Merci miss-acacia84 and Moozanna


Para 20

Lunid 17 septembre 2012 : 19h15

Blair tentait de respirer et de se détendre mais elle en était incapable. Elle se rendait compte que ses angoisses n'étaient pas fondées et qu'elles ne pouvaient qu'être nuisibles au bébé mais elle n'arrivait pas à se maîtriser.

Depuis qu'elle se savait à nouveau enceinte, le test ayant été confirmé par une prise de sang, elle avait du mal à se concentrer sur autre chose. Même à l'atelier ou à son bureau, elle finissait pas se découvrir rêvassant à cet enfant qui se développait en elle et qu'elle avait peur de perdre lui-aussi.

Bien sûr, sa fausse couche était due à un accident de la route mais il n'en restait pas moins que son corps avait été impuissant à protéger ce petit être qui grandissait dans son utérus et elle ne pouvait imaginer revivre pareille drame.

Car, elle en était certaine, si ça devait se reproduire, elle ne s'en remettrait pas.

Pas plus que Chuck.

Il était vraiment parfait en tous points depuis qu'il avait lu le résultat. A vrai dire, il l'était déjà bien avant ça, mais c'était de plus en plus flagrant. Il la rassurait sans cesse et l'avait même accompagnée à ses séances chez le Docteur Sherman, qui avait proposé que leurs thérapies individuelles soient commutées en thérapie de couple puisqu'ils étaient là tous les deux. Il avait été présent à chaque fois qu'elle avait eu besoin de lui, à n'importe quelle heure.

Elle devinait sans peine que Bart ne devait pas apprécier de le voir aller et venir à BI sans comprendre de quoi il retournait. Il n'aurait certainement pas plus apprécié de savoir la raison non plus. Il la détestait cordialement et la tenait pour responsable des échecs de son fils. Ce qui n'était pas entièrement faux. Mais au contraire de ce que croyait le magna de l'immobilier, elle n'avait jamais envisagé de se servir de Chuck. Elle l'aimait profondément. Elle l'aimait plus à chaque seconde qui passait, si c'était seulement possible d'aimer quelqu'un autant.

Il avait embauché Arthur à titre privé afin qu'elle en ait l'exclusivité. L'homme qu'elle savait expert en conduite était à sa disposition de jour comme de nuit. Elle était là lorsqu'il lui avait fait ses recommandations, expliquant au chauffeur émérite qu'il remettait entre ses mains et son volant ce qu'il avait de plus précieux et enjoignant expressément l'homme de ne prendre aucun risque quel qu'il soit, même pour rendre un raccourci dans l'intention de gagner du temps.

Elle n'était cependant pas dupe. Il avait beau faire semblant qu'il était certain que tout irait bien et que tout était sous contrôle, ils savaient tous les deux mieux que personne que rien n'était jamais réellement sous contrôle dans ce genre de situation. Il suffisait d'un rien pour que tout dérape. Des événements qui s'enchaînaient les uns aux autres et qui se terminaient en cataclysme digne de l'apocalypse qui emportait tout sur son passage.

Ils avaient déjà survécu à Armageddon et ils n'auraient pas les ressources nécessaires pour affronter la perte d'un enfant une fois de plus.

Cette grossesse n'avait pas été préméditée non plus. Elle avait recommencé à prendre la pilule en mai, quand elle était lentement sorti de sa dépression. Mais entre le stress de la semaine de la mode à Paris et celui de la préparation de la fashion week, elle avait oublié de la prendre à plusieurs reprises et n'avait pas vraiment été attentive à son cycle menstruel.

Jusqu'à ce qu'elle se rende compte qu'elle était écœurée par le parfum d'un mannequin qui devait défiler sur le podium Waldorf. Une symptôme qu'elle avait déjà connu, la couturière personnelle de la princesse Sophie portant la même fragrance.

Interpellée, elle s'était mise à réfléchir à toutes les petites indispositions qu'elle avait ressenties les dernières semaines et elle en était venue à une conclusion qui s'était révélée correcte. L'examen sanguin situait la grossesse aux alentours de dix semaines, ce qui correspondait aux calculs de la brune.

La jeune femme avait compté à rebours et situait la conception lors de leurs retrouvailles impromptues sur les côtes Bretonnes, une chose en entraînant une autre, dans le feu de l'action après l'accident supposé du jeune homme ...

