Merci miss-acacia84 et x-Beautiful Blass-x,
Désolée d'avance, miss, je pense que tu n'apprécieras pas trop ce para.
Para 15
Samedi 7 juillet 2012 : 9h18
Nate et Chuck longeaient les couloirs du Centre Hospitalier Pierre Le Damany.
Blair était repartie pour la capitale au petit matin avec Eléanor.
Le jeune homme appréhendait leur séparation, lui aussi mais il n'ignorait pas que ça ne pouvait qu'être positif pour la femme qu'il aimait que de regarder vers l'avenir.
D'autant qu'il avait lui-même de quoi s'occuper.
Il avait besoin de mettre les choses au clair avec ses parents. Il était à présent certain de leurs identités mais cela ne rendait pas la situation plus facile pour lui.
Il était toujours sous le coup des déclarations de sa mère biologique et la scène qui s'était jouée la veille avec son père tournoyait dans son esprit.
Les choses étaient différentes, sans qu'il sache exactement comment, ni pourquoi. La seule chose qu'il savait c'est qu'il n'était plus disposé à laisser Bart le traiter comme un gamin et lui dicter sa conduite.
Son meilleur ami s'arrêta net devant lui et il le percuta.
- Nathaniel, grogna-t-il.
L'héritier Archibald ne répondit cependant pas.
- Nate, Chuck, les salua Diana qui venait de sortir de la chambre 872.
- Je croyais que tu devais rentrer à New York, s'exclama le jeune homme aux yeux bleus. Tu n'avais pas une réunion de prévue avec le personnel pour ce matin ?
- Si, mais je l'ai reportée à la fin de la semaine. Ma sœur a eu un accident, répliqua-t-elle en leur jetant un regard furibond.
Quand les deux jeunes hommes avaient quitté la maison de sa mère, ils n'avaient pas stipulé qu'Évelyne était impliquée.
- Aucun de vous n'a eu l'idée que ça pouvait m'intéresser ? glapit-elle encore.
- Personne n'avait connaissance de sa présence à bord du jet, expliqua Chuck un peu décontenancé.
Il n'avait pas songé à appeler Diana une seule seconde, en réalité. Même après avoir découvert que sa mère biologique était également dans l'avion.
En fait, il ne pensait pas qu'elles étaient très proches mais, à la réflexion, il n'en savait rien du tout.
Cela semblait apparemment être le cas puisque l'éditrice était venue sur place.
Qui plus est, elles étaient ensemble aux dernières fêtes de Noël, tenant la main de leur mère agonisante et les albums que lui avait montrer Diana attestaient qu'elles étaient complices lorsqu'elles étaient enfants.
Sa tante parut cependant se contenter de sa réponse.
- Et maintenant, où est-elle ? questionna-t-elle.
- Comment pourrait-on le savoir ? Tu vois bien qu'on arrive, là ! rétorqua Nate.
Les relations entre les deux anciens amants étaient on ne peut plus glaciales.
Il tolérait à peine la présence de la Britannique au Spectator parce qu'il y était forcé, mais il ne faisait aucun effort pour être aimable avec elle. Surtout depuis qu'il avait cru un instant qu'elle était la mère de son meilleur ami.
Qu'elle ne soit que sa tante atténuait un peu les choses, mais ce n'était toujours pas suffisant pour ôter la culpabilité qu'il éprouvait envers Chuck.
- Quel est le numéro de chambre du Grand Manitou ? interrogea la brune pétulante avec humeur.
Son neveu l'observa un instant, étourdi par sa question.
- Elle est ne peut être que là ! se lamenta Diana en secouant la tête en désapprobation.
Sa sœur avait toujours été incapable de résister à Bart Bass. S'il était dans cet hôpital, inutile de chercher ailleurs.
- 987, indiqua l'héritier Bass en prenant la direction de la chambre de son paternel.
Sa tante et son meilleur ami lui emboîtèrent le pas.
