Merci miss-acacia84 & Moozanna.


Para 9

Lundi 18 juin 2012 : 12h30

- Je suis heureuse qu'on puisse tout de même avoir un petit tête à tête, déclara Eléanor en piquant dans une feuille de sa salade, attablée face à sa fille dans la grande salle du Petrossian.

- Je suis désolée mais il y avait urgence hier et je ne pouvais pas me libérer plus tôt.

Après le coup d'éclat de Bart, elle avait fini par laisser Chuck et Lily seul à seul, malgré sa grande réticence.

Il était plus qu'évident que les paroles de son père avait touché une corde sensible en lui et elle tenait à être là. Elle voulait à tout prix qu'il sache qu'il pouvait compter sur elle à présent. Tout comme elle avait pu s'appuyer sur lui pendant tous ces mois.

Elle souhaitait en quelque sorte lui rendre la pareille. Elle s'en voulait beaucoup de s'être enfoncée la tête dans le sable, ou plutôt sous les couvertures et de l'avoir laissé se débrouiller seul face au cataclysme qu'elle avait provoqué.

Tout ce qui arrivait maintenant était uniquement la conséquence de sa propre stupidité. Elle ne se pardonnerait certainement jamais de s'être fourvoyée avec Louis ... et Dan. Quand elle pensait à tout ce qui en avait découlé et au gâchis que ça avait occasionné, elle aurait pu se gifler cent fois. Cependant, quand bien même elle aurait cédé à cette pulsion, cela n'aurait rien changé. Ce qui avait été fait ne pouvait être effacé, juste réparé du mieux qu'elle le pouvait.

Et, c'est pourquoi, elle était résolue à veiller sur Chuck, avec ou sans son approbation. Elle ne pouvait pas lui rendre l'argent qu'il avait déboursé pour la libérer de l'emprise des Grimaldi. Elle était également impuissante face aux membres du conseil d'administration de BI.

Quoi qu'à bien y repenser, il y en avait un qui pouvait faire pencher la balance.

Encore faudrait-il qu'il le veuille !

Étant donné la situation, les chances étaient plus que minces, mais cela ne l'empêcherait pas d'essayer. Son fiancé le valait bien. Il avait affronté une famille royale toute entière, elle pouvait bien faire face au grand Bartholomew Bass. Elle était toujours Queen B quelque part et, même s'il la terrifiait, elle ne reculerait pas.

Pas quand il s'agissait de Chuck. Pas quand son bonheur, leur bonheur, en dépendait.

Elle était à l'origine du conflit et elle prendrait ses responsabilités, elle combattrait le démon de toute ses forces et ne s'avouerait pas vaincue sans avoir utiliser toutes les armes à sa portée.

- Tu es pas mal occupée pour une jeune-fille sans activité, rétorqua la styliste avec une petite moue ironique.

Elle releva un sourcil interrogateur et feignit l'ignorance.

Contrairement à ce qu'elle avait convenu avec Chuck, elle n'avait pas rejoint sa mère la veille. Elle avait passé l'après-midi avec Serena et Nate. Ils étaient restés soudés, comme ils le faisaient dans le passé quand l'un d'eux connaissait des troubles.

Cela lui avait fait un bien immense. Elle s'était coupée du monde pendant si longtemps. Elle avait redécouvert avec délice, malgré la situation, le sentiment d'appartenir à une équipe qui gagne.

Elle avait rejoint son fiancé dans la soirée et ils avaient passé une autre nuit au penthouse Van Der Woodsen – Humphrey avant qu'elle n'accompagne Chuck jusqu'au cabinet du Docteur Sherman. Sa prochaine séance à elle n'était que le surlendemain mais, depuis qu'elle avait assisté aux confessions de l'homme de sa vie dans le bureau du médecin, elle s'assurait qu'il prenne ses médicaments et qu'il honore chacun de ses rendez-vous avec le spécialiste.

