Merci beaucoup à noemaie et Moozanna
Para 6
Samedi 16 juin 2012 : 20h57
Serena se tenait aux côtés de sa mère dans la salle de bal du Palace, bondée.
Le réception en souvenir de Bart était un des événements à ne pas rater, comme tous ceux organisés par Liliane Rhodes - Van Der Woodsen – Bass, accessoirement Humphrey à présent, mais la plupart des gens de l'Upper East Side préférait faire comme s'ils l'avaient oublié.
Un sourire illumina les traits des deux jolies blondes lorsqu'elles virent arriver Chuck et Blair bras-dessus, bras-dessous.
Le cœur de Lily se réchauffa de les voir ainsi. C'était leur première apparition à une soirée depuis cet affreux accident. Elle les observa approcher et se focalisa sur le jeune homme. Il avait meilleur mine depuis cet après-midi.
Elle avait eu énormément de mal à garder la promesse qu'elle avait faite à son fils adoptif. Elle était tellement heureuse pour eux, mais elle comprenait parfaitement que Blair tienne à annoncer la nouvelle elle-même à sa meilleure amie.
Lily ne pouvait que s'en réjouir, cela signifiait que Blair allait vraiment mieux. Les deux jeunes gens avaient déjà eu plus que leur compte de tragédies. Elle pria intérieurement pour que tout se passe bien pour eux et pour lui.
Les choses commençaient à s'éclaircir au sein de Bass Industrie. Bizarrement, grâce à Jack. Elle réprima une moue de dégoût au souvenir de la fois où il l'avait piégée dans les toilettes et où elle n'avait dû son salut qu'à l'intervention de son fils adoptif.
Celui-là même qui s'avançait vers elle, un petit sourire en coin peint sur son visage.
- Je suis ravie que vous ayez décidé de venir finalement, s'exclama-t-elle en l'enlaçant chaleureusement.
Elle le retint dans son embrase quelques secondes supplémentaires. Ce n'était pas si souvent qu'elle avait l'occasion de le serrer dans ses bras.
- Hé B, tu es resplendissante, la complimenta sa meilleure amie.
S était heureuse que la brune voit enfin le bout du tunnel. Elle avait fait de son mieux pour la réconforter pendant ces longs mois de calvaire, mais seul Chuck semblait être capable de lui apporter ce dont elle avait besoin.
Le blonde n'avait pas abandonné pour autant, elle était passée chaque dimanche matin au penthouse Waldorf avec des croissants et des cafés dans l'espoir que la brune, à défaut de parler, accepte de regarder avec elle « Breakfast at Tiffany's » mais elle n'avait pas réussi à la convaincre une seule fois, jusqu'à ces dernières semaines.
Finalement, après tout ce temps, elle avait trouvé un matin son amie d'enfance assise au salon, l'attendant avec un petit sourire. L'écran de tv, en pause, affichait la bande annonce du générique du début du film.
le visage de S s'était illuminé de joie, exactement comme maintenant.
- Merci, toi aussi, répondit sa meilleure amie en replaçant non nonchalamment (et de manière totalement fortuite) une de ses boucles derrière son oreille, de sa main gauche.
- Oh ! Mon Dieu ! hurla S, l'éclat du diamant serti dans la bague Harry Winston que portait B à son annulaire se reflétant dans ses prunelles azur.
L'innocence feinte sur le visage de la brune se transforma en un sourire radieux quand Serena lui sauta au cou.
Elle avait fait promettre à Nate de tenir sa langue à propos de leur engagement pendant au moins douze heures. Elle voulait être celle qui le ferait savoir à sa meilleure amie, à sa façon.
- Oh ! Je suis tellement contente pour vous deux, couina la blonde en se jetant littéralement dans les bras de son frère à son tour, qui lui rendit son étreinte.
Lily ne put réprimer l'envie de serrer Blair contre son cœur également. Cette dernière était comme une seconde fille pour elle. Et elle ne doutait pas un instant qu'elle ferait le bonheur de son fils.
- Encore toutes mes félicitations, glissa-t-elle à son oreille en déposant un baiser sur la joue de celui-ci.
Il nota avec un petit sourire de guingois mais ses yeux pétillaient de l'espoir du bonheur retrouvé.
