Merci miss-acacia84, ravie que ça t'ai plu.


Para 19

Lundi 17 septembre 2012 : 15h18

- Je suis vraiment désolé, s'excusa encore l'employé, se recroquevillant devant les yeux étincelants de colère de Bartholomew Bass.

- Comment une telle chose ...

Il haleta de fureur et se dirigea vers le bureau de son fils.

Là, il dépassait largement les bornes !

Depuis qu'il avait ouvertement accrédité sa foi en lui, Chuck passait son temps à le lui faire regretter.

En premier lieu, il avait tout bonnement quitté la réunion sans faire aucun cas de la bienséance et de la moindre politesse.

Même si elles n'étaient que de façade dans le monde des affaires, il n'en restait pas moins qu'elles étaient essentielles à la bonne marche de l'entreprise.

Le vieux Macluski avait déjà été bien assez rabaissé dans cette négociation pour l'insulter de cette manière par dessus le marché.

Non pas, qu'il ait personnellement quelque chose à faire de la susceptibilité de l'Irlandais. Mais si Chuck voulait un tant soit peu être pris au sérieux, il ne pouvait se conduire d'une manière aussi grossière avec les futurs associés potentiels, même s'ils n'étaient que des alliés temporaires.

C'était comme si tout avait changé parce qu'il lui avait témoigné sa confiance. Il aurait sans doute mieux fait de camper sur ses positions intransigeantes vis-à-vis de son fils. Mais il ne pouvait pas ne pas prendre parti dans cette affaire et le fait est que c'était son fils qui avait son appui sans aucune discussion dans ce dossier.

Il n'aurait pas mieux fait lui-même et pour une fois, mis au pied du mur, il avait choisi la voix de la bienveillance, qui était également celle de la vérité, mais il en résultait qu'il avait passé pour un faible aux yeux de son héritier.

Il se maudit de s'être laisser attendrir par les propos d'Ève. Elle ne cessait de lui répéter qu'il devait être plus ouvert avec leur fils et le laisser voir, au moins entrevoir, à quel point il comptait pour lui.

Il avait fait un pas dans sa direction et maintenant, le jeune homme se croyait tout permis. Non pas qu'il n'en ait pas toujours été ainsi, mais depuis son retour d'outre tombe, il avait été impressionné par la maturité de son fils.

Et voilà que maintenant, il se permettait de débaucher ses propres employés.

Non, mais à quoi jouait-il ?

Il ne se donna même pas la peine de frapper et entra sans ambages dans le bureau, qu'il avait fait agrandir et aménager exprès pour lui, par la porte communicante.

Si ça ce n'était pas une preuve qu'il le voulait à ses côtés au sein de BI, alors qu'est-ce que c'était ?

Le jeune homme releva la tête des estimations de remplissage d'un de leurs hôtels à Puerto Rico et sut immédiatement qu'il allait avoir droit à une engueulade en règle de la part du grand patron, comme au bon vieux temps.

- Je pensais que tu avais mûri mais apparemment, je me suis trompé, explosa-t-il en pénétrant dans la pièce, sans se préoccupé d'Arthur qui pouvait tout entendre de son propre bureau.

Il n'avait cure que tout le monde sache qu'il avait besoin de faire des remontrances à son fils. Ça leur servirait de leçon à tous. S'ils pensaient qu'il s'était ramolli, il était temps de remettre les choses à leurs places. A commencer par l'attitude de Chuck.

- Tu penses que tu peux aller et venir comme bon te semble du bureau, comme si tu faisais l'école buissonnière, tonna son père. Mais sache que je n'attendrai pas que les résultats plongent les bras croisés. Tu as une responsabilité au sein de BI et si tu n'es pas prêt à l'assumer alors, tu peux partir.

Le jeune homme carra la mâchoire mais ne répondit pas.

Il était inutile d'essayer de contredire son père lorsqu'il était parti dans une diatribe. Il n'aurait rien écouté, et rien entendu, de toute manière.

De plus, il n'était pas désireux de lui expliquer le comment du pourquoi et encore moins de lui rendre des comptes en cet instant. Il avait d'autres préoccupations plus sérieuses en tête.

