Note : MON CHAPITRE PRÉFÉRÉ ! J'ai adoré l'écrire avec les White Stripes à fond sur les oreilles (Some, TMTC. Et joyeux anniversaire au fait ;) ).
Merci à Nalou pour sa super correction !
Rating M. Vraiment.
Bonne lecture !
« Impossible. »
Il se redresse, abandonnant le torse d'Harry afin de pouvoir le regarder droit dans les yeux, totalement sceptique. Ses sourcils sont froncés mais sa bouche est étirée en un sourire amusé.
« Je suis désolé Harry mais j'y crois pas une seule seconde. »
« Parce que tu n'as jamais trouvé le partenaire pour. Je t'assure, Eggsy, que c'est possible et parfois meilleur que le reste. »
Il rit devant l'air très sérieux d'Harry qui boit tranquillement le thé qu'il lui a apporté ce matin. C'est Eggsy qui a préparé le petit-déjeuner français pour faire la surprise à son amant qui est rentré tard d'une réunion chiante à l'agence. Il s'est levé plus tôt pour aller chercher les croissants, a minuté le thé pour qu'il soit parfaitement infusé et est monté avec le plateau dans leur chambre pour surprendre Harry qui a adoré l'initiative et l'a chaudement remercié avec l'un de ces baisers dont il a le secret. Ils ont discuté du travail, des nouvelles du journal qu'Eggsy a également glissé sur le plateau puis de leurs envies mutuelles. Jusqu'à arriver à ça.
« Ecoute. J'ai reçu beaucoup de fellations dans ma courte vie mais aucune d'elles n'a jamais dépassé les dix minutes. Jamais. » Il secoue la tête. « C'est impossible, c'est trop bon. Je veux dire quand elle est bien faite soit t'enchaîne soit tu jouis. Et quand c'est mal fait, ben… tu fais tout pour que ça finisse vite. » ricane-t-il.
Harry repose sa tasse de thé sur le chevet, enlève le plateau du drap pour le déposer par terre et attrape le poignet d'Eggsy qui se retrouve, dans un geste souple, un genou de chaque côté des cuisses de son amant. Les bras d'Harry sont autour de sa taille, il sent son début d'érection répondre au sien à travers le tissu fin de leurs bas de pyjama. Le regard sombre se plante dans le sien et Eggsy la voit, cette lueur dangereuse et terriblement excitante qui respecte toujours ses promesses.
« Voilà ce que je te propose, Eggsy. Je vais te prouver qu'une fellation peut durer plus de dix minutes et que tu peux y trouver autant de plaisir qu'en faisant l'amour. Et tu vas aimer, Eggsy. Tu vas adorer. »
« Tu as l'air bien sûr de toi ? »
Harry se rapproche de lui, effleure avec son nez le grain de beauté qu'il a dans le cou.
« Absolument. Je suis même certain que tu en redemanderas. »
Le souffle chaud de son amant lui donne des frissons dans tout le corps. Il croise ses doigts derrière la nuque, jouant avec les cheveux qui commencent à s'éclaircir afin de le rapprocher encore plus de lui.
« Et qu'est-ce que j'y gagne ? »
Harry se redresse, un sourcil levé. Il continue à garder une expression sérieuse comme s'ils étaient en train de régler une affaire aussi banale que qui s'occupe du linge.
« Parce que cela ne te suffit pas ? »
« Ca pimentera le truc. »
Harry le replace sur les cuisses, obligeant son sexe à effleurer l'autre. Sa respiration se bloque un instant. Il sait que son mentor fait ça pour le déstabiliser, pour le rendre encore plus fou de lui qu'il ne l'est déjà. Il ne croit vraiment pas à sa théorie de la fellation de vingt minutes, c'est physiquement impossible. Il veut donc mettre toutes les chances de son côté d'enfin gagner contre Harry Hart.