Il était bien entendu exclu pour aucun d'eux de ne pas accueillir ce fœtus à bras ouverts. D'ailleurs, Chuck avait été transcendé en découvrant le résultat du test. Peut-être encore plus qu'elle-même. Elle resserra sa main autour de la sienne et il répondit instantanément à sa requête.

Il l'attira un peu plus contre lui et emprisonna ses lèvres sous les siennes. Il avait besoin de ce contact pour s'assurer que ce moment était bien réel. Qu'il n'allait pas se réveiller pour découvrir que tout n'était que songe.

Quand il avait pris connaissance de la petite croix sur le cadran du test de grossesse, son cœur avait accéléré la cadence, laissant l'espoir le plus fou s'immiscer en lui. Bien sur, il avait toujours su, qu'un jour, ils essaieraient à nouveau d'avoir un enfant, mais jamais il ne lui avait effleuré l'esprit que cela se réaliserait si vite.

Et la course dans ses veines avait commencée. Depuis, il n'avait pas arrêté de courir. Se dispersant dans toutes les directions à la fois, assumant chaque rôle l'un après l'autre selon la situation qui l'exigeait.

Maintenant. C'était maintenant que tout allait prendre réellement tout son sens, que tout allait devenir réel. Pour la première fois, il allait voir cet enfant, leur enfant, son enfant.

La dernière fois, il n'en n'avait même pas eu l'occasion.

Mais cette fois, ce serait différent.

Cette fois, tout serait différent.

Il n'y avait pas de mensonge, pas de trahison.

Juste ce petit être issu de leur amour qui croissait dans le corps de la plus belle des femmes.

Celle qui serait bientôt sa femme.

Celle qui lui avait appris à aimer et à se laisser aimer.

Celle qui lui avait ouvert les yeux.

Celle à qui il avait ouvert son cœur.

Celle qui avait promis d'être toujours sa famille.

Celle qui était sa famille.

Celle qui était resté à ses côtés quand il avait tout saboté, quand il avait tenté de l'éloigner.

Celle qui ne l'avait jamais abandonné vraiment.

Celle qui avait toujours eu foi en lui, en leur amour.

Celle qui l'aimait par dessus tout, malgré ce qu'il était, malgré lui.

Celle qu'il aimait par dessus tout.

Celle qui lui offrait le plus beau de tous les trésors.

Celle qui était le plus beau des cadeaux que la vie lui ai jamais fait.

Celle qui l'avait aidé à devenir un homme.

Qui l'aiderait à devenir un père à la hauteur.

Qui le guiderait sur le chemin du bonheur, pas après pas.

La voiture s'arrêta et son cœur se stoppa dans sa cage thoracique. Ses doigts tremblaient quand il glissa à nouveau sa main dans celle de Blair en passant les portes du cabinet privé du Docteur Bergman.

- Mademoiselle Waldorf, les accueillit chaleureusement la secrétaire. Si vous voulez bien passer immédiatement dans la salle d'examen, le docteur vous y attend.

Le jeune homme la suivit, notant mentalement qu'ils devraient s'occuper de changer son nom au plus vite. Il ne voulait pas attendre l'été suivant pour l'épouser. Il voulait qu'elle soit Madame Chuck Bass avant de donner naissance à cet enfant et connaissant Blair, elle voudrait se marier avant que sa grossesse ne soit visible.

Une fois dans la pièce, ils saluèrent l'obstétricien, qui posa quelques questions de routine à la future maman, avant de lui désigner la table munie d'étriers.

Lorsqu'elle fut installée, elle agrippa la main de son fiancé et s'évertua à respirer lentement tandis que le spécialiste étalait du gel sur son ventre très, très, légèrement rebondi.

Leurs cœurs battaient à l'unisson quand il apposa la sonde sur la peau de la jeune femme.

Le futur papa retint son souffle et la première image apparue, matérialisant sous ses yeux leur bébé, il en eut la chair de poule et une onde électrique remonta de l'extrémité de ses orteils au sommet de son crane.

Une immense vague émotive le submergea. Il ne s'était pas attendu à pareille sensation. Il avait lu et chercher des informations, mais voir son enfant en devenir était si magique et si intense. Il ne pouvait pas détacher son regard de l'écran, complètement subjugué par le petit être qui gigotait dans la poche maternelle.