- Je t'ai montré mon soutien. Je t'ai appuyé devant Macluski. Et maintenant, tu me fais passer pour un imbécile.

- Tu as pris mon parti parce que tu savais que c'était ce qu'il y avait de mieux pour la compagnie, rectifia-t-il sans pouvoir sans empêcher malgré ses résolutions.

Il était à fleur de peau et il ne fallait pas grand chose pour le déstabiliser, à fortiori quand ça venait de son paternel.

- C'est juste, tu as été bien avisé lorsque tu as négocié avec lui. Je l'ai reconnu. Mais ce qui était stupide, c'est de ne pas l'honorer de ta présence quand il a proposé ...

- Ma présence est un honneur à présent ? gouailla Chuck.

Le smartphone du jeune homme tintinnabula à côté de son ordinateur, donnant à Bart une nouvelle corde à ajouter à son arc et son regard s'étrécit encore.

- Ne joue pas sur les mots, tu as très bien compris ce que je voulais dire, aboya son père, qui refusait de perdre la face. Dieu sait que j'ai fait des efforts pour te laisser le bénéfice du doute mais depuis cette réunion, ça va de mal en pis. Si tu n'es pas capable de faire de cette entreprise ta priorité alors ...

- Mes priorités sont parfaitement en ordre, affirma le jeune homme en quittant son siège sans même jeter un œil à l'identifiant.

- Je ne doute pas une seconde qu'elles soient ailleurs qu'à BI, cingla Bart. En fait, je sais parfaitement réside le problème. Depuis qu'elle est rentrée, tu es à nouveau complètement à sa botte. Il suffit qu'elle siffle et tu accoures comme un bon chien-chien. Tu es pathétique.

- Je suis peut-être pathétique, mais je ne finirai pas seul comme toi ! Je serai capable de garder la femme que j'aime auprès de moi.

Il vit son père avoir un haut le corps et encaisser le coup comme ses pupilles acier devenaient de glace.

Touché !

La satisfaction passa dans ses prunelles sombres. Il venait de remporter une bataille.

En repérant le chauffeur de la limousine qui gesticulait depuis le bureau de Bart pour le prévenir, il comprit que Bart était au courant de son petit tour de passe-passe.

Chuck fit un signe de la tête à son fidèle serviteur pour lui signifier qu'il avait bien noté sa présence et l'homme s'approcha à son tour, triturant sa casquette entre ses mains, espérant que tout danger physique réel était écarté.

Il se sentait vraiment responsable de la colère du grand Manitou mais qu'aurait-il pu faire d'autre ?

- Monsieur Bass ... commença timidement le chauffeur en s'adressant au plus jeune.

Il avait besoin de lui fournir une explication en tête à tête.

- Pourquoi as-tu fait changer le contrat d'Arthur ? tempêta Bart, trop heureux de pouvoir changer de sujet, ne laissant pas la possibilité à l'employé en livrée de poursuivre.

Chuck venait de river son clou à son géniteur mais ce n'était pas la raison principale à sa volonté soudaine de désamorcer la situation. Il avait besoin de trouver une bonne explication et il ne pouvait pas se permettre de se laisser emporter par ses émotions en cet instant.

L'enjeu était trop important.

- Parce que je tenais à ce qu'il soit mon chauffeur personnel. Il ne travaille plus pour BI, mais uniquement pour moi, répondit simplement son fils, s'obligeant à retrouver un peu de son self-control.

Il se doutait bien que son père s'apercevrait de quelque chose mais il ne pensait pas que ce serait si rapide. Il n'avait pas vraiment eu le temps de préparer son alibi. Il avait été bien trop occupé - et préoccupé - ces dernières semaines pour échafauder un plan qui tiendrait la route.

