Merci miss-acacia84, noemaie & Moozanna,

Contente que cela vous plaise. Je ne vais pas vous donnez trop d'infos maintenant mais la rythme de la fiction est relativement rapide, en dépit des allés-retour dans le temps, donc vous aurez vos réponses assez rapidement. Déjà, pas mal dans ce chapitre.

N'oubliez pas que les indications de temps sont primordiales pour suivre et comprendre l'histoire. (J'ai moi-même dû me faire une ligne du temps concrète cette fois pendant l'écriture :-))

Merci encore d'avoir pris le temps de commenter, cela me fait toujours énormément plaisir.

Mais, trêve de bavardage, place à l'histoire


Para 2

Mardi 15 mai 2012 : 8h52

Blair Waldorf ouvrit lentement les paupières et poussa un long soupir. Elle glissa lentement sa main sur son abdomen. Encore une journée qui débutait.

Cependant, étrangement, sans savoir pourquoi, elle se sentait moins malheureuse ce matin que tous les autres matins des dernières semaines qui venaient de s'écouler. Elle referma les yeux, tentant de se raccrocher à sa douleur, c'était la seule chose qui lui restait de l'existence fugace de son fils et elle n'était pas prête à l'abandonner.

Si elle commençait à se sentir mieux alors, bientôt, son chagrin s'estomperait doucement et finirait par devenir supportable. Bientôt, sa grossesse ne serait plus qu'un souvenir douloureux. Un parmi tant d'autres, et ça, elle n'était pas prête à l'accepter.

Pas plus qu'elle n'était prête à accepter la perte de cet enfant à presque quatre mois de gestation. Elle refusait de laisser s'en aller la peine qui remplissait son cœur depuis que son utérus était vide. Ça aurait été comme reconnaître qu'elle ne pouvait rien y changer. Qu'elle n'était peut-être pas responsable de la disparition de son bébé et elle n'avait pas la force de faire face aux événements tels qu'ils s'étaient réellement déroulés.

Elle avait besoin de se raccrocher à ses blessures, de les garder vives, pour que le cœur de son enfant continue de battre au travers de son malheur, ç'aurait été une trahison de se remettre à vivre.

Pourtant le temps semblait emporter avec lui, même le pire des tourments. Lentement, inexorablement, les souvenirs de l'accident se désagrégeaient peu à peu dans sa mémoire.

Pas vraiment en réalité : le bruit de la tôle froissée, la chaleur du corps de Chuck protégeant le sien, la sensation du sang qui s'écoulait entre ses cuisses, de celui du jeune homme qui gouttait sur son bras, l'odeur des pneus brûlés, la voix de Nate qui hurlait leurs prénoms, le chant des sirènes qui retentissait dans ses oreilles bourdonnantes, tout ça était bien clair dans son esprit.

Mais c'était de plus en plus lointain, comme si d'actrice, elle devenait spectatrice de la scène effroyable qui avait radicalement changer sa vie ce soir là.

Elle ne serait plus jamais la même. Elle ne serait plus jamais la future Princesse de Monaco. Elle ne serait plus jamais la jeune femme insouciante qu'elle avait été, non plus. Queen B était restée quelque part dans ses années adolescentes ou le plus important était ce que les gens pensaient de vous. Où la reine n'existait qu'à travers le regard de ses sujets.

Aujourd'hui, elle se moquait bien de ce que le peuple pensait d'elle.

Elle s'était enfoncée sous les couvertures, refusant d'entendre les rumeurs qui grondaient au dehors. Elle s'était abrutie de médicaments, au point de pouvoir à peine mettre un pied devant l'autre, d'avancer, littéralement, physiquement et psychologiquement.

Elle avait passé des jours et des semaines dans son lit, forçant Dorota à se fâcher pour l'obliger à prendre sa douche ou se nourrir - à peine - incapable de trouver la force de faire autre chose que de pleurer la perte de son enfant.

Elle rouvrit les yeux et observa un instant les rayons du soleil qui jouaient avec les ombres des rideaux, flottants sous l'effet de la brise légère de cette fin de printemps. La fenêtre était entrouverte et un léger parfum de la junte New-Yorkaise agaça ses narines.

Elle se surprit à avoir envie de regarder les gens en bas, fourmis minuscules qui continuaient à tracer leur chemin au milieu des autres, inconscientes du monde de Blair Waldorf qui s'était arrêté de tourner un soir d'octobre.

