Note : Et voilà le numéro 21. Donc, 21 bisous à Nalou pour sa bêta et une 21e fois un bon anniversaire à ma SCN d'amour.
Bonne lecture !
Eggsy a toujours trouvé qu'Harry ne fait pas son âge. Bon, on ne lui donnerait peut-être pas trente ans mais sûrement pas les cinquante qu'il a réellement.
Harry a l'esprit ouvert et, malgré un langage parfois snob, est un homme du XXIe siècle. Quand Eggsy lui propose une nouvelle musique ou de regarder un film récent, il ne dit jamais non. Il écoute patiemment puis donne son avis sans être trop critique ou vraiment négatif. Ainsi, quand ils prennent l'Audi pour aller chercher un livre de comptes au fin fond du Pays de Galles, Eggsy peut mettre sa playlist à fond dans la voiture et peut voir son amant taper le rythme du dernier Dizzie Rascal sur le volant. Harry le laisse aussi profiter de l'écran plat du salon quand il veut jouer à la Play, se contentant, de son côté, de monter dans son bureau à l'étage pour éviter de grogner à chaque fois qu'Eggsy pousse un cri de rage ou de victoire. Mais, ce qui rend Eggsy le plus fier, c'est lorsqu'Harry prend l'iPod qu'il lui a offert pour faire du sport à la salle ou pour venir courir avec lui. Jamais le jeune homme n'aurait pensé avoir autant de succès avec ce cadeau. Comme quoi, on peut toujours être accro à la technologie à cinquante ans.
D'ailleurs, Harry est un vrai crack en informatique. Il surpasse de loin Eggsy et peut rivaliser dignement avec Merlin. Ça doit sûrement tenir de son statut d'espion international qui doit être capable de hacker n'importe quel ordinateur ou objet connecté. Lors d'une de leur mission en Bolivie, le temps qu'Eggsy descende chercher de quoi manger au restaurant de leur hôtel, Harry avait déjà bloqué tous les comptes en banque, cheké la boîte mail et changé les mots de passe du receleur d'œuvres d'art qu'ils devaient arrêter. Comme s'il faisait ça chaque matin en se levant. Normal. Si Harry n'était pas un Kingsman, droit et honnête, à la morale irréprochable, le monde tremblerait. Et Eggsy trouve ça sexy.
Mais ce qu'Eggsy trouve encore plus sexy, c'est le corps d'Harry. Il en est même jaloux. Harry s'entraîne quotidiennement, pendant une bonne heure, au réveil, sur les machines qu'il a installées dans la cave. Quand il vient faire son footing avec lui, Eggsy sent bien qu'il ralentit ses foulées pour rester à sa hauteur. Harry est physiquement plus en forme que lui et ça l'énerve. Même si ses abdos ne sont pas aussi bien dessinés qu'ils devaient l'être il y a dix ans, Eggsy les sent se contracter quand il les caresse. Il aime le torse d'Harry, toutes ses petites imperfections dues au temps et aux missions qu'il devine sous ses lèvres. Il aime ses bras dont les muscles se tendent lorsqu'il le porte jusqu'au lit ou sur le meuble le plus proche. Il aime ses jambes, ses fesses tellement bien moulées dans les costumes fait sur-mesure par les tailleurs de l'agence.
Enfin, ça, c'est pas tout le temps. Lorsqu'ils ne sont pas en mission et qu'ils doivent rester chez eux, le style vestimentaire de son amant change. C'est dans ces moments-là qu'Eggsy a vraiment l'impression d'être avec un vieux. Chandail en grosse laine, pantalon en velours côtelé, chemise informe, Harry n'a plus rien du gentleman distingué et sensuel qu'il est d'habitude. Eggsy a essayé pourtant de lui faire porter autre chose mais son partenaire se justifie en disant que ce sont des vêtements confortables et qu'il s'y sent bien. Comme s'il ne pouvait pas être à l'aise dans quelque chose de plus moderne et attirant. Non, sérieux. Le pantalon en velours n'est définitivement plus à la mode depuis 1947. Parfois, Eggsy entraîne Harry dans leur chambre rien que pour avoir la satisfaction de lui enlever ces fringues qu'il déteste.
En tout cas, lorsqu'il rentre cette après-midi-là, après une semaine à Budapest, il s'attend très clairement à voir Harry assis dans son fauteuil en cuir, un livre d'un illustre inconnu ouvert sur ses genoux recouverts d'un pantalon à la couleur innommable. Il fouille la poche de sa veste en jean et sort sa clé qu'il jette sur la commode une fois entré. Il entend la bouilloire qui siffle.