Entre les angoisses de Blair (et les siennes) qui avaient conduit la jeune femme à reprendre une thérapie plus accrue après avoir espacé ses séances pendant son voyage en France – sauf que maintenant ils la suivaient ensemble compte tenu des dernières évolutions de la situation – et le rendez-vous chez le médecin qui avait confirmé la grossesse surprise de la jeune femme par une analyse sanguine, sans parler de la fashion week ainsi que des commandes qui s'en étaient suives et l'avait stressée au possible, ni même des négociations de contrats à BI qu'il avaient menées, il n'avait pas eu une seule minute à lui.

- Le nouveau chauffeur s'appelle Humphrey, indiqua-t-il encore avec une petite moue ironique pour enfoncer le premier clou qu'il avait planté dans le cercueil encore un peu plus profondément.

Chuck savait que sur ce terrain là, il ne pouvait que gagner.

Il vit son père ouvrir de grands yeux.

- C'est son prénom, précisa-t-il pour bien clarifier les choses, sans perdre son sourire de chat du Cheshire.

Son cerveau carburait à toute vapeur, cherchant un argument à avancer pour expliquer cette réorganisation inopinée du personnel.

- Depuis quand tu prends ce genre d'initiative ? contre-attaqua Bart.

Il ne se laisserait pas entraîner sur cette pente savonneuse, c'était un domaine qu'il ne maîtrisait pas suffisamment (voir pas du tout) et il ne pourrait qu'y être à son désavantage. Surtout depuis que Chuck connaissait son point faible.

Il n'avait aucun doute sur le fait que son héritier s'en servirait sans le moindre remord.

- J'estimais qu'Arthur avait droit à une augmentation après tout les bons et loyaux services rendus, argua-t-il. Et étant donné que je ne suis pas dans les petits papiers de certains membres du conseil en ce moment, je me suis dis que ce serait plus simple de changer son contrat que de devoir me justifier sur le moindre centime et polémiquer des heures sur le petit personnel. J'ai autre chose à faire et toi aussi, je pense. Au fait, Macluski a signé le contrat, ses avocats me l'ont fait parvenir ce matin.

Il vit son père froncer les sourcils un instant mais il sembla gober son histoire et ne trouva rien à rétorquer, ce qui était pour le moins étonnant.

Était-ce une idée ou le grand Manitou commençait à se rouiller depuis quelque temps ?

Il faut dire que dés qu'il s'agissait d'arguments économiques – et non émotionnels - Bart était preneur en général. Et puis, il ne mentait pas tout à fait. Il avait effectivement revu le salaire du chauffeur à la hausse.

Il vit le soulagement passé dans les yeux de ce dernier comme son père gardait le silence. L'homme agita discrètement sa casquette pour lui faire comprendre qu'il aurait voulu s'entretenir avec lui en privé.

- Vous pouvez disposer, le remercia-t-il en se levant déjà pour le suivre dans le couloir, congédiant le Big Boss lui-même du même coup.

Il passa devant son paternel, qui était toujours planté là, incertain de la décision qu'il devait prendre.

Son fils lui mentait-il ou non ?

Il fut un temps où il le voyait venir à des kilomètres mais le jeune homme avait appris vite et bien et il avait le sentiment qu'il commençait à se faire vieux et à s'attendrir, ce qui l'ulcérait au plus haut point.

L'interphone émit un tintement significatif et la voix de Marge prévint Chuck que la secrétaire de Monsieur Bergman était en ligne et demandait à lui parler personnellement, sans omettre de mentionner qu'il s'agissait d'une communication de la plus haute importance.

Cette fois, la coupe était pleine !

Peu importe l'affrontement qui s'en suivrait. Philippe Bergman était le PDG d'un des plus gros groupe immobilier européen et il avait bien l'intention d'en avoir le cœur net.

Jusqu'à preuve du contraire c'est lui qui se chargeait des contrats européens. Il avait été on ne peut plus claire à ce sujet lorsqu'il avait exposé son projet « d'association » aux deux jeunes Bass.

Il décrocha le téléphone du bureau de son fils et s'adressa directement à l'interlocutrice.

Il fallait qu'il tire ça au clair. Il ne se laisserait pas mener en bateau, encore moins par son propre fils.

- Monsieur Bass ? interrogea prudemment une voix féminine à l'autre bout du fil.