Elle étira un bras, puis deux, étendit une jambe, puis l'autre et une petite moue de satisfaction se dessina sur son visage. Vite remplacée par un torrent de reproches psalmodiés à la constatation de la sensation de bien-être qui s'était emparée d'elle, l'espace d'un instant.

La brune soupira à nouveau et se décida à se lever.

C'était la première fois qu'elle s'en sentait la force sans y être contrainte par une tierce personne. Elle se redressa lentement, puis rejeta les draps sur le côté et s'assied prudemment sur le rebord de son matelas, laissant pendre ses mollets le long de l'encadrement de bois.

Elle savoura quelques secondes la sensation de son cœur quelque peu apaisé et fronça les sourcils.

Alors quoi ? C'était tout ? Le temps faisait son œuvre et elle se réveillait un jour avec le sentiment que sa vie pourrait peut-être reprendre son cours ?

« Le moment venu, vous trouverez la force en vous de vous relever et de commencer à vous pardonner pour quelque chose dont vous n'êtes en rien responsable. Surtout ne vous refuser pas cette possibilité. » lui rappela la voix du Docteur Sherman, son psychiatre.

« Tu n'es pas à blâmer pour ce qui est arrivé. Si cet enfant n'est pas venu au monde, c'est qu'il était destiné à ne pas l'être. » chuchota celle d'Eléanor depuis un autre recoin de son cerveau.

« Rien de ce que tu t'infliges ne pourra changer quoi que ce soit, Blair. Ça ne veut pas dire que cela en fait moins mal pour autant, mais il faudra bien que tu finisses par faire face au fait que ni toi, ni moi, ne pouvons maîtriser les forces de l'univers. Peu importe combien nous le voudrions. » résonna celle de Chuck à son tour.

Chuck !

Elle avait soudain le besoin irrépressible de ressentir la force de ses bras autour d'elle, de sentir la chaleur sécurisante de son étreinte, l'odeur réconfortante de son parfum, la douceur apaisante de sa peau contre la sienne.

C'était lui qui l'avait soutenue à bout de bras, plus que tout autre, depuis la seconde où il avait enfin ouvert les yeux dans cette chambre d'hôpital.

Elle avait bien cru le perdre lui aussi. Si ça avait été le cas, elle ne l'aurait pas supporté. L'annonce de la perte de son bébé avait laissé un vide immense dans son être et dans son âme, elle n'aurait pas pu endurer plus de souffrances. Heureusement, la cruauté n'avait pas été poussée si loin, dans toute cette tragédie. Elle en serait sans doute devenue complètement folle.

Blair frissonna en repensant à ces instants horribles, revoyant le visage de Serena à son chevet alors qu'elle venait de se réveiller après l'accident.


Samedi 8 octobre 2011 : 03h46

- Vous avez perdu le bébé, déclara l'infirmière sur le ton désolé qui s'imposait lors d'une pareille annonce à une future maman.

La brune sentit les larmes affluer à ses paupières et le froid prendre possession de ses entrailles et de son cœur.

Le cri strident des pneus sur le bitume et de la tôle froissée revint à ses oreilles.

- Je suis désolée, le médecin a fait tout ce qu'il a pu, articula encore la femme en blanc.

Blair laissa couler ses larmes en silence. Elle ne pouvait pas croire qu'il n'était plus là, qu'il ne grandissait plus au creux d'elle-même.

Elle se remémora la vision de Chuck, étendu sur une civière à quelques mètres d'elle, sa tête enrubannée dans un pansement posé par les premiers secours que Nate avait appelés. Son regard la cherchait désespérément. Il avait tendu la main vers elle, dans un dernier geste, avant qu'elle ne le voie perdre connaissance et que l'équipe médicale ne tire le rideau.

Le jeune homme qui venait de lui faire la promesse de passer le reste de sa vie avec elle et leur bébé avait tenté de les protéger de son mieux, utilisant son corps comme rempart.

- Chuck, murmura-t-elle d'une toute petite voix.

- Il n'est pas encore réveillé, dit doucement sa meilleure amie, des larmes brillant au fond de ses yeux. Les médecins disent que ce n'est pas bon du tout.

Elle posa sa main sur celle de Blair, espérant lui apporter un peu de réconfort.

Mais qu'est-ce qui pourrait bien soulager la jeune femme dans ces circonstances ?

- Je veux le voir, s'exclama-t-elle.

- Blair ...

- J'ai besoin d'être auprès de lui, maintenant, tu comprends ?

