Merci a Moozanna, Claire, noeamie et Sandrine08 pour leurs commentaires.

Musique : * « je pense à toi » Saint-Ex


Para 5

Samedi 16 juin 2012 : 7h18

Blair avait ressenti le froid qui s'immisçait en elle à l'instant même où il avait quitté ses bras.

Un sourire s'afficha sur son visage comme les souvenirs de la veille s'installaient dans sa tête.

Tout s'éclairait d'une lumière nouvelle ce matin. Chuck lui avait demandé de l'épouser. Il voulait passer le reste de ses jours avec elle.

Elle laissa échapper un soupire de ... bien-être ?

Oui, c'était de l'allégresse qui prenait possession de son cœur.

Une inquiétude sourde subsistait cependant qu'elle rejeta au loin. Elle ne laisserait pas ses angoisses de le voir l'abandonner prendre le pas sur elle.

Même si Chuck n'était pas complètement convaincu qu'il était l'artisan de son bonheur, elle lui prouverait le contraire. Elle lui démontrerait qu'aucun autre homme n'était meilleur que lui pour cette tâche. Elle s'appliquerait à sortir de sa dépression et à aller mieux pour lui.

Il s'était battu pour elle pendant des mois, à son tour de se battre pour lui.

Ils avaient connu le pire, il était temps de laisser le soleil percer les nuages. Place aux rêves ressuscités qui remplaceraient leurs cauchemars éveillés.

Un bruit ténu lui indiqua qu'il était toujours dans la chambre et elle ouvrit les paupières pour le découvrir assis à sa table de travail, étudiant scrupuleusement le carnet contenant les représentations de leur enfant.

Il ne parvenait pas à décoller son regard de ces images floues et ombrées qui exposaient les formes de son fils. Il n'avait pas eu l'occasion de les voir auparavant. Il ignorait même leur existence.

Tout était allé si rapidement ce soir là. Une fois que le courroux avait eu pris le contrôle de lui-même, ses pensées avaient été emplies de toute l'indignation et l'animosité qu'il ressentait pour ces sales parasites qui avaient abusé de sa confiance et surtout de celle de Blair.

L'idée même que Louis ait réussi à la convaincre d'avorter contre sa volonté le révulsait. Si elle n'avait pas vu le double du test de paternité avant ...

Il clôt ses paupières, le résultat était le même aujourd'hui.

- Hé, souffla la femme de sa vie en passant ses bras autour de ses épaules. A quoi tu penses ?

Elle posa sa tête contre la sienne et il agrippa son bras, laissant rouler une larme qui s'échappa bien malgré lui.

Elle resserra son étreinte et l'embrassa encore tandis qu'il se raccrochait à elle. Il avait besoin de sentir sa chaleur et son amour. Il avait l'impression d'errer dans le désert depuis si longtemps.

- Ce n'était pas ta faute, Chuck. Arrête de te torturer. Les freins de la voiture étaient trafiqués. Le cousin de Nate a tout avoué. On aurait pas eu d'accident sans ça. On serait allé river leurs clous à ce cloporte de Brooklyn et au crapaud que j'avais eu l'inconscience de prendre pour un prince et ensuite on les aurait expulsés loin de Manhattan à coups de pied, en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire. D'ailleurs, c'est ce que tu as fait à l'instant même où tu as quitté ton lit d'hôpital.

- Je sais ... c'est juste que ... j'aurais voulu avoir le temps de me réjouir de la nouvelle. Au lieu de ça ... Je n'ai même pas pu t'accompagner à cette échographie ... où à aucune autre ... Je n'ai pas pu lui dire à quel point j'étais émerveillé qu'il soit là, même s'il était arrivé sans prévenir. Je n'ai même pas eu l'occasion de l'imaginer, pas avant de savoir que je ne le bercerais jamais dans mes bras.

Elle embrassa tendrement sa tempe et entrelaça ses doigts aux siens.

- Je sais, chuchota-t-elle en fermant les yeux à son tour.

Ils restèrent blottis comme ça, l'un contre l'autre, dans le silence, pendant quelques minutes, se cramponnant l'un à l'autre pour ne pas tomber dans le vide immense qui les envahissait et menaçait de les engloutir.

- J'ai une idée, dit-elle en le prenant par la main.

Elle se redressa, l'obligeant à faire de même pour qu'il lui fasse face. Elle essuya les traces humides sur ses joues et happa ses lèvres entre les siennes.

