Merci Moozanna & miss-acacia84.
Para 7
Dimanche 17 juin 2012 : 00h59
Chuck n'en croyait toujours pas ses yeux.
Son père se tenait là, devant lui, en chair et en os.
Il en était à son cinquième scotch de la soirée, à présent. Mais aucun ne rendait la situation moins surréaliste.
Bart avait simulé sa propre mort, pour les protéger Lily et lui, d'après ses dires. Il avait intégré un programme de protection des témoins afin d'assurer sa sécurité dans le cadre de l'arrestation d'un grand ponte, administrateur dans une grande coopérative immobilière qui avait des ramifications internationales, principalement avec des branches dans les pays du Moyen Orient, ce qui amenait inévitablement la question de la sécurité nationale sur le tapis. Le mot terrorisme avait même été évoqué. Son témoignage, entre autre, avait finalement permis de donner une issue favorable au procès.
Il n'en revenait pas que son père soit mêlé à ça. Non, pas qu'il doute de l'étendue des connexions du grand Bartholomew Bass, ni de son pouvoir. Mais ce qu'il le laissait baba, c'est qu'il ait été jusqu'à se faire passer pour mort afin de les préserver Lily et lui, ainsi que Serena et Éric, bien entendu. (Bien sûr, le fait que sa propre vie soit également en danger tant que tous les protagonistes n'étaient pas sous les verrous n'était pas négligeable, non plus)
Cependant, si ce n'était Jack qui lui avait sauvé la vie le soir de l'accident, alors, il s'agissait plus probablement de son père que de la femme qui lui avait dit ne pas être sa mère biologique (après avoir affirmé le contraire et malgré un test ADN – qui avait pu être corrompu sans problème puisque Jack était de la partie, soit ! )
Il se sentait encore plus lamentable à présent. S'il avait imaginé les paroles de Bart quant à son aptitude à gérer son héritage et au jugement de ses faux-pas, ce n'était rien en comparaison de la colère et de la désapprobation qu'il exprimait en cet instant.
Passé le moment d'émotion des retrouvailles, (qui avait duré vingt bonnes minutes en tout et pour tout) son paternel lui avait demandé des comptes sur ses agissements et sur l'état de rendement catastrophique dans lequel le jeune homme avait plongé l'entreprise à laquelle il avait dédié sa vie.
Malheureusement pour lui, Chuck avait beaucoup plus de mal à gérer la résurrection soudaine de celui qui lui avait inculqué des valeurs dans lesquelles il ne se reconnaissait plus.
Il était toujours sous le choc de voir déambuler devant lui, l'homme qu'il était censé avoir enterré, avec moult turpitudes, d'ailleurs. Il avait eu tout le mal du monde à se remettre de sa disparition et voilà qu'il réapparaissait comme une fleur pour le mettre plus bas que terre, encore une fois.
Son esprit, bien que vif, reprenait à peine le dessus. Son oncle avait été congédié par le grand manitou, il y a plus d'une heure, au moins et lui avait jeté un regard navré en quittant les lieux. Lui, non plus, n'arrivait pas à absorbé l'impact de la survie de son frère. Sans parlé de l'animosité qui les avait toujours plus ou moins opposés et qu'il avait laissé éclater à l'encontre de l'héritier désigné.
Le smartphone de Chuck résonna, laissant échappé une petit mélodie doucereuse dans le bureau, ce qui le tira lentement de sa catatonie. Mais le temps que le jeune homme sorte l'appareil de la poche intérieure de sa veste, la sonnerie ne tintinnabulait plus.
Il jura. C'était la brune de son cœur. Il espéra que tout se passait bien pour elle. Il n'était pas certain que cette sortie mondaine ne soit pas quelque peu précipitée, mais elle avait tenu à y venir.
- Blair a besoin que tu ailles tuer une araignée pour elle ? se moqua Bart, avec un mépris évident peint sur ses traits.