Qui plus est, ce n'était vraiment pas le moment pour lui de déroger aux consultations avec le retour de Bart Vador.

- Je veux dire que, puisque tu n'as pas repris les cours à Columbia, je me demandais ce que tu envisageais pour l'avenir. En dehors de ton mariage bien sûr. Je suppose que tu n'as pas l'intention de vivre aux crochets de Chuck. A condition qu'il ait toujours de quoi ...

- Maman, s'agaça Blair. Ce n'est pas parce que les choses vont mal chez BI que Chuck va se retrouver à la rue. Contrairement à ce que vous avez toujours eu l'air de penser, et Bart en particulier, c'est un homme plein de ressources et il peut parfaitement faire autre chose de sa vie que gérer l'entreprise dont il a héritée.

- Je n'ai pas dis le contraire, se reprit Eléanor. Je me demandais simplement si vous aviez déjà évoqué la question. Si tu avais une quelconque idée de ce que serait ton avenir professionnel. Que Chuck ait de l'argent ou pas, je ne t'ai pas éduquée de la façon dont je l'ai fait pour ...

- Je ne deviendrai pas une femme au foyer, la rassura sa fille avec un dégoût bien visible sur ses traits à cette simple idée.

- Ce qui m'amène au sujet suivant, indiqua la styliste en posant son couvert à côte de son assiette.

Nous y voilà ! pensa la jeune-fille. Si sa mère prenait le temps de l'inviter à déjeuner ce n'était pas pour rien. Sans doute avait-elle quelques remontrances à lui faire par rapport à ses choix. Ce qu'elle venait déjà de faire d'ailleurs !

- Je me disais que, étant donné tes talents de leader et tes compétences en matière de mode, la pomme ne tombe pas loin de l'arbre, Dieu merci, tu pourrais devenir codirectrice de Waldorf Designs, ainsi je pourrais te préparer à reprendre ma succession quand Cyrus et moi décideront de profiter d'une retraite bien méritée.

Blair en laissa tombé la lamelle d'espadon qu'elle s'apprêtait à enfourner.

- Ferme ta bouche, chérie, c'est très inconvenant ! la réprimanda sa mère, fidèle à elle-même en toutes circonstances malgré tout.

- Tu veux que je dirige Waldorf Designs ? s'ébahit encore la brunette sans pouvoir y remédier.

La suggestion de sa mère était si surprenante. Elle n'avait jamais imaginé que la styliste de renommée internationale lui ferait assez confiance pour remettre entre ses mains, l'entreprise qu'elle avait montée de toutes pièces.

- Ne soit pas si étonnée, se rembrunit Eléanor. Tu es ma fille, qui mieux que toi pourrait assurer la continuité dans l'esprit Waldorf ?

- Je ... je pensais que ...

- Que quoi ? Que j'allais vendre ma société au plus offrant lorsque je ne serais plus capable de tenir un crayon ou d'enfiler une aiguille ?

Ce qui lui était à présent impossible sans ses lunettes, maugréa-t-elle intérieurement.

- Je sais que tu troqueras bientôt notre nom pour celui de Bass mais ...

- Je n'ai aucune intention d'abandonner mon nom ! s'offusqua la brunette. Je cumulerai les deux. Et avant que tu ne me demandes si j'en ai parlé avec mon futur époux, je t'informe que c'est aussi évident pour lui que pour moi, il n'y a même pas lieu d'en discuter. Je sais que j'ai été fiancée à un prince et que le mariage en question comportait une dote comme au dix-neuvième siècle mais c'est, et ce sera, la seule et unique fois où je me serai approché de cet état de fait !

Eléanor ne put réprimer un sourire devant la fureur de sa fille.

- J'en conclu donc, que mon entreprise conservera son nom d'origine, déclara-t-elle satisfaite.

Elle posa sa main sur celle de sa fille.

- Je sais que nous avons eu notre lot de contentieux mais je n'ai jamais imaginé personne d'autre pour prendre ma relève.

