Merci miss-acacia84 & Moozanna.
Réponses en mp.
Para 12
Vendredi 6 juillet 2012 : 15h22 (Paris)
Eléanor Waldorf-Rose traça une nouvelle courbe sur son esquisse. La semaine de la mode à Paris avait été un vrai succès et elle était vraiment heureuse que Blair ait accepté de prendre sa succession à la tête de l'entreprise.
Elles avaient eu leur lot de conflits mais elles avaient mis tout ça derrière elles et elle était enchantée de se retrouver dans l'atelier en compagnie de sa fille.
La styliste releva la tête de ses crayonnages et posa un regard maternel sur la brunette, installée à un bureau en face d'elle. Elle remonta ses lunettes sur son nez et un sourire discret illumina quelque peu son visage.
Elle se sentait emplie de fierté. Blair avait su surmonter sa peine et sa douleur pour reprendre le cours de sa vie après avoir vécu une véritable tragédie. Elle était une jeune femme forte et déterminée et elle n'avait aucun doute qu'elle mènerait à bien et gérerait de son mieux cet héritage.
Blair recalcula une dernière fois les bénéfices des ventes du défilé organisé par Waldorf Designs sur les podiums parisiens. Elle fredonna à voix basse la dernière chanson de Coldplay qui passait à la radio. Elle était satisfaite des résultats. Bien entendu, le mérite en revenait pleinement à sa mère.
Elle-même n'avait pas fait grand chose car tout était organisé de longue date, mais la fashion week de New York serait différente. Ce serait son premier défi en tant que codirectrice et même si elle savait qu'Eléanor serait là pour l'épauler, elle n'ignorait pas non plus que le monde de la mode l'attendrait au tournant.
Elle devrait faire ses preuves et se faire un prénom. C'est la raison pour laquelle, elle avait proposé de créer une ligne B afin de se démarquer. Sa mère avait approuvé cette idée avec enthousiasme, ce qui avait ravi – et aussi un déstabilisé – la jeune brunette pas vraiment habituée à recevoir si facilement l'approbation d'Eléanor Waldorf.
« Il est 15h30, l'heure de retrouver notre flash-info, présenté par Stéphane.
- Un avion privé aurait tenté un atterrissage forcé au-dessus de la Bretagne. Le pilote n'a cependant pas réussi. Le jet d'un des plus gros magna de l'immobilier international, la société Bass Industrie, s'est écrasé en Côtes d'Armor. Heureusement en dehors de toutes zones habitées. Il y a un mort et deux blessés graves à déplorer parmi les passagers. Les autorités n'ont toutefois pas encore délivré l'identité de ceux-ci.
Nous reviendrons sur cet accident dans le prochain bulletin.
A Paris ... »
La brunette n'entendit rien du reste des actualités, tétanisée par la peur, elle tenta de respirer malgré la douleur qui venait de la prendre à la gorge.
Ça ne pouvait pas ...
Il ne pouvait pas ...
Elle ne le supporterait pas ...
- Blair, articula sa mère en posant un bras sur celui de sa fille, qui tremblait.
La jeune femme, les yeux noyés, se rua sur son smartphone et appuya sur la touche numéro un. La sonnerie retentit cinq fois avant qu'elle ne soit dirigée sur la messagerie vocale mais elle était incapable d'articuler quelque mot que ce soit.
Elle raccrocha et appuya sur la touche numéro deux.
Vendredi 6 juillet 2012 : 9h33 (New York)
Le téléphone de Serena tintinnabula dans son sac. Elle grommela tout en insérant sa carte bancaire dans le terminal de la main droite et composa son code tandis qu'elle s'évertuait à attraper l'appareil de l'autre.
Elle avait pris le petit déjeuner chez Dominique Ansel avec sa mère ce matin et elle avait tenu à payer pendant que Lily était partie se repoudrez le nez. Maintenant qu'elle gagnait son propre argent, elle aimait encore plus le dépenser.
La serveuse lui fit un sourire, l'invitant à prendre son temps, elle était une cliente de marque, après tout.
- B ? répondit la blonde dans le combiné en le portant à son oreille.
- Non, c'est Eléanor, dit la voix de la mère de sa meilleure amie.
S sentit son sang se figer dans ses veines.
- Sais-tu où est Chuck ? interrogea prudemment la styliste qui avait attrapé le smartphone qui tremblotait entre les doigts de sa fille.