Les yeux de son fils s'étrécirent et devinrent plus sombres. Il retrouva ses esprits et son instinct de protection à l'évocation du prénom de sa fiancée.
- Tu crois que je ne sais pas que tu en es arrivé là, à cause de tes sentiments pour cette petite dinde ? enragea son père, ses iris prenant une teinte encore plus glaciale.
- Ne t'avise pas de parler d'elle sur ce ton, le prévint son fils d'une voix acerbe, en se levant.
- Pourquoi ? Qu'est-ce que tu vas faire ? Aller pleurer dans ses jupes ? tonna Bass senior.
Chuck accusa la coup et carra la mâchoire.
- Peut-être que si tu passais un peu moins de temps sous ses jupes, justement, tu aurais su te concentrer sur ce qui était le plus important ! l'accusa encore son père.
- Je sais ce qui est le plus important pour moi ! riposta le jeune homme.
- Visiblement ce n'est pas ton héritage ! Je suis obligé de quitter ma retraite et de revenir parce que tu as ruiné tout ce pourquoi j'ai travaillé pendant toutes ces années. A cause de toi, Bass Industrie est sur le point de sombrer ! J'aurai dû laisser les rennes à Jack !
- Je me suis attelé de mon mieux à faire fructifier ce que tu m'as laissé, se défendit Chuck.
Il n'avait même pas terminé ses études secondaires, encore moins reçu un quelconque diplôme, et avait plongé tête la première pour relever le défi, à dix-huit ans, à peine.
- Il faut croire que ton mieux, ce n'est pas grand chose, le rabroua Bart. Mais je n'aurais pas dû m'attendre à autre chose de ta part que la médiocrité à laquelle tu m'as habitué !
- Grâce à moi, l'entreprise a fait de nombreux bénéfices, rétorqua son fils qui regagnait de son aplomb et de son mordant, sa confusion et sa joie de retrouver son père étant à présent totalement annihilées par ses reproches et son attitude agressive à son égard et à celle de Blair. J'ai même acheter mon premier hôtel à vingt ans alors que toi ...
- C'est grâce à moi que tu as acquis cet immeuble, la seule chose que tu as faite, c'est utiliser MON argent pour le redécorer !
- Ce n'est pas vrai, j'ai conclu de nombreux marchés qui ont été profitable à BI et ...
- Tu as tout perdu ! Parce que tu as passé ton temps à pleurnicher après Blair Waldorf. Tu as laissé l'entreprise dépérir pendant plus de trois mois, il y a deux ans. Il y a, à peine six mois, tu as payé sa dote, ce qui nous cause pratiquement la faillite aujourd'hui. Si tu ne t'étais pas mêlé de ça, la famille Grimaldi n'aurait pas usé de représailles et BI ne se retrouverait pas dans dans cette situation. Tu as déjà perdu l'Empire, je ne vois pas de quoi il y à être fier, sans parler du nouveau projet sur lequel tu travaillais. Je ne te laisserai pas dilapider mon œuvre pour une fille.
- Cette fille, comme tu dis, c'est la femme que j'aime, la mère de ...
- Je te savais faible, mais je ne te pensais pas si stupide ! cracha son père avec dédain. Ne vois-tu pas qu'elle ne fait que jouer avec toi ? Tu es prêt à tout sacrifier pour elle, même à hypothéquer ton avenir. Seulement, elle fera la même chose que les autres fois. Quand elle n'aura plus besoin de toi, elle t'abandonnera.
Exactement comme ta mère l'a fait avec moi, ajouta-t-il intérieurement.
- Elle ne m'abandonnera pas, au contraire de toi ! Nous sommes fiancés, nous allons nous marier.
- Tu crois vraiment qu'elle voudra de toi maintenant que tu n'as plus rien ? Tu es encore plus idiot que ce que je croyais ! Tu n'as plus aucune valeur à ses yeux, à présent.