En entrant dans la pièce, il stoppa sa progression et cette fois, c'est son meilleur ami qui le percuta de plein fouet.
Il resta un instant médusé de voir son père, installé dans son lit, qui souriait à Évelyne, assise auprès de lui.
C'était bien la première fois de sa vie qu'il voyait un sourire - un vrai, pas un rictus sardonique - sur les traits de Bartholomew Bass.
Ce dernier perdit cependant sa bonne humeur en se rendant compte qu'il y avait des témoins. Son regard se fit plus dur et il reprit son sérieux, s'éclaircissant la gorge.
La mère de Chuck, elle, posa un instant les yeux sur son fils avant de se lever et de murmurer quelque chose qu'il n'entendit pas à l'oreille du blessé.
Elle passa à côté de lui en s'excusant et il la vit s'empourprer quand elle croisa les prunelles, étincelantes de colère, de sa sœur qui se tenait derrière un jeune homme aux yeux azur, qui s'effaça pour la laisser passer dans le couloir.
Diana pivota sur ses talons pour la suivre.
- Non, mais tu te fiches de moi ? se récria-t-elle.
- Ne commence pas ! grinça son aînée.
Chuck perdit le fil de la dispute qui allait s'en suivre, à n'en pas douter, comme elles s'éloignaient.
Il se tourna vers son père qui soupirait et leva un sourcil interrogateur.
- Quoi ? Ève est juste venu voir comment j'allais, aboya l'homme, sur la défensive.
Son fils avança de quelques pas vers lui, les yeux plissés.
Il y avait bien plus que ça, ici.
Il pouvait encore sentir l'électricité dans l'air même si « Ève » avait quitté l'endroit.
Pour un peu, il aurait pu distinguer des étincelles.
Nate marmonna quelques mots inintelligibles et se dépêcha de sortir de là.
Le jeune Archibald ne connaissait que trop bien le magnétisme qui irradiait de partout dans cette chambre. Il pouvait le gérer quand il s'agissait de ses meilleurs amis, mais pas quand ça concernait Bart Bass. C'était vraiment trop flippant !
Chuck étudia un moment son père sans rien dire.
Ce dernier s'appliquait à ne pas regarder son fils, exactement comme la veille et ça le perturbait beaucoup.
Le jeune homme savait comment se comporter face à ses regards chargés de reproches ou de désapprobations.
Il avait appris à baisser les yeux et à écouter en silence, pendant que le grand Bart Bass lui faisait la morale et listait toutes les raisons pour lesquelles son fils était un tel échec et une telle déception dans sa vie.
Il avait appris à s'excuser, encore et encore, pour son comportement, outrancier et malsain, qui faisait honte au nom des Bass et mettait le Président Directeur Général de BI dans une position inconfortable devant ses associés et ses clients.
Mais il n'avait jamais appris, et n'avait jamais été préparé, à interagir avec l'homme au visage impassible lorsqu'il agissait comme une véritable personne et non comme un robot dénué de tous sentiments (hormis la colère et l'ennui qu'il lui inspirait toujours)
Il ne pensait même pas que ça puisse arriver !
Et il se trouvait totalement démuni devant cet homme qu'il ne reconnaissait pas.
Cependant, un des points forts de Chuck Bass était sa grande capacité d'adaptation.
Après quelques instants, un sourire narquois prit place sur ses traits anguleux.
- Ève ! s'exclama-t-il sur un ton tout innocent.
Bart darda un regard ampli de fureur sur lui, mais ça ne fit que renforcer le pouvoir du jeune homme.
Il venait de trouver, là, le talon d'Achille de son paternel et il n'était pas prêt de l'oublier. Il comprit pourquoi ce dernier voyait d'un si mauvais œil sa relation avec Blair.
Était-il lui-même aussi transparent quand il s'agissait de la femme qu'il aimait ?
Probablement, mais ça ne le gênait pas outre mesure.
Ça ne le gênait plus, se corrigea-t-il.