Le gynécologue démontra plusieurs points, expliquant les bras, les jambes, la colonne que l'on pouvait déjà distinguer.

- Votre enfant est en pleine santé. Il a tout ce qu'il faut là où il faut. Il mesure presque six centimètres et doit peser environs dix-huit grammes. La majorité des organes fonctionnent et poursuivent leur maturation, indiqua ce dernier. Est-ce que vous désirez savoir si c'est une fille ou un garçon ?

Blair détourna un instant les yeux de son enfant pour les poser sur Chuck, qui était extatique à ses côtés. Elle n'était même pas certaine qu'il respirait encore. Elle comprima ses phalanges et il mit quelques secondes avant de lui accorder son attention, se détachant difficilement de l'image de leur bébé, bien à l'abri dans le cocon maternel.

Il comprit qu'elle attendait son assentiment mais il ne savait pas à quoi.

Le médecin venait de dire que tout était ok, non ?

- Est-ce que vous voulez connaître le sexe de votre bébé ? redemanda le gynécologue, souriant à l'hébétude du nouveau papa qui découvrait son enfant pour la toute première fois.

- On peut déjà le voir ? s'étonna-t-il.

La plupart des informations qu'il avait glanées sur le sujet disaient qu'il fallait attendre la fin du quatrième mois, parfois même la naissance, pour le déterminer avec certitude.

L'obstétricien se tourna vers la jeune maman qui lui fit signe qu'ils seraient ravis de lever le mystère.

- Hé bien, ce n'est pas toujours si évident, reprit le professionnel, mais il arrive qu'il n'y ait aucune ambiguïté possible sur le sujet et c'est le cas ici.

- C'est mon fils ! se rengorgea Chuck avec un immense sourire de fierté, comprenant sans peine de quoi parlait le spécialiste alors que ce dernier indiquait une excroissance qui ne pouvait, en effet, prêter à confusion et leur donnait quelques explications en bonus.

Blair ne put résister à l'envie de rouler des yeux au ciel devant l'attitude puérile de son futur mari. Mais il avait bien le droit de savourer ces instants magiques lui aussi.

Elle sursauta presque quand l'obstétricien ôta la sonde de son ventre, regrettant déjà de ne plus voir son enfant.

Cependant lorsque le bruit d'un cheval au galop résonna dans la pièce après quelques manipulations de l'appareil, elle sentit les larmes affluer à ses cils sans rien pouvoir y faire.

- C'est ...

- Son cœur, termina le Docteur Bergman.

Elle resserra ses doigts autour de ceux de Chuck qui répondit immédiatement.

Ce son resterait gravé en elle à jamais.

C'était le cœur de son enfant qui battait. Il était bien vivant. Il était réel. Et rien ne viendrait éteindre ce bruit si réconfortant, elle s'y engageait.

Elle prendrait toutes les précautions nécessaires, suivrait toutes les recommandations sans se plaindre ni rechigner. Son rôle, à présent, était de prendre soin de ce petit être implanté en elle. Elle le protégerait de son mieux et veillerait à ce que rien ne vienne troubler cette promesse de bonheur.

Chuck essuya la larme qui avait roulée sur la pommette de la femme qu'il aimait plus que lui-même et y déposa un baiser tendre.

- Merci, chuchota-t-il d'une voix enrouée.

Tout son argent, tout l'or du monde, ne pourrait jamais acheté un cadeau capable de rivaliser avec celui qu'elle lui offrait, celui qui germait en elle.

Il avait hâte de pouvoir le prendre dans ses bras. De faire avec son fils toutes ces choses qu'il aurait aimé faire avec son père quand il était enfant. Il pourrait même envisager sérieusement de se mettre au sport. Il ne serait jamais trop occupé pour passer du temps avec lui et il s'assurerait que le bambin sache qu'il était sa priorité, que rien ne l'empêcherait jamais d'être présent.

Blair tourna son visage vers lui et en profita pour glaner un frôlement de sa bouche sur la sienne.

Avait-il seulement conscience du fabuleux présent dont il la gratifiait ?

- Je t'aime, lit-elle sur ses lèvres.

Le spécialiste leur rappela sa présence en toussant discrètement.