Serena hocha la tête. Oui, elle comprenait parfaitement le désespoir infini qu'elle pouvait déchiffrer dans les prunelles noyées d'eau salée de son amie d'enfance.

La blonde se leva et fit pivoter le fauteuil pour aider B à s'y installer, puis la mena jusqu'à la chambre attribuée à son frère adoptif.

B poussa la porte numérotée 697 et déglutit difficilement la boule qui lui enserrait la gorge.

Nate, qui avait tiré une chaise à côté du lit de son meilleur ami, était assis à ses côtés, en l'absence de Lily, partie signer des documents.

Le jeune homme leva les yeux sur elle et lui fit un sourire maladroit. Il ne connaissait pas les mots à dire. Dans ces cas là, les paroles étaient vaines.

L'héritier Archibald se remettait à peine du cauchemar éveillé qu'il venait de vivre. Il avait bondit hors de la limousine, celle qui suivait celle à bord de laquelle étaient ses amis. Après avoir, bien malgré lui, assisté au crash en direct, il avait appeler les secours immédiatement.

- Je suis désolé, offrit-il à Blair.

Elle acquiesça en signe de reconnaissance.

- Tu es certaine que ça va aller ? Je peux rester si tu veux, s'inquiéta-t-il devant le teint livide de son amie.

Elle fit un autre signe de la tête, de refus celui-là.

Nate questionna silencieusement Serena qui se tenait derrière la brune et cette dernière lui indiqua que tout irait bien. Ils resteraient juste là, dans le couloir, derrière la porte.

Il se leva et rejoignit la blonde pour laisser un peu d'intimité à leurs amis.

C reposait sur le lit, pâle comme la mort. Celle qui venait d'emporter son fils, leur fils. Elle prit sa main, où était insérée l'aiguille d'un baxter, et y pressa ses lèvres. Les phalanges du jeune homme étaient glacées. Sa tête était toujours drapée dans une large bande de gaze, qui couvrait les points de suture nécessaires à contenir le sang qui aurait pu s'échapper de sa blessure.

- Ne me laisse pas, murmura-t-elle. S'il te plaît, ne me laisse pas. Je ne peux pas te perdre aussi. Je n'y survivrai pas si tu me laisses seule, ici, sans vous.

Elle pria de toute son âme un Dieu auquel elle n'avait jamais crû, cherchant un signe de réveil, scrutant son visage.

Elle se leva, malgré la douleur qui irradiait depuis son bas ventre, et prit place comme elle pouvait sur le rebord du matelas pour déposer un baiser sur la joue de l'homme qu'elle aimait.

Et qu'elle aimerait pour l'éternité, se dit-elle.

- Chuck, appela-t-elle doucement. Je sais que c'est difficile mais, fais-le pour moi, s'il te paît, ouvre les yeux, j'ai besoin de toi.

Elle effleura sa bouche de ses lèvres et caressa tendrement sa pommette, posant son front délicatement contre le sien, fermant ses paupières, elle aussi.

Il remua faiblement les doigts et elle releva la tête pour apercevoir ses prunelles sombres derrière ses paupières entrouvertes.

Elle laissa échapper un soupir de soulagement et une larme roula sur sa joue, meurtrie dans l'accident.

- Le bébé, murmura-t-il d'une voix à peine audible.

Elle lui fit un signe de dénégation, incapable de parler tant sa gorge était nouée.

Chuck agrippa ses doigts plus fort et serra sa main dans la sienne, la regardant au fond des yeux, malgré ses paupières trop lourdes qui n'aspiraient qu'à se fermer.

Il ouvrit la bouche mais aucun son ne sortit de sa gorge. Il lutta contre les larmes qui lui montaient aux yeux. Il devait rester fort pour elle.

Il l'attira contre lui, oubliant la douleur physique qui courrait dans son corps et elle se laissa aller contre son torse. Il l'enveloppa dans ses bras et la serra sur son cœur qui saignait abondamment, tout comme celui de la femme qu'il aimait.

Blair enfuit sa tête dans le creux de son cou, la chaleur du corps de l'homme qu'elle aimait était la seule chose qui l'empêchait de sombrer dans la folie.


Mardi 15 mai 2012 : 9h01

Elle posa un pied au sol, puis deux et savoura un bref instant la sensation de la descente de lit sous la plante de ses pieds nus.

Elle inspira profondément et attrapa sa robe de chambre, puis entreprit de quitter son refuge à la recherche de l'homme sur qui elle s'appuyait depuis ce tragique événement.