Elle passa un bras autour des épaules de celle-ci et mit la communication sur haut parleur.
- Est-ce que Blair va bien ? questionna en retour Serena, inquiète.
Depuis le temps qu'elles étaient amies, la mère de Blair, ne l'avait jamais appelée sur son portable.
- Elle ira mieux quand on aura localisé son fiancé, répondit Eléanor sur un ton un peu brusque.
La nervosité de sa fille la gagnait à son tour.
- Oh ! commenta S, se rendant compte qu'elle était certainement entendue dans toute la pièce de l'autre côté du fil mais sans comprendre de quoi il retournait exactement. Ils ont décollé pour Londres hier, avec Nate.
De quoi s'agissait-il exactement ?
Le silence sur la ligne fut assourdissant. Seule, la musique du dernier Jason Mratz résonnait en fond sonore.
- Eléanor ? risqua la blonde.
Sa voix se coinçait tout à coup dans sa gorge et elle ressentait des picotements à la base de la nuque.
- Je ... Il y a eu un crash apparemment et ...
Les deux femmes à Paris entendirent des bruits secs et des craquements.
- Serena ? interpella faiblement Blair.
La jeune femme ramassa l'appareil qu'elle avait laissé choir sur la table et chercha sa respiration.
- Je suis là, articula-t-elle enfin quand le souffle lui revint.
- On ne sait pas encore vraiment ce qui s'est passé, résuma Eléanor en reprenant ses esprits. On a annoncé à la radio que le jet de Bass Industrie s'était écrasé sur les côtes bretonnes, à quelques centaines de kilomètres d'ici.
La blonde ferma les paupières, terrassée par l'idée qu'il soit arrivé quoi que ce soit à son petit-ami ou à son frère.
Blair devait être dans tous ces états. Voilà pourquoi c'était Eléanor Waldorf elle-même qui se trouvait à l'autre bout de la ligne.
- Il faut que je prévienne ma mère, réfléchit S à voix haute.
- Bien sûr, raisonna celle de Blair.
- B ? demanda encore son amie.
- Oui, parvint à dire la brunette.
- Tout va bien se passer, tenta de la rassurer sa meilleure amie.
Ou bien était-ce elle-même qu'elle voulait convaincre ?
- Il y a un mort, lâcha Blair, dans un sanglot à peine étouffé.
Serena agrippa le rebord de la table.
- Calmez-vous, les filles ! intervint autoritairement la styliste. Inutile d'imaginer le pire. Serena, informe Lily que nous nous rendons là-bas aussi rapidement que possible et qu'elle nous tienne au courant dés qu'elle aura la moindre information.
- Bien sûr, acquiesça distraitement la blonde.
Ne pas imaginer le pire. Facile à dire !
Elle entendit retentir la tonalité qui indiquait que la communication avait été rompue.
- Un problème, Mademoiselle ? demanda la serveuse devant le teint de cire de la jeune femme.
Cette dernière secoua simplement la tête en voyant sa mère ressortir des lavabos.
Vendredi 6 juillet 2012 : 14h31 (Londres)
Son smartphone vibra dans sa poche et il reposa le verre de scotch sur la table basse pour le consulter.
Il était assis en face de sa tante dans la maison de sa grand-mère depuis plus de trois heures maintenant.
Visiblement, son aïeule n'avait manqué de rien. La bâtisse, au creux d'un petit village dans le comté d'Hertfordshire, au sud de la capitale britannique était cossue et bien entretenue.
A priori, Bart et Jack n'avaient pas menti cette fois.
Son nouveau privé avait confirmé leurs dires et après quelques recherches, avait localisé Diana, issue d'un second mariage après la mort de son grand-père maternel, était effectivement la demi-sœur de sa mère biologique.
Cette dernière était venue clôturer le dossier de légation testamentaire, la maison et les biens de ses parents lui revenant de droit, son propre père étant mort il y a plusieurs années également.
Après quelques explications de rigueur, elle lui avait procuré des albums photos retraçant son enfance et celle d'Évelyne dans la demeure familiale.
Il détourna un instant le regard des clichés et sourit en découvrant l'identifiant.
« 1 appel manqué : Blair » s'inscrivit sur l'écran.
Il jura entre ses dents puis rappela immédiatement sa fiancée.