- Il est temps qu'on aille lui dire au revoir, murmura-t-elle doucement contre sa bouche.


Samedi 16 juin 2012 : 9h28

Blair resta sa tête contre son torse pendant tout le trajet jusqu'à Central Park. Lorsque la limousine s'arrêta à l'endroit précis où ils avaient eu cet accident en octobre, elle sentit ses jambes se mettre à trembler, avec tout le reste de son corps.

Chuck pressa la mère de son enfant un peu plus contre lui. Elle avait raison, il était temps qu'ils lui fassent leurs adieux proprement. Mais il n'était pas certain qu'aucun d'eux soit réellement capable d'aller jusqu'au bout.

Cependant, s'ils voulaient pouvoir continuer à vivre, s'ils voulaient pouvoir avancer et délaisser ce carcan de douleur derrière eux, ils n'avaient pas d'autre choix. Sinon, ils demeureraient à jamais pendus au-dessus de cet abîme, ballottés par le vent comme des pantins retenus par des fils invisibles qui menaçaient de se rompre à chaque bourrasque.

Il posa un baiser sur sa chevelure et respira le parfum de son shampoing.

Dieu qu'il aimait cette odeur !

Il la laissa s'infiltrer en lui, y puisant le bravoure nécessaire pour parcourir les derniers pas qui les sépareraient irrémédiablement du fantôme de cet petit être qui n'avait vécu que le temps d'un été.

- Viens, l'encouragea-t-il en ouvrant la portière du véhicule.

Elle le laissa la guider sur le chemin du non-retour. Elle avait pleinement conscience que c'était la bonne chose à faire, mais c'était si injuste et si douloureux. La main de Chuck autour de la sienne était son point d'ancrage, son seul point de repère.

Il passa son bras dans son dos et elle s'appuya sur lui pour traverser la rue, les doigts de sa main gauche serrés sur les tiges de quelques pivoines mauves et l'autre autour de ceux du père de son enfant.

Une fois de l'autre côté, elle s'agenouilla pour placer les fleurs derrière le muret qui avait détruit l'avant de la voiture qui l'avait percuté cette nuit là.

Chuck s'accroupit à ses côtés sans jamais s'écarter d'un centimètre, attentif à ne pas relâcher son emprise autour de ses épaules.

L'enceinte de béton avait été reconstruite et le véhicule réparé, comme s'il ne s'était jamais rien passé.

Seuls leurs cœurs conserveraient les cicatrices de ce drame éternellement.

Elle laissa sa tête rouler dans le creux de son cou et ses larmes sur ses joues tandis qu'elle psalmodiait quelques mots destinés à accompagner leur bébé dans un monde meilleur où il pourrait reposer en paix.

Je pense à toi, toi si loin *

Mon cœur qui bat pour le tien

Je pense à toi, si fragile

Mes yeux se ferment d'un mouvement de tes cils

Un ange, tu es un ange

Pour un sourire du bout du monde

J'inventerai les rêves à venir

Pour nos regards qui se répondent

J'effacerai tout tes souvenirs

Je te promets de l'insouciance

Et la douceur des jours à venir

Je te promets, loin des errances

De la chaleur et de si tendres plaisirs

Je pense à toi, égaré

Que tes pas soient plus légers

Je pense à toi, innocent

Et tout me semble enfin si différent

Un ange, tu es un ange

Pour un sourire du bout du monde

J'inventerais les rêves à venir

Pour nos regards qui se répondent

J'effacerai tout tes souvenirs

Pour un sourire du bout du monde

J'inventerai les rêves à venir

Pour nos regards qui se répondent

J'effacerai tout tes souvenirs

Je te promets de l'insouciance

Et la douceur des jours à venir

Je te promets, loin des errances

De la chaleur et de si tendres plaisirs

Pour un sourire du bout du monde

J'inventerai les rêves à venir

Pour nos regards qui se répondent

J'effacerai tout tes souvenirs

C'est Blair qui donna le signal du départ au bout de plusieurs minutes. Elle se redressa, emmenant l'homme de sa vie avec elle. Ils retraversèrent la chaussée en sens inverse, un peu délestés du poids de leur chagrin, prêts à aller enfin de l'avant.

Une fois dans la limousine, elle se blottit à nouveau tout contre lui et il referma ses bras sur elle. Le silence régna dans l'habitacle tandis qu'ils laissaient l'âme de leur enfant regretté s'envoler librement vers d'autres cieux, plus cléments et plus paisibles, espéraient-ils pour lui.