- Ça suffit ! hurla l'intéressée en s'avançant dans la pièce, tremblante de colère.
Elle s'y était précipitée dés que les mots étaient sortis en vrac de la bouche de Jack. Georgina les avait remis dans l'ordre, mais Blair s'était ruée dans le bureau de la direction à l'instant où les mots « Chuck » « Bart » et « vivant » avaient été assemblés, sans prendre le temps d'écouter le reste.
- Vous n'avez aucune idée de ce dont vous parlez, invectiva-t-elle le ressuscité. Parce que vous ne lui avez jamais accordé la moindre valeur. Et c'est la plus grande erreur de toute votre vie !
- Blair ... entama Chuck pour la calmer bien qu'il ait lui-même les plus grandes difficultés à conserver un tant soit peu son sang froid.
Il voulait surtout éviter qu'elle assiste à ça. Son père savait le rabaisser mieux que personne et l'humiliation n'en serait que plus grande devant elle.
- Tu as besoin d'elle pour te défendre ? se gaussa-t-il, de fait. Comme s'est touchant ! Maman l'oie veut protéger son vilain petit canard !
- Ferme-là, éructa-t-il, menaçant.
C'était une chose que son père s'en prenne à lui, mais il ne permettrait pas qu'il fasse du mal à la femme qu'il aimait.
Pourtant, il était déjà trop tard, les mots avaient atteint la brune en pleine face ... et en plein cœur.
Chuck la vit flancher. En moins d'une seconde, il fut près d'elle et agrippa sa main.
Elle pressa ses phalanges si fort contre les siennes qu'elles devinrent blanches. Elle cligna des paupières pour refouler ses larmes et darda un regard aussi brûlant que de la lave en fusion sur le vieil homme.
- Tu vas vraiment prendre le parti d'une étrangère contre ton propre père, la seule famille ...
- Ne parle pas de famille ! s'indigna Chuck. Tu n'as pas la moindre conception de ce que mot signifie. ELLE est ma famille ! Elle l'est bien plus que tu ne l'a jamais été et que tu ne le seras jamais, elle est tout pour moi et bien plus encore.
Dimanche 17 juin 2012 : 01h11
- Jack, as-tu la moindre idée d'où se trouve Charles ? Ça fait un bon moment que je le cherche, demanda Lily en apercevant l'oncle de son fils adoptif dans l'embrasure de la porte depuis le corridor.
La soirée tirait à sa fin et elle souhaitait saluer les heureux fiancés avant de partir. Elle espérait bien les voir au brunch du lendemain.
- OH ! MON DIEU ! s'écria-t-elle médusée en prenant connaissance des personnes dans la pièce et d'une en particulier.
Dimanche 17 juin 2012 : 02h47
Serena absorba une nouvelle gorgée de camomille, assise auprès de sa meilleure amie sur le sofa dans le salon du penthouse Van Der Woodsen - Humphrey.
- Je n'en reviens pas de toutes les horreurs qu'il a proférées alors qu'il n'a pas vu son fils depuis plus de deux ans, commenta Blair encore secouée par les propos qu'elle avait surpris avant d'intervenir, au comble de la rage.
- C'est Bart, énonça avec évidence la jolie blonde dont les traits étaient toujours tendus.
Elle intégrait lentement la nouvelle à son tour.
Les choses s'étaient passées si rapidement qu'elle n'avait pas eu le temps d'enregistrer toutes les informations.
Sa mère s'était évanouie en découvrant son défunt mari bien vivant et avait été amenée ici après l'intervention d'un médecin.
Rufus était avec elle dans leur chambre en ce moment même, tandis que Chuck et Jack s'étaient enfermés dans l'étude, qui était autrefois le bureau de Bart, pour débattre de la situation.
Lily avait catégoriquement refusé de se rendre à la clinique. Le docteur Rush avait d'ailleurs conclu à un malaise vagal et lui avait ordonné le repos mais avait bien insisté sur le fait qu'elle ne courait aucun danger. Il n'y avait donc aucune crainte à avoir pour sa santé.