Sa fiancée tendit ensuite sa main pour qu'elles puissent s'extasier sur sa bague qui brillait de mille feux.
Cela lui fit un bien fou. Blair avait oublié combien elle appréciait voir la lueur d'envie dans les prunelles des autres femmes. Et ce soir, plus d'une serait verte de jalousie.
- Raconte-moi tout, demanda S en la tirant quelques peu à l'écart.
Elle rencontra le regard de son frère et lui fit un signe de compréhension quasiment imperceptible.
Elle ne lâcherait pas B d'une semelle.
- Comme je n'étais pas certaine que tu viendrais, j'ai demandé à Jack d'être l'orateur, expliqua soudain rapidement Lily au jeune héritier, en voyant son oncle arriver à son tour avec à son bras ... Georgina Sparks ?
Elle fronça les sourcils mais revint à sa première idée.
- Pas de soucis, je n'ai aucune envie d'attirer l'attention sur moi ce soir, dit-il en posant les yeux sur celle qui serait incontestablement la reine de la soirée.
Blair souriait à Serena en sirotant une coupe de champagne, prélevée sur un plateau au passage d'un serveur et, bien qu'elle soit droitière, ce n'est pas cette main qu'elle utilisait pour porter la flûte à ses lèvres.
- Je suis contente qu'elle aille mieux, s'exclama sa mère en suivant son regard. Pour elle et pour toi.
Ses prunelles revinrent à son interlocutrice et il y lut un réel soulagement. Il ne put s'empêcher d'apprécier la lueur d'amour maternel qu'il y vit luire.
- Merci, dit-il simplement.
- Merci de quoi ? s'étonna Lily.
- D'avoir été là pour moi et de m'appuyer au conseil, malgré le fait que les récriminations à mon égard soient pleinement justifiées.
Il était bien conscient du fait que les actionnaires ne pouvaient que désapprouver les raisons pour lesquelles l'entreprise connaissait des difficultés. En affaire, il n'y avait nullement de place pour les sentiments.
Son père devait se retourner dans sa tombe !
Mais qu'il soit le fils de Bart ou non, c'était à cause de lui que la société était la cible de la famille Grimaldi et s'ils devaient se débarrasser de lui pour que le navire continue à voguer, ils le feraient sans hésiter.
Jusqu'ici, il avait été capable d'endiguer l'hémorragie et de limiter la casse. Les dommages ayant été adroitement répercutés par lui-même sur ses propres biens afin d'éviter, tant que faire se peut, des dommages collatéraux à BI et il espérait bien, grâce à son oncle et à ses affinités avec une personne qu'il n'aurait jamais soupçonnée pouvoir être de leur côté, mettre fin à la débâcle et repousser les assauts des monarchies européennes et de leurs extensions qui pesaient de tout leur poids dans la balance.
Il n'était pas tant question d'une allégeance à la couronne monégasque que de la revanche du sang bleu sur les aristocrates des temps modernes, plus communément appelés les nouveaux riches, par ceux qui s'estimaient spolier depuis des générations.
L'avantage pour lui dans cette situation était que, paradoxalement, les anciens nobles devaient jouer sur un échiquier mondial redessiner et ne parvenaient à garder leurs privilèges et leurs patrimoines que grâce aux alliances qu'ils scellaient avec ceux qu'ils considéraient comme de vils chapardeurs.
- Il est normal que je soutienne mon fils en toutes circonstances, fit simplement valoir Lily avec un sourire avenant, comme si c'était une évidence.
C'en était sans doute une pour la plupart des parents mais pas les siens, pensa-t-il.
- Si tu veux bien m'excuser, je te vois tout à l'heure, ajouta-t-elle.
Il hocha de la tête, comprenant qu'elle n'avait aucune envie de se retrouver en face de son oncle plus que nécessaire.
- Chuck ! s'étonna Jack en arrivant à leur hauteur. Je ne m'attendais pas à te voir ce soir.
La jeune femme aux yeux bleus, suspendue à son bras, lui fit un signe de tête et un petit sourire enjôleur et il nota en signe de reconnaissance.
- Comme le plupart des gens dans cette salle, commenta-t-il avec un sourire narquois, sentant depuis son entrée les regards suspicieux et désapprobateurs des différents associés de BI.