Simone avait certainement pris sa pension pendant qu'il s'était « absenté »

- Lui-même, répondit-il.

- Je suis la secrétaire du Docteur Bergman, il été obligé de partir pour une urgence qui ne devrait lui prendre que quelques heures. Étant donné les recommandations du Docteur Sherman, nous avons fait l'impossible pour conserver l'examen de Mademoiselle Waldorf aujourd'hui. L'échographie est donc reportée de 16h30 à 19h30. Nous avons essayé de la joindre mais sans succès, elle nous a laissé plusieurs numéros, au cas où. Le Docteur Bergman vous prie de l'excuser pour ce désagrément.

Bart se laissa choir sur la chaise high-tech que son fils avait sélectionnée dans le catalogue de mobilier de bureau, qui coûtait certainement plus cher que son propre fauteuil.

- Monsieur Bass ? questionna la secrétaire médicale. Est-ce que ce nouveau rendez-vous vous convient ? Sinon, je peux vous proposer demain dans la matinée, mais nous avions cru comprendre que le plus tôt serait le mieux et ...

- Ce ... Ça ira ... C'est parfait, balbutia le vieil homme un peu hagard.

Sa première réaction à l'annonce de Marge avait été de penser que son fils tentait de le détrôner, qu'il essayait de grappiller plus de pouvoir au sein du conseil, pour pouvoir l'écarter et le dépouiller de BI.

Il n'avait pas imaginé une seconde que le comportement désorganisé de Chuck puisse être lié d'une quelconque manière à sa vie privée.

Enfin, si. Mais pas de cette manière là.

Il croyait qu'il passait du bon temps avec Blair au lieu de se concentrer sur les missions qu'il devait mener à bien au sein de la compagnie.

Il ne lui avait pas traversé l'esprit une seule seconde que son fils puisse avoir d'autres choses à gérer que sa fiancée hystérique et névrosée s'absorbant certainement dans la préparation de leur mariage.

Il se sentit vraiment odieux.

- Bien, je note le rendez-vous pour 19h30 au cabinet privé dans ce cas. A tout à l'heure.

- A tout à l'heure, répondit absentement Bart.


Lundi 17 septembre 2012 : 15h31

Dans le couloir, à l'abri des regards et des oreilles indiscrètes, Arthur s'excusait encore et encore, complètement mortifié.

- Il voulait que je l'emmène à l'autre bout de la ville, continuait à bredouiller le pauvre homme tant il parlait vite. Mais comme je savais que je devais passer prendre Mademoiselle Waldorf pour son rendez-vous dans une heure, je n'aurais jamais pu être rentré à temps et ...

- Je sais, Arthur, j'ai compris. Je vais appeler Humphrey et lui dire de se tenir à la disposition de mon père. J'en ai encore pour quinze minutes au maximum, dit-il en regardant sa montre, juste le temps de valider quelques colonnes de chiffres et nous irons chercher Blair à l'atelier.

L'homme le remercia d'un hochement de tête, qu'il couvrit de sa casquette avant de regagner le véhicule stationné dans le parking de l'entreprise.

Chuck, lui, rebroussa chemin dans l'intention d'en terminer au plus vite. Il n'ignorait pas qu'elle se faisait un sang d'encre et ne serait rassurée que lorsqu'elle aurait vu leur bébé de ses propres yeux.

Elle obligerait immanquablement le spécialiste à lui détailler chaque courbe et ombre, ce qui n'était pas pour lui déplaire en réalité.

Il faisait de son mieux pour donner le change mais il était terrifié lui aussi. La hantise de l'accident l'attendait à chaque fois qu'il réussissait à dormir. Il n'osait même pas penser à ce qui se passerait si ...

Cette fois ils ne s'en remettraient pas.

Aucun d'eux.

Lorsqu'il pénétra dans la pièce il eut la surprise de constater que son père était toujours là, assis à sa place. Et il avait, pour le moins, l'air d'avoir été percuté par un bus.

- Est-ce qu'il y a un problème avec le contrat Macluski ?