Comme s'il avait entendu le cri silencieux de son besoin de lui, il gravissait les dernières marches donnant sur le palier du second étage du penthouse Waldorf. Il leva les yeux sur elle et elle put lire la surprise dans son regard.

Il lui décocha un petit sourire en coin. C'était la première fois qu'elle sortait volontairement de sa chambre depuis des semaines. La petite flamme de l'espoir fit des étincelles dans son cœur. Celui de revoir un jour la femme dont il était tombé amoureux.

Sans un mot, elle noua ses bras autour de son cou tandis qu'il ceinturait sa taille. Elle se blottit contre lui du mieux qu'elle put, se raccrochant désespérément à lui.

L'utopie était une douce folie, songea-t-il en resserrant son étreinte autour d'elle.

- Je suis là, souffla-t-il en la soulevant dans ses bras.

Elle cala sa tête dans le creux de son cou et ferma les paupières, se laissant dériver comme il l'emportait jusqu'à sa chambre à nouveau.

Il la déposa sur le lit et s'allongea à ses côtés.

- Encore un cauchemar ? supposa-t-il en passant une main sur sa tempe.

- Non, dit-elle tout bas. Juste le besoin de sentir tes bras qui m'enserrent.

Il la colla encore un peu plus contre son torse et déposa un baiser sur sa chevelure avant de la voir clore ses paupières. Il entreprit de dessiner des formes délicates dans son dos pour la rassurer tout en la berçant légèrement.

Écoutant le temps s'écouler, il resta là plusieurs minutes, l'observant retourner au sommeil. Il ferma les yeux à son tour et posa sa tête contre la sienne.

Un jour, elle irait mieux. Un jour, elle pourrait à nouveau être heureuse.


Vendredi 18 mai 2012 : 10h48

Blair s'éveilla doucement et jeta un œil à son réveil, il était tard dans la matinée. Elle frissonna, seule dans son lit. Le manque de son corps contre le sien lui était pratiquement intolérable.

Elle avait mal dormi, comme toutes les nuits depuis des mois maintenant. Ses cauchemars étaient peuplés d'images de carambolages sanglants et de bébés qu'on lui arrachait, la laissant seule et abandonnée.

Elle finissait par se réveiller en pleurs, terrorisée, dévorée par cette sensation de vide absolu qui émanait du plus profond d'elle-même. Chuck était toujours là, à ses côtés, il la serrait dans ses bras et la consolait jusqu'au prochain cauchemar, jusqu'à la prochaine nuit. Il ne la quittait pratiquement pas, il s'était installé dans l'appartement des Waldorf, au grand dam d'Eléanor.

Dorota l'avait convaincue que sa fille avait besoin de lui, même si sa mère ne comprenait pas comment elle avait pu condamner sa relation avec un Prince pour Chuck Bass. Les parents de Blair étaient repartis pour la France deux semaines après qu'elle soit sortie de la clinique.

Dorota et lui se relayaient sans cesse pour veiller sur elle. Ils étaient prêts à exhausser le moindre de ses désirs mais, elle n'en avait aucun. Elle voulait juste qu'on la laisse tranquille.

Même Serena, n'avait pas réussi à lui arracher le moindre petit sourire. La belle avait fini par se décourager de voir un jour sa meilleure amie reprendre le dessus. C'est à peine si elle lui disait quelques mots lorsqu'elle passait la voir chaque semaine.

Nate n'avait pas plus de succès.

Le bruit soudain d'un klaxon la fit sursauter.

Soupirant, elle s'obligea à s'asseoir sur le rebord de son lit pour la deuxième fois dans la même semaine. Elle fronça les sourcils à cette constatation et fit quelques pas jusqu'à la fenêtre pour observer le tumulte de la rue grouillante en contre bas.

Elle végétait à des années lumières de l'agitation des gens vivants, se dit-elle en posant son front contre la paroi de verre.

Et ça commençait doucement à l'agacer depuis peu. À vrai dire, juste quelques jours, où elle s'était surprise à avoir le cœur un peu moins lourd qu'à l'ordinaire. Retournant à ses souffrances, une larme silencieuse roula sur sa joue qu'elle essuya d'une main rageuse.

OH ! MON. DIEU !

Comme ça faisait du bien de sentir cette colère en elle !

Elle ne l'avait pas ressentie depuis une éternité. Depuis qu'elle avait eu connaissance des méfaits de cet horrible individu qui avait tenté de se faire passer pour son ami et n'avait fait que la manipuler pour le compte de Louis.