Il avait fait semblant de ne pas entendre la rumeur et les quolibets se propager parmi les invités lorsqu'ils avaient franchi les grandes portes du hall. Blair avait fait de même, resserrant un peu plus son emprise autour de son bras pour s'avancer dans l'arène.
Son oncle apostropha la serveuse qui présentait une coupe de Don Pérignon à sa compagne, réclamant quelque chose de plus fort que du champagne.
- Je suis content que tu sortes de ta tanière, affirma ce dernier avec ce qui ressemblait fort à de la sincérité dans la voix.
- Je vois que Queen B a repris du service, s'exclama à son tour Georgina en désignant la brunette qui parlait avec ses anciennes sbires.
Ces dernières se pavanaient d'admiration devant la pierre qui ornait son doigt et tentaient de retrouver les bonnes grâce de leur ancienne reine.
On ne savait jamais comment les choses pouvaient tourner. Après tout, elle serait bientôt Madame Chuck Bass.
Les prunelles de celui-ci se durcirent et lancèrent un éclair d'avertissement limpide à la cavalière de son oncle.
- Hé, je suis dans votre camp, je te rappelle, lui asséna la brune sans ciller.
La serveuse apporta le scotch demandé et en proposa un autre au jeune héritier qu'il accepta de bonne grâce.
- A la famille, sourit Jack en levant son verre dans sa direction.
Chuck lui retourna la politesse et but une gorgée du liquide ambré.
- A ce propos, dit-il un peu mal à l'aise après avoir dégluti (les relations familiales n'avaient jamais été le point fort des Bass) je tiens à te remercier pour m'avoir sauver la vie.
Son aîné fronça les sourcils et il vit l'interrogation se peindre sur ses traits une fraction de seconde. Ce qui le fit tiquer, ce n'était pas le genre de Jack de ne pas s'attribuer le mérite quand il le pouvait, que du contraire.
- Lors de l'accident, expliqua-t-il plus avant.
Son esprit travaillant à la vitesse de la lumière, le cadet de Bart comprit tout à coup de quoi il s'agissait.
- Oui et bien, comme je te l'ai déjà dit, personne d'autre que moi ne peut jouer avec l'avenir de mon neveu, commenta Jack.
Il fut sauver par le gong, ou plutôt par le temps, car il jeta un rapide coup d'œil à sa montre avant de s'excuser prétextant devoir aller se préparer pour faire son discours.
- Hé là ! Pas si vite, dit Chuck, en rattrapant par le coude Georgina qui tentait de s'échapper également.
Elle mit moins de deux secondes pour afficher un regard angélique sur ses traits d'opaline.
- Qu'est-ce que tu sais ? gronda le jeune homme qui n'était pas dupe.
- Qui ça, moi ? feignit-elle.
- Georgina ! la prévint-t-il, ses prunelles étaient noires comme le charbon et elle comprit qu'elle n'y couperait pas.
- OK ! soupira-t-elle théâtralement, à contre cœur. Mais ce n'est pas moi qui te l'ai dit. Il ne sait pas que je sais.
Ses iris s'assombrirent encore, cependant Chuck acquiesça.
- Ce n'est pas Jack qui t'a sauvé la vie. Il a une hépatite, il n'aurait pas pu, même s'il avait voulu.
Il ouvrit de grands yeux. Son oncle avait une hépatite ?
- Et comment le sais-tu précisément ? voulu-t-il savoir.
Le jour où il ferait pleinement confiance à Georgina Sparks n'était pas encore venu et ne viendrait sans doute jamais.
- J'ai un enfant ! rétorqua-t-elle. Je prends un minimum de précautions et de renseignements en ce qui concerne mes amants !
- Ne me fait pas croire que tu as convaincu Jack de faire des tests médicaux pour toi !
- Tu serais surpris d'apprendre ce que je peux lui faire faire, insinua-t-elle avec une petit sourire salace.
- Pour une fois, je me passerai aisément des détails, commenta-t-il avec sincérité.
- Ok ! capitula-t-elle à nouveau.
Après tout, il était dans les intérêts de Jack que sa seule famille soit au courant de son état de santé.
Depuis quand avait-elle les intérêts de qui que ce soit d'autre qu'elle-même à cœur ?
Décidément, sa grossesse avait eu des effets déplorables sur elle ! Depuis la naissance de Milo, elle devenait bien trop sensible.