- Pourtant je ne connais rien aux croquis et ...

- Tu apprendras, lui assura sa mère. Et puis je ne suis pas encore partie, je compte bien traîner encore plusieurs années dans les ateliers.

Blair acquiesça. Sa mère ne pouvait pas lui témoigner sa confiance d'une meilleure manière et ça comptait énormément à ses yeux.


Lundi 18 juin 2012 : 17h47

Bartholomew Bass s'avança dans le hall du Palace. La conférence de presse était dans un peu plus d'une heure et il n'était toujours pas fixé sur ce qu'il allait annoncer.

Son retour avait bien entendu fait couler beaucoup d'encre, il s'y attendait quand il avait pris la décision de revenir pour nettoyer le bazar que son héritier avait semé.

Son héritier. Toute sa vie, il avait préparé Chuck pour ce moment. Il ne doutait nullement de ses capacités. Il n'ignorait pas que s'il ne s'appliquait pas en classe et faisait n'importe quoi ce n'était pas dû à son QI mais à sa seule volonté d'anticonformisme.

Depuis aussi longtemps qu'il s'en souvenait, son fils ne lui avait jamais rendu la tâche facile. Il lui avait donné une éducation stricte quand il était petit. Il s'impliquait dans son entreprise balbutiante mais il avait veillé à remettre Chuck entre les mains de personnes compétentes, bien plus compétentes que lui en cette matière.

Mais l'enfant avait toujours réussi à faire échouer toutes ses tentatives. Les jeunes-filles au pair et les nounous démissionnaient les unes après les autres (souvent après être passées dans son propre lit, soit ! - Son fils n'était pas le seul à avoir besoin d'attention)

Au fil du temps leur relation avait été de plus en plus tendue. Chuck se complaisant à le mettre dans des situations honteuses et impossibles. Il était du reste aussi têtu qu'Évelyne, ce qui n'arrangeait nullement les affaires de Bart.

Plus il grandissait et plus il lui ressemblait. En conséquence, il mettait le plus de distance que possible entre eux. Il ne se le serait jamais pardonné s'il avait jamais levé la main sur lui comme le faisait son propre père.

Ce n'était pourtant pas les occasions qui auraient pu manquer, Chuck repoussant les limites toujours plus loin. Cependant, il avait toujours fait preuve d'un certain respect à l'encontre de son paternel.

Ou était-ce de l'intimidation que le jeune homme ressentait ?

Quoi qu'il en soit, il ne se faisait pas assez confiance pour établir une relation émotionnelle quelle qu'elle soit avec son fils. D'autre part, il avait juré qu'on ne l'y reprendrait plus et il avait bien fait.

Pourtant la scène qui s'était passée quelques heures plus tôt ne voulait pas s'effacer de sa mémoire. Les mots de son fils l'avaient harcelé tout la nuit et ceux de la petite Blair Waldorf continuaient de résonner dans son crane encore et encore.

Il ne pouvait dénier qu'elle avait un sacré tempérament et aussi une sacrée trempe. Peu de ses associés - à bien y réfléchir, aucun – ne lui avait jamais parlé comme ça, sans mentionner le fait que Marge avait dû appeler l'équipe de nettoyage.


Lundi 18 juin 2012 : 14h30

- Non, Mademoiselle ! cria la voix de Marge alors que la porte du bureau du Big Boss s'ouvrait à la volée.

Il leva les yeux du rapport de rachat d'une des plus grosses chaînes hôtelières canadienne qu'il étudiait et qui, il devait le reconnaître, avait été mené de main de maître par son fils.

A sa plus grande surprise se tenait là, devant lui, la fiancée de ce dernier.

- Je suis désolée, Monsieur, s'excusa la secrétaire de direction.

Elle connaissait assez la jeune-fille en question pour savoir qu'elle n'aurait pas pu l'empêcher de pénétrer dans la pièce même si elle l'avait souhaité réellement.

