Thanks LimosAndPeonies107, Moozanna, x-Beautiful Blass-x et miss-acacia84.


Para 17

Jeudi 16 août 2012 : 23h12

Chuck consulta sa montre pour la vingtième fois au moins depuis la dernière heure écoulée.

L'avion de Blair était censé atterrir à 22h50 et il avait pratiquement une demi-heure de retard à présent.

Il soupira et tenta de s'occuper l'esprit sans quitter la piste du regard.

Les semaines depuis son départ lui avait semblé des siècles.

23h13

Malgré le fait qu'il soit plongé dans le travail jusqu'au cou pendant la journée, ses nuits avaient été horribles. Bien trop solitaires à son goût. Sans elle à ses côtés, il ne pouvait pas s'endormir avant les heures reculées au milieu de la nuit.

Le Docteur Sherman avait renoncé à lui faire prendre d'autres somnifères. Le médecin avait reconnu lui-même que ces insomnies n'avaient plus rien à voir avec l'accident et la perte de son fils. D'ailleurs son traitement médicamenteux avait été diminué.

Il s'appliquait donc à utiliser ce temps à travailler, encore. Ainsi, il réussissait à convertir le temps perdu en quelque chose de productif et c'était concluant.

Les derniers contrats signés avait rapporté des bénéfices plantureux à BI et son père n'avait même rien trouvé à redire à ce qu'il avait accompli.

Il faut dire que Bart était moins enclin à le critiquer sans cesse.

Ou était-ce lui qui accordait moins d'importance à ses remontrances ?

Les rapports entre les deux hommes avaient profondément changés. Chuck avait pensé que son père reprendrait vite ses habitudes après le crash du jet mais, force était de constater que ce n'était pas le cas.

23h14

Jack s'était envolé pour l'Australie avec Georgina et Milo quelques jours après leur retour à New York et il s'était retrouvé lui-même en charge de l'intérim, qui n'avait duré qu'une semaine, avant que Bart ne débarque au bureau avec ses béquilles.

Chuck avait eu la surprise d'apprendre en arrivant que le grand ponte avait fait agrandir le bureau qui jouxtait le sien à BI et que ce dernier lui était assigné. Son paternel lui avait laissé le soin de choisir le mobilier avant que ses affaires ne soient replacées dans le nouveau bureau de direction.

Ce qui indiquait que Bart s'était accommodé à l'idée de travailler en étroite collaboration avec son fils, comme il le lui avait dit le soir de la conférence de presse.

Il semblait vraiment vouloir changer la donne entre eux et le jeune homme n'en attribuait pas seulement le mérite à sa mère biologique, bien qu'il soit toujours complètement ébahi par la manière dont l'homme se comportait en sa présence.

Il ne savait pas trop comment évoluaient les choses entre ses parents et n'était pas certain de vouloir le savoir.

Jusqu'ici, il avait réussi à départager sa relation naissante avec Évelyne du reste de sa vie. Il savait par Lily qu'elles avaient déjeuner ensemble et que sa mère biologique cherchait vraiment à établir un contact sur le long terme avec lui.

Ils étaient même allés quelques fois dîner tous les deux à la demande de celle-ci et avait passé un après midi à Central Park, ce qui avait inévitablement rappelé au jeune homme les coins préférés de sa fiancée et accru son manque d'elle.

23h15

Il avait d'ailleurs également commencé à prospecter dans le but d'acquérir un appartement pour eux. Il était hors de question qu'ils vivent et élèvent leurs futurs enfants dans un hôtel.

Évelyne s'était proposée pour l'aider en faisant le tour des propriétés privées à vendre, arguant qu'elle avait également quelques connaissances dans la valeur à attribuer aux immeubles.

Elle avait elle-même fait des études d'architectures et avait ensuite bifurqué vers la décoration d'intérieure. Elle avait ouvert sa propre boîte au Royaume-Uni et avait été assez en contact avec les agences immobilières pour déterminer approximativement la valeur d'un bâtiment. Il fallait juste qu'elle s'accorde avec le marché New-Yorkais.