Une nouvelle fois, Blair prit l'initiative. Les semaines et les mois passés se rejouant dans sa tête, elle s'écarta soudain de Chuck et encadra son visage de ses mains graciles.

« Ne t'en va pas. Tout le monde s'en va toujours. »

- Je ne vais pas m'en aller, promit-elle en posant son front contre le sien. Jamais. Je vais passer le reste de ma vie avec toi et ce sera très, très long. Je vais t'épouser et nous seront heureux. Nous créerons notre propre bonheur. Nous allons fonder notre propre famille, celle que nous avons tant attendue. Et ce bébé en fera partie, toujours, mais il ne sera pas le seul. Il veillera sur ses frères et sœurs de là-haut et un jour, très lointain, nous le retrouverons.

Chuck plaça ses mains sur les siennes et les porta à ses lèvres avant de les garder à hauteur de son cœur.

- Merci, souffla-t-il avant de l'embrasser tendrement.

- Toujours, Bass, répondit-elle contre sa bouche.

Il fronça tout à coup les sourcils et s'éloigna d'elle.

- Arthur, faites un détour par chez Harry Winston avant de rentrer, ordonna-t-il au chauffeur après avoir baisser l'obturateur. J'ai quelque chose à récupérer, ajouta-t-il à l'adresse de la femme qu'il avait demandé en mariage la veille.

Un grand sourire illumina les traits de Blair.

- Désolé, ce n'est pas très conventionnel, s'excusa-t-il.

- Depuis quand est-ce qu'on fait dans le conventionnel ? rétorqua-t-elle en riant.

Elle réalisa qu'elle n'avait pas utilisé ses zygomatiques depuis des lustres.

Chuck lui, avait le cœur au bord des yeux. Il n'avait pas vu cet éclat dans ses prunelles depuis trop longtemps.

- Je t'aime, dit-il avant de l'embrasser à pleine bouche.

Elle répondit à son baiser et celui-ci se fit plus profond.

Quand le véhicule stationna devant la bijouterie, il s'écarta d'elle à contre cœur.

- Je reviens tout de suite, grommela-t-il comme elle refusait de délaisser ses lèvres.

Elle capitula, le scintillement de la bague revenant à sa mémoire. Dans quelques instants, elle serait enfin à son annulaire gauche, là où était sa véritable place.

Chuck hésita un instant en ouvrant la portière et se tourna vers elle.

- A moins que tu n'en veuilles une autre ? suggéra-t-il. Si tu préfères, tu peux venir avec moi pour ...

- Je veux ma bague, le coupa-t-elle. Elle est parfaite. Juste faite pour moi, tout comme toi.

Il lui sourit et quitta la limousine pour s'engouffrer chez le joaillier. Le bijou avait été placé dans le coffre après avoir été retrouvé sur les escaliers de la devanture, un petit matin du mois de septembre, par un des employés qui l'avait facilement identifié. Il n'y en avait pas deux pareils, c'était un exemplaire unique.

Moins de dix minutes plus tard, Chuck réintégra la limousine mais au lieu de s'asseoir au près de la femme de sa vie, il posa un genou au sol pour renouveler sa proposition.

- Blair Cornélia Waldorf, acceptes-tu de m'épouser ?

- Oui, réitéra-t-elle, des centaines de papillons voletant dans le ventre.

Chuck glissa l'anneau d'or et de diamant à son doigt et l'embrassa passionnément.

- Je t'aime, articula-t-il, ses lèvres glissant dans son cou.

Elle ferma les paupières, laissant le plaisir l'engloutir entièrement sous ses caresses tandis qu'Arthur redémarrait le moteur pour entreprendre un parcours qu'il connaissait par cœur mais qu'il n'avait pas été appelé à refaire depuis plus d'une année entière.


Samedi 16 juin 2012 : 11h11

Le BlackBerry de Chuck résonna dans l'habitacle, quelque part sur le sol de la limo, dans la poche de son veston. Il tendit le bras pour le récupérer et Blair, pelotonnée auprès de lui grogna de mécontentement.

Il déposa un baiser sur son front et consulta l'écran illuminé.

- C'est Nate, soupira-t-il. Il faut que je le prenne.

La brunette grommela quelque chose d'inintelligible en frottant son nez contre son torse avant d'y déposer un multitude de baisers pendant qu'il décrochait.