Il n'avait pas eu l'occasion de la joindre depuis qu'il était arrivé au Royaume-Uni. Elle lui avait dit qu'elle serait en réunion toute la matinée et ensuite, égaré dans sa discussion avec Diana, il avait également perdu le fil du temps.
C'était dingue d'être si près d'elle et de ne même pas encore avoir pu entendre le son de sa voix maintenant qu'il avait traversé l'Atlantique.
Occupé.
Il soupira et posa son smartphone sur la table basse pour se replonger dans les images de la jeunesse d'Élisabeth ... ou Évelyne, il ne savait toujours pas comment l'appeler.
Quelques minutes plus tard, son gsm se déplaça de lui-même sur la surface de verre et il se précipita pour ne pas rater la brunette cette fois.
- Blair, sourit-il en portant le combiné à son oreille.
Il entendit une espèce de gloussement - ou était un reniflement ? - qui se transforma en une sorte de sanglot et se termina par un son qui se balançait entre un hoquet et un petit rire.
- Blair ? s'inquiéta-t-il en se levant pour continuer la conversation à l'abri des oreilles indiscrètes et du regard inquisiteur de sa tante.
Il abandonna sans remord Nate avec son ancienne conquête.
Mais à nouveau, il n'entendit que des bruits bizarres provenant de son interlocutrice.
La jeune femme était incapable de parler. Elle riait et pleurait de soulagement en même temps, totalement submergée par les sentiments qui fusaient en elle.
- Blair, tu vas bien ? s'enquit son fiancé de plus en plus perplexe.
- Chuck, hurla-t-elle pratiquement dans le téléphone.
Il écarta l'appareil de son oreille en grimaçant.
- Blair, mais qu'est-ce qui se passe ? interrogea-t-il complètement inconscient de la raison de l'hystérie de la jeune femme.
- Chuck, pleura-t-elle encore de l'autre côté de la ligne.
- Blair, la supplia pratiquement le beau brun qui paniquait sérieusement à présent.
Mais elle était incapable de parler, de formuler une pensée cohérente. La seule chose qui faisait écho dans son être et son âme était sa voix chaude, ce qui signifiait qu'il était en vie.
Il était vivant.
Dieu merci, il était vivant.
Mais alors qui ... ?
Bip Bip
- Merde, grogna Chuck.
Bip Bip
- Blair, parle-moi ! la conjura-t-il.
Bip Bip
- Nate ? demanda enfin la voix faible de la brune.
Bip Bip
- Nate ? répéta Chuck à son tour, hébété.
Elle l'appelait pour parler à Nate ?
Bip Bip
Est-ce qu'il était arrivé quelque chose à Serena ?
Bip Bip
Il décolla son smartphone de son visage et découvrit le nom de sa mère adoptive qui clignotait sur l'écran.
Son cœur se serra dans sa poitrine.
Bip Bip
- Blair, écoute, j'ai un double appel. C'est Lily, ne raccroche pas, ok ? Je te reprends tout de suite après.
Un son un peu guttural parvint jusqu'à lui et il l'interpréta comme un assentiment.
- Lily, grinça-t-il des dents par avance en appuyant sur le bouton pour commuter les communications.
- Charles ! Oh Mon Dieu ! Merci tu es vivant ! souffla-t-elle de soulagement. Est-ce que tu es blessé ?
- Comment va Nate ? entendit-il crier sa sœur en arrière fond.
Il put déceler la même hystérie que dans la voix de Blair quelques secondes plus tôt.
- Lily, mais qu'est-ce qui se passe ? interrogea-t-il rudement, agacé de ne rien comprendre.
- Comment va Nate ? redemanda avec urgence la voix de Serena.
- Nate va très bien, il est ici avec moi. Nous allons tous les deux parfaitement bien. Maintenant explique-moi ce qui se passe.
Il entendit sa mère adoptive transmettre l'information à la blonde et un cri de soulagement éclata, suivi de sanglots, quasiment identiques à ceux de sa fiancée.
- Eléanor a prévenu Serena il y a moins d'un quart d'heure, la radio française à annoncé que le jet de BI s'était écrasé sur les côtes de Bretagne.
L'air du jeune homme quitta ses poumons.
Le voyage horrible en compagnie de son père depuis Manhattan défila devant ses yeux.
