Note : Là encore, le lien avec le numéro du chapitre est obscur (et comme c'est une histoire positive, aucune envie de jouer avec la malchance ;) .

SomeCoolName adorée, une treizième fois, joyeux anniversaire !

Nalou, merci merci merci.

Et vous qui laissez des reviews, c'est un véritable plaisir. Les lecteurs de passage, sincèrement, n'hésitez pas ;)

Bonne lecture !


Eggsy se doute depuis longtemps qu'Harry fait partie d'une grande famille du royaume, à la fortune depuis longtemps établie. Personne ne peut être aussi aristo sans avoir vécu toute sa vie comme ça. Tourner son thé sans faire taper la cuillère contre les rebords de la tasse en porcelaine, ça ne s'apprend pas. C'est inné. Pareil pour la façon dont il met sa chemise, sans jamais la froisser, en roulant d'abord ses épaules afin de placer le tissu avant de la boutonner (toujours par le haut) avec une rapidité incroyable comme si un majordome invisible le faisait à sa place.

Alors, quand ils arrivent devant la maison des Hart afin d'y passer le week-end (et parce qu'Harry avait peur de le voir devenir encore plus cinglé s'il restait un jour de plus à Londres), Eggsy comprend bien qu'il était en-dessous de la réalité. Pour avoir une baraque pareille, Harry doit faire partie de la famille royale. Minimum.

Hart Manor ressemble à un château de conte de fées avec ses deux tours qui encadrent un pavillon central de trois étages, si Eggsy a bien compté les fenêtres. Une dépendance (« l'aile moderne » explique Harry) a été construite en parallèle de la maison originelle et permet de loger les domestiques qui s'occupent quotidiennement de la demeure. Mais ce qui étonne le plus Eggsy c'est le jardin, sa forêt de conifères et surtout le fait que la maison donne sur un lac. Genre, Harry a un lac dans sa maison de campagne. Un lac rien qu'à lui. Et dire que lui n'a même pas eu une baignoire pendant son enfance dans l'East End.

Harry fait entrer la Jaguar dans un garage qui avait été l'ancienne écurie, lui explique son mentor, vestige d'un temps où les voitures n'avaient pas de moteur et où il fallait encore un chauffeur. Putain. Mais Harry a dû avoir un chauffeur. Eggsy pousse un soupir et se tourne vers son amant qui a relevé le coin gauche de sa bouche, dévoilant cette fossette à laquelle il ne résiste jamais.

Quand Harry lui a proposé cette sortie en Ecosse, il pensait se retrouver dans une grande maison qui ressemblerait à un cottage et passer le week-end complétement nu. Mais s'ils doivent partager la baraque, aussi grande soit-elle, avec cinquante domestiques, ses plans de nudité et de baise dans toutes les pièces sont compromis.

« Tu es prêt ? »

Pour le coup, Eggsy n'est plus du tout sûr de lui mais il acquiesce et ils sortent de la voiture. Quand il voit Harry ouvrir le coffre et récupérer leurs valises, il ne peut s'empêcher de ricaner, à moitié sérieux.

« T'as pas un domestique pour faire ça ? »

« Ne dérangeons pas Harper. Il a déjà bien assez à faire. »

Eggsy soupire. Evidemment, il y a vraiment quelqu'un pour s'occuper de leurs sacs. Il récupère son sac de sport et suit Harry sur le chemin bordé d'une pelouse aussi verte que celle d'un golf et dont chaque brin d'herbe semble être coupé à la même hauteur. Il s'arrête, lève les yeux, mettant sa main sur son front pour se protéger du soleil afin de voir si les tours touchent vraiment le ciel.

« Je te rassure. Aucun dragon ne t'attend à l'intérieur. »

Eggsy se remet en marche, rejoignant son amant qui l'attend, un air attendri ne le quittant pas.

« Et la princesse ? »

« Non plus. Mais je croyais que tu préférais les princes. »

« C'est ça que tu es ? T'es un prince ? Vu la baraque, je misais minimum sur Comte mais prince ça me va aussi. »

Harry rit, ses lèvres s'entrouvrent, laissant apparaître sa dentition parfaite (mais qu'est-ce qui n'est pas parfait chez ce mec ?) mais ne répond pas et continue sa route jusqu'à l'escalier qui rappelle celui que Cendrillon dévale comme une furie dans le Disney que regarde en boucle sa sœur. Au-dessus, la porte du château est immense : les deux panneaux de bois sont entourés de fer avec, au centre, un heurtoir en forme de poing serré. Un domestique leur ouvre avant même qu'ils aient atteint la dernière marche de l'escalier. Il les salue chacun d'un signe de tête respectueux. Heureusement qu'il a mis ses fringues du dimanche.