- Nathaniel, le salua-t-il d'une voix haletante en portant le combiné à son oreille, alors que Blair laissait remonter ses lèvres juste sous son lobe pour le déconcentrer.

- Chuck ? Est-ce que ça va ? s'inquiéta son ami.

- Très bien, merci, articula le jeune Bass en tentant de garder l'esprit clair, alors qu'il sentait les doigts de Blair glisser à nouveau le long de son aine.

- Tu es sûr ? Tu as une drôle de voix, commenta son interlocuteur.

- Blair, arrête ! entendit-il maugréer depuis l'autre côté de la ligne.

L'héritier Archibald ne put s'empêcher d'ouvrir la bouche de surprise.

- Je te dérange ? questionna-t-il du ton le plus innocent qu'il possédait.

Chuck put voir son petit sourire narquois depuis l'autre bout de la ligne.

- Bon sang, Nate ! Dis ce que tu as à dire et raccroche ! geignit la brune dont la main droite était à présent emprisonnée dans celle de son fiancé, son autre bras, habillement coincé par le jeune homme entre le fauteuil de cuir et son flan.

- Désolé mec, s'excusa son meilleur ami en redevenant sérieux. Mais tu devrais venir faire un tour ici sans traîner sinon, ils vont tout embarquer.


Samedi 16 juin 2012 : 12h16

Nate soupira de soulagement lorsqu'il vit débarquer Chuck au penthouse de l'Empire, suivi de Blair.

Cette dernière n'avait pas l'air ravie d'être là, mais ce qui lui réchauffait le cœur, c'est qu'elle n'avait jamais autant ressembler à Queen B depuis des mois.

- Content de vous voir, leur assura-t-il.

Il serra la main de son meilleur ami et enlaça la brunette tandis que Monkey se ruait sur son maître. Chuck le gratifia d'une généreuse grattouille derrière les oreilles.

Nate n'avaient pas eu l'occasion de converser avec B depuis plusieurs mois maintenant. Depuis que Serena et lui avaient relaté aux ex-futurs parents l'implication de son cousin Tripp dans l'accident qui avait coûté la vie à leur enfant.

Blair était restée pratiquement catatonique à la nouvelle. Elle était vraiment passée par une sale période et Nate était bien placé pour savoir à quel point son ami s'inquiétait pour elle. Il ne s'attendait d'ailleurs pas à la voir là et encore moins à ce qu'il avait entendu un peu plus tôt en téléphonant à Chuck.

Ce dernier s'était installé au penthouse Waldorf petit à petit, sans vraiment le savoir. Il y passait quasiment tout son temps libre et aussi toutes les nuits avec Blair, qui était en proie à d'affreux cauchemars. Il travaillait même du bureau d'Eléanor le plus que possible pour rester auprès d'elle.

Cependant, il n'en demeurait pas moins que son adresse officielle était, jusqu'à aujourd'hui en tout cas, celle de l'Empire et qu'il y venait chaque jour pour s'occuper de Monkey, resté avec Nate.

Le jeune Archibald n'ignorait rien non plus des déboires de son meilleur ami au niveau professionnel et financier, principalement dus aux interactions de la famille Grimaldi dans le but de se venger de la situation de déconvenue dans laquelle ils avaient été plongés suite à l'annulation du mariage princier.

Louis avait avait annoncé la rupture de leurs fiançailles par communiqué de presse dans la semaine suivant l'accident, juste avant de repartir pour Monaco. Il avait sciemment omis de parler de la grossesse de Blair, qui avait été cachée jusque là et le demeurerait. Un arrangement avait été trouvé avec Chuck à sa sortie de la clinique.

Cependant, il y avait bien d'autres points qui avaient dû faire l'objet d'une conciliation également.

- Mais qu'est-ce qui se passe ici ? s'étonna la brune avec des yeux ronds devant l'armada de déménageurs et décorateurs qui avait envahi les lieux.

Les tableaux étaient décrochés et regroupés dans un coin du living avec les œuvres d'art qui ornaient habituellement l'endroit, tandis que les meubles avait été déplacés dans un autre coin et recouverts maladroitement par une bâche pour les protéger des éclaboussures de couleur vive que deux peintres appliquaient sur le mur du fond.

Il vit son meilleur ami carrer la mâchoire.

- Je suis désolé, j'ai essayé de les empêcher de tout bousiller, mais il n'ont pas voulu attendre plus longtemps, commenta Nate.