La femme remonta ses lunettes sur son nez, attendant les instructions.

Bart Bass pousserait-il la fourberie à faire appel à la sécurité après avoir demander à ce que les effets personnels de son fils soient reléguées dans un bureau au bout de l'étage ?

- Ça ira, Marge, la congédia-t-il à sa plus grande stupéfaction.

La blonde vénitienne referma la porte derrière elle en quittant les lieux.

- Qu'est-ce que tu veux ? s'enquit-il auprès de la brune qui n'avait qu'une envie, prendre ses jambes à son cou.

Chuck serait certainement furieux quand il découvrirait qu'elle était venue là.

Il passait l'après-midi avec Jack pour tenter de contrer Bart à la prochaine réunion du conseil d'administration. Le ressuscité pouvait faire toutes les déclarations à la presse qu'il voulait, seule une décision à la majorité serait à même de lui donner la possibilité de les évincer de BI.

- Je veux que vous cessiez de vous en prendre à Chuck pour une faute dont je suis la seule responsable.

- Sur cette dernière partie, on est d'accord. Cependant, c'est à lui que tu devrais le dire car il n'a pas l'air de s'en rendre compte.

- Il en est on ne peut plus conscient, croyez-moi. Mais il a choisi de se tenir à mes côtés malgré tout.

- Dans ce cas, je me suis trompé à son sujet, il est idiot.

- Il n'est pas idiot, il m'aime, souligna-t-elle.

- Y a-t-il une différence ? demanda-t-il avec dédain.

- Savez-vous seulement de quoi vous parlez ? Vous qui n'avez jamais éprouvé le moindre sentiment, pas même pour votre fils unique, l'accusa-t-elle.

Elle tentait de maîtriser sa colère.

Comment pouvait-il ne pas voir ce qu'elle voyait en Chuck ?

- Je pense que c'est toi qui parles de choses dont tu n'as pas idée, la rabroua-t-il.

- Ce que je sais, c'est que vous ne lui avez jamais accordé la moindre attention ou la moindre chance de vous prouvez sa valeur et si vous étiez intelligent vous verriez par vous même qu'il est ce qu'il y a de mieux pour Bass Industrie.

- C'est donc ça qui t'inquiète ? Maintenant que vous êtes fiancés, tu as peur d'avoir misé sur le mauvais cheval. Si tu te dépêches, tu pourras peut-être réussir à rattraper l'héritier de la couronne monégasque dans tes jupons. Profite-en pour lui demander qu'il rende à Chuck ce qu'il lui a extorqué à la place !

Le magna de l'immobilier n'eut que le temps de se baisser avant que le verre qui se trouvait sur la table basse, près de la carafe de scotch à moitié vide, n'explose sur le mur derrière lui.

- Jamais, il ne pourra rendre ce qu'il nous a pris, cracha-t-elle, ses yeux lançant des éclairs. Ne vous avisez plus jamais de parler de votre fils ni du mien de cette manière devant moi ...

Bart ouvrit la bouche pour parler, les yeux dilatés par l'effarement.

- J'aime Chuck, je me fiche qu'il soit votre héritier ou non. Tout ne se rapporte pas à votre argent, mais je doute que vous ne l'intégriez jamais. Maintenant je comprends pourquoi il a eu tant de mal à m'avouer ses sentiments, grandir avec vous était la pire des atrocités ...

- Encore une fois, tu parles de choses que tu ignores, la coupa Bass Senior.

- Je parles de ce que je connais au contraire. Je sais tout des blessures que vous lui avez infligées par votre indifférence. Quel père peut imaginer faire croire à son enfant qu'il est responsable de la mort de sa propre mère ?

- Je ne savais pas qu'il pensait ça, jusqu'à ce que cet petit fouineur de Brooklyn ne me le fasse savoir au travers de sa nouvelle pathétique.