Néanmoins chacun avait rallié le camp de base en apprenant la nouvelle de la résurrection de Bartholomew Bass qui courrait déjà dans sur les réseaux sociaux et ferait sans aucun doute la première page de chaque éditorial dés le lendemain matin.
Nate avait débarqué, il y a moins d'une demi-heure, en signe de soutien et avait découvert les deux amies d'enfance discutant sur le canapé du salon ainsi que ... Georgina Sparks qui se servait un verre de Chardonnay dans la cuisine ?
Qu'est-ce qu'elle venait faire là ?
Il éluda la question, Georgina avait le don de s'incruster où elle voulait quand elle voulait sans qu'il n'y ait la moindre logique apparente. Elle avait fait de même la nuit de l'accident en débarquant à l'hôpital.
Ça lui réchauffait le cœur de voir la blonde et la brune partager un moment d'intimité.
Serena travaillait avec lui au Spectator et ils se voyaient donc tous les jours ou presque. Ils s'étaient beaucoup rapprochés depuis que Diana avaient quitté New York et qu'ils avaient, ensembles, réussi à arracher des aveux à Tripp concernant son implication dans l'accident tragique qui avait tant coûté à leurs amis.
Le jeune homme aux yeux clairs s'en voulait énormément. Même si ce n'était pas lui le responsable, il n'en restait pas moins qu'il était la cible de son cousin et que les conséquences des actes de ce dernier étaient irréversibles.
Serena et lui s'étaient peu à peu retrouvés en tête à tête, Chuck et Blair s'isolant du reste du monde la plus part du temps. Bien sûr, son meilleur ami passait pratiquement chaque jour au penthouse de l'Empire mais il soupçonnait que ce soit plus par obligation envers Monkey que pour passer du temps avec lui.
Nate n'avait cependant pas désarmé et continuait à faire parler de son mieux l'héritier Bass, dont le monde s'était littéralement effondré dans tous les sens du terme.
Il avait assisté à sa descente aux enfers plus d'une fois dans leur adolescence mais celle-ci n'avait rien de commun.
Chuck ne s'était pas enfui. Il n'avait pas non plus plongé dans l'alcool et les drogues ou les bras des prostituées pour échapper aux affres de ses tourments.
Non, il avait tenu bon et s'était érigé en défenseur de Blair, se cramponnant au fait qu'elle ait besoin de lui.
C'était certainement ce qui l'avait empêché de se laisser aller au désespoir, conscient qu'il ne pouvait se permettre une telle chose sans emmener la brune à qui appartenait son cœur avec lui dans les profondeurs des abîmes s'il s'y laissait sombrer.
- Tu étais au courant pour la dote ? questionna Blair, ses jambes repliées sous elle, caressant distraitement la tête de Monkey posée sur ses genoux.
Nate acquiesça en silence.
Il avait seulement eu l'occasion de croiser la brune une dizaine de fois, à peine, durant les derniers mois, la dernière étant l'après-midi même à l'Empire. Il avait été abasourdi de voir le diamant qui brillait à son doigt.
C'était la meilleure chose qui pouvaient arriver à ses amis. Par contre, la réapparition de Bart, il en était tout ce qu'il y a de moins certain. Nul doute que cela ramènerait Chuck sur des chemins qu'il tentait d'éviter depuis qu'il avait entrepris sa thérapie. Il espérait que tous les progrès de son meilleur ami ne seraient pas réduits à néant en un claquement de doigt du grand manitou.
Il posa ses prunelles azur dans celles, noisette, de la jeune femme en face de lui. Il pouvait dire sans se tromper qu'elle formulait le même vœu.
Cette dernière rejouait dans sa tête une scène de la semaine précédente qu'elle arborait sous un nouvel angle et qui prenait tout son sens à présent.