Louis, une irrésistible envie de hurler remonta du plus profond de son être alors qu'elle replongeait dans ses souvenirs.


Vendredi 7 octobre 2011 : 19h47

Blair leva son visage vers Chuck lorsqu'il sortit de l'ascenseur qui menait au penthouse de l'Empire et ce dernier marqua un temps d'arrêt.

Il ne s'attendait pas à la voir là, chez lui.

- Blair, articula-t-il avec espoir.

Il avait passé les dernières heures à la chercher partout. Il était même allé jusqu'à Brooklyn, mais il n'y avait vu que Louis.

Un goût amer remonta dans son œsophage et il chassa de ses pensées les images de leur bonheur.

Depuis la nuit où elle lui avait annoncé qu'elle portait l'enfant de son prince, toutes ses sensations étaient revenues, la souffrance physiques de ses côtes brisées avait été insupportable à chaque respiration.

Heureusement, il avait assez de drogues dans sa pharmacie pour réussir à gérer sa douleur au quotidien.

Sauf celle de son cœur brisé.

Il avait cru mourir de chagrin ce soir là.

Depuis lors, il ressentait la peine comme une lame qui s'enfonçait loin dans son âme à chaque fois qu'il les voyait en couverture des journaux et magasines peoples.

Le matin même, son cœur avait raté un battement en découvrant la Une qui annonçait la rupture de leur fiançailles.

Mais il s'était vite repris.

Il ne devait pas laisser son côté sombre reprendre le dessus. Il travaillait trop dur pour devenir quelqu'un de meilleur. Il ne voulait pas finir comme son personnage dans le bouquin d'Humphrey. Il ne voulait pas être le méchant de l'histoire, celui dont personne ne se soucie de savoir s'il est en vie ou non.

Il avait trouvé la force d'avancer sans elle, pour ne pas s'effondrer et il s'y était cramponné du mieux qu'il pouvait pour ne pas faire marche arrière. Il ne pouvait pas permettre à l'espoir de l'avaler tout entier.

Excepté que Lily lui avait fait miroiter cette possibilité qu'il pourrait peut-être continuer à jouer un rôle dans la vie de Blair, même s'il n'était pas le père de son enfant. Maintenant que la belle brune avait découvert qu'il pouvait changer, réellement, son cœur ne pouvait s'empêcher de palpiter à la supposition qu'il avait peut-être encore une chance.

L'après-midi même, il l'avait renvoyée dans les bras de Louis encore une fois, malgré le supplice qu'il endurait. Mais sa discussion avec sa mère adoptive lui avait fait entrevoir un autre point de vue, une autre possibilité et il ne pouvait pas ne pas la tenter. Il le regretterait toute sa vie. Il avait besoin de l'entendre dire qu'Elle avait choisi Louis et non lui.

- Je t'ai cherchée, dit-il le cœur battant.

Blair posa son regard dans le sien. Elle aussi avait le cœur battant, son sang cognait contre ses tempes. Elle tremblait à l'idée de lui annoncer la nouvelle. Il y a quelques heures, quand elle lui avait posé la question, il l'avait rejetée vers Louis, encore une fois.

Mais qu'elle que soit sa réaction, elle ne pouvait pas le maintenir dans le mensonge. Et un espoir fou lui soufflait que ça pourrait tout changer.

Après tout, il avait entreprit une thérapie. Il était devenu quelqu'un de bien. Il avait même adopté un chien. Sur les conseils de ce pouilleux, se sourit-elle cyniquement à elle-même Il était même presque devenu ami avec ce menteur, cet hypocrite des bas quartiers.

Elle aussi, se gourmanda-t-elle.

Quel immonde salopard ! Il avait vraiment su mener son jeu.

Elle ouvrit la bouche pour parler mais il la prit de vitesse.

- Je me suis trompé tout à l'heure. J'avais tout faux, entama-t-il. Je n'aurais jamais dû te dire de renoncer à nous.

- Quel « nous » ? demanda-t-elle étonnée par son revirement.

Est-ce qu'il était au courant ?

Impossible, elle venait à peine de confronter Louis !

Et Dan ne perdrait rien pour attendre !

