux mètres main dans la main. Et il fait vraiment trop froid.
Eggsy arrive le premier à la porte vitrée, courant sur les derniers mètres, languissant de trouver un peu de chaleur. Il lui tient donc la porte qui incline légèrement la tête avant d'entrer dans le restaurant. Paul, le maître d'hôtel, arrive rapidement et fait signe à une jeune femme qu'Harry ne connaît pas et qui lance un regard appréciateur à Eggsy pendant que lui et Paul se saluent.
« Votre table est prête, Messieurs. La même que d'habitude. Si vous voulez bien me suivre, s'il vous plaît. »
Eggsy se place en retrait, le suivant alors qu'il continue à discuter avec le maître d'hôtel. Il sent le regard de son amant sur sa chute de rein et il s'oblige à garder un air sérieux alors que Paul et la serveuse les installent à leur table. Une fois assis, les deux hommes se sourient.
« J'avoue. C'était une bonne idée. »
« Je te remercie, Eggsy. D'avoir mis ce costume, également. Tu es parfait. »
Et Eggsy le sait, ça se lit sur son visage. La chemise blanche épouse chacun des muscles de son torse, la veste cintrée rend justice à sa carrure désormais athlétique et le pantalon lui fait, à lui aussi, des fesses d'enfer. Eggsy lui fait un clin d'œil et sourit à la jeune femme, Louisa d'après ce qu'elle vient de dire, qui leur tend les menus.
« Prendrez-vous quelque chose à boire en apéritif ? »
Alors qu'Harry s'apprête à parler, Eggsy l'arrête d'un index autoritaire.
« Deux Martinis. Gin, pas vodka, évidemment. Mélangés pendant dix secondes devant une bouteille de vermouth fermée. »
Le dos droit, son coude posé d'une façon élégante sur la table tandis que ses doigts caressent sa lèvre, inconsciemment, Harry sourit. La jeune femme partie, il tend la main vers celle d'Eggsy qui joue avec sa fourchette et la porte à ses lèvres pour un baisemain sensuel.
« Tu es un vrai gentleman. »
Dans ses yeux sombres brillent une lueur dangereuse.
« Je savais pas que te commander un Martini pouvait te faire cet effet-là. »
« Et je suis certain que tu es encore bien en-dessous de la vérité. »
Eggsy rougit. Sa pomme d'Adam tressaute alors qu'il déglutit face au regard perçant d'Harry qui lui enlève mentalement chacun de ses vêtements. La soirée risque d'être longue finalement.
