Note: Par tous les dieux ! C'est déjà le numéro 22... Nalou, encore merci merci pour ta bêta qui arrache et ma Some, 22 milliards de bisous pour ton anniversaire.

Bonne lecture à tous et merci du fond du coeur à ceux qui prennent le temps de laisser des reviews !


Il claque la porte du coffre et vient s'adosser au capot de l'Audi noire, jambes et bras croisés. Merlin l'a prévenu qu'Harry n'allait pas tarder, tout est prêt. Cette dernière semaine a été difficile : il a dû mettre fin, seul, à leur mission à Porto en essayant de s'inquiéter le moins possible pour son partenaire et sa blessure à l'abdomen: le 22 long rifle n'avait pas fait de gros dégâts mais l'état d'Harry restait sérieux. Revenu à l'agence, il a passé son temps entre le bureau d'Harry et la chambre où le plus âgé recevait tous les soins nécessaires. Il ne l'a quitté que rarement et c'est aujourd'hui qu'Harry doit sortir.

Eggsy se redresse, les mains dans les poches, lorsqu'il entend le pas caractéristique d'Harry, au rythme moins rapide, résonner dans le garage de Savily Row. Lorsque son mentor apparaît, dans son costume sur-mesure, la coiffure parfaitement organisée et la démarche altière, Eggsy s'amuse des efforts qu'a fait Harry pour sembler au meilleur de sa forme. Ainsi, seule sa barbe de quelques jours qui couvre ses joues indique qu'il n'a pas eu la force de se transformer en parfait gentleman. Et Eggsy trouve ça terriblement sexy. Il vient lui ouvrir la portière gauche, en inclinant la tête. Harry le remercie dans un souffle, s'installe et la petite grimace qui pince le coin de sa lèvre montre à Eggsy qu'il a encore mal.

Le jeune homme ferme doucement la portière puis prend sa place derrière le volant. C'est rare que ce soit lui qui conduise lorsqu'ils sont tous les deux. Ils échangent un regard, prouvant qu'ils partagent la même pensée. Harry se cale un peu plus confortablement sur le siège en cuir et Eggsy démarre. A la sortie du garage, le soleil de cette fin de journée les éblouit. Eggsy attrape ses lunettes de soleil alors que son amant plisse les yeux et se tourne vers lui.

« Comment vas-tu ? »

« C'est plutôt à moi de te poser cette question. » ricane Eggsy. Il lâche le levier de vitesse et pose sa main gauche sur le genou d'Harry.

« Bien. Je vais bien. Encore deux jours de repos et je serai à nouveau d'attaque. »

Eggsy grimace. Il aurait dû lui en parler avant. Il s'engage sur Duchess Street et voit les sourcils d'Harry se froncer.

« Eggsy, où allons-nous ? Sauf si ton sens de l'orientation s'est profondément dégradé cette semaine, je ne pense pas que ce soit le chemin pour rentrer à la maison. »

Le jeune homme sourit mais ne répond pas.

« Eggsy. » grogne Harry et ça sonne comme un avertissement.

« Bien. » Il enlève sa main de la jambe de son amant et la replace sur le volant. « On va à Hart Manor. »

« Je te demande pardon ? »

« Ben tu sais, l'espèce de château que tu as au Nord d'Edinburgh ? C'est là qu'on va passer nos vacances. »

« Parce que nous avons des vacances ? »

Eggsy lance un coup d'œil à Harry qui a tourné son buste vers lui et semble plus amusé qu'autre chose. C'est déjà ça. Il se racle la gorge, gêné d'être observé comme ça. Harry sait très bien le mettre mal à l'aise et comment lui soutirer des informations qu'il aimerait bien cacher. Trente secondes sous le regard perçant de son amant et voilà qui lâche tout.