Ce qui était loin d'être le cas du grand Bartholomew Bass, qui se targuait de n'avoir aucune faille à son armure.
- Donc, reprit-il. Ève t'a-t-elle dis quand elle était censée quitter cet hôpital ?
Son père grimaça malgré lui mais ne répondit toujours pas.
Touché en plein dans le mille !
On aurait dit un gamin qui boudait dans son coin.
Bien qu'il soit extrêmement difficile pour Chuck d'imaginer que son paternel ait jamais été un enfant, lui aussi.
- Ok ! continua-t-il. Est-ce que les médecins t'ont dit quand, toi, tu pourrais sortir ?
- Dans quatre jours si tout va bien, bougonna son père.
Chuck fit une signe de la tête et porta son smartphone à l'oreille pour aboyer à quelqu'un de préparer le jet pour un retour à Manhattan en temps et heures.
L'homme alité n'en revenait pas de se retrouver dans cette situation.
A quel moment exactement son petit garçon était-il devenu un homme ?
Et un homme qui avait plus de pouvoir que lui, qui plus est ?
Il avait tenté de corrompre l'équipe médicale pendant la nuit mais, comme le lui avait annoncé sa progéniture, il n'avait rien pu en tirer.
C'était insensé !
Il ne savait pas comment il s'y était pris, mais le jeune blanc-bec avait apparemment su tirer les bonnes ficelles. Ce qui, il ne le reconnaîtrait jamais à voix haute, l'impressionnait énormément et le laissait aussi totalement furieux.
Et voilà que maintenant, en plus, son fils se moquait ouvertement de lui, le titillant sur ses sentiments pour sa propre mère !
Il soupira à nouveau, dépité.
Il avait manifestement sous-estimé ce que l'adolescent torturé était devenu.
Le soutien et l'amour de la femme qu'il aimait semblait lui apporter plus de force qu'il ne lui en faisait perdre, finalement.
Peut-être s'était-il trompé pendant tout ce temps ?
Non, Bart Bass ne se trompait pas !
Les femmes finissaient toujours par vous abandonner. On ne pouvait pas leur faire confiance !
Son père le lui avait seriné sans cesse.
Il fut soudain affligé de réaliser à quel point cet espèce de salopard avait de l'ascendant sur lui depuis sa tombe.
- Le pilote se tiendra à notre disposition, indiqua Chuck en raccrochant.
Samedi 7 juillet 2012 : 9h56
Chuck se dirigea vers la 872, Nate était descendu à la cafétéria, le laissant gérer la situation avec son paternel.
Il avait besoin de s'entretenir avec sa génitrice avant qu'elle ne quitte les lieux. C'est la raison pour laquelle il s'était rendu dans sa chambre en premier lieu.
La discussion qu'ils avaient eu la veille, les explications qu'elle lui avait fournies, avaient repasser en boucle dans son cerveau, accolées aux réactions inhabituelles de son père, bien longtemps après que Blair se soit endormie dans ses bras.
- Diana, c'est bon ! J'ai compris ! entendit-il s'agacer sa mère biologique.
Il ne l'avait jamais entendue élevée la voix jusqu'ici.
Il se fit la réflexion qu'il se retrouvait face à beaucoup de choses qu'il n'avait encore jamais expérimentées, depuis quelques jours.
- Tu en es certaine ? Parce que la manière dont tu te comportais avec lui ce matin ne m'en a pas vraiment convaincue ! rétorqua sa jeune demi-sœur.
Évelyne souffla
- Nous avons failli mourir, au cas où ça t'aurait échappé, glapit-elle en lui jetant un regard noir dans le miroir.
- Et moi, je te rappelle qu'il était censé être déjà mort ! Et au cas où, toi, tu l'aurais oublié, je te rappelle également que c'est moi qui ramasse les morceaux de ton cœur à chaque fois qu'il le met en charpie ! contra Diana.
Son aînée ne répondit pas et s'appliqua à faire tenir une mèche de ses cheveux dans une épingle.