Samedi 16 juin 2012 : 13h10
Eléanor Waldorf-Rose rentra chez elle les bras chargé de paquets. Elle avait passé toute la matinée à son bureau dans les locaux de Waldorf Designs.
Elle sourit en découvrant son mari assis à la cuisine, discutant avec Dorota.
- Bonjour, ma beauté, s'exclama Cyrus en l'attirant dans ses bras.
Une sensation de bien-être l'enveloppa lorsqu'elle embrassa son mari. Dire qu'elle avait passé tant d'années à se tromper sur l'importance à accorder aux sentiments qu'elle éprouvait pour son entourage et inversement.
Sa rencontre avec ce petit homme avait tout changé. Elle avait découvert les vrais richesses, celles du cœur, à son contact.
Bien entendu, elle ne se permettait pas d'être faible mais elle s'autorisait à laisser une plus grande place à ses émotions et cela lui convenait bien mieux qu'elle n'aurait jamais pu l'imaginer.
Sa fille entra dans la pièce à son tour et son cœur déborda de joie quand elle vit la sérénité sur son visage d'ange.
Blair était passé par des moments affreux, qui allaient au-delà des mots.
Que pouvait-il y avait de plus terrible pour une mère que de perdre son enfant ?
Elle regrettait de ne pas avoir été là pour lui tenir la main mais elle avait eu à faire ailleurs pour garantir le futur bonheur de sa fille. Elle avait été horrifiée par le comportement de la famille Grimaldi quand elle avait finalement eu vent de la réalité des choses menant à l'accident.
De plus, elle savait aussi qu'elle n'aurait pas pu lui apporter le réconfort qu'une autre personne lui avait apporté pendant toute cette période. Une personne qui avait visiblement une place prépondérante dans sa vie et dans son cœur et à qui Blair s'était raccrochée pendant sa traversée du désert.
Eléanor remercia le ciel de ne jamais avoir eu à supporter pareil calvaire.
Dieu savait pourtant qu'elle ne s'était pas reposée ni ménagée lorsqu'elle était enceinte de Blair. Elle avait toujours refusé que sa grossesse ou son rôle de mère ne la freine dans sa carrière de styliste.
Elle avait travaillé d'arrache-pied pour réussir à s'imposer dans le monde de la mode et elle avait réussi, à force de ténacité, à se forger un nom et à monter sa propre société, qui était aujourd'hui synonyme de qualité et de raffinement.
Bien entendu, cela avait demandé des sacrifices et elle déplorait que ce soit sa petite fille qui en ait payé le prix. Elle avait bien conscience qu'elle n'avait pas toujours été une mère à l'écoute – souvent - pratiquement jamais, admit-elle.
Cependant ses exigences envers Blair avaient toujours eu pour but de lui inculquer à donner le meilleur d'elle-même. Une manière d'être. Le monde extérieur était rempli de dangers et de personnages qui n'étaient en rien vos amis, que du contraire.
Eléanor Farell avait débarqué d'une petite ville du Maine à dix-neuf ans, un matin de septembre, pour intégrer une des plus prestigieuse école de stylisme de Manhattan. Ce n'était pas dû à son nom, qui n'ouvrait aucune porte, mais grâce à son talent.
Elle avait obtenu une bourse pour Parsons et avait fait en sorte de ne pas faire regretter à sa propre mère d'y mettre chaque centime qu'elle s'échinait à gagner dans l'usine de volaille où elle travaillait.
Elle le lui avait rendu au centuple quand elle avait pu, après son mariage avec Harold, mais la pauvre femme n'avait pas vraiment eu l'opportunité d'en profiter car elle était décédée peu après la naissance de Blair.
Eléanor avait appris à louvoyer dans le monde tortueux de la mode, où chaque mannequin, chaque styliste, n'aspirait qu'à détrôner l'autre. Ceux qui étaient faibles étaient condamnés d'avance et elle avait veillé à ce que ça n'arrive jamais à sa propre fille. Sans doute un peu trop durement, mais son but avait été atteint.
