Commentaire : Bonjour les gens ! Voici donc le chapitre 8, soit l'avant-avant dernier, puisque, suite à un remaniement de dernière minute, cette fic ne comptera pas 11 mais 10 chapitres... On est donc encore plus près de la fin que ce que je pensais, bouhouhouhou :(. Bon, le coté positif, c'est que du coup, ce chapitre-ci et le suivant sont plus long que prévu, et comme, de base, ils étaient assez court, je pense que c'est mieux comme ça ^^

Sinon, concernant le chapitre, eh bien, je vous demanderais juste de pas trop m'en vouloir pour la première partie ^^( mais noooon, il ne s'y passe rien de grave. Enfin, c'est selon les points de vue, hein. Je dis ça, je dis rien. Juste, me taper pas. Voilà. Bonne Journée.)

Encore un immense merci à vous qui lisez cette histoire ( cette fic à désormais plus de 500 vue. Je. Suis. Trop. Contente. Merci. Beaucoup. Je. Vous. Aime. :D. ) et à tout ceux qui laisse une review, vraiment, je vous adore ^^

Bonne lecture ! J'espère que ce chapitre vous plaira!

Disclamer : Je vais faire de la rébellion et ne rien dire du tout. Na. Voilà. ( et si vraiment vous avez besoin de savoir, allez voir les chapitres précédents, j'ai pas que ça à faire, moi.) Nanméoh !


John poussa la porte de l'appartement qu'il avait un jour partager avec Sherlock avec un soupir de soulagement. Il avait enfin pu échapper à ses patients. Durant la journée, la brume de son esprit s'était levée, et son intérêt pour l'enquête que le détective menait avait été ravivé.

Il avait repensé à cette phrase laissée inachevée, que Sherlock avait commencée : « Justin Wilkes est… ».

John avait tenté de compléter la phrase avec les maigres informations qu'il possédait, mais c'était peine perdue.

Il avait donc passé la journée dans un état d'impatience grandissant, tandis que les aiguilles de son horloge semblaient le narguer à égrener les minutes avec une lenteur exaspérante.

Et enfin, l'heure de la délivrance avait sonné. Il avait ignoré son infirmière, celle qui remplaçait Mary durant ses congé de maternité, qui était arrivé vers lui, sourire suppliant aux lèvres, pour lui demander de rester un peu plus longtemps.

Il voulait bien être gentil, mais là, c'était exigé de lui plus qu'il ne pouvait donner.

Il avait appelé Mary, en sortant du cabinet, pour s'assurer qu'elle allait bien et la prévenir qu'il allait passer chez Sherlock pour prendre des nouvelles de l'avancée de l'enquête.

Il avait sauté dans un métro, affronter le froid encore plus vif qu'en début de journée et les rues sombres en l'absence de la lumière du soleil qui s'était couché un peu plus tôt, et il était, enfin, arrivé.

Il descendit légèrement la fermeture de son blouson, tenant toujours la porte d'une main, et laissa son regard courir dans l'appartement, à la recherche de la silhouette caractéristique de son meilleur ami. Ne la trouvant pas, il retint un nouveau soupir à l'idée qu'il devrait l'attendre pour une durée indéterminée.

- Tiens, John, qu'est ce qui t'amène ici ?

Le médecin sursauta et se retourna vivement, pour voir apparaître face à lui Sherlock, le nez et les joues rougis par le froid.

Le détective entra dans le salon, et, passant une main dans ses cheveux pour en enlever quelques flocons éparses qui s'y étaient accrochés, demanda :

- Tu ne travaillais pas, aujourd'hui ?

John, pas tout à fait remis de l'apparition subite et silencieuse de son ami, répondit d'une voix un peu hachée :

- Il est plus de dix-neuf heures, j'ai fini depuis un moment.

- J'aurais pensé que ton infirmière tenterait de te retenir plus longtemps, fit remarquer le cadet des Holmes en retirant son écharpe.

John opina de la tête.

- Oui, elle a essayé. Il neige ?