- Je sais ce que je fais. Ne t'inquiète pas, tenta-t-elle de rassurer sa sœur.
Cette dernière roula des yeux au ciel.
- Evy ... commença-t-elle, sur un ton un peu radouci.
Quand il s'agissait de Bart Bass, sa sœur aînée perdait toutes facultés de raisonnement.
- Inutile de gaspiller ta salive, je connais parfaitement la chanson, la coupa l'intéressée. Je suis bien consciente qu'il est toujours le même, mais les choses sont néanmoins différentes cette fois.
Diana l'observa, incrédule.
- Je sais que c'est difficile à concevoir pour toi, mais Bart a un cœur, lui aussi.
- Permets-moi d'en douter, grommela sa jeune sœur.
- Dia, s'il te plaît, plaida Évelyne.
- Okay, admettons ! se rétracta-t-elle faussement. Il a un cœur que tu es la seule à avoir jamais vu. Oublions donc son besoin compulsif de possession, sa paranoïa, son chantage et ses menaces, ainsi que toutes les fois où tu es rentrée en pleurs parce qu'il te rendait complètement dingue !
- Je n'ai jamais dis qu'on allait se remettre ensemble ! Juste ...
- Juste qu'il te faudra moins d'une semaine pour te jeter dans ses bras et dans ses draps, clama sa cadette.
Le jeune homme grimaça de dégoût à cette idée, il n'avait aucune envie d'en entendre d'avantage si ça partait sur ce terrain là.
Il leva la main pour frapper à la porte mais s'arrêta le bras en l'air.
- Chuck ! expliqua sa mère biologique. Nous avons un fils et c'est lui notre priorité pour l'instant. Cette fois, les choses sont différentes parce que ça ne concerne pas que nous deux.
- Tu aurais peut-être pu y penser à sa naissance ! la fustigea Diana.
Elle non plus n'avait jamais voulu s'encombrer d'un enfant. Elles avaient toutes deux été bien apprises. Avoir un moutard dans les pattes brisait votre vie de femme. Dieu seul savait pourquoi leur mère en avait eu deux, sans doute pour s'assurer que quelqu'un prendrait soin d'elle dans ses vieux jours !
Leur génitrice avait obtenu exactement ce qu'elle désirait, à peu de chose près. Aucune d'elles n'avait jamais été proche d'elle, mais le lien entre elles deux par contre était solide.
Èvy avait toujours été là pour palier à l'absence d'amour maternel (et paternel tant qu'à faire) les deux sœurs s'étaient toujours appuyées l'une sur l'autre. Elles avaient toujours pu compter sur l'autre quand leur mère les abandonnait à leur propre sort pour suivre son amant (rarement son mari, qui ne s'en souciait guère) Elles avaient toujours fait front commun devant les voisins et les mauvaises langues.
- J'avais déjà assez donné avec toi et je n'étais pas prête à être une vraie mère à sa naissance, encore moins dans les conditions de l'époque, mais aujourd'hui ...
- Aujourd'hui ? demanda sa cadette.
- Aujourd'hui, ce n'est plus seulement à moi d'en décider, termina l'aînée avec des regrets dans la voix. Mais si je peux avoir, ne fut-ce qu'une seule chance, de renouer un lien avec mon fils et de réparer un tant soi peu les dommages que j'ai causés, je la saisirai sans me poser de question cette fois. Parce que je n'ai aucune envie qu'il se tienne un jour sur ma tombe, ou pire, qu'il vienne me tenir la main pour me regarder mourir dans quelques années, sans même savoir qui j'étais.
Poignant dans son sac de voyage, elle ouvrit la porte et se retrouva nez à nez avec lui.
Il la vit blêmir et déglutit.
- Chuck, bafouilla-t-elle.
- Je peux te parler un instant ? demanda-t-il d'une voix un peu enrouée.
- Bien sûr, sourit-elle maladroitement. Dia ...
- Je t'attends dans la voiture, indiqua la brune aux yeux clairs.