- Ma secrétaire vous donnera un exemplaire de l'échographie sur une clé usb. Si vous n'avez plus d'autres questions, nous avons terminé.

Il rangea l'appareil et tendit quelques lingettes de papier à la jeune maman pour ôter le fluide de son abdomen.

- Quand le sentirais-je bouger ? voulu savoir Blair.

- Il n'y a pas vraiment de règles, cela dépend d'une femme à l'autre mais cela vient souvent vers la dix-septième semaine. Il vous faudra encore un peu de patiente jusqu'au quatrième mois.

- Mais tout va bien, n'est-ce pas ? redemanda-t-elle.

- Tout va bien, réaffirma le gynécologue.

Il savait que les parents étaient particulièrement stressés par cette grossesse après avoir vécu une fausse couche traumatique dans un accident. Ce n'était pas un hasard si son confrère l'avait recommandé au jeune couple.

L'état psychologique de la maman était quelque chose d'important à prendre en considération car cela pouvait avoir un réel impact sur le santé du fœtus et le bon déroulement de la grossesse.

Il s'attendait à être harcelé de coups de téléphones et de questions sous le coup de crises de panique éventuelles. C'était également une des nombreuses raisons qui justifiaient ses honoraires exorbitants. Étant donné son expérience et sa renommée, il n'avait pour patientèle que les habitants des quartiers huppés de Manhattan qui décidaient d'avoir des enfants sur le tard ou qui avaient des difficultés à concevoir.

Les jeunes parents n'auraient sans doute pas fait partie de ses patients s'il n'y avait eu cet horrible événement. Mais quand on avait l'occasion de pouvoir compter Chuck Bass dans ses relations, de quelques manières que ce soit, on ne crachait pas dessus.

Il y avait bien entendu toujours un revers à la médaille et le praticien savait qu'il ne lui serait pas permis de compter son temps, il devrait s'arranger pour être à disposition peu importe l'heure et cela indépendamment du fait que les craintes des futurs parents soient réellement fondées ou non.


Lundi 17 septembre 2012 : 20h42

Les portes de l'ascenseur du penthouse du Palace s'ouvrirent sur Chuck et Blair dont les lèvres se séparaient.

- Bonsoir, les accueillit Lily avec un immense sourire.

- Désolé d'être en retard, on a eu un contre-temps, s'excusa son fils adoptif en déposant un baiser sur sa joue.

- On imagine très bien, commenta Éric dans son verre en prenant une lampée de Chardonnay.

Nate lui fila un petit coup de coude dans les côtes et il recracha presque le tout sur la nappe d'un blanc immaculé.

La table était dressée pour une célébration. Chandelle, argenterie et vaisselle de porcelaine.

Les deux derniers arrivant s'arrêtèrent net devant l'assemblée réunie.

Il y avait là, leur deux familles réunies. Même Bart et Évelyne, qui se tenaient un peu en retrait, assis sur le canapé.

Lily les avait conviés à un repas en famille mais ils ne s'attendaient pas à ça. Surtout pas aujourd'hui. Ils étaient à peine remis de la première échographie.

- Vous ne pensiez pas qu'on allait passer vos fiançailles sous silence ? s'offusqua Serena, choquée à la simple idée que cette hypothèse ait pu traverser l'esprit de ses amis.

Ils n'avaient rien organisé eux-mêmes, ce qui avait déjà surpris la blonde. Son amie n'était pas du genre à rater une opportunité d'organiser une fête et Chuck jamais à rater celle de faire la fête.

Il est vrai qu'ils avaient été pas mal occupés tous les deux ces derniers temps, c'est pourquoi, elle avait pris l'initiative. Et puis, elle était demoiselle d'honneur donc, c'était une tâche qui lui était dévolue d'office.

- Champagne ? intervint Rufus en tendant une coupe au couple mit à l'honneur.

Ils se saisirent chacun de la flûte qui leur était présentée et échangèrent un regard.

- A la santé des futurs mariés, s'écria Cyrus en levant son verre.

- A la santé des futurs mariés, reprirent en cœur tous les autres en l'imitant.

Blair porta le verre à ses lèvres et les y trempa à peine, affichant un sourire resplendissant.

Elle se débrouilla pour se débarrasser de l'alcool à la première occasion en vidant discrètement le contenu dans la plante à sa portée.