Sherlock ne répondit pas immédiatement, disparaissant dans la cuisine pour en revenir avec un carton dans les bras. Il laissa tomber le paquet au sol.

- Légèrement, je doute que cela ne tienne.

John acquiesça distraitement, se remémorant la raison de sa visite.

- Sherlock, si je suis venu c'est pour te demander …

Le détective l'interrompit sans le regarder, occupé à fouiller dans les papiers que contenait la boite.

- Si j'ai avancé dans l'enquête depuis hier. Tu veux sans doute que je te fasse un résumé de ce que j'ai compris jusqu'à présent.

John fronça les sourcils, quelque peu décontenancé par le ton d'indifférence froide que son ami avait employé. Sherlock se baissa pour ramasser son ordinateur portable qu'il avait déposé au sol, et poursuivit, en disparaissant à nouveau dans la cuisine.

- Tu sais, John, je me suis fait la réflexion que je ne te voyais jamais aussi souvent que quand j'étais sur une enquête.

Peu sûr d'apprécier le sous-entendu acide de la phrase, John le suivit dans la cuisine. Sherlock s'était installé devant son ordinateur, et ne lui accordait toujours pas le moindre regard.

Le médecin se plaça de l'autre côté de la table, écartant un peu le microscope qui y avait éternellement sa place pour appuyer ses mains contre le bois.

- Que veux-tu dire par là ?

Le détective-consultant tapota distraitement quelques touches de son clavier, avant de lui répondre, les yeux fixés sur son écran.

- Si tu ne comprends pas, ne compte pas sur moi pour te l'expliquer. Je dois déjà tout te faire comprendre, alors ne rajoute pas ça, s'il te plaît.

John ouvrit la bouche, piqué au vif, puis la referma en secouant la tête. Il ne devait pas s'énerver. Pas encore une fois. Il ne savait pas exactement pourquoi Sherlock se comportait ainsi, mais il y avait sans aucuns doute une raison. Il avait sans doute eu une journée difficile, l'enquête ne devait pas avancer assez vite à son goût, ou peut-être que l'idée de revoir son frère le perturbait plus qu'il ne voulait le dire. Oui, cela devait être quelque chose comme ça.

S'efforçant de conserver un ton calme, il demanda :

- Qu'est ce qui te prends, encore ?

Sherlock leva ses yeux vers lui, une main soutenant sa tête, l'autre étant posée sur la souris de l'ordinateur, et grimaça un air incrédule.

- Ce qu'il me prend, John ? J'en ai assez, c'est simple à comprendre, non ? Assez de te traîner dernière moi, assez de devoir t'expliquer la moindre de mes conclusions. Tu ne me sers à rien, John, tu m'ennuis. A vrai dire, je ne comprends pas pourquoi tu t'obstines à venir avec moi pour mes affaires. Tu as une famille, maintenant, n'as-tu pas d'autre hobby ?

Le ton du sociopathe était froid, claquant, mais ce qui heurta le plus John, ce qui lui fit perdre son sang froid, ce fut le dédain qu'il entendait. Ce fut la certitude que Sherlock, à ce moment là, ne l'avait pas en plus haute estime que ceux qu'il appelait les gens ordinaires. Avec le peu de calme qu'il lui restait, alors qu'il bouillait intérieurement, le médecin dit encore :

- Je suis là parce que je suis ton ami, et que je veux t'aider.

Le cadet Holmes ricana, et dans ce rire John entendit tout le mépris qu'il éprouvait pour lui, pour ses mots.

Sherlock se pencha en avant, avec l'air du conspirateur, et murmura :

- Mon ami ? Dis-moi, John, quel genre d'ami es-tu pour ne venir me voir seulement quand j'ai une affaire ? Avant Magnussen, je ne t'avais plus vue depuis trois semaines ! Trois semaines, où tu ne m'as même pas appelé pour savoir comment j'allais. Ce n'est pas ce qu'un ami ferait, John. Et tu sais, le pire est sans doute que je n'avais même pas envie que tu me fasses signe ou d'aller moi-même te voir. Alors je ne pense pas que nous soyons amis. Je ne suis que ta distraction. Comme tu es la mienne, après tout.