Elle passa devant son neveu et lui adressa un petit signe de tête.
- On se croisera certainement à Manhattan prochainement, dit-elle en s'éloignant déjà dans le couloir.
Il acquiesça et reporta son attention sur sa mère biologique.
Cette dernière l'invita à entrer et referma la porte derrière lui.
- Assieds-toi, proposa-t-elle nerveusement.
Il s'exécuta et la regarda faire de même en face de lui, de l'autre côté de la table.
- Je t'écoute, dit-elle pour l'encourager.
- Est-ce que c'est vrai ? questionna-t-il, allant droit au but.
Quelque chose qu'il avait sans doute hérité de Bart.
- Je ne sais pas ce que tu as entendu, commença-t-elle.
- Est-ce que tu veux vraiment être ma mère ?
- Si tu veux bien de moi, répondit-elle honnêtement.
- Pourquoi ?
- Parce que tu es mon fils.
- Je l'étais déjà, il y a vingt et un ans ! Je l'étais, il y a deux ans. Je l'étais aussi, il y a six mois. Qu'est-ce qui a changé ? Est-ce que tu crois ... Tu espères le récupérer en faisant semblant de t'intéresser à moi ?
Il tentait désespérément de ne pas laisser l'espoir envahir son cœur d'enfant. Il lui avait déjà fait confiance une fois. Il lui avait permis de s'approcher assez près pour le blesser. Il ne referait pas deux fois la même erreur, même si elle l'avait sauvé de la mort. Elle avait clairement stipulé qu'elle n'avait aucune intention de reprendre une place dans sa vie pour autant.
- Non, réfuta-t-elle.
Pourquoi son fils aurait-il eu la moindre confiance en elle ?
- J'ai juste réalisé que je ne voulais pas être une étrangère pour toi. Je sais qu'il est tard, trop tard, mais je veux réellement te connaître. J'ai déjà perdu bien trop de temps. J'aurais dû penser à toi plutôt qu'à moi à ta naissance mais, j'en étais incapable. Comme tu le sais déjà, j'étais bien trop égoïste pour faire passer les besoins de qui que ce soit, y compris ceux de mon bébé, avant les miens.
Elle posa une main tremblante sur la sienne en travers de la table et le fait qu'il ne la repousse pas l'incita à continuer.
- Le décès de ma mère m'a fait réfléchir à pas mal de choses, confia-t-elle. Je sais que ce n'est pas une excuse valable et je ne vais certainement pas essayer de t'apitoyer sur mon enfance. Disons juste que ça, plus la venue de Bart et l'accident ... J'ai pris conscience qu'il était temps pour moi de faire face à mes responsabilités et d'essayer de combler les lacunes de mon existence après ta visite hier.
Il remua sur sa chaise, mal à l'aise. Cependant il ne rompit pas le contact pour autant. Aussi étrange que ce soit pour lui, il avait vraiment besoin de la laisser s'expliquer. Il avait un besoin viscérale de comprendre.
- Quand ton privé m'a appelé la première fois, j'ai été effrayée parce que j'avais pensé que tu ne voudrais plus jamais entendre parler de moi. Ensuite, j'ai réalisé que tout ce que tu souhaitais c'était connaître la vérité et je me suis dit que je te devais au moins ça. Et puis, je suis lasse de tous ces mensonges, de ce vide qui a élu domicile en moi, depuis que je t'ai menti avant de monter dans ce taxi à New York.
Elle leva les yeux sur lui et il sut qu'elle ne lui racontait pas d'histoires, cette fois. Elle était vraiment sincère, elle voulait réparer ses fautes.
- J'ai déjà une mère, souligna-t-il sans aucune volonté de la blesser.
Il voulait juste mettre carte sur table, lui aussi. Si elle était honnête avec lui, il lui devait de faire de même.
- Une mère qui m'a choisi, poursuivit-il sans pouvoir refouler l'émotion qui comprimait sa poitrine. Une mère à laquelle je ne renoncerai pas. Elle s'est battue pour moi, elle a pris ma défense et a tenu bon malgré toute mes tentatives pour la décourager. Elle a bien voulu de moi quand ...