- J'ai eu accès à son dossier médical, précisément parce qu'il a été rejeté comme donneur lors l'accident, avoua-t-elle.
- Et comment sais-tu ça ?
Pour une fois Georgina fut prise au dépourvu.
- Attend une minute ! Tu étais avec lui ce soir là ?
Elle grimaça de frustration avant de répondre. Elle s'était faite avoir ! Elle était indéniablement devenue trop faible et blâma ses hormones et son instinct maternel pour ce fait.
- Je me suis rendue à la clinique quand j'ai entendu ce qui s'était passé. Non pas que je m'intéressais à votre sort, mais ... Brooklyn est aussi ennuyant qu'une contré reculée du tiers-monde, la guerre en moins, évidemment ! Donc, quand j'ai eu une occasion de me distraire ...
- Viens en aux faits, s'impatienta Chuck.
Elle maugréa dans sa barbe puis reprit sur un ton très ennuyé.
- Je suis donc venue à la clinique, là où tout le monde était rassemblé et je cherchais des informations croustillantes à me mettre sous la dent quand, par hasard, je me suis retrouvée devant ton oncle qui parlementait avec ton chirurgien.
Le brun ténébreux ne voulait même pas savoir comme elle connaissait le nom du médecin qui l'avait opéré cette nuit là.
- Je dois dire que j'ai été plutôt impressionnée par la manière dont il savait retourner la situation à son avantage, ce qui n'arrive pas souvent. En fait, jamais ! ajouta-t-elle, réfléchissant à voix haute.
- Tu veux dire qu'il faisait pression sur lui, conclu-t-il.
- Oui. Ensuite, le reste s'est fait tout seul, confessa-t-elle comme un sourire sournois s'installait à nouveau sur ses lèvres.
Chuck avala un gorgée de son scotch pour dissimuler un rictus moqueur.
La lueur qui brillait au fond des iris bleus clairs de la jeune femme ne prêtait pas à confusion.
Qui aurait jamais cru que Georgina Sparks se laisserait aller à avoir des sentiments pour quelqu'un ? Et Jack Bass en particulier !
Mais encore, Blair et lui s'étaient bien trouvés alors que toutes les probabilités étaient nulles de prime abord. Ils avaient d'ailleurs dû batailler ferme contre les forces de l'univers. C'est en tout cas l'impression qu'il en avait après tout ce qu'ils avaient traversés.
Et d'ailleurs, qui mieux que son oncle serait capable de rivaliser avec cette garce ? Elle était en quelque sorte son alter ego féminin et il savait mieux que personne ce qui pouvait naître de pareille attirance et association.
Son propre équivalent revenait justement vers lui et Georgina en profita pour s'éclipser, dédiant un sourire « spécial bitch » à Queen B en passant auprès d'elle, qui lui renvoya la pareille.
- Alors ? Combien de femmes de l'assemblée se sont étouffées de jalousie ? questionna-t-il.
- J'ai perdu le compte, déclara-t-elle tout sourire.
Il l'attira à lui pour l'embrasser.
- J'aime ça, confia-t-il contre sa bouche.
- Ça quoi ?
- Le sourire qui flotte sur tes lèvres ce soir. C'est le plus beau bijou de ta collection, murmura-t-il.
Elle l'accentua encore, son sourire gagnant ses yeux, avant qu'elle ne l'embrasse à nouveau.
- Moi, c'est toi que j'aime, chuchota-t-elle en mordillant le lobe de son oreille.
Il frissonna de plaisir.
- Et si on allait voir ce qui se passe du côté de la 1812 ? proposa-t-elle sur un ton faussement innocent.
Cette fois, c'est un spasme d'anticipation qu'il sentit courir le long de son échine.
Samedi 16 juin 2012 : 22h42
- Tu es certaine que tu ne préfères pas rester ici ? questionna Chuck tandis qu'il regardait Blair revêtir la robe qu'il lui avait enlevée deux heures plus tôt.
Il avait dû modérer ses ardeurs car il n'ignorait pas qu'ils devraient retourner à la soirée avec les mêmes vêtements. Il devait donc s'abstenir de leur faire subir un quelconque dommage qui aurait pu sauter aux yeux de tous.