En entendant ses mots, en voyant l'indifférence avec laquelle Sherlock, son ami, les prononçait, John sentit quelque chose se rompre en lui. Cela lui coupa le souffle, brièvement, mais avec tant de force qu'il se raccrocha à la table comme à une bouée.

Ce dont il avait parlé avec Mary, quelques jours plus tôt, lui revint en pleine figure. Et il comprit, qu'au fond, tout cela, toute cette amitié, n'avait été construite que sur l'espoir que Sherlock n'était pas vraiment celui qu'il prétendait être.

Mais il comprit, en voyant le détective si froid, si détaché, si glacial, qui ne le regardait même plus, qu'il s'était trompé.

- C'est vraiment ce que tu penses ? hoqueta t'il.

Sherlock ne répondit pas immédiatement, et cela ne brûla John qu'encore plus.

- Laisse tomber, je ne veux pas entendre ta réponse.

Il tourna les talons, dévasté intérieurement, ne sachant pas comment réagir. Il se sentait vide. Vide, parce qu'il savait désormais que les dernière années n'avaient été qu'un énorme mensonge.

- John, le rappela Sherlock.

Le médecin se retourna légèrement, et planta son regard dans les yeux mitigés de celui qu'il pensait être son ami.

- Puisque c'est sans doute la dernière fois que l'on se voit, je vais t'expliquer une dernière chose. Ce que j'ai dit, hier, c'était « Justin Wilkes est corrompu ».

John fixa le détective, interloqué. Il n'était même plus en colère. Il ne comprenait juste pas.

- Quelle importance à présent ? souffla t'il avant de se précipiter à l'extérieur.

Lorsqu'il entendit la porte d'entrée claquer, Sherlock ferma les yeux et laissa son front tomber contre le bois de la table.

Ce qu'il avait fait était nécessaire. Il devait le protéger. Il aurait été injuste que John se retrouve embarqué dans cette histoire par sa faute. Qu'il risque de perdre tout ce qu'il avait par sa faute. Encore une fois.

Mais cela faisait curieusement mal.

Il se leva lentement, contourna la table et laissa sa main retomber distraitement sur son microscope, pour jouer avec les rouages, machinalement. Il observa, sans vraiment le voir, l'appareil blanc, son esprit étant occupé ailleurs.

Il secoua son poignet et lut l'heure qu'affichait sa montre. Il ne pouvait plus reculer, désormais. Il allait devoir faire face.

Il savait, bien sûr, que toute cette affaire avait été dirigé par Sherrinford. Il savait que chaque menu détail avait été planifié par lui. Il savait qu'il se précipitait droit dans un piège, droit vers lui. Mais il ne voulait pas l'éviter.

Ce paquet, qu'il avait reçu un peu plus tôt dans la journée, était en fait une invitation.

Et il comptait bien y répondre par l'affirmative. Mais ce choix ne devait impliquer que lui. Ni John, ni Mary, seulement lui.

Il sortit de son appartement, et descendit les escaliers. Une fois dans l'entrée, il jeta un regard à la casquette qui était toujours là, pendu au porte-manteau. Il eut la curieuse envie de l'enfiler. Il ne le fit pas.

Il sortit avec une unique certitude quant à ce qui l'attendait.

Ce soir là, il allait revoir son frère. Sans déguisement ou faux semblant. Juste eux.

Contre toute attente, cette pensée lui tira un sourire.


Sherrinford observa attentivement son reflet dans le miroir craquelé de la salle de bain. Il se fit à lui-même un sourire séducteur, qui le fit rire intérieurement. Il ne s'étonnait pas que cette jeune serveuse ait été si facile à manipuler. Il fallait dire qu'il avait toujours eu la nature de son côté.

Il se saisit d'un peigne et redonna forme à ses cheveux, ébouriffé par la vapeur du bain qu'il venait de prendre.