Pas étonnant qu'il ait ça dans le sang.

Son entreprise n'avait rien à voir avec l'empire de Bass Industrie, cependant. Elle n'avait nullement la folie des grandeurs comme Bart. Elle avait juste voulu exercer une activité après avoir brillamment obtenu son diplôme avec mention en sortant d'Oxford.

Non pas que sa mère biologique ait jamais eu besoin de véritablement travailler pour gagner sa vie. La fortune de sa famille paternelle lui avait assuré un confort financier.

Mais la jeune Évelyne n'avait eu aucune envie de devenir une de ses femmes de l'élite de la société londonienne qui passaient leur temps à se réunir et à grignoter des petits gâteaux à l'heure du thé en conversant des derniers aléas de leurs paires. (Déversant leur bile aurait été un terme plus approprié !)

Cette dernière logeait toujours dans la suite 1812. Elle avait demandé si elle pouvait y demeurer bien que d'autres chambres soient disponibles à présent. Elle disait qu'elle avait l'impression d'être plus proche de lui de cette façon.

Son cœur d'enfant s'était gonflé d'émoi lors de cette déclaration. Il n'avait pas choisi cette suite au hasard et il savait que son père n'avait jamais été dupe, même s'il avait inversé les chiffres. Sa mère avait certainement dû, elle aussi, remarquer la similitude.

Le jeune homme avait déclaré que, pour sa part, il n'y voyait pas d'inconvénient. Il n'avait aucunement l'intention d'en faire usage de toutes manières puisque il resterait chez Lily jusqu'à ce qu'il emménage avec la femme de sa vie.

23h16

Des lumières apparurent au loin, qui piquaient vers le sol et le panneaux d'affichage indiqua enfin l'arrivée du vol de sa brune.

Il bondit sur ses pieds, n'y tenant plus et fit les cents pas dans le hall, comptant les secondes qui le séparaient encore de sa fiancée.

Blair, elle, contemplait la piste depuis le hublot et se rua hors de la carlingue dés que la porte fut ouverte par l'hôtesse.

Chuck avait proposé de lui envoyer un avion privé en attendant l'acquisition d'un nouveau jet par Bass Industrie mais elle avait décliné.

Elle ne voulait pas donner à Bart la moindre opportunité de pouvoir lui reprocher quoi que ce soit, même si le beau brun ténébreux qui détenait son cœur lui avait assuré que les choses se passait plutôt calmement depuis leur retour à Manhattan.

Elle arborait un immense sourire quand elle passa les portes de l'aéroport et parcourut les derniers mètres qui la séparait de ses bras pratiquement en courant.

Ses lèvres s'écrasèrent sur les siennes, affamées elles-aussi, et ses bras se refermèrent autour de son cou alors qu'il la soulevait du sol dans son élan.

Il enserra sa taille fine et la plaqua tout contre lui, laissant folâtrer ses mains sur ses hanches et dans le creux de ses reins alors qu'il dévorait sa bouche.

- Tu m'as manqué, souffla-t-il entre deux baisers.

- Toi aussi, marmonna-t-elle, ses lèvres toujours collées aux siennes.

- J'te laisserai plus jamais partir, déclara-t-il.

- J'm'en irai plus jamais, renchérit-elle.

Arthur toussota légèrement pour manifester sa présence en se chargeant des bagages et les deux amoureux se séparèrent à contre-cœur pour se diriger vers la limousine.

Une fois qu'il eut placé les valises de la jeune femme dans le compartiment du véhicule réservé à cet effet, le chauffeur s'installa derrière le volant et monta le volume de la radio tout en prenant soin de vérifier que l'obturateur laissait toute intimité à ses passagers puis prit lentement la direction du parc.

Il s'était assuré que le réservoir était plein au préalable !