- Si, je préférerais cent fois, mais malheureusement on ne peut pas. C'est une soirée en l'honneur de ton père et tu te dois d'y assister, où du moins d'y faire acte de présence, rectifia-t-elle d'elle-même.
Ils avaient déjà raté le discours de Jack. Non pas que ça ait été une grande perte, de toute façon. Mais chacun des membres du conseil épiait Chuck à la loupe.
Elle ramassa sa chemise sur le sol et la lui jeta à la figure en souriant.
- Allez, cesse de me reluquer et bouge-toi, commanda-t-elle.
- Jamais je ne pourrai me lasser d'étudier tes courbes, déclara-t-il en se levant d'un bond pour la faire à nouveau tomber avec lui sur le matelas.
Il l'emprisonna sous lui et l'embrassa goulûment, se délectant du goût de ses lèvres, aromatisées aux fraises et à la chantilly qu'ils avaient fait délivrer dans la suite. Ce n'était certes pas le seul endroit de son corps qui avait ce parfum et il aurait bien poussé la gourmandise plus avant mais Blair ne l'entendit pas de cette oreille.
Elle lui rendit son baiser, puis profitant de sa déconcentration comme sa main glissait plus bas le long de son flan, elle le fit pivoter pour se retrouver sur lui.
- Non, sérieusement, décida-t-elle, après plusieurs minutes de bouche à bouche intense. Va prendre une douche froide (il en avait grandement besoin, même après les deux heures qu'ils venaient de passer enfermés dans la chambre) et rejoins-moi en bas. Tu n'es pas vraiment dans les petits papiers des membres du conseil en ce moment, évitons de les froisser encore un peu plus. Et puis, il doit bien avoir encore des femmes qui n'ont pas eu l'occasion de voir ma bague de fiançailles.
Il soupira de frustration et d'ennui anticipés et la laissa s'éloigner à regrets, puis se dirigea vers la salle d'eau.
- Hé, Bass ! le rappela-t-elle depuis le seuil de la suite avant d'ouvrir la porte.
Il se retourna pour lui faire face.
- Je t'aime, sourit-elle avant de disparaître dans le couloir.
Il jura. Ça n'allait pas l'aider dans sa situation ! Mais il ne pouvait empêcher le sourire qui s'étalait sur ses traits anguleux quand il passa sous le jet d'eau, glacial !
Il tenta de se concentrer sur quelque chose de moins attractif.
Il n'avait pas parlé des révélations de Georgina à Blair. Il devait d'abord les vérifier. Il avait passé un coup de fil à son privé pendant que la jeune femme s'était éclipsée dans la salle de bain entre deux rounds.
Si Jack n'était pas la personne qui lui avait sauvé la vie le soir de l'accident, alors qui ? Il n'avait aucune autre famille apparentée ... sauf bien sûr Élisabeth, ce qui impliquerait qu'elle soit tout de même sa mère biologique malgré ses dénégations la dernière fois qu'il l'avait vue.
Son cœur se serra dans sa poitrine aux souvenirs de cet épisode de sa vie et de ceux qui l'avait suivi.
En un sens, il était satisfait d'avoir été dépouillé de l'Empire dans ces circonstances. Ce n'était que justice finalement et cela atténuait cette sensation d'échec qui persistait même s'il savait ce qu'il avait obtenu en échange.
La liberté de Blair n'avait pas de prix et il ne pourrait jamais regretter son choix. Surtout pas maintenant... ni avant à la réflexion !
Samedi 16 juin 2012 : 23h05
Quand il déboucha dans le couloir qui menait aux ascenseurs ses pas ralentirent d'eux-même en passant devant le bureau du directeur d'où émanait de la lumière.
Chuck n'avait pas encore eu l'occasion de le saluer et se dit que le moment était opportun. Il se devait de rassurer l'homme sur l'avenir de l'hôtel. La revente de l'Empire avait créé un vent de panique parmi le personnel également.
Il frappa succinctement à la porte puis poussa le panneau de chêne qui tourna sur ses gonds et son cœur s'arrêta dans sa poitrine.
Des yeux bleu acier le transpercèrent de part en part comme il ouvrait la bouche et se retrouvait clouer au sol de stupeur.
Il cligna plusieurs fois des paupières, mais l'image de son père resta intacte devant lui.