« Fais chier. » marmonne-t-il. « On s'est dit avec Merlin qui tu ne voudrais jamais rester chez toi pour te reposer. On a donc décidé, sans te consulter je sais, que tu avais besoin de vacances. Et comme tu ne partirais jamais tout seul, j'ai pris les miennes aussi. »

« Et vous avez décidé de ne rien me dire pour éviter que je ne refuse. »

« T'as tout compris. »

Harry éclate de rire et Eggsy se détend. Il avait réellement peur que son partenaire ne prenne pas bien les choses, il est donc rassuré. Sa main se tend à nouveau vers son amant et caresse la joue mal rasée tendrement. Harry en embrasse la paume et tourne son regard vers la route. Eggsy le voit passer un doigt dans son nœud de cravate afin de l'enlever puis défaire les premiers boutons de sa chemise.

« As-tu pensé à prévenir Harper ? » demande Harry lorsqu'ils pénètrent sur l'autoroute.

Eggsy hoche la tête.

« Par contre, je crois que ta sœur doit venir passer le week-end. Avec les gamins. »

« Nous aurons tout de même quelques jours pour profiter. »

La voix sombre, grave donne des frissons à Eggsy avant qu'il ne pense à ce qui les a menés à cette situation.

« Ouais. Ça m'étonnerait. » boude-t-il « Je te rappelle que t'as reçu une balle dans le bide, y a à peine huit jours. On récupère pas si vite à ton âge. »

Eggsy sent les doigts longs et fins de son amant se perdre sur sa nuque, s'enfouir dans ses cheveux avant de revenir sur sa joue et griffer légèrement son menton qu'il n'a pas rasé lui aussi. Il est en vacances. Il soupire quand la main d'Harry descend dans son cou, suivant sa pomme d'Adam, repassant les contours de son grain de beauté pour enfin effleurer sa clavicule sensuellement.

« On verra. »


Ils arrivent au manoir au milieu de la nuit. Harry s'est assoupi sur les derniers cent kilomètres, forçant Eggsy à baisser la radio. Il engage l'Audi dans la cour, il est trop tard pour retrouver le chemin du garage. Les phares de la voiture illuminent la demeure, lui donnant une allure encore plus surnaturelle avec ses tours médiévales et sa façade blanchie. Eggsy coupe le moteur puis se penche vers le plus vieux qui a laissé tomber sa tête contre le fauteuil en cuir, les bras croisés contre son torse. Il caresse du bout des doigts le front ridé, replace une mèche de cheveux. Il se penche encore plus, le levier de vitesse s'enfonçant dans son ventre et vient embrasser délicatement la joue, la mâchoire d'Harry qui se réveille doucement, un œil après l'autre.

« On est arrivé. Va falloir que tu marches par contre. Je peux pas te porter, moi. »

Harry lâche un petit rire et s'étire. Eggsy sort de la voiture pour récupérer leurs bagages et rejoint Harper sur le palier qui lui prend les sacs des mains. D'un signe de tête, le majordome lui indique Harry qui arrive en bas des marches encore endormi, la main sur le côté, l'air de rien. Eggsy comprend et retourne vers son amant. Il passe son bras autour de ses hanches tandis que l'autre homme met le sien sur ses épaules. Ainsi, sans rien dire, Harry peut s'appuyer sur lui et se soulager un peu. Son mentor ne lui aurait jamais demandé de l'aide de toute façon, alors il est ravi de lui apporter sans rien dire. Ils entrent dans la maison et remercient le domestique qui a monté les bagages. Ils gravissent à leur tour les marches, Harry toujours soutenu par Eggsy.

Une fois dans la chambre, la porte refermée, chacun se déshabille. Eggsy, en caleçon, voit Harry économiser ses gestes, essayer d'enlever comme il peut sa veste puis sa chemise. Alors, il s'approche et vient l'aider, son regard bleu plongé dans celui reconnaissant de son amant. Il finit de s'occuper des boutons de nacre et retire le tissu épais, le laisse glisser des épaules musclées. Il examine le pansement qui couvre son torse, le touchant doucement.

« Ça tire pas trop ? »

Il sent le menton d'Harry dans son cou, sa barbe le piquant, réveillant le désir qui ne s'est jamais vraiment endormi. Harry secoue la tête, embrasse la peau à portée, faisant gémir Eggsy qui enlève ses mains du torse pour défaire la boucle de ceinture, ôter le pantalon. Il se recule, captant à nouveau le regard sombre, enlève son boxer.