- Maman, Cyrus, nous avons quelque chose à vous annoncer, déclara Blair en se plantant devant eux, Chuck à ses côtés.
Son beau-père posa le petit sablé qu'il avait entre les mains (tout chaud sorti du four par Dorota) et releva la tête alors que sa mère émergeait de sa rêverie pour l'écouter.
Soudain les mots se coincèrent dans la gorge de la jeune femme. Les souvenirs d'une autre annonce identique brisant quelque peu son élan et faisant remonté en elle une anxiété qu'elle s'efforça de repousser au plus profond d'elle-même.
Louis ne lui gâcherait pas ce moment !
- J'ai demandé votre fille en mariage, annonça Chuck en passant un bras autour de sa taille.
Elle posa ses yeux dans les siens et il y lut la gratitude qu'elle éprouvait.
Décidément, quelque soit la situation, il était toujours là pour la secourir, en toutes circonstances, pensa-t-elle et cela amena d'autres larmes à ses cils qu'elle refoula d'un clignement de paupières.
Elle leva sa main gauche de manière à dévoiler la pierre qui ornait l'anneau d'or Harry Winston que Chuck avait glisser à son annulaire il y a quelques heures à peine.
Eléanor en resta sans voix. Elle n'ignorait pas les sentiments du jeune homme pour sa fille. Bien qu'elle en ait douté par le passé, après la manière dont il avait agi pendant tous ces mois, elle ne pouvait plus remettre en cause qu'il avait le bien-être de Blair à cœur et qu'il le faisait passer en priorité.
- Toutes mes félicitations, éclata de joie Cyrus en se levant pour envelopper les deux jeunes gens dans une accolade chaleureuse.
Dorota, elle, trépignait sur place comme une petite fille.
- Miss Blair, je suis tellement heureuse pour vous, dit-elle quand le petit homme les relâcha après avoir réclamé une deuxième embrase en s'exclamant qu'une ce n'était pas assez.
La domestique attira également la jeune-fille dans ses bras pour la serrer contre sa poitrine.
- Et pour vous aussi Monsieur Chuck, ajouta-t-elle en posant un regard bien veillant sur le jeune homme.
La brunette se tourna vers sa mère qui n'avait pas bougé et la vit essuyer une larme qui roulait sur sa joue.
- Maman, s'attendrit-elle.
C'était bien la première fois de sa vie qu'elle voyait sa mère se laisser aller ainsi et son cœur de petite fille fondit.
- Viens là, dit Eléanor en s'avançant pour la serrer sur son cœur également.
Chuck et Cyrus échangèrent un sourire entendu tandis que Dorota s'empressait d'aller chercher une bouteille de Don Pérignon, le préféré de Blair, pour fêter l'événement.
La bonne poussa un couinement de surprise en découvrant un corniaud couché derrière la porte battante.
Le chien se leva pour rejoindre son maître dés qu'il l'aperçut.
- Hello, mon beau, qui es-tu ? questionna immédiatement Cyrus en le gratifiant d'une généreuse caresse sur le flan.
- Monkey, répondit Chuck alors que ce dernier agitait frénétiquement la queue pour signifier qu'il appréciait hautement le geste du vieil homme. Je l'emmène chez Lily mais Blair ne pouvait pas attendre pour vous annoncer la nouvelle.
- Et vous avez bien fait, affirma Eléanor en ouvrant ses bras à son futur beau-fils, à la plus grande stupéfaction de tous.
La styliste savait parfaitement ce qu'elle devait à l'héritier Bass. Son attention constante avait permis à Blair de traverser la pire période de sa vie. Même si elle s'était rapidement envolée pour la France afin de croiser le fer avec la princesse Sophie tandis que son mari s'associait à Harold pour éplucher le contrat signé lors des fiançailles avec Louis, elle était restée informée de la situation par la domestique fidèle.
