Note : Hello ! En cette heure matinale, voilà le numéro 18.
Je tenais une nouvelle fois à remercier toutes celles qui prennent le temps de laisser une review. C'est le seul moyen des auteurs de savoir que leur histoire qui a demandé des heures de travail plaît ainsi que le moyen d'échanger avec les lecteurs. Donc, n'hésitez surtout pas. Un petit mot même en guest, même en passant, c'est toujours un rayon de soleil dans la grisaille. :)
Sur ce, un grand merci à Nalou et 18 bisous d'anniversaire à SCN !
La sonnette de l'entrée résonne, de cette façon si particulière qu'a son amant de le faire, en appuyant un coup sec puis un coup plus allongé, montrant bien à l'hôte de la demeure que c'est lui et qu'il attend. Harry soupire, se passe la main sur son front ridé d'anxiété. Eggsy est parti ce matin en claquant la porte, faisant tomber un cadre avec ses Argus bleus épinglés, et le laissant ainsi la mine revêche et le cœur en miettes. Ils ont eu des mots, certains très durs. Harry les regrette tous, il sait qu'Eggsy aussi mais, pour sonner et ne pas entrer, le jeune homme doit penser qu'il n'est plus le bienvenu ici. Harry se lève, pose son verre de Lagavulin sur la table basse et va ouvrir la porte.
« Salut. »
Eggsy a l'air penaud. Sa casquette enfoncée sur le crâne, il a croisé ses bras sur sa veste de jogging, créant un mur entre lui et le reste du monde. Harry remarque le sac à dos qu'il ne savait pas que son partenaire avait emporté et ça lui serre les entrailles plus qu'il ne le voudrait. Il hoche la tête et l'invite à entrer. Face à face dans ce hall qui a connu nombre de leurs effusions, leur duel de regard a quelque chose d'étrange et de profondément triste. JB vient faire la fête à son maître qui lui offre des caresses, pouvant ainsi gagner du temps. Quand il se relève, Harry retrouve le regard déterminé qui le séduit à chaque fois.
« Harry » commence Eggsy en se mordant la lèvre « Je suis désolé. J'aurais pas dû te dire tout ça. J'ai merdé. Clairement. Mais comprends-moi ! J'ai pas aimé comment tu m'as parlé devant les autres comme si j'étais de la merde. C'était tellement méprisant et, j'avoue, ça m'a déçu. Je ne suis plus ta recrue, Harry. On fait équipe maintenant. Presque des égaux sauf que t'es toujours mon supérieur hiérarchique au bureau mais... »
« Tu as raison, Eggsy. » coupe-t-il en se rapprochant et posant sa main sur l'épaule de son amant. « Je ne voulais pas te blesser et je te prie de bien vouloir m'excuser. J'ai conservé quelques anciens réflexes qui ne sont plus d'actualité. »
« En effet. »
« Nous pouvons dire que c'était un test. Je sais désormais que tu veux prendre part aux décisions, ce dont tu es capable. Je te promets d'essayer. Mais cela risque d'être difficile les premiers temps : je n'ai pas eu de vrai coéquipier depuis longtemps. »
Harry déplace sa main sur la joue râpeuse du plus jeune qui s'y frotte, les yeux fermés, avant d'en embrasser la paume.
« Je suis désolé de t'avoir accusé de la mort de mon père. » murmure Eggsy, le regard dans le vague, ses lèvres chatouillant la main d'Harry. « C'était vraiment dégueulasse et je le pense pas du tout, en plus. C'est sorti comme ça car je voulais… je voulais te faire payer d'une certaine façon mais je voulais pas… »
« Je sais, Eggsy, je sais. » répond Harry en le prenant dans ses bras.
Il sent des larmes tâcher le haut de son gilet et cela augmente son malaise. Il approche sa bouche de l'oreille de son amant qui tremble, ses doigts enfoncés dans la laine noire. Harry lui chuchote des mots tendres, apaisants parce que c'est la chose à faire. Il ne cherche pas à être le plus spirituel ou le plus drôle, il ne cherche pas le bon mot ou la phrase toute faite. Il lui donne juste ce dont il a besoin soit tout l'amour dont il est capable.
L'étreinte dure longtemps, il ne sait pas précisément combien de temps. Il profite de la chaleur du torse musclé d'Eggsy contre lui, la respiration désormais calmée dans son cou, le goût de la peau sous ses lèvres posées sur sa tempe. Il attend ainsi jusqu'à ce que le jeune homme s'écarte de lui avec une moue contrite, presque agacée.
« Pardon pour ça aussi. J'aime pas chialer. »
« C'est pas grave, Eggsy. Je suis là. »
Ils se sourient à nouveau et Harry sent la boule qui jouait avec ses entrailles depuis le début de la journée s'évaporer. Il lui enlève sa casquette et se retourne pour l'accrocher dans le vestiaire, à sa place. Quand il revient vers lui, Eggsy lui tend un paquet rectangulaire empaqueté dans du craft marron.
« A une fille, on offre des fleurs pour s'excuser. Je ne savais pas quoi prendre à un gentleman de cinquante ans. »
« Tu n'étais pas obligé. »
« Si. J'ai été un vrai connard et ma mère m'a bien élevé. »
L'attention le touche plus qu'il ne peut le dire. Il ne pensait réellement pas qu'Eggsy serait capable d'une telle chose. Il prend le paquet entre ses mains et va le poser sur la table de la salle à manger. Il est assez lourd et semble fragile. Délicatement, il enlève les bouts d'adhésifs qui retiennent le papier et dévoile une boîte bleue nuit en cuir où sont gravées des lettres en argent et une tête de cerf. En connaisseur, il regarde la date.
« Dix-huit ans d'âge. Très bon choix, Eggsy. Merci. » siffle-t-il, sincèrement admiratif.
« C'est pour ajouter à ta collection. »
Il repose le coffret, ému. Il embrasse Eggsy, reformant leur étreinte qui se transforme vite en quelque chose de plus sensuel lorsque son partenaire s'assoit sur la longue table et le prend entre ses jambes, accentuant leur baiser. Eggsy boit son souffle, essaie de le déshabiller, de le toucher, enivrant ses sens, lui faisant perdre la tête encore plus. Et Harry se laisse faire, lui fait l'amour ici, vivement, le remerciant à sa façon pour son cadeau, pour lui. Pour tout.