Elle n'eut pas le temps de protester quand le serveur remplit à nouveau sa coupe. Elle lança un appel silencieux à son fiancé, qui trinquait avec Nate sans la quitter des yeux.

Sans en avoir l'air, il passa son bras autour de sa taille et ils échangèrent leur verre à la vue de tous mais si subtilement que presque personne ne nota quoi que ce soit.

Bart, lui, eut un petit sourire sardonique en étudiant la scène de loin.

Nul doute que ces deux-là étaient vraiment sur la même longueur d'onde.

- J'espère que tu es revenu sur ton jugement, chuchota Évelyne assez bas pour que lui seul puisse l'entendre. Parce que cette jeune femme rend vraiment ton fils heureux.

Il posa ses pupilles acier sur elle.

- Effectivement, on dirait qu'elle a réussi là où nous avons échoué, commenta-t-il.

- Au moins, il ne reproduit pas les erreurs de son père, c'est déjà ça.

Bart arqua un sourcil quand elle cogna son verre contre le sien.

- Qui sait ? Peut-être que tout espoir n'est pas perdu pour toi non plus, sourit-elle avant de s'éloigner pour aller s'entretenir avec l'hôte de la soirée.

Elle était reconnaissante à Lily d'avoir su passer sur ses dissensions avec Bart et de les avoir invités à la soirée. Elle comprenait pourquoi son fils tenait tant à sa mère adoptive. La relation qui les unissait était manifestement basée sur une tendresse infinie.

La blonde en question caressa la pommette de Chuck et murmura quelque chose à son oreille.

Il eut un petit sourire gêné et déposa un baiser sur sa joue.

- Merci, murmura-t-il avant de chercher à nouveau la silhouette de sa fiancée dans la pièce.

Il fit un petit signe de tête à sa mère biologique en s'éloignant en compagnie du jeune Archibald dans le coin opposé, où sa fiancée s'était éclipsé pour discuter avec sa meilleure amie.

- Évelyne, vous avez tout ce qu'il vous faut ? s'enquit Lily.

- Il a tout ce qu'il lui faut, grâce à vous, répondit cette dernière en désignant le jeune homme qui venait de la quitter à l'instant.

- Je suis fière de ce que Charles a accompli. La vie n'a pas toujours été facile pour lui mais il a su sortir plus fort des épreuves qu'il a dû surmonter.

- J'en suis bien consciente, admit la brune. J'ai aussi conscience de tout ce qu'il vous doit et je suis heureuse qu'il ait eu une mère telle que vous à ses côtés. Vous avez su lui apporter bien plus que je ne saurai jamais et pour ça, je ne vous remercierai jamais assez.

- Charles a un cœur d'or, il suffisait seulement de lui apprendre qu'il avait le droit de s'en servir et d'être aimé, lui aussi.

Évelyne baissa les yeux et sa ressemblance avec son fils frappa encore une fois Lily.

Les mêmes mimiques, les mêmes gestes, les mêmes regrets sans doute.

- Quoi qu'il en soit, reprit-elle, personne n'a dit qu'il n'avait pas le droit d'avoir plusieurs personnes qui se soucient de lui et de son bien-être.

Une lueur d'espoir passa dans les prunelles de la mère biologique de son fils adoptif.

- Il faut juste lui laisser du temps pour apprendre à vous connaître vraiment et à vous faire confiance. Ne le brusquez pas et si vous voulez un conseil, commencez par vous faire une alliée précieuse. Quand il s'agit du cœur de Charles, personne n'est plus protectrice que Blair.

Évelyne suivit la direction indiquée par la blonde et observa la futur mariée qui nouaient ses phalanges à ceux de son fiancé avant de le couver du regard tandis qu'il riait avec son meilleur ami.

- Merci, dit-elle simplement, sur le même ton que Charles quelques instants auparavant.

- Entre mères, il faut bien s'entraider, commenta Lily avant d'aller à la rencontre d'Eléanor, accrochée au bras de Cyrus, qui discutait avec Rufus.


Mardi 18 septembre 2012 : 7h14

- Épouse-moi, proposa Chuck.

- J'ai déjà dit oui, lui rappela Blair en s'éloignant un peu de lui pour lui faire face.