Il baissa les yeux et avala pour dissiper le nœud qui obstruait sa trachée.
- Quand personne d'autre ne voulait de moi, murmura-t-il.
- Je suis désolée, s'excusa-t-elle encore, les larmes aux yeux. Je n'attends pas de toi que tu efface Liliane de ta vie, ni de ton cœur. Je sais qu'elle a pris soin de toi quand je ne l'ai pas fait. Et pour ça, je ne la remercierai jamais assez. C'est certainement grâce à elle si tu es devenu le jeune homme que tu es aujourd'hui et elle doit être très fière toi.
Il releva son visage vers elle.
- Je te demande juste une chance de te prouver que je veux faire partie de ta vie, si tu acceptes de prendre le risque de me donner une autre chance.
Elle essuya une larme qui roulait sur sa joue.
- Ton père et moi, nous avons beaucoup parlé de toi ces dernières vingt-quatre heures. Nous savons parfaitement qu'aucune de nous n'a été un parent à la hauteur et chacun de nous voudrait vraiment essayé de se racheter. Ça ne sera sans doute pas facile mais on est réellement prêt à faire de notre mieux.
Chuck la regarda un peu perdu.
Bart Bass voulait se racheter ?
Dans quel dimension se trouvait-il propulsé tout à coup ?
Si Blair était là ...
Mais elle n'était pas là.
Il devait prendre ses propres décisions.
- Si tu rentrais à Manhattan avec nous, il serait sans doute bien plus facile à gérer, raisonna-t-il à voix haute.
Le regard de la femme brune vibra un instant au rythme de l'espoir.
- Je veux dire ... Il va devoir prendre du temps pour sa convalescence et si tu es dans les parages, il sera peut-être plus disposé ...
- A ralentir la cadence, acheva-t-elle à sa place. Tu surestimes mon pouvoir sur lui, si tu crois ça. Bass Industrie est son œuvre et même moi, je ne réussirai pas à le faire tenir tranquille.
- Peut-être que c'est toi qui te sous-estimes, contra-t-il. Tu as dis toi même qu'il aurait tout abandonné pour toi.
- Sauf toi, c'est exact, reconnu-t-elle. Mais ça, c'était avant que je ne disparaisse au milieu de la nuit en vous abandonnant.
- De ce que j'ai vu, il y a, à peine trente minutes, tu as certainement toujours une emprise sur lui, même s'il refusera certainement de le reconnaître. Je ne l'ai jamais vu sourire comme ça de toute ma vie, lui confia-t-il.
Il la vit hésiter.
- Tu as dit que tu saisirais l'opportunité si tu en avais l'occasion. Je te l'offre sur un plateau d'argent, commenta-t-il.
- Soit, acquiesça-t-elle. Admettons que je vienne à New York. Et ensuite ?
- Ensuite, on verra comment ça évolue et on agira en conséquence, proposa-t-il sans vraiment savoir dans quoi il s'embarquait lui non plus.
Mais le Docteur Sherman disait que chaque risque pouvait mener plus loin sur le chemin du bonheur et que les remords étaient préférables aux regrets.
- D'accord, à une condition.
- Laquelle ?
- Je voudrais que tu me présentes ta mère. Je ne viens pas pour ton père, je viens pour toi, avant tout.
Il resta sans voix.
- Je me suis trompée, poursuivit-elle ancrant ses prunelles chocolat dans les siennes. Quand j'ai dit tu n'étais pas la raison qui pourrait me faire revenir. Bart et toi, vous êtes deux personnes bien distinctes. Je tiens sincèrement à connaître mon fils et sa famille. Je veux apprendre à te connaître et gagner une place dans ta vie, s'il n'est pas trop tard.
- L'amour ne se gagne pas, il se donne, répondit-il simplement sans faillir à son regard avant de se lever et de quitter la pièce.