« Bonjour, Harper. J'espère que vous portez bien. »

Mais Eggsy n'écoute pas la suite de la conversation entre Harry et le majordome. Il lâche son sac au sol et, bouche bée, avance au milieu de l'immense hall qui pourrait contenir vingt fois sa chambre. Tout est fait en bois et en tapisserie, dans un goût tout britannique qu'Eggsy reconnaît pour être celui d'Harry. Le parquet semble avoir connu l'Histoire. Et, putain, il y a même un lustre en cristal. Perdu dans ses pensées, Eggsy sursaute lorsqu'il sent un bras s'enrouler autour de son bassin et un torse chaud se coller contre son dos.

« A quoi penses-tu ? »

« J'étais juste en train de me demander si c'est ce qu'avait ressenti Belle en découvrant le château de la Bête. »

« Et qui a le rôle de la Bête ? »

Eggsy ricane et se laisse aller contre Harry qui lui embrasse le cou tandis que ses mains s'occupent de la fermeture éclair de son manteau. Il les ramène sur ses épaules et fait glisser le vêtement avant de le tendre à Harper qui n'a pas quitté la pièce. Eggsy rougit légèrement. Il n'a pas l'habitude qu'Harry se comporte ainsi en présence d'une autre personne. Quand ils sont à Londres, en dehors de chez eux, aucun de leurs gestes ne pourraient les trahir. Encore plus lorsqu'ils sont à l'agence. Si les relations entre agents ne sont pas interdites, le fait qu'Harry soit son mentor aurait du mal à passer. En plus, Eggsy veut vraiment finir sa formation avec Harry et avec personne d'autre. Surtout depuis sa commission disciplinaire.

Harry revient vers lui après avoir donné ce qui semble être ses ordres pour le repas et l'embrasse. Eggsy passe ses bras autour de son cou et profite de ce moment d'intimité. Leurs bouches s'effleurent, il sent la canine de son amant se planter dans sa lèvre inférieure. Le gémissement indécent qu'il pousse les oblige à se reculer. Harry se racle la gorge, gardant quand même ses mains autour de lui.

« Harper t'a fait préparer une chambre, non loin de la mienne. Cependant, je suppose que c'est inutile. »

« Tu supposes bien. »

Harry prend sa main et le dirige vers les escaliers où ils peuvent monter côte à côte sans avoir besoin de se serrer. Le plus vieux a l'air étonnamment détendu. Les rides entre ses deux yeux, souvent cachées par ses lunettes, qu'Eggsy a l'habitude de voir apparaître régulièrement, ont disparu. Son front lui aussi est plus lisse. Et ses yeux… Eggsy ne pense pas avoir déjà vu ce regard sombre aussi serein. Même quand ils font l'amour, Harry a toujours une partie de lui sur ses gardes, au cas où. Harry ne se relâche jamais complétement. Jusqu'à aujourd'hui, pendant qu'il lui fait visiter sa maison. Et Eggsy tombe encore plus amoureux.

Ils s'arrêtent au premier étage, dans un long couloir qui distribue une dizaine de portes ouvragées. La décoration est chargée, aristocratique. Eggsy ne serait pas étonné de voir un portrait d'Harry jeune, le château dans son dos et en costume d'époque, l'air sérieux.

« Il y a combien de chambres en tout ? » demande-t-il, réellement curieux.

« Treize. Chacune avec une salle de bain privée. C'est, évidemment, sans compter les chambres de bonnes qui ne sont plus utilisées aujourd'hui. La mienne se trouve au bout du couloir, face à mon bureau. Harper et sa femme les tiennent toujours prêtes au cas où. La spécialité de ma sœur est d'arriver à l'improviste avec tous mes neveux et son mari du moment. »

Harry ne s'est jamais autant confié sur sa famille. Eggsy en profite, ne l'interromps pas alors qu'il raconte comment sa nièce a décidé un jour de dévaler l'escalier principal sur le tapis de la bibliothèque, aidé de ses deux frères. Il rit même en imaginant la tête de ces enfants qu'il ne connait pas lorsqu'Harry a découvert leur bêtise et leur a conseillé de plutôt le faire avec leur matelas.