Ils étaient blottis l'un contre l'autre dans la chambre du jeune homme, au Palace.

Après l'échographie, ils étaient attendus pour dîner avec Nate et Serena chez Lily. Cette dernière les avait pris par surprise. Son cœur de mère s'était rempli d'allégresse quand elle avait appris la nouvelle de leur union prochaine. Et les deux blondes voulaient absolument faire quelque chose de spécial pour leurs fiançailles.

Chuck avait eu toutes les peines du monde à cacher son excitation et sa joie d'avoir un fils à sa mère adoptive et à son meilleur ami pendant toute la durée du repas.

Cependant, Blair lui avait demandé de ne pas ébruiter leur secret. Elle avait elle-même très envie de partager la nouvelle avec S et sa propre mère mais, aussi idiot que cela puisse paraître, elle avait peur que ça ne leur porte malheur. Comme si le fait d'y croire trop pouvait briser le charme et le réduire à néant.

Elle n'était pourtant pas du genre superstitieuse, mais elle préférait ne pas prendre de risque.

- Je veux dire, maintenant, expliqua son fiancé.

Elle posa ses yeux dans les siens et plongea dans ses iris chocolat. Elle sentit son cœur fondre.

- Je sais qu'on a prévu ça en août, que tu veux faire ça à l'extérieur, mais je ne veux plus attendre pour entendre tout le monde autour de nous t'appeler Madame Bass. Et puis, avec le bébé ...

- Quand tu veux, où tu veux, le coupa-t-elle.

Elle, non plus, ne souhaitait plus attendre. Elle ne désirait qu'une chose : être Madame Chuck Bass, le plus vite possible. Ils avaient déjà bien trop attendu. Elle voulait embrasser leur nouvelle vie, embrasser leur bonheur à bras le corps. Ne plus perdre une minute pour former cette famille qu'ils attendaient l'un et l'autre depuis si longtemps.

- Je vais demander à ma mère de me dessiner quelque chose de simple, je ne veux pas de grand voile, ni de robe blanche à froufrous ...

- Blair. Ce n'est pas ce que je voulais dire. Tu mérites d'avoir le mariage de tes rêves. Je ne veux pas d'un mariage à la va vite, je veux ...

- Juste que les choses soient ce qu'elles devraient être depuis tellement longtemps, termina-t-elle pour lui.

Elle posa sa main sur la sienne et observa la lumière qui se reflétait dans les facettes de diamant de se bague de fiançailles.

Tout ce temps perdu !

- Je t'aime Chuck Bass. Je t'aime tant que ça me consume entièrement et je ne veux pas attendre pour devenir ta femme. Je suis certaine que je peux organiser le plus beau des mariages en un temps record.

- Oh là ! Oh là ! Doucement ! Je ne veux pas que tu stresses. Laisse-moi m'occuper de ça, d'accord ? La seule chose que tu auras à faire, c'est d'être aussi belle que tu l'es chaque jour. Rien d'autre.

- Chuck ...

- Non ! Le Docteur Sherman a dit que tu ne devais pas t'exposer à des situations qui pouvaient déclencher des crises de panique et que l'énervement était mauvais pour toi et le bébé. Heureusement, la fashion week est terminée. Mais je sais parfaitement ce qui arrivera si tu t'occupes de mettre sur pied notre mariage. Tu es bien trop perfectionniste et je n'ai aucune envie de devoir aller te retrouver dans un lit d'hôpital plutôt que devant l'autel, expliqua le jeune homme.

- Mais si ...

- Non ! clama-t-il avec force. Il est hors de question que je te laisse lever le petit doigt. Mon rôle est de veiller sur toi - sur vous - et inutile d'espérer me faire changer d'avis, même avec tes petites astuces sexuelles habituelles.

Elle leva sur lui ses yeux de biche.

- Je ne changerai pas d'avis, martela-t-il, intransigeant. Tu as déjà bien assez à faire avec Waldorf Designs.

- Mais ...

- Est-ce que tu as confiance en moi ?

- Bien sur que oui, mais ...

- Alors, accorde-moi un peu de crédit. Je te jure que tu ne le regretteras pas. Laisse-moi juste prendre soin de vous. Laisse-moi réaliser tes rêves de princesse. Laisse-moi être ton héros, au moins un fois, s'il te plaît.