Satisfait du résultat, il reposa le peigne et se saisit d'un rasoir. Sur son lit, il avait soigneusement déposé un costume trois pièce du plus bel effet.

Il voulait être impeccable. Il était toujours impeccable pour ses rendez-vous importants.

Et ce soir, ce soir, il aurait enfin le rendez-vous qu'il attendait depuis plus de trente ans. Il espérait que Sherlock et Mycroft veilleraient à faire autant d'effort que lui.

Tout devait être parfait. Tout serait parfait.

Ce soir, il achèverait leur histoire, à tous les trois, et signerait son œuvre de son nom.

Ce soir, il pourrait enfin clore ce chapitre de sa vie et l'enfermer à triple tour dans un coin de son brillant esprit.

Ce soir, quand il se verrait à nouveau dans une glace, il se regarderait en sachant qu'enfin, il était celui qu'il aurait toujours dû être.

Un gagnant, un être supérieur, un homme qui n'avait jamais perdu. Lui, tout simplement.

Sherrinford passa un linge humide sur son visage pour en enlever les dernières traces de mousse.

Ses pupilles dilatées étaient les témoins de son excitation. Si une autre personne avait été présente dans la pièce, elle se serait sans doute reculée, effrayée, car l'air qu'abordait l'aîné des Holmes à présent était celui d'un dément.

Ses yeux semblaient briller, et son sourire était semblable à celui d'un masque en plastique. Effrayant, figé, impatient.

Mais le pire était sans doute la lueur meurtrière que l'on pouvait déceler au fond de ses prunelles métalliques.

Sherrinford vivait dans l'excitation de la chasse depuis plusieurs jours, à présent.

Ce soir, alors qu'il se savait à deux doigts de saisir ses proies, il sentait tous ses poils se hérisser. Il se rappela de la sensation que lui procurait une dose d'héroïne, des années plus tôt, et put aisément faire la comparaison. Ce qu'il ressentait à présent était mille fois mieux.

Heureusement, personne n'était la pour entendre le rire bas, menaçant, qui secoua son corps.

Ce soir, tout serait parfait, comme cela aurait toujours dû l'être.


John arriva chez lui, l'esprit en vrac. Depuis qu'il avait quitté Sherlock, il n'arrivait plus à formuler la moindre pensée cohérente. Il pensa confusément que ce qu'il ressentait s'apparentait à la réaction qu'il avait eue lorsqu'il avait appris qui était réellement Mary.

Il se sentait trahi. Il se sentait méprisable. Il se sentait vide. Et il était en colère, tellement en colère.

Le mélange confus de ces sentiments lui donnait l'impression qu'il n'allait pas tarder à devenir fou. Il appuya son front contre la porte, sans l'ouvrir, indifférent aux quelques flocons qui s'immisçaient entre sa peau et ses vêtements.

Il respira profondément. Il devait se calmer. Il devait remettre ses idées en places. Ne pas se laisser désarçonné.

Il ne pouvait pas réagir aussi abruptement. Pas en connaissant Sherlock comme il le connaissait. Il savait que derrière chaque acte de son ami, il y avait une raison. Il y avait toujours une raison.

Oui, mais était-il bien sûr de vraiment le connaître ? Tout aurait pu être un mensonge. Chacune de ses réactions qu'il avait appris à classifier, ne faisaient t'elles pas parties, après tout, que du masque que le détective s'était construit ?

Non, c'était impossible, personne ne pouvait effacer ainsi ce qu'il était de cette façon. Pas même Sherlock Holmes. L'homme qu'il avait côtoyé était vrai, celui qu'il avait appelé son ami existait.

Alors pourquoi cette réaction ? Pourquoi Sherlock lui avait-il parlé comme cela ?

Parce qu'il en avait assez, tout simplement. Il s'était lassé. John avait toujours craint, qu'un jour, cela arrive. Que le grand, l'inaccessible, l'insensible, Sherlock Holmes, ne voit plus en lui qu'un jouet usé dont il n'avait plus rien à faire.