Vendredi 17 août 2012 : 7h32

La limousine se stationna devant l'immeuble qui abritait le penthouse Waldorf comme Arthur étouffait un bâillement.

Il sortit dans le petit matin et un petit air frais vivifiant lui sauta au visage quand il ouvrit la portière à la jeune femme brune qui quitta le véhicule avec le sourire aux lèvres.

Le même sourire de satisfaction s'affichait sur les traits de son employeur et le chauffeur su qu'il avait gagné un bonus et le droit de retrouver son lit douillet.

- Je n'aurai plus besoin de vous, aujourd'hui, l'instruisit en effet le jeune Bass.

Arthur acquiesça avec bienveillance et délogea les bagages de la demoiselle, bientôt Madame Bass, du coffre du véhicule pour les remettre à un membre du personnel de la résidence.

Quand les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur l'entrée du penthouse l'expression radieuse sur les traits de la brunette s'accentua encore. (Si c'était seulement possible)

Elle se figea un instant et le dévisagea.

Des centaines de bouquets de pivoines, roses, mauve, pourpre, jaunes, crème et blanches, herbacées, arbustives et hybrides, simples et doubles, emplissaient l'espace d'accueil.

- Chaque fois que je pensais à toi, j'ai passé une commande, énonça-t-il en haussant les épaules.

- Elles sont toutes magnifiques, commenta-t-elle en passant parmi les fleurs, caressant les pétales délicats, humant leur parfum entêtant ça et là.

- Pas aussi magnifique que toi, susurra-t-il à son oreille en passant ses bras autour d'elle pour les noués sur son estomac.

Un frisson parcouru l'échine de la jeune femme qui se répercuta au corps de Chuck, soudé au sien.

Il déposa un baiser dans son cou, juste sous son lobe, là où il savait indéniablement qu'il provoquerait une réponse instantanée de sa fiancée qui, en effet, ne put empêcher un gémissement de vibrer dans sa gorge.

Elle agrippa ses phalanges et enfonça légèrement ses ongles dans le dos de ses mains alors que ses yeux se révulsaient.

- Après un si long vol, j'ai besoin d'une bonne douche, ronronna-t-elle.

Sans décoller son corps du sien, elle l'entraîna jusqu'à sa chambre, direction la salle de bain, alors qu'il continuait à parsemer son cou de baisers suaves.


Vendredi 17 août 2012 : 9h42

Blair quitta la pièce d'eau dans un peignoir éponge, moelleux à souhait, que Chuck avant fait apporter du spa du Palace et pénétra dans sa chambre, toujours suivie comme son ombre par son fiancé, qui portait pour tout vêtement une simple serviette nouée autour de la taille.

Elle écarquilla les yeux quand elle dénombra une quantité impressionnante de paquets soigneusement emballés et dotés de petits flots or ou argent disséminés un peu partout dans la pièce.

Elle ne les avait pas remarqués à son premier passage, trop occupée à répondre aux baisers sulfureux du beau brun ténébreux.

- Mais qu'est-ce ...

- Je te l'ai dit, chaque fois que je pensais à toi, je passais une commande, sourit-il.

- Tu es complètement fou, rit-elle.

- Je pense que le Docteur Sherman appellerait ça « un acte compulsif de compensation lié au manque » corrigea-t-il avec le plus grand sérieux.

- Tu es toujours complètement fou, commenta-t-elle ses yeux s'illuminant devant le nombre incalculable de présents disposés autour d'elle.

Elle adorait ça !

Presque autant que la petite lueur de désir insatiable dans les prunelles noisette de son fiancé.

- C'est bien pour ça que tu m'aimes, avança-t-il de sa voix grave et chaude.

- Pour ça et pour plein d'autres raisons, répondit-elle en posant à nouveau ses lèvres sur les siennes.

Elle glissa subrepticement une main vers le bord de sa serviette mais il captura son poignet avant qu'elle n'atteigne son but.