Elle ne pouvait pas résister devant son regard pénétrant. Elle savait qu'elle pouvait remettre sa vie entre ses mains. Qu'il lui ferait traverser un champ de mine les yeux fermés si nécessaire.

- Tu es déjà mon héros, souffla-t-elle avant que sa bouche ne s'écrase sur la sienne.


Jeudi 20 septembre 2012 : 20h54

Chuck se versa un deuxième verre de scotch et consulta sa montre en faisant les cents pas dans le salon.

Il passa devant son ordinateur illuminé sur le bar et reclapa l'écran en soupirant. Il avait essayé de s'absorber dans la dernier rapport d'étude de marché qui lui avait été envoyé depuis Mexico mais il était incapable de se concentrer.

Il jeta un autre coup d'œil à l'horloge au dessus du sofa, à peine quelques secondes s'étaient écoulées.

Le tintement de l'ascenseur retentit enfin et il renversa pratiquement le liquide ambré en reposant le récipient sur la surface de bois polie du comptoir, qu'Harold avait spécialement fait venir d'Écosse, dans sa précipitation à accueillir la mère de son enfant.

- Blair, s'exclama-t-il dans un souffle avec soulagement quand cette dernière franchit le seuil du penthouse Waldorf.

Elle lui sourit, de ce sourire si angélique, comme Dorota se précipitait déjà pour l'aider à ôter son manteau et il eut un haut le corps quand Évelyne pénétra dans le hall derrière sa fiancée.

- Bonsoir Chuck, le salua cette dernière, alors que la brune de son cœur déposait un baiser sur sa joue.

- Bonsoir, articula-t-il en retour, sans laisser aller la main de Blair, qui avait senti la tension dans chacun des muscles du corps de son fiancé.

- Si vous voulez bien passer dans le salon, nous vous rejoignons dans un instant, indiqua-t-elle à la mère biologique du brun ténébreux.

La fidèle domestique suspendit le trench-coat Chanel de l'invitée surprise et lui indiqua le chemin d'un geste.

La femme la suivit tandis que son fils emmenait Blair dans la cuisine.

- Je t'ai laissé au moins dix messages, se lamenta-t-il avec un soupçon d'agacement dans la voix.

Le brunette chercha dans son sac et y dénicha son smartphone, éteint.

- Je suis désolée, s'excusa-t-elle. La batterie doit être déchargée.

Elle posa l'appareil sur la table et s'approcha de lui. Elle pouvait distinctement lire l'inquiétude, qui l'avait rongée depuis son arrivée chez elle, dans ses prunelles chocolat.

- Ne me refais plus jamais ça, plaida-t-il en l'attirant à lui pour la serrer dans ses bras.

Elle noua ses phalanges dans sa nuque et leva la tête vers lui.

- Je suis vraiment désolée, je n'avais pas vu l'heure. J'ai rencontré Évelyne, en déjeunant avec Serena et elle m'a parlé de quelques jolies maison à vendre qu'elle a repérées pour nous. Elle a proposé de m'y emmener et on a pas vu le temps passé.

- Tu as passé l'après-midi à visiter des maisons ? se rembrunit-il.

Évelyne avait parlé de l'aider à chercher un nouveau lieu de vie pour eux mais il n'avait pas songé un instant qu'elle embarquerait sa fiancée, enceinte, dans une randonnée autour de la ville pour dénicher la perle rare.

Bien entendu, tout le monde ignorait encore que Blair attendait un enfant, cette dernière refusant toujours obstinément d'en parler à qui que ce soit pour l'instant, hormis Arthur et Dorota.

Il ne lui avait même pas dit que Bart l'avait découvert, il ne voulait surtout pas la contrarier ou qu'elle se mette à stresser. Le Docteur Sherman avait bien spécifié que l'humeur et l'état d'esprit de la maman était très important pour la bonne santé du bébé.

Il ne pouvait pas non plus tenir rigueur à Évelyne pour une chose dont elle n'avait même pas connaissance. Il aurait dû s'attendre à pareille réaction de sa part. Sa mère biologique avait parue enchantée à l'idée de lui apporté son expérience et son soutien dans cette tâche quand elle lui en avait fait la proposition mais il ne pensait pas qu'elle y mettrait autant de zèle.