« C'est moi. On a fait le debrief avec Rox' pour la mission à Budapest. » Il accroche son manteau à la patère, tire sur son polo noir pour le remettre en place. Il s'avance dans la salle à manger. « Tu seras ravi de savoir que tout s'est bien passé et que j'ai pas trop fait de conneries. »
« Je n'ai pas douté de toi une seule seconde. »
Harry lui sourit, accoudé au comptoir qui sépare la salle à manger de la cuisine, sa tasse fumante serrée dans ses mains. Il porte ses lunettes de ville et son habituel chandail en laine sur un t-shirt blanc. Et Eggsy se sent de suite à la maison. Il s'approche et se penche par-dessus le bar en bois pour embrasser délicatement Harry qui se laisse faire.
« Salut. » murmure-t-il à quelques centimètres de la bouche de son amant qui répond avec un nouveau baiser.
La tasse en porcelaine est abandonnée sur le comptoir et les mains rêches d'Harry viennent caresser ses joues qu'il n'a pas rasées depuis son départ. Le baiser s'approfondit, révélant le manque, le désir des deux hommes. Leurs langues se réapprennent, leurs bouches se redécouvrent avec passion. Et c'est le besoin malheureusement vital de respirer qui les oblige à se séparer, le souffle court et l'air échevelé.
Harry s'éloigne, faisant glisser ses paumes sur le visage puis la nuque d'Eggsy qui manque de s'étrangler en voyant la tenue de l'autre homme. Il abandonne le bar et entre dans la cuisine, ses ongles plantés dans la poutre de bois et le regard sur la paire de jeans que porte Harry en train de faire la vaisselle. Fuck.
« Harry, c'est quoi ça ? »
L'espion se retourne, semblant ne pas comprendre. Il pose l'éponge, essuie ses mains au torchon à carreaux, les sourcils froncés. Eggsy s'approche encore. D'eux-mêmes, ses doigts s'enfoncent dans les poches arrière du pantalon, poussant les deux corps l'un contre l'autre. Eggsy enfouit son nez dans le cou de son partenaire qui parait étonné de l'effet qu'il a sur lui. Eggsy ne l'a jamais vu comme ça et il lui chuchote, lui dit à quel point il le trouve beau et sexy, que pour lui. Harry hausse un sourcil, le regardant de haut, amusé.
« Je suis content que tu remarques mes efforts pour te plaire. »
« C'est sûr que ça change de tes pantalons de grand-père. »
Ses pouces suivent la ceinture jusqu'à la boucle et commencent à s'en occuper alors que ses dents éraflent la peau dévoilée sous le col V de son t-shirt. Harry grogne, les mains dans les cheveux d'Eggsy, tirant légèrement vers le bas. Le plus jeune accélère ses gestes, ôte le bouton, fait glisser la fermeture éclair et baisse d'un même mouvement et juste ce qu'il faut, le jean et le boxer noir. La pression sur sa tête se fait plus forte alors Eggsy suit l'ordre silencieux, se laisse tomber à genoux et prend le sexe d'Harry qui durcit encore plus dans sa bouche.
Sa main s'enroule à la base du membre, se mêlant aux poils noirs, appréciant les frissons dont il voit la peau de son amant se couvrir. Il recule sa tête, s'arrête sur le gland un moment, lèche, mord, suce avant de reprendre tout entre ses lèvres. Il lève les yeux, fixe Harry qui se pince les lèvres pour éviter de faire trop de bruit. Ses doigts sont toujours dans ses cheveux et il accompagne les mouvements d'Eggsy, imposant un rythme que lui seul connait. Eggsy le respecte, obéit, désirant montrer combien son amant lui a manqué et combien il l'aime. Lorsqu'Harry rend ses gestes plus désordonnés, plus précipités, Eggsy creuse les joues comme Harry lui a appris et parce qu'il sait que c'est ce qu'il veut. Une main dérape vers sa nuque et le force à tout prendre. Il enfonce alors encore plus le sexe dans sa gorge, jouant avec sa langue autour. Et Harry jouit, en longs jets, la tête en arrière, les yeux fermés. Eggsy avale la semence, poussant des gémissements gourmands avant de s'éloigner et de poser son front contre l'aine encore couverte par le pull gris en laine.
La respiration du plus vieux est saccadée, un sourire éclaire son visage. Eggsy attrape le torchon et s'essuie les lèvres avec. Il se redresse et rhabille son amant dont les doigts sont maintenant sur sa joue, caressant pour remercier. Eggsy embrasse le ventre plat et se lève, l'enlace, son nez dans la laine, ses mains reprenant leur place dans les poches arrière du jean. Il faut qu'il propose à Harry une sortie shopping. Maintenant qu'il l'a vu comme ça, il ne peut plus le laisser porter ses machins en velours. Jamais.