Cependant, une fois devant la chambre qu'Harry lui a indiqué plus tôt, il se retrouve bloqué le dos au mur, sa bouche contre celle de son mentor qui aspire son souffle. Les mains fortes d'Harry passent déjà la frontière de son pull gris, retraçant le dessin de ses abdos. Eggsy s'accroche à ses épaules, une jambe déjà sur la hanche de son mentor. Et Harry comprend le message. D'une caresse, il abandonne son ventre plat, passe sur ses hanches puis sous ses cuisses afin de le porter.

Le maître des lieux ouvre la porte d'un coup de pied. Eggsy n'a pas le temps de s'occuper de la décoration de la pièce (de toute façon, il s'en fout) car il est posé sans délicatesse sur une surface plane, en bois. Une commode sûrement. Mais, une fois encore, la question est oubliée grâce aux lèvres d'Harry qui trouvent sa jugulaire et commencent à la suçoter. Lorsqu'il sent l'érection de son amant qui se presse entre ses jambes, Eggsy décide de participer à son tour. Il fait passer le cachemire noir qu'Harry a passé ce matin en prévision du froid écossais par-dessus sa tête, interrompant un instant les baisers sur son cou. Son partenaire en profite lui aussi pour le défaire de son pull et son polo d'un seul coup alors qu'Eggsy déboutonne l'habituelle chemise blanche cintrée qu'Harry s'obstine à porter, pour le plus grand plaisir de sa recrue.

Torses nus, leurs bouches se rencontrent à nouveau, leurs mains se redécouvrent pour la énième fois. Harry passe le pouce dans la ceinture de son jean et Eggsy frisonne lorsque le doigt s'arrête sur son tatouage, cette folie d'une nuit qui montre qu'il appartient à Harry. Uniquement à Harry. Descendant vers la clavicule de son amant, lui aussi marque la peau, laisse grâce à ses lèvres une trace violette, preuve de son amour pour lui. Harry grogne, bascule sa tête en arrière afin qu'Eggsy puisse remonter le long de son cou jusqu'à ses lèvres.

Harry recule subitement. Les yeux plantés dans les siens, il s'éloigne de lui, défait ses chaussures, laisse tomber sa ceinture, son pantalon, sensuel et aguicheur. Eggsy a ouvert son jean, passé la main dans son caleçon et a commencé à se toucher alors qu'Harry arrive au lit. Nu. Harry s'agenouille entre les poteaux du baldaquin, son membre glorieusement dressé. En miroir, il suit les mouvements d'Eggsy qui tremble de plaisir. C'est à celui qui craquera le premier. Eggsy n'a jamais été bon à ce jeu-là.

Il saute du meuble et rejoint son amant, envoyant au diable ce qui lui reste de vêtements. Il se jette sur Harry qui le place sur lui, à califourchon sur ses hanches. Le membre de son mentor tape contre ses fesses, Eggsy s'y frotte, reprenant le sien en main, là où il s'est arrêté le temps de venir au lit.

« Prépare-toi » ordonne la voix suave d'Harry. « Je m'occupe de ça. »

Eggsy lâche son sexe. D'une main, il caresse les tétons qui se dressent sous lui alors que l'autre va jusqu'à la bouche fine de son mentor qui l'ouvre, sort sa langue et lèche les doigts qu'Eggsy lui présente. Les mouvements sur sa verge s'accélèrent, obligeant le jeune espion à respirer plus fort. Les dents d'Harry griffent sa peau, sa langue s'enroule autour de son index. Eggsy avale difficilement sa salive, baisse sa tête pour embrasser la poitrine, repassant sur le suçon, sur les cicatrices qu'il connait par cœur, entremêlent ses doigts inoccupés avec les poils noirs qui rendent ce torse vieilli si viril.

D'une morsure, Harry fait comprendre à son compagnon qu'il est temps. Eggsy enlève ses doigts de la bouche d'Harry qui retrouve son sourire et les plonge en lui sans attendre. Un puis l'autre et même un troisième écartent ses chairs. Son amant se redresse, embrasse ses épaules. Il gémit lorsque la main d'Harry entoure son poignet afin d'augmenter la vitesse alors que son autre main empoigne sa nuque, tirant ses cheveux courts.