Blair nota le mécontentement de son futur époux. Elle comprenait qu'il se soit fait un sang d'encre, elle n'était pas la seule à cogiter et s'il lui avait fait un coup pareil, elle lui aurait certainement fait payer très cher.

- Nous allons bien, affirma-t-elle.

Elle posa un main sur sa pommette et il ferma les yeux, resserrant son étreinte. Elle sut qu'elle avait gagné et frôla ses lèvres avec sensualité.

- Pardon de ne pas avoir vérifier mon téléphone avant de quitter l'atelier. Je ferai plus attention la prochaine fois.

- La prochaine fois ? Blair, tu es enceinte et tu ne vas pas faire un marathon dans tout Manhattan sur des talons de huit centim ...

- Tu m'as fait promettre de ne pas m'occuper de l'organisation du mariage. Je peux au moins avoir mon mot à dire sur notre future demeure, le coupa-t-elle.

- Bien entendu, s'irrita-t-il à nouveau. Cependant je veux que tu te reposes, tu te démènes déjà bien assez comme ça à Waldorf Design et ...

- Il nous faut tout de même un endroit où vivre après le mariage et étant donné que tu te charges déjà de tout orchestrer pour la cérémonie, je peux parfaitement prendre ça en main. De plus, je n'ai pas couru dans toute la ville. Ta mère m'a d'abord montré ce qu'elle avait trouvé sur le net avant que nous ne nous rendions sur place pour en visiter deux ou trois, toutes dans Park Avenue. Je ne prendrais pas de risque en ce qui concerne le santé de notre enfant, le rabroua-t-elle, une lueur de colère au fond de ses prunelles noisette.

Pensait-il qu'elle était complètement inconsciente ?

Cette fois, c'est lui qui s'excusa. La dernière chose qu'il souhaitait c'était la culpabiliser.

- Pardon, ce n'est pas ce que je voulais dire. Je sais que tu ne ferais rien qui puisse nuire à ta grossesse. Je veux juste vous protéger et j'ai bien cru devenir fou sans aucune nouvelle depuis deux heures. J'ai appelé Arthur mais il m'a dit que tu l'avais envoyé faire une course et qu'il devait repasser te prendre là où il t'avait laissée, quelque part entre la soixante huitième et la quatre-vingts cinquième vers 18h30. Tu ne répondais pas à mes appels, ni à mes textos et Serena ne savait pas où tu étais passée. Dix milles scénarios catastrophes me sont passés par la tête. J'ai dû me faire violence pour ne pas appeler chaque hôpital de la ville.

La lueur de ressentiment s'estompa dans les iris de la jeune femme pour faire place à une flamme d'amour intense. Elle se suspendit un peu plus à son cou et l'embrassa tendrement.

- Tout va bien. Nous allons bien, répéta-t-elle pour le rassurer encore.

Il posa son front contre le sien. Elle était là maintenant, dans ses bras. Ils allaient parfaitement bien. Il déposa un baiser sur le bout de son nez et passa sa paume sur son ventre. Tout irait bien.

- La dernière maison est vraiment magnifique et je suis certaine que tu l'adorerais toi aussi. Les pièces sont spacieuses et très lumineuses. Il y a une vue superbe sur le parc, reprit la brunette en faisant sa petite moue d'enfant capricieuse.

- Visiblement tu es tombée sous le charme de cette bâtisse, remarqua Chuck.

- Mmm, susurra-t-elle. Il y cinq chambres potentielles et une véranda où pleut le soleil. Et une très belle pièce où tu pourrais faire ton bureau ...

- Parle-moi, plutôt de la chambre principale, est-ce qu'elle est grande ? marmonna-t-il dans le creux de son cou.

Elle pouvait sentir le petit sourire en coin qui s'affichait sur ses lèvres, contre sa peau tendre.

- Immense, renchérit Blair tout en lui mordillant l'oreille.

- Madame votre mère vous attend dans le salon, leur rappela soudain la Polonaise en poussant la porte de la cuisine.

- Timing toujours parfait, Dorota ! grogna Chuck en s'éloignant de sa belle à contre-cœur avant de jeter un regard courroucé à la fidèle domestique.

- Viens, je parie que tu vas être emballé, s'excita d'avance sa fiancée en le tirant par la main pour quitter la pièce.