- Le « nous » qui n'est pas seulement toi et moi, mais toi, moi et ton bébé. Tu n'es pas obligée d'épouser Louis par ce qu'il est le père de ton enfant. C'est avec moi que tu devrais être, pas avec lui. Parce que je vais aimer cet enfant autant que je t'aime toi, peu importe qui est son père. S'il faut composer avec Louis alors, je m'y plierai. Parce que s'il reste une seule chance que tu m'aimes encore ... s'il reste une seule chance ...

Elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Il ne savait rien mais il voulait quand même d'elle et du bébé. Son cœur se serra dans sa poitrine en repensant à la nuit où elle était venue lui annoncer qu'elle était enceinte de Louis.

Dan lui avait affirmé que Chuck allait bien et qu'il veillait sur lui à sa place.

Quel Bâtard !

- Si tu me laisses encore une chance … une dernière ... de te montrer que j'ai changé … vraiment ...

- Ce n'est pas le bébé de Louis, annonça-t-elle d'une voix tremblante, encore estomaquée par sa découverte, pour mettre fin à sa supplique.

Il haleta sous le choc.

Elle vit l'information prendre place dans son cerveau pour y être décantée comme ses pupilles se dilataient sous la surprise.

Cette fois, il eut l'impression qu'elle lui arrachait carrément le cœur et le piétinait.

Il revint à cette nuit odieuse qu'il ne pourrait jamais effacer sa mémoire, où il était brisé par la douleur, où elle se tenait devant lui, lui annonçant qu'elle portait l'enfant d'un autre. La scène prenant une nouvelle tournure.

Elle lui avait menti ...

Elle ne voulait pas de lui comme père pour son enfant.

Qui aurait pu le vouloir ?

Quel idiot !

Comment avait-il pu croire ...

- Je ne t'ai pas menti, ajouta-t-elle précipitamment en voyant son regard se voiler d'humidité et d'amertume.

Elle ne supportait pas de lui infliger pareil calvaire.

- Ce n'est pas moi, c'est Louis ... et Dan. Je ne savais pas, jusqu'à il y a quelques heures. Je suis venue directement ici, s'empressa-t-elle de préciser.

Elle le vit retrouver un peu d'aplomb comme il comprenait l'étendue de la situation.

Il s'approcha d'un pas, submergé par un bonheur intense, aussi brutal qu'inattendu et saisit sa main.

- C'est ... c'est ... le bébé ... c'est ...

Il n'osait pas prononcer les mots, de peur que la réalité ne brise la magie. La sensation qui s'emparait de lui le laissait vide de toute réflexion cohérente. En une fraction de seconde, la vie lui apportait tout ce qu'il avait toujours désiré sans vraiment en avoir conscience.

- C'est notre bébé, murmura-t-elle en liant ses doigts aux siens.

Des larmes brillaient dans ses prunelles noisette. Des larmes de bonheur qui donnaient un reflet d'or à ses iris.

- C'est notre bébé, répéta-t-il à mi-voix.

Elle acquiesça en souriant alors qu'il hésitait. Elle agrippa son autre main et la posa à plat sur son ventre légèrement rebondi, sous la sienne.

- C'est notre bébé, chuchota-t-il encore en l'attirant à lui.

Elle n'émit aucune résistance quand il happa doucement ses lèvres entre les siennes. Il ferma la yeux, se laissant surfer sur la vague qui tourbillonnait en lui. La femme de sa vie était dans ses bras, elle répondait à son baiser ... et elle portait son enfant.

Il se recula tout à coup, comme une autre réalité le heurtait de plein fouet.

- Comment ... demanda-t-il, la logique reprenant place dans son cerveau.

- Dan a tronqué les résultats du test de paternité à la demande de Louis, expliqua-t-elle sans attendre. Ils étaient de mèche pendant tout ce temps. Toutes les confidences que je lui faisais ...

Elle secoua la tête, impuissante.


Vendredi 18 mai 2012 : 10h59

Pourquoi n'avait-elle pas été plus intelligente ?

Comment avait-elle pu se fourvoyer à ce point ?

Ça la dépassait totalement.

Tout comme la rage qui éructait à nouveau à présent dans ses veines. Elle se rendit compte que ses ongles enfoncés dans sa chair y laissait des meurtrissures.

Elle aurait voulu que ça la soulage mais en réalité, elle ne s'en voulait que plus.

Elle n'aurait jamais dû lui faire confiance. Elle n'aurait pas dû le laisser s'immiscer entre eux. Peu importe ce que Chuck avait fait de lui et le sort qu'il lui avait réservé, Daniel Humphrey avait détruit leur vie à jamais.