Sans un mot, Eggsy repousse son mentor contre le lit. Il ressort ses doigts, empoigne le sexe et se soulève. Le gland rougit d'Harry vient taper contre son intimité. Eggsy retient son souffle, maintient une faible profondeur, juste pour faire enrager son amant qui attrape ses hanches et veut le tirer à lui, s'enfoncer totalement. Harry a les yeux plein de fièvre, la respiration courte. Eggsy commence ses aller-retours avec une lenteur exaspérante, aimant chaque seconde de leur échange. C'est lui qui semble diriger et ça lui plaît. Il décide de la profondeur, de la vitesse, de s'abandonner ou non. Il décide et Harry le regarde, son pouce retraçant sans cesse la peau piquée d'encre qui est devenue sensible. Il veut profiter de ce qui lui est offert.

Eggsy ferme les yeux de peur de finir trop vite. L'amour qu'il voit dans le regard d'Harry, l'admiration le mènent trop loin. Il rejette la tête en arrière et accélère ses mouvements, prenant toujours plus. Quand Harry murmure son nom, Eggsy oublie toutes ses résolutions. Il plaque sa main gauche sur le bassin de son partenaire afin de s'aider à bouger, dirigeant le sexe en lui afin qu'il touche sa prostate.

« Putain… Harry. Touche-moi. »

Et la main puissante quitte son flanc et obéit, récupérant entre ses doigts le sexe brillant de precome d'Eggsy qui pousse un râle de plaisir en sentant le pouce d'Harry caresser son prépuce. Il ne lui faut que trois mouvements de poignet pour jouir, son sperme parsemant jusqu'au nombril le ventre d'Harry qui le suit quelques minutes après alors qu'Eggsy s'effondre sur lui. S'essuyant rapidement sur les draps, son mentor le prend dans ses bras et le fait glisser sur le matelas tout en le gardant contre lui. Il lui embrasse les paupières, le front et Eggsy sourit avant d'enfoncer le nez dans son cou.

Harry sent le sexe, la sueur et le thé à la bergamote. C'est l'odeur de la maison et du paradis. Il en pleurerait presque tellement c'est bon. Il se resserre encore plus, passant et repassant sa main sur les pectoraux d'Harry.

« Ca va ? » demande son amant en embrassant le sommet de son crâne.

« Ouais. » Il murmure, ne veut pas briser le moment. « C'était un peu spécial, non ? »

« Comment ça ? »

« Ben… Je sais pas. J'ai juste senti que c'était différent. Que tu étais pas comme à la maison, c'est tout. »

Il entend Harry soupirer puis le sent s'écarter pour s'assoir contre la tête de lit. Un signe de tête l'invite à faire de même. Eggsy a peur d'avoir tout foiré, comme d'habitude, mais le sourire rassurant que lui offre son mentor le rassure. Il se met sur le flanc, sa tête sur sa main et regarde Harry qui lisse le drap sur eux en un geste inconscient.

« Je suis content que tu sois là, Eggsy. J'aime cette maison car je peux oublier pour quelques temps le travail, l'agence, le monde entier. Je suis heureux de pouvoir enfin la partager avec toi. »

Eggsy sourit, ému. Harry n'a jamais été un homme bavard. Il est sévère et sophistiqué, n'aime pas que l'on touche à ses livres mais ne fait jamais son lit. Il aime imposer lorsqu'ils baisent mais est un agent docile qui n'a jamais désobéi à un ordre direct. Il est complexe mais Eggsy ne l'aimerait pas autrement. Il se soulève donc, se remet à sa place, sur ses cuisses et l'embrasse, faisant passer tout ce qu'il ressent pour lui. Leur baiser est lent, les électrise, les fait frissonner dans cette chambre à peine chauffée.

« Ta sœur ne risque pas de débarquer ce week-end ? » demande soudain Eggsy en se reculant.

Harry fronce les sourcils.

« Non. Elle est prévenue. Ainsi que mon frère. Ils doivent nous laisser la maison. »

Eggsy claque sa langue contre son palet et quitte le lit, le drap autour des hanches. Harry, ainsi découvert, le regarde ouvrir la porte.

« Bien. Allez ! Plus que douze chambres. »