« On peut parier ? Genre, si tu me fais jouir avant vingt minutes, j'ai le droit de faire ce que je veux de toi pendant toute une soirée. »
« Qui me dit que tu ne vas pas tricher ? Que tu ne vas pas tout faire pour jouir avant les vingt minutes ? »
« Faudra me faire confiance. Je te promets que je te laisserai faire et que je jouirai quand j'en aurai vraiment envie, sans me forcer. »
Harry ôte une main de sa taille et lui tend afin qu'il la serre ce qu'il fait avant de se retrouver allongé sur le dos, des lèvres dévorant sa bouche pour sceller leur accord.
« Assieds-toi. » ordonne Harry en relevant la tête.
Eggsy obéit, s'installe contre les oreillers tandis qu'Harry retire son haut de pyjama avant de passer un doigt dans l'élastique du pantalon gris et informe qu'il a remis en rentrant de la boulangerie. Le pouce d'Harry effleure sa taille, griffe légèrement les muscles saillants de son aine. Enfin, il baisse le tissu jusqu'à l'enlever complétement, laissant apparaître son caleçon de coton noir.
« Très bien. Il est 9h06. J'ai vingt minutes. »
Alors, Harry commence doucement, s'installe entre ses jambes tendues. Il embrasse son torse, fait descendre sa langue le long de sa poitrine, taquine son nombril avant de déposer un millier de baisers sur son sexe toujours emprisonné dans son boxer. Harry en mord délicatement le haut, retrace les contours de sa langue avant de se relever et de retirer la dernière barrière de tissu, la balançant au loin. Eggsy ne s'en préoccupe pas plus car la vision de son amant, se pourléchant les lèvres d'envie en le regardant est des plus excitantes. Il aime voir dans les yeux de celui qui sera toujours son mentor, cette envie, ce désir presque palpable, tangible. Il se sent aimé, admiré plus qu'il ne le mérite réellement.
Harry embrasse son tatouage et retrace de sa langue les deux signes identiques qu'Eggsy s'est fait tatouer en pensant à lui. Le geste le touche, l'excite : c'est comme si Harry lui rappelait une fois encore à qui il appartient. Il écarte encore plus les jambes. La joue pas encore rasée et légèrement piquante rappe son sexe alors qu'Harry poursuit son exploration, ses doigts glissant dans les boucles noires de son pubis, sa langue dessinant des arabesques dans le pli de sa hanche. C'est déjà beaucoup et rien n'a encore commencé. Harry ne gagnera jamais.
Sa verge se tend et Harry la prend dans sa main droite, celle qui tient son flingue : Eggsy reconnait la texture de la corne déposée dans la paume à cause de la crosse de l'arme et malgré les soins quotidiens. Et il aime ça. C'est mieux que la main douce et fine d'une femme, c'est plus sensuel que celle d'un homme de son âge parce que la main d'Harry raconte autant d'histoires que son corps. Parce que la main d'Harry n'est pas lisse, elle est faite de creux et de vagues, de textures différentes qui se complètent à la perfection avec la peau de son membre. Et il va, d'avant en arrière, faisant aller et venir le sexe d'Eggsy dans le cercle lâche que forment ses doigts, les resserrant quand il arrive au sommet. Il effleure son gland de son pouce en prenant bien soin de l'enduire du lubrifiant qui en coule naturellement.
« Je croyais que tu devais me sucer. » lâche Eggsy dans un râle.
« Patience. » murmure Harry à quelques millimètres de sa verge. Il sent son souffle chatouiller la base et une langue taquine sortir juste un instant pour le goûter.
La langue d'Harry passe sur toute sa longueur, esquisse les contours de son sexe comme pour l'apprendre alors qu'il le connait par cœur. Eggsy soupire, ferme les yeux, sa tête tape contre les oreillers derrière lui. Pauvre Harry. Il est clairement désavantagé par leurs caresses précédentes ainsi que par la faim permanente qu'il a de lui. Longtemps, Harry s'amuse avec sa langue, passant et repassant sur son membre désormais humide de sa salive. Eggsy a la respiration saccadée. Une perle de sueur coule sur son front, ses mains sont accrochées aux draps, ses ongles plantés dans ses poings pour éviter d'être sur Harry et de le forcer à le prendre dans sa gorge.