Bart avait dit qu'il devait également se rendre en Europe pour tenter d'apprivoiser un nouvel investisseur important d'une chaîne helvète de complexes hôteliers. Il avait insisté pour qu'ils voyagent ensemble, indiquant que le jet n'aurait qu'à faire une escale à Glasgow.
Pendant les huit heures de vol, son père n'avait cessé de lui répéter qu'il était bien son géniteur et qu'Évelyne était bien sa mère biologique.
« Je pensais que puisque tu étais revenu, on pourrait reprendre tout à zéro. J'ai stupidement cru que, étant donné que tu t'étais sacrifié pour que Lily et moi soyons en sécurité, ça signifiait que je pourrais enfin avoir une vraie relation avec toi, que j'avais gagné ton amour et que j'aurais enfin droit à ton respect. Mais tu sais quoi ? J'ai aussi appris une chose pendant ton absence, l'amour d'un père ne se mérite pas, il se donne tout simplement. Et tout ce qui compte pour toi, aujourd'hui comme hier, la seule chose qui aie jamais eu une quelconque importance à tes yeux, c'est ton entreprise. Tu aurais dû me faire adopter comme elle le souhaitait ! Tu te serais épargné bien des inconvénients. »
Entêté, il avait ensuite obstinément refusé de lui adresser la parole malgré les tentatives de Bart. Il ne voulait plus rien entendre qui sorte de sa bouche. Tout ce qu'il disait n'était que mensonge.
Il plissa les paupières et passa une main sur son visage.
- Charles ? questionna Lily, mal à l'aise depuis qu'un silence pesant s'était installé sur la ligne.
- Mon ... Bart ... il ... il était dans l'avion, bredouilla-t-il le souffle court.
Cette fois c'est elle qui resta sans voix.
Son ex mari – les papiers du divorce avaient été signés trois jours auparavant grâce à une procédure accélérée et aux bonnes relations de ce dernier avec les autorités – était déjà mort une fois et cela rendait un peu la nouvelle irréelle. Tout aussi irréelle que sa soudaine réapparition.
- Charles ...
- Je dois te laisser Blair est en attente, déclara-t-il avant de couper la communication.
Il permuta à nouveau l'interlocuteur.
- Blair, bafouilla le jeune homme d'une voix sourde.
- Chuck, est-ce que tu vas bien ? ânonna-t-elle lentement.
Elle avait enfin reprit ses esprits, sa mère lui posant des questions sur l'état de santé de son futur gendre.
Chuck était sauf mais peut-être était-il blessé ?
- Je vais bien, oui, et Nate aussi, ne t'inquiète pas pour nous. Nous avons atterri il y a déjà plusieurs heures. La seule personne qui restait à bord de l'avion, c'était ... mon père ... et l'équipage.
La jeune femme entendit l'émotion dans sa voix même s'il tentait de maîtriser les trémolos qui s'y mêlaient.
- Ils ... ils ont annoncé un mort et deux blessés graves, l'informa-t-elle.
Elle savait pertinemment les possibilités que ça impliquait.
- Chuck ?
Bip Bip
- Il ... Il faut que je libère la ligne, dit-il, redoutant déjà l'appel.
L'identifiant lui était inconnu mais il reconnaissait le préfixe 0033.
Bip Bip
- D'accord, accepta-t-elle à contre cœur à présent pleinement rassurée et bien consciente de la réalité de la situation.
Elle aurait voulu le serrer tout contre elle et se blottir tout contre lui. Elle avait besoin de ses bras autour d'elle, tout comme, elle en était certaine, il avait besoin des siens autour de lui.
Bip Bip
- N'oublie pas que je t'aime, dit-elle doucement.
Les mots de Blair s'instillèrent en lui, lui apportant un peu de réconfort.
Bip Bip
- Je t'aime aussi, je te tiens au courant, murmura-t-il avant de raccrocher.
La jeune femme rangea son BlackBerry dans sa pochette et remercia sa mère pour son soutien d'un regard avant de lui donner les dernières informations en sa possession.
Eléanor l'attira à elle et la cajola un peu, chose qu'elle ne se rappelait pas avoir fait en de nombreuses occasions durant son enfance. En fait, pas du tout, c'était toujours Harold qui consolait Blairbear.
La première et dernière fois qu'elle avait fait ça, c'était après la perte de son petit-fils.
- François, augmentez le volume de la radio, commanda-t-elle au chauffeur qui s'exécuta.
Il l'avait préalablement réglée sur la fréquence de France info