- C'est pas grave, commenta Chuck devant l'étendue du désastre, je n'emporte rien de toute manière. Ils peuvent tout garder.

- Tu veux que j'emmène Monkey ? Mon père n'aura rien contre, proposa son meilleur ami.

- Non, il vient avec moi chez Lily pour l'instant, expliqua l'ex-propriétaire des lieux.

Blair reporta ses prunelles sur lui et croisa son regard. Il avait proposé de la raccompagner chez elle avant de venir mais elle avait tenu à l'accompagner. Maintenant elle savait pourquoi. Il voulait éviter qu'elle ne se rende compte de la réalité de la situation.

Quand il avait dit qu'il avait perdu l'Empire, elle n'imaginait pas que ça prendrait cette tournure. Elle se figurait ... elle ne savait pas quoi en fait. Elle ne s'était pas vraiment attardé sur cet aspect des choses.

Elle fit un pas de côté et plaça sa main dans la sienne, nouant ses doigts aux siens pour lui témoigner son soutien.

- Oh ! Merde ! s'exclama Nate en apercevant la bague Harry Winston à son doigt.

Le jeune Archibald les dévisagea l'un après l'autre et un sourire naquit sur ses traits, dévoilant ses fossettes.

Chuck fit un signe de tête à son ami en souriant à son tour et porta la main de sa fiancée à ses lèvres pour l'embrasser.

- Je comprends pourquoi tout ça n'a pas l'air de t'affecter outre mesure, conclut le jeune homme aux yeux clairs en posant la main sur l'épaule de son ami. Après tout, elle le vaut bien !

Blair jeta un regard interrogateur à son fiancé mais Nate l'enveloppa dans une accolade chaleureuse.

- Félicitation. Et content de te revoir parmi nous, dit-il à la brune, sa voix empreinte d'un accent de profonde sincérité.

Son smartphone tintinnabula et il grimaça.

- Mon grand-père, indiqua-t-il à son ami en s'éloignant pour décrocher.

- Est-ce que tu vas m'expliquer ? questionna Blair en entraînant Chuck dans sa chambre.

Ou plutôt la pièce qui l'avait été car cette dernière était totalement vide et repeinte également, ce qui lui causa un choc immense. Elle avait passé nombre de nuits ici, dans les bras de l'homme de sa vie et c'était comme si tout avait été effacé. Il ne restait rien des moments qu'ils avaient vécus dans ces lieux, désormais. Des moments qui avaient compté parmi les plus beaux et les plus intenses de sa vie.

- Je t'ai dit que l'Empire ne m'appartenait plus. Tu as vu les journaux et tu m'as dit que tu avais lu les blasts de GG.

Elle pouvait entendre poindre la honte et l'embarras dans ses mots.

- C'est vrai, mais je ne me figurais pas ... Je n'ai jamais cru ... que c'était à ce point. Je veux dire, tu as réellement tout perdu ?

- Je suis toujours membre du conseil de Bass Industrie, l'informa-t-il sans oser la regarder. Pour l'instant, en tout cas, grâce à Jack.

- Tout ça, c'est à cause des Grimaldi ? s'indigna-t-elle.

Il acquiesça et une ombre passa dans ses yeux sombres, celle de l'incertitude qui s'emparait de lui.

- Je n'ai pas essayé de te tromper, se défendit-il d'un voix mal assurée. Mais si tu veux reconsidérer ta réponse, je comprendrai.

- Ma réponse ?

Le sang de Blair ne fit qu'un tour.

- Quel est le mot que tu ne comprends pas dans « Je ne te quitterai jamais » ? s'emporta-t-elle.

- Aucun, c'est juste que ... maintenant que tu mesures pleinement toute l'étendue de ma situation ...

- Ta situation ? Chuck Bass, est-ce que tu penses réellement que je veux t'épouser pour ton argent ? s'offusqua-t-elle encore.

- Je veux simplement être certain que tu sais où tu mets les pieds.

- Oh ! Je réalise parfaitement où je mets les pieds, crois-moi ! Parce que je viens juste de me rendre compte à l'instant que mon fiancé est un triple idiot, contrairement à ce que je croyais depuis des années, fulmina-t-elle.

Il ne put s'empêcher de sourire à sa réponse venimeuse. Pas de doute, Queen B était bel et bien de retour.

- Je t'adore, déclama-t-il avant de l'attirer dans son embrasse et de happer fougueusement ses lèvres.