Son cerveau ramait tant qu'il pouvait pour donner un sens à ce qui s'imprimait sur sa rétine.
Jack, à peine remis du choc également, eut la présence d'esprit de l'attraper par le coude pour l'attirer plus avant dans la pièce et refermer la porte derrière lui avant que d'autres personnes n'aperçoivent Bart.
Chuck quitta un instant l'apparition de son paternel du regard pour le poser sur son oncle mais il ne trouva aucune réponse à ses questions.
Ce dernier avait l'air aussi hébété que lui-même.
Il reposa ses yeux sur ... son père ?!
Il était toujours là !
Il essaya de rationaliser :
Il ne croyait pas aux fantômes.
Il n'avait pas abusé de la boisson. Il avait à peine bu un whisky avant de monter dans la 1812 avec Blair.
Est-ce que la chantilly avait été « améliorée » par certaines substances qui aurait pu le faire halluciner ?
Est-ce qu'il était mort ?
Peut-être était-il tombé dans la douche et s'était-il fracasser le crâne ?
- Chuck ! prononça soudain la voix sévère de l'illusion.
Il crut bien faire une attaque cardiaque.
- Papa ? articula-t-il les yeux exorbités.
Il se tourna à nouveau vers son oncle qui acquiesça de la tête avec la même expression de scepticisme que lui sur le visage.
Dimanche 17 juin 2012 : 1h04
Blair s'avança à son tour dans l'allée qui menait aux ascenseurs. Son fiancé était censé la rejoindre dans la salle de bal il y avait pratiquement trois heures et n'était toujours pas apparu.
Elle était retournée dans la 1812, pensant qu'il se livrait peut-être à un de ses petits jeux dont ils avaient le secret.
Chuck n'avait aucune envie d'assister à la soirée dédiée à la mémoire de Bart et si elle n'avait pas insister en lui promettant qu'elle allait bien et qu'une telle distraction était ce qu'il lui fallait en ce moment, ils ne seraient pas venus du tout.
Ce n'était pas exactement la vérité. Elle aurait de loin préféré passé tout son temps avec lui dans un lit, ou dans un placard, ou contre un mur, ou encore sur le siège arrière de la limo ... Peu importait, tant qu'il allumait en elle ce feu qui la faisait se sentir si vivante après tant de temps à avoir eu l'impression d'agoniser lentement.
Seulement ce n'était pas non plus la solution, ils ne pouvaient pas disparaître de la surface du monde. (Elle avait essayé mais ça n'avait pas fonctionné) Maintenant, le moins qu'elle pouvait faire, c'était de se tenir à ses côtés pour essuyer le contre-coup de la tempête qu'il avait été le seul à affronter pour eux deux jusqu'ici.
Elle décrocha son BlackBerry et appuya finalement sur la touche numéro 1, mais après plusieurs sonneries, elle fut immédiatement orientée sur sa boîte vocale.
Elle soupira, un mauvais pressentiment nouait son estomac.
Quel autre motif aurait bien pu le retenir loin d'elle ?
Il ne la quitterait pas, c'était impossible, il le lui avait promis. Il lui avait donné sa parole et elle avait confiance en lui. D'ailleurs, l'anneau d'or et de diamant qu'elle portait à la main gauche et qu'elle avait exhibé toute la soirée prouvait ses intentions. Pourquoi lui demander de l'épouser s'il avait eu l'intention de s'enfuir ?
Non, il ne l'avait pas laissée, pas après tout ce qu'ils avaient traversés. Il était resté là, à veiller sur elle pendant des mois. Il savait ce qu'il représentait pour elle. Et elle était consciente de ce qu'elle signifiait pour lui.
Elle entendit à nouveau l'écho de sa voix grave murmurer.
« Tout le monde s'en va toujours. »
Non. Pas elle. Pas lui. Plus jamais.
- Blair, appela soudain Jack. Ça fait bien une heure que je te cherche, indiqua-t-il visiblement troublé.
C'était bien la première fois qu'elle voyait l'oncle pervers de son fiancé aussi chamboulé. Même la mort de Bart ne l'avait pas autant secoué.
Elle croisa le regard de Georgina qui se tenait à sa droite et ce qu'elle y vit ne fut pas pour la rassurer. Il était rare que cette dernière craigne quoi que ce soit ou qui que ce soit.