- Cette nouvelle pathétique, c'est le reflet de la vie que vous avez donnée à votre fils ! s'écria Blair qui se laissait emporter par une colère qu'elle avait contenue bien trop longtemps.

C'est Bart qui en ferait les frais, mais elle s'en moquait éperdument, il le méritait amplement et ramener Humpty Dumpty dans la conversation n'était pas pour la calmer.

- J'ai fait ce que j'estimais être le mieux pour lui. J'ai essayé de lui inculquer le monde tel qu'il est pour lui éviter de faire les mêmes erreurs que moi, aboya-t-il.

Blair fronça les sourcils et les paroles qu'il avait prononcées la veille revinrent à sa mémoire.

- Ce n'est pas parce que vous avez été incapable de garder la femme que vous aimiez que la même chose lui arrivera. Vous n'avez fait que le pousser vers la solitude que vous avez choisie pour vous. Vous l'avez entraîné avec vous dans votre rancœur et vous l'avez emprisonné dans un monde que vous avez dessiné pour lui. Mais ce n'est pas la réalité. Je l'aime et je ne le laisserai plus jamais s'éloigner de moi. Plus personne ne se mettra jamais entre nous, pas même vous, clama-t-elle.

Le regard de Bart s'éclaircit un instant mais il se reprit très vite.

Il pouvait comprendre pourquoi Chuck était tombé amoureux de la jolie brunette en dépit de ses avertissements et de ses mises en garde contre les ravages que pouvaient occasionner les sentiments dans le cœur des hommes.

Par certains côtés, elle avait beaucoup de similitudes avec celle qui avait réussi le prodige de le prendre lui-même dans ses filets.

Il repoussa cette pensée, loin à l'arrière de sa tête. Il ne voulait surtout pas se laisser attendrir par ça. En réalité ça ne faisait que confirmer ses craintes qu'elle finirait pas abandonner Chuck.

Elle l'avait déjà fait plus d'une fois et là où il ne pouvait comprendre son fils, c'était qu'il lui avait pardonné ses trahisons les unes après les autres sans jamais en tirer de leçon.

- Le jour où tu auras un enfant, tu verras que ce n'est pas si facile, harangua-t-il.

Blair accusa le choc cette fois, mais elle refusa de battre en retraite. De toutes les personnes, Bartholomew Bass était certainement le dernier à pouvoir donner des leçons en terme de parentalité.

- Je sais pertinemment à quel point c'est difficile de prendre la bonne décision, se blâma-t-elle. Chuck m'a pardonné l'impardonnable, je ne le sais que trop bien. Mais je sais aussi autre chose, il aurait été un père bien meilleur que vous pour notre fils ! Et si ce bébé avait dû être la seule chose qui lui restait, il ne lui aurait jamais fait porter la culpabilité de mon absence !

Bart fronça les sourcils. C'était la deuxième fois qu'elle faisait référence à un fils ... A leur fils ?

Les pièces s'imbriquèrent soudain les unes aux autres dans son cerveau, celle qui manquait donnant tout son sens aux actions de Chuck durant les derniers mois.

- Tu étais enceinte ! s'exclama-t-il, abasourdi.

Blair ne savait pas si c'était une question ou une l'énonciation d'une évidence.

Elle prit soudain conscience que personne, à part quelques uns de leurs proches, ne savait. Chuck avait pris bien soin de protéger son secret. Elle se mordit la lèvre inférieure sans s'en rendre compte. C'était une chose qu'elle faisait quand l'anxiété la gagnait.

Peut-être que Chuck ne voulait pas que Bart sache. Peut-être n'avait-il pas eu le temps de le lui dire. Peut-être ne voulait-il pas le lui faire savoir.

L'homme vit la consternation se peindre sur les traits de la jeune femme.