Quand il entend son amant gémir son nom, il ouvre les yeux et baisse la tête juste à temps pour voir la tête d'Harry s'incliner, son sexe complétement noyé par une sensation de chaleur fiévreuse. Il croit jouir sur le coup mais Harry mordille légèrement la base, créant une douleur bienvenue, repoussant à peine son désir. La langue experte s'enroule autour de sa verge gonflée de désir, remonte le long avant de la reprendre toute entière dans sa bouche.
Eggsy a l'impression que c'est la première fois qu'on le suce comme ça, en prenant soin de chaque détail, de chacun de ses frissons. Harry ne fait pas que le sucer : il le caresse, le griffe, le lèche, l'embrasse, le mord. Il n'a jamais ressenti un tel trouble, tant d'amour entre eux. Ils sont seuls et rien d'autre ne compte que la bouche d'Harry sur son sexe, que sa main sur sa hanche alors qu'il se cambre, suivant le rythme et les ordres silencieux de son mentor, que ses doigts qui recueillent amoureusement ses bourses.
Harry lèche son gland et en explore l'interstice avec le bout de sa langue avant de l'engloutir de nouveau jusqu'à sa base. Ses joues se creusent, ses narines se gonflent, Harry aspire son sexe et le relâche. Eggsy sent sa langue balayer son sexe de chaque côté. Il n'en peut plus. Il arrache sa main du matelas et vient la poser sur la tête qui se balance. Il emplit ses mains de l'abondante chevelure, ne cherchant à rien imposer, juste à avertir Harry qu'il n'est pas loin.
« Putain… Harry. Je peux plus. »
Et, bizarrement, ça le fait chier. Il aimerait que ces caresses durent éternellement, que cette bouche ne quitte jamais son membre. Parce que c'est bon, meilleur et pire. Parce qu'il se sent aussi puissant qu'un roi et totalement à la merci de son roi. Parce que jamais il n'aimera quelqu'un d'autre qu'Harry, c'est une fatalité.
« Je vais… Harry… »
Un froid l'entoure lorsqu'Harry se relève brusquement et vient l'embrasser avidement, lui faisant partager son goût amer. Ses yeux fiévreux s'ouvrent et il voit le visage de son amant, le souffle court et l'air extatique, les lèvres luisantes de salive. La plus belle vision du monde.
« Je veux que tu jouisses. » chuchote Harry bien distinctement en s'approchant de son oreille. « Je veux te boire, Eggsy. Jouis pour moi. »
A ces mots, il l'avale de nouveau tout entier, reprenant un rythme régulier auquel il n'a aucune chance de résister. Il s'accroche à nouveau à ses cheveux, son autre main caressant la joue d'Harry qui continue, assidu. Il ne retient plus ses cris mais il ne sait pas ce qu'il dit. Toute son attention est concentrée sur son sexe, absorbée par les sensations indescriptibles que lui procure la bouche de son compagnon.
Trop fortes, les dernières caresses le font se cambrer violemment. Des jets de semences giclent à l'intérieur de la gorge chaude alors que sa jouissance atteint des sommets. Il croit perdre la vue, l'ouïe, le toucher. Son monde explose alors qu'Harry avale à mesure tout ce qu'il déverse en lui. Son bassin retombe, il ne sent pas Harry se redresser et ne le voit pas s'essuyer. Il essaie de retrouver une respiration normale, de permettre à son cœur de battre à nouveau comme il faut.
« Merde. »
L'insulte a été lâchée au loin. Il grogne et se retourne, papillonnant des yeux pour essayer de revenir dans la réalité. Il voit alors son mentor assis à côté de lui, regardant durement son téléphone.
« Hein ? »
« Ma perception du temps n'est plus ce qu'elle était. Dix-neuf minutes… »
La moue renfrognée d'Harry le fait éclater de rire malgré son souffle court. Il avait raison, finalement. Indulgent, il le prend dans ses bras.
« Tu feras mieux la prochaine fois. »