Bart leva les yeux sur lui et un frisson lui parcouru l'échine. Il ne se rappelait pas d'avoir déjà vu une telle expression sur son visage. (Pour la bonne raison qu'il n'avait pratiquement qu'une seule expression faciale)

- La secrétaire vient d'appeler, déclara l'homme en posant les yeux sur lui. L'échographie est repoussée à 19h30 au cabinet privé du praticien.

Une goutte de sueur traça son chemin entre ses omoplates et Chuck déglutit.

- Pourquoi tu ne m'as rien dit ? voulut savoir son paternel.

- Personne ne le sait, expliqua brièvement le jeune homme.

- Personne ? s'étonna Bart.

- Seulement Arthur et Dorota, reconnu son fils.

Le vieil homme arqua un sourcil, éberlué.

- Vous ne l'avez pas annoncé à vos proches mais vous partagez la nouvelle avec des employés ?

- Dorota est bien plus qu'une simple employée pour Blair ! Et elle veillera sur elle comme sur un poussin.

- Ça c'est sur, s'exclama Bart. Cette femme est un vrai Bouledogue !

Chuck sourit intérieurement. C'était assez proche de la réalité, effectivement. Avec elle, il était certain que B n'aurait droit à aucun excès.

- Quand à Arthur, je l'ai assigné à Blair H24. Il est le seul en qui j'ai pleinement confiance pour véhiculer ma famille, acheva-t-il d'une voix un peu éraillée.

Il avait donné des instructions précises au chauffeur qu'il connaissait depuis toujours. Il remettait ce qu'il avait de plus précieux entre ses mains et l'homme fidèle était bien conscient de ce que ça représentait. Il ne prendrait aucun risque, même pour gagner du temps.

- C'est pour ça que tu lui as fait signer ce nouveau contrat, conclut Bart.

Son fils acquiesça.

- Je me doute bien que tu trouves ça stupide, reprit-il après s'être éclairci la gorge, mais ...

- Étant donné ce qui c'est passé la dernière fois qu'elle portait ton enfant, je trouve ça tout à fait légitime, l'interrompit son père.

Chuck le dévisagea un instant.

- Tu le savais ?

Il pensait avoir réussi à bloquer toutes informations. Si jamais une personne mal intentionnée venait à le découvrir ...

- C'est Blair qui me l'a dit. Ou plutôt, qui la laissé échapper, en me vociférant dessus quand elle est venue me voir avant la conférence de presse, après ma résurrection, ajouta-t-il.

Ce fut au tour de son fils d'être interloqué.

- Elle est venue te voir ?

- Me menacer serait une meilleure description de ce qui s'est passé. Elle a bien failli me défigurer en me jetant un verre au visage. Je n'ai eu que le temps de réagir et le récipient explosait sur le mur au-dessus de ma tête.

Cette fois, le jeune homme ne sourit pas seulement intérieurement.

- Je dois reconnaître qu'elle a un sacré tempérament et qu'elle semble tenir à toi autant que tu tiens à elle, concéda Bart.

- Elle a accepté de m'épouser, je suppose que ça veut dire qu'elle être prête à me supporter tant qu'elle le pourra. Et j'espère bien que ce sera le plus longtemps possible.

Son smartphone vibra sur le bureau.

- Elle vient d'avoir l'info pour le rendez-vous, constata l'homme en décodant le texto qui s'affichait sur l'écran de son fils.

Chuck s'empara de l'appareil et se dépêcha de répondre.

Son père se leva pour réintégrer son propre bureau.

Une fois arrivé sur le seuil, il se tourna vers son héritier.

- Tu as raison, fils. Tes priorités sont dans le bon ordre. Tu fais ce que tu as à faire pour protéger ta famille, déclara-t-il avant de refermer la porte derrière lui.

- Papa, le rappela Chuck.

- Ne t'inquiète pas, je ne dirai rien. C'est à vous de décider.

- Merci.

- De rien. Et au fait, félicitation.

- Merci, murmura encore le brun ténébreux avant de s'asseoir à sa table de travail pour se replonger dans les colonnes de chiffres.

Il lui restait un peu de temps pour entamer une autre analyse de courbes de rendement finalement.