Les heures précédant la naissance de Chuck prirent forment devant ses yeux. Il avait été si heureux d'avoir un fils. D'avoir pu convaincre Évelyne de le garder. Mais il ne s'était pas imaginé qu'elle quitterait l'hôpital moins de trois jours plus tard en lui en abandonnant la charge totale. Il avait stupidement cru que ce bébé pourrait tout changer et il lui en avait voulu que ce ne soit pas le cas.

- Chuck est la meilleure chose qui soit jamais arrivée dans ma vie, affirma Blair. Et il aurait dû en être de même pour vous. Il l'est en tout cas en ce qui concerne Bass Industrie. Je ne connais personne d'autre que lui qui aurait pu s'en sortir aussi bien à cet âge et sans expérience. Il a ça dans le sang, vous devriez au moins être fier de ça et le reconnaître. Ne le punissez pas pour mes erreurs, elles lui ont déjà coûté assez, conclut Blair avant de tourner les talons.


Lundi 18 juin 2012 : 18h30

Jack et Chuck franchirent les portes du Palace.

Ils avaient passé tout leur après-midi à élaborer une stratégie de défense à l'encontre de Bart.

Aucun d'eux ne le sous-estimait assez pour croire qu'il renoncerait à son idée d'être le seul Bass à la table du conseil d'administration.

Quand ils pénétrèrent dans le bureau, ils s'installèrent chacun sur un siège face à leur aîné.

- Qui aurait jamais cru que vous feriez front commun ? ironisa ce dernier.

- Ce n'est pas la première fois, déclara Chuck. Je pensais que tu étais resté informé.

- Russel Thorpe, se rappela Bart. Effectivement, c'était plutôt bien vu de votre part.

Chuck releva un sourcil d'étonnement avant de jeter un œil à son oncle.

- Si on parlait plutôt du futur, réclama celui-ci avec un petit sourire narquois.

Celui-là même dont Chuck avait hérité de leur père songea Bart. Lui tenait plus de sa mère.

Il ignorait totalement par quoi s'était soldée la fuite de cette dernière mais son ivrogne de père n'avait pas eu de mal à charmer une autre pauvre femme qui avait fait les frais de ses colères et lui avait donné un autre fils.

Jack n'avait cependant pas eu sa passivité. A douze ans, il avait répondu coup pour coup, ce qui avait eu pour conséquence d'attirer les flics, alertés par un des voisins et de les faire atterrir tous aux urgences avant que leur paternel ne soit interné en cure de désintox.

Quand le vieux était rentré au logis plusieurs semaines après, plus personne n'était là pour l'accueillir. Chacun avait pris des chemins différents, jusqu'à ce qu'ils se revoient à son enterrement quelques années plus tard.

- Tu sais que le conseil doit voter à l'unanimité pour nous destituer, entama Chuck.

Avec ce que Georgina avait déterré sur les uns et les autres et les talents de maître chanteur de son oncle, ils étaient déjà certain que l'unanimité ne se ferait jamais. Il n'en revenait pas de devoir son salut au sein de BI à ces deux là.

- Je n'ai pas l'intention de vous évincer du conseil, juste de reprendre les commandes, répondit Bart.

Jack et Chuck échangèrent un regard d'incompréhension.

- C'est ma société et je reprend la main, expliqua Bass Senior. Mais je serais fou de vous laisser libre pour la concurrence. Ce serait manifestement une erreur tactique. Je préfère vous avoir tous les deux avec moi plutôt que contre moi. Donc, si ça vous convient, ou pas, ce sera comme ça. Jack tu continueras de superviser Bass Océanie. Quant à toi, Chuck, tu te chargeras de gérer les dossiers avec le Canada et l'Amérique du Sud. Étant donné la situation plus que désastreuse là-bas, je me chargerai moi-même de l'Europe.

Il se leva et gagna le meuble mural pour ouvrir le bar et servir trois verres de scotch. Il réprima un sourire en se disant qu'il devrait également enfermer la carafe et les verres en lieu sûr dans son bureau au siège de BI.