Malheureusement, cette harpie avait été féroce et intraitable et les avocats avaient été dans l'impossibilité de contester le document qui prévoyait le paiement d'une dote en cas de rupture d'engagement d'une quelconque manière.
Sans l'intervention financière du jeune homme qui se trouvait devant elle, elle aurait été obligée de choisir entre sa fille et la compagnie qu'elle avait fondée de ses propres mains.
Même si elle ne doutait pas un instant que cette fois, c'est la première qui l'aurait emporté sans aucune hésitation, elle n'en demeurerait pas moins éternellement reconnaissante à celui-ci de lui avoir épargner ça et d'avoir sauver Blair des griffes de la famille Grimaldi.
Le bouchon du champagne sauta avec un pop sonore et Dorota remplit les coupes pour les distribuer à tout un chacun.
- Mes félicitations, reprirent en cœur le couple Waldorf-Rose en levant leur verre.
- A vous deux, ajouta Eléanor en posant les yeux sur Chuck, lui signifiant qu'elle donnait sa pleine approbation à leur union.
Dimanche 17 juin 2012 : 4h08
Dans la pénombre de la nuit, Chuck passa ses mains sur son visage, assis sur le rebord du lit, dans son ancienne chambre au penthouse Van Der Woodsen – Humphrey.
Il avait toujours du mal à accepter ce qui s'était passé cette nuit. Jack et lui avait passé plusieurs heures à revenir sur les détails de la « mort » de Bart pour comprendre comment il avait réussi à les gruger de cette manière.
Qu'y avait-il donc dans le cercueil qui avait été enseveli à côté de celui de sa mère biologique ?
Un sourire cynique se dessina sur son visage.
Y avait-il jamais eu quelqu'un d'enterrer là ?
Toute sa vie n'était que mensonge, depuis toujours.
Il sentit le matelas bouger sous le déplacement du poids de Blair qui se relevait pour s'asseoir juste derrière lui et elle passa ses bras autour de son torse pour poser son menton sur son épaule, à la base de sa nuque.
- Tu veux en parler ? demanda-t-elle après avoir embrasser tendrement sa joue.
Il noua ses mains aux siennes.
- Je suis désolé, s'excusa-t-il en repensant aux mots que son père avait prononcés et qui avaient plus que certainement déchiré le cœur de sa belle.
- Tu n'as pas à t'excuser pour son comportement, chuchota-t-elle en caressant le dos de sa main de son pouce. En fait, tu dois cesser de t'excuser sans arrêt.
Il porta ses doigts à ses lèvres sans répondre.
- C'est moi qui suis désolée, continua-t-elle. C'est à cause de moi s'il est en colère après toi. Si tu n'avais pas payé cette dote ...
- Je serais devenu fou de te savoir mariée à cet ignoble type, la coupa-t-il. Je ne regrette pas une seconde la décision que j'ai prise. Si c'était à refaire, je le referais sans hésiter une seule seconde.
- Mais, ça te coûte l'Empire. Je suis bien placée pour savoir ce que cet hôtel représente pour toi.
- Il ne représente rien pour moi si tu n'es pas là. Je l'ai appris à mes dépends. Je l'ai acheté parce que tu croyais en moi, ricana-t-il. Je savais à quoi je m'exposais en signant le chèque. J'ai choisi de perdre l'Empire, je donnerais n'importe quoi, je donnerais tout pour toi, mon père à raison sur ce point.
- Chuck, tu sais que rien de ce qu'il a dit ce soir n'est vrai, n'est-ce pas ?
Il se contenta de jouer avec ses phalanges dans le silence.
Blair relâcha son étreinte et s'étendit pour illuminer la pièce avec la lampe de chevet puis revint s'installer à côté de lui et le prit par les épaules pour le faire pivoter sur le droite afin de lui faire face.
- Chuck, regarde-moi.
Il leva les yeux sur elle et le cœur de la brune coula à pic. Il y avait tellement de douleur et de honte qui y dansaient.