Etait-ce réellement ce qu'il venait de se passer ? Leur amitié n'avait-elle vraiment été qu'une illusion ? N'avait-elle vraiment jamais existé ?

John se refusait de croire cela. Sherlock devait avoir une raison pour avoir parler ainsi. Il avait toujours une raison, cela devait faire parti de son plan tordu pour attraper Sherrinford.

Mais même si cela était le cas, le résultat serait le même. Sherlock se serait encore une fois servi de lui comme d'un jouet dont il pouvait disposer comme bon lui semblait. Et cela ne serait que plus douloureux. Parce que cela signifierait qu'il pourrait continuer à espérer qu'un jour, Sherlock ne soit plus celui qu'il était.

- John ? l'interpella une voix dans son dos.

Le médecin se retourna vivement. Il était toujours dehors, il était trempé et frigorifié. Mais voir Mary, debout dans l'allée devant lui, un bonnet de grosse laine sur les cheveux et une main posée sur son ventre proéminent le réchauffa instantanément.

Mary lut la confusion dans les yeux de son époux. Elle y vit les raisons, elle ne les comprit qu'à moitié. Mais elle sut immédiatement ce qu'elle devait faire.

Elle s'approcha de l'homme de sa vie et ouvrit la porte. Elle le poussa gentiment à l'intérieur et referma derrière eux.

Puis elle planta ses yeux bleus dans ceux de John et exigea, d'une voix qui ne souffrait pas la contestation :

- Raconte-moi.


Mycroft fixait sans le voir le rapport qu'on lui avait apporté quelques heures plus tôt. Les mots qui s'étalaient devant ses yeux semblaient se mélanger, les lettres s'étiraient, se séparaient, jusqu'à former un ensemble incohérent et sans le moindre sens.

Pour la première fois de sa vie, Mycroft Holmes se trouvait incapable de travailler.

Il repoussa le dossier en soupirant, et prit sa tête entre ses mains.

Il s'interdit de regarder l'horloge une nouvelle fois. Il savait ce qu'il allait y lire, il savait ce qu'il aurait envie de faire. Il tenta une nouvelle fois de se persuader qu'il avait tort, que ça n'était pas en train de se dérouler en ce moment même. Il n'avait pas toutes les pièces en mains, il ne pouvait pas savoir avec précision que c'était ce soir.

Enfin, c'était ce dont il essayait de se persuader. En réalité, il savait parfaitement que ses deux frères seraient très bientôt réunis, dans les sous-sols de Fleet Street. Ou peut-être même y étaient-ils déjà ?

S'il ne faisait rien, c'était parce qu'il avait peur. Peur de ce qu'il trouverait en arrivant là-bas, peur pour Sherlock mais aussi peur, encore, toujours après tant de temps, de son aîné. Peur de Sherrinford.

Mycroft ne se mentait jamais à lui-même. Il ne put donc pas se nier sa faiblesse.

Parce qu'il avait aussi peur de ne pas être à la hauteur. Quand il était adolescent, il n'avait pas pu arrêter Sherrinford à temps, il n'avait rien pu faire. Alors pourquoi cela aurait changé ?

Mycroft se frotta les yeux. Dans son esprit repassait soudainement tout ce qui lui était arrivé depuis la disparition de son grand frère.

Il se revit, à quatorze ans, jetant un regard glacial à Sherlock lorsque celui-ci était rentré, un soir, les lèvres en sang. Il avait pensé que la douleur le ferait s'endurcir, alors il l'avait privé de sa compassion.

Il se revit, à dix-neuf ans cette fois, partir pour l'université sans un regard en arrière pour son si petit, encore si fragile, petit frère.

Il se revit, quatre ans plus tard, revenir pour trouver un adolescent au visage crayeux et aux bras maigre, qui avait remplacé son petit frère.

