Note : Bonjour à tous ! Voilà le 11e chapitre, corrigé par Nalou qui s'est prêtée à l'exercice avec beaucoup de générosité. Merci ma belle !
Ce chapitre fait partie des "mais qu'est-ce que je peux bien mettre avec ce maudit nombre ?" Donc, le lien n'est pas très subtil cette fois-ci... ;)
Toujours un très bon anniversaire SCN et à un immense merci à celles qui prennent le temps de laisser un petit mot *coeur*
Bonne lecture !
Ce n'est pas son réveil qui sonne tous les matins à six heures trente qui sort Harry de son sommeil ce matin-là mais le bruit d'une méchante toux qui semble venir de sous la couette, derrière lui. Harry se retourne, papillonnant des yeux à cause de l'heure matinale, et soulève légèrement la couverture. Eggsy dort mais son corps tremble, en sueur. Des quintes de toux soulèvent sa poitrine vivement et sont, ensuite, suivies par des sifflements inquiétants.
Harry se redresse. Lorsqu'ils se sont couchés hier soir, Eggsy allait assez bien malgré son saut habillé dans une piscine d'eau croupie en poursuivant une dealeuse de métamphétamines plutôt rapide. Il aurait dû insister pour que le jeune homme rentre plus vite se changer au lieu d'inspecter, trempé, le bureau de leur cible. Eggsy le payait désormais.
Il pose sa main sur le front de son amant et grimace. Eggsy est chaud de fièvre. Une nouvelle forte toux lui fait serrer les lèvres. Sa recrue ne va vraiment pas bien. Doucement, il se lèvre, enfile sa robe de chambre et part dans la salle de bain à la recherche de médicaments pour le soigner. Il contourne la panière de linge sale qu'il doit vraiment descendre dans la buanderie et s'approche du double vasque surmonté d'un meuble-miroir en bois. Une des portes cache sa réserve personnelle de matériel chirurgical, toujours utile en cas de blessures à soigner sans passer à l'agence, alors que l'autre est remplie de médicaments aussi divers que variés.
Chaque Kingsman reçoit une formation médicale rapide afin d'éviter de demander l'aide à un praticien extérieur (essayez d'expliquer à votre médecin généraliste pourquoi vous avez une migraine à cause d'un possible traumatisme crânien dû à un combat avec un vendeur d'armes argentin). Harry sait donc quoi prendre et il sort ainsi de la pharmacie un sirop contre la toux, deux cachets pour la fièvre, une crème pour ses bronches. Il récupère ensuite la bassine bleue sous le lavabo, la rince puis la remplit d'eau froide. Il se tourne, ouvre l'armoire pour le linge de bain. Il prend le gant le plus doux qu'il ait et le trempe dans la bassine.
Harry soupire. Il est inquiet. Son téléphone dans sa poche, il le sort et envoie un message rapide à Merlin pour l'informer de la maladie du plus jeune et de son possible retard au briefing de neuf heures. Il serait bien incapable de quitter Eggsy dans cet état et d'être ensuite concentré. Grande nouveauté.
Il retourne dans la chambre, faisant deux voyages afin d'éviter de faire tomber sur son parquet une goutte d'eau. Il dépose le tout du côté gauche du lit, sur le tapis gris et s'accroupit, à la hauteur du visage d'Eggsy. Sa recrue ne lui a jamais semblé aussi jeune qu'en cet instant : son nez est rouge, irrité et chaque quinte de toux lui fait contracter le visage dans une grimace de douleur. Attendri mais soucieux, Harry passe une main délicate sur la joue de son amant, en murmurant son prénom. Eggsy grogne, ce qui lui déclenche à nouveau sa toux.
« Harry…? » grommelle-t-il en ouvrant les yeux, cherchant où il se trouve.
Harry lui sourit. Il continue à lui passer la main sur le visage, essayant de le rafraîchir comme il peut.
« Tu as l'air d'avoir une mauvaise grippe. Je t'ai apporté des médicaments. Peux-tu te redresser ? »
Eggsy hoche la tête et s'assoit, avec l'aide d'Harry, contre la tête de lit. Nouvelle toux. Harry se mord la lèvre. Il n'est pas médecin mais ça ne s'annonce pas bon. Il prend la bouteille de sirop et en verse, dans le bouchon-doseur, les 11 ml nécessaires.
« C'est pas un sirop dégueulasse j'espère ? Je voudrais pas gerber sur ton persan. »
Malgré la maladie, Eggsy trouve toujours la bonne réplique. Il lui tend le bouchon.
« Avale ça. Enlève ton t-shirt que je te passe de la pommade sur le torse. Et mets cela sur ton front, ça fera baisser la fièvre. »
Le ton docte de son mentor fait rire et tousser Eggsy.
« Tu sais que je suis pas à l'agonie ? On dirait ma mère, sérieux. »
« Si tu veux éviter les piqûres du docteur Scott, je te conseille de prendre ce que je te donne. »
« Bien chef. »
Eggsy obéit, reconnaissant volontiers et à haute voix que les traitements d'Harry, notamment le gant d'eau fraîche, lui font du bien. Une fois la crème passée et les pilules prises, Harry arrange les médicaments sur la table de nuit et se remet debout. Eggsy attrape son poignet subitement.
« Harry ? Tu peux rester un peu avec moi ? »
Alors, Harry sourit, fait le tour du lit, enlève sa robe de chambre et se réinstalle à sa place, dans la même position que son amant parce qu'Eggsy lui a demandé et parce qu'Eggsy a besoin de lui. Le jeune homme cale sa tête sur le torse de son amant qui passe son bras autour de ses épaules, le serrant contre lui. D'un geste tendre, Harry embrasse les cheveux humides d'eau et de sueur.
« Rendors-toi, Eggsy. Je veille sur toi. »