Il ferma les yeux, il ne pouvait pas soutenir son regard.
Son père avait raison.
Bart avait toujours raison.
Il était si stupide.
Il avait demandé Blair en mariage mais il n'avait plus rien à lui offrir. Il avait pratiquement ruiné l'entreprise en sortant la jeune femme de son union avec cet horrible individu qui menaçait de la retenir prisonnière contre son gré.
Comment pourrait-il lui assurer la vie à laquelle elle avait droit maintenant ?
- Chuck, regarde-moi, réclama-t-elle à nouveau.
Elle encadra son visage de ses mains, les posant sur les arrêtes de sa mâchoire et l'obligea à relevé la tête.
- Regarde-moi, répéta-t-elle encore.
Il ouvrit lentement les paupières pour accéder à sa requête. Il n'avait aucun endroit où se cacher de toute manière.
- Chuck Bass, tu es un homme extra-ordinaire. Bien meilleur que ton père ne le sera jamais. Tu es la meilleure chose qui soit jamais arrivée dans ma vie, affirma-t-elle en plongeant ses iris noisette dans les siens.
Elle vit une lueur pointer dans le fond de sa rétine et ça l'encouragea à continuer.
- Ne laisse pas Bart te faire douter de toi. Tu as pris les rennes de l'entreprise alors que tu n'étais même pas majeur. Tu as réalisé des profits et tu as mené la société à un niveau qu'elle n'avait jamais atteint. Le seule raison pour laquelle elle est en difficulté aujourd'hui, c'est parce que tu as choisi de me faire passer en priorité, pas parce que tes capacités sont à remettre en cause.
- Et je recommencerais sans même y réfléchir un instant, lui assura-t-il à nouveau.
- Tu recommenceras, oui, approuva-t-elle. Tu as relevé le défi quand ton père ta légué Bass Industrie et tu peux le refaire encore. Tu as dis que tu avais acheté l'Empire parce que je croyais en toi. Et bien, rien n'a changé, je crois toujours en toi, encore plus qu'avant. Je sais que tu es bien plus que ce que ton père veut te faire croire. Il t'a menti sur beaucoup de chose dans ta vie, pour ne pas dire tout et il te ment sur ça aussi.
Elle le vit hésiter, ses paroles faisant leur chemin en lui.
- La seule chose qui ait jamais été réelle dans ma vie, c'est toi et moi, déclara-t-il presqu'à voix basse.
- Pense-tu que je serais tombée amoureuse d'un incapable ou d'un moins que rien ? demanda-t-elle avec une répugnance non feinte à cette simple idée. Tant qu'on y est pourquoi pas d'un pauvre type de Brooklyn !
Il ne put s'empêcher de grimacer à cette supposition des plus infamantes.
- Non, Blair Waldorf ne se contenterait pas d'un article de seconde classe. Elle choisit toujours le meilleur, répondit-il avec sincérité.
- C'est bien ce qui me semblait, déclama-t-elle d'un air suffisant. Ce qui implique que puisque je t'ai choisi toi, tu es le meilleur, toutes catégories confondues. Alors si tu oublies encore qui tu es, souviens-toi que je suis Blair Waldorf et que j'ai choisi de passer le reste de ma vie avec toi.
Elle déposa un nouveau baiser sur ses lèvres et il se laissa tomber en arrière sur son oreiller, l'entraînant avec lui.
- Dans toutes les catégories ? releva-t-il avec malice.
Il laissa ses mains s'insinuer sous sa nuisette lavande et elle frissonna au contact de ses doigts sur la peau nue de ses cuisses.
Ses yeux se révulsèrent et elle inclina la tête sur le côté pour donner un meilleur accès de son cou à ses lèvres.
- Le meilleur des meilleurs, haleta-t-elle en tirant sur le col de son pyjama en soie, occasionnant la perte d'un ou deux boutons dans son geste impatient.