- Non, refusa-t-il. D'abord, on va reprendre des forces.

- Chuck Bass demande grâce ? le taquina-t-elle. Je croyais que tu ne pourrais jamais te lasser de moi.

- Je ne suis pas las de toi, au contraire. Je veux que tu sois d'attaque pour la journée que je t'ai préparée.

- La journée ? questionna-t-elle, revenant soudain à la réalité en jetant un coup d'œil à son réveil.

9h45

- Tu n'es pas censé être au bureau à cette heure-ci ?

- J'ai pris un jour de congé, expliqua-t-il simplement. Et aussi celui de demain. Parce que je ne te laisserai pas quitter cette chambre pendant les prochaines septante deux heures. Maintenant, ouvre tes paquets cadeaux pendant que je vais récupérer ce que Dorota nous a préparé dans la cuisine.

Il la poussa gentiment vers le lit, tandis qu'il échangeait sa serviette contre un peignoir d'un blanc immaculé lui aussi et elle put pleinement apprécier son anatomie au passage.

Un grondement au creux de son estomac lui fit adhérer à l'idée de restauration de Chuck. Elle avait également faim de nourriture et son futur mari allait effectivement avoir besoin de toute l'énergie possible pour assouvir les quarante et un jours, vingt deux heures, trente huit minutes qu'elle avait passés loin de ses bras depuis leur nuit en Bretagne.


Samedi 18 août 2012 : 5h41

Blair s'éveilla lentement dans la chaleur des draps, son corps entremêlé à celui de Chuck.

Elle ouvrit les paupières et les commissures de ses lèvres s'étirèrent vers le haut en admirant le beau brun qui sommeillait à ses côtés.

Elle se faufila un peu plus entre ses bras et enfuit son nez dans le creux de son épaule.

Instinctivement, il resserra son embrase autour de sa taille.

Elle soupira d'aise en repensant à la veille.

Après les pivoines et les cadeaux qui renfermaient des bijoux des plus grands maisons de joailleries - notamment un bracelet qui correspondait à son collier en diamants Erickson Beamon - du parfum Dior (son préféré) et des dessous affriolants, La Perla et Kiki de Montparnasse, bien entendu (les préférés de son fiancé) et des paires de bas et porte-jarretelles (venus directement d'Allemagne) sans oublier quelques paires de chaussures qui se marieraient à la perfection avec les dernières créations de Waldorf Designs, elle avait eu droit à un massage thaïlandais dont il avait le secret (elle ne voulait surtout pas savoir de quelle manière il avait acquis cette technique)

- Je t'aime, grommela-t-il encore à moitié endormi.

Les dernières vingt quatre heures avaient été un rêve éveillé.

Il avait finalement sombré dans les songes, très tard – ou très tôt - enlaçant la belle brune à qui appartenait son cœur. Il avait organisé chaque détail pour qu'elle ait toujours envie de lui revenir. Il aurait préféré qu'elle n'ait plus jamais à le laisser seul pendant si longtemps.

Mais elle était dans ses bras à présent et c'est la seule chose qui importait. Il savourait chaque seconde de son embrase. Plus tard, il pourrait encore se repaître de chaque centimètre carré de sa silhouette parfaite mais pour l'instant, il préférait succomber au repos du guerrier.

- Moi aussi, je t'aime, chuchota-t-elle contre sa bouche avant de l'embrasser.

Ses lèvres goûtaient encore le chocolat chaud et la chantilly qu'il avait léchés à même sa peau.

Elle reposa sa tête au creux de son épaule et se cala contre son corps, sculpté pour le sien.

Il ramena son avant-bras plus haut, sur son omoplate et passa sa jambe droite sur les siennes, s'assurant qu'elle soit dans l'incapacité de s'extraire du lit sans le réveiller. Il détestait se découvrir seul entre les draps quand il reprenait conscience et ouvrait les yeux.