Et les choses s'accélèrent. Harry le rejoint, l'embrasse, couvre son buste de milles caresses. Ils tombent sur le lit. La main d'Harry s'accroche à ses mèches claires, frôle son front puis reprend ses lèvres pour un baiser exigeant qui fait soupirer Eggsy. Il ferme les yeux, plante ses ongles dans le dos d'Harry, essayant d'éviter de lui faire mal. Le baiser est long, puissant. Il s'éternise parce qu'ils se sont manqués, parce qu'Eggsy s'est inquiété plus qu'il ne le dira jamais. Il dure encore et encore parce qu'ils s'aiment. Et ça, ils se le disent, se le murmurent fort pour être certains d'être entendus.

Eggsy met Harry sur le dos et vient se blottir contre son torse. Il redessine ses muscles en souriant, évite la blessure et vient prendre en main le sexe dur. Harry se tend, embrasse sa tempe et grogne dans son oreille.

« Eggsy… Prends-moi. Occupe-toi de moi. Maintenant. »

Et la respiration d'Eggsy se coupe car entendre Harry dire ce genre de phrases avec son accent d'aristocrate anglais a toujours quelque chose de vraiment très érotique. Il se redresse, voit toute la luxure dans le regard d'Harry. Alors, il se met à genoux entre les jambes que son partenaire a écartées. Il attrape le coussin qu'il lui tend et le place sous les hanches d'Harry qui se positionne pour éviter de souffrir.

« Tu me dis si t'as mal. »

Harry acquiesce et pose sa main sur son sexe, commençant à se toucher. Eggsy crache dans sa main, son regard à sa place, ancré à celui d'Harry qu'il commence à préparer, introduisant un puis deux doigts. Il va doucement, suit chaque expression visible sur le visage de son amant qui lui indiquerait que ça ne va pas. Mais, c'est tout le contraire : Harry est en sueur, se mord la lèvre jusqu'au sang et accélère ses mouvements de poignet. Lorsqu'Eggsy le voit rejeter la tête en arrière, il soulève les jambes musclées pour les passer autour de ses hanches, conservant un angle qui leur procurera un plaisir sans tirer sur la blessure et pénètre Harry le plus lentement dont il est capable.

« Eggsy… »

« Merde. Ça va ? » demande-t-il, inquiet, en s'arrêtant.

« Ça irait mieux si tu me baisais… Vraiment. » Harry a le souffle court et ça fait sourire le plus jeune qui a rarement l'occasion de voir son amant ainsi.

« Tu veux que j'accélère, c'est ça, hein ? » dit-il en se penchant vers lui pour mieux le voir.

Harry se redresse légèrement afin d'attraper Eggsy par les cheveux. Il les tire, les obligeant à se mettre front contre front alors qu'il est toujours en lui. Eggsy sent la respiration de son amant s'échouer sur ses lèvres.

« J'aime ton insolence, Eggsy. Mais si tu ne veux pas le regretter, je te conseille de me baiser et de me faire jouir sans attendre. »

« C'est une menace ? » Et le sourire d'Eggsy montre à quel point il aime ce jeu-là.

« Tu as tout compris, toi aussi. »

Alors, Eggsy s'exécute. Il se replace, impose à Harry de mettre ses jambes sur ses épaules et reprend ses va-et-vient, laissant son désir parler avant sa raison. Si Harry lui a ordonné d'y aller, il sait qu'il peut le faire. Et puis, ils ont deux semaines pour reprendre des forces ensuite. Ses doigts s'impriment dans les hanches tandis qu'il augmente le rythme et le nombre de coups. Il entend son amant soupirer puis gémir son prénom. Il accélère encore, ses hanches claquant contre les reins d'Harry. Et lorsqu'il voit le sperme d'Harry se répandre sur son torse, il jouit à son tour dans un dernier mouvement, la tête en arrière ne sachant plus comment respirer.

Il s'effondre à côté de son compagnon, se remontant comme il peut dans le lit, sa tête contre le torse marqué d'une nouvelle cicatrice. Les dernières choses qu'il perçoit avant de s'endormir sont les doigts d'Harry dans ses cheveux qui le caressent et la voix grave qui le remercie tendrement.