Et il revit ce qui avait suivit. La peur de devoir affronter le fantôme de son aîné en s'approchant de Sherlock, qui lui ressemblait tellement, le courage qu'il avait trouvé, parce que c'était pour protéger son frère, la seule personne au monde qui prouvait que lui, Mycroft Holmes, avait un cœur. Et la victoire, en fin de compte. Sherlock qui reprend vie, Sherlock qui se trouve une passion, Sherlock qui écrase tout le monde de son génie, Sherlock, Sherlock, et encore Sherlock.

Son petit frère qu'il avait toujours protégé. Qu'il devrait toujours protéger.

Mycroft comprit alors que rien n'avait changé. Et que c'était pour cela qu'il devait y aller. Il se leva, et regarda enfin l'horloge, qui affichait vingt heure et des poussières.

Il était à nouveau déterminé à devenir le maître du jeu. Son moment de faiblesse, absurde et illogique, passé, l'homme de glace redevint lui-même. Il ouvrit un tiroir de son bureau, mit ce qu'il y avait pris dans sa poche, et sortit, en prenant soin de prendre son parapluie au passage.

Sherrinford voulait jouer, et bien, il allait jouer. Mais il était plus que temps de changer les règles du jeu.


Sherlock resta figé un instant sur le trottoir, devant la banque de Fleet Street qu'il avait visité un jour plus tôt.

Il respirait doucement, formant des nuages de vapeur à chacune de ses expirations. Cela lui semblait tellement ridicule d'être là, dans le froid, devant cette porte qu'il savait close. Ou peut-être est-ce que Sherrinford l'avait ouverte pour lui ?

Il savait que quand il franchirait le seuil, tout prendrait enfin fin. Cette enquête qui n'en était pas une et dans laquelle il avait été entraîné, volontairement, ne serait plus qu'un souvenir.

Peu importe ce qu'il se passerait, derrière cette porte, il savait que cela lui permettrait de tirer un trait définitif sur ce qu'il avait toujours cherché à oublier sans jamais y arriver.

Il savait aussi que contrairement à son habitude, il devrait jouer carte sur table. Il ne pourrait rien cacher. C'était cela, le jeu que Sherrinford voulait l'amener à jouer.

Savoir lequel d'entre eux, une fois tout faux-semblant abattu, l'emporterait.

Il savait aussi que ses chances de gagner étaient minces, mais que si il n'entrait pas, jamais plus il ne pourrait avoir la chance d'oublier.

Sherlock savait, surtout, pourquoi il était là. Il aurait pu abandonner en cours de route, il aurait pu laisser tomber cette affaire, se concentrer sur autre chose, vivre en enfouissant les souvenirs comme il l'avait toujours fait. S'il était là, c'était parce qu'il était trop orgueilleux, trop sûr de lui, trop lui, pour ne pas mener une enquête à son terme. Sherrinford avait compté depuis le début sur cet aspect de sa personnalité, cet aspect qu'ils partageaient. Cet aspect qui les empêchait tous les deux de laisser quelque chose d'inachevé derrière eux.

Au fond, il avait toujours su qu'ils se ressemblaient beaucoup.

Alors Sherlock inspira une dernière fois et s'approcha de la porte. Il songea au dernier instant que si cette porte était fermée à clef, alors, il partirait. Que si elle ne s'ouvrait pas, il abandonnerait et laisserait Sherrinford avec sa frustration de ne pas l'avoir vu venir.

Il saisit la poignée. Poussa. La porte résista.

Sherlock laissa retomber son bras, incapable de penser à quoi que ce soit. Alors, c'était ainsi que cela devait finir ? Il amorça un demi-tour.

Il saisit à nouveau la poignée et tira.

La porte s'ouvrit, dévoilant le hall où il s'était déjà tenu, plongé dans l'obscurité.

Sherlock inspira profondément et entra furtivement. Comme il s'y attendait, aucune alarme ne se déclencha suite à son intrusion.

La porte se ferma sans un bruit derrière lui, et il resta immobile un instant, laissant ses yeux s'habituer au noir.

Une fois cela fait, il se dirigea vers les escaliers en colimaçons qui menaient vers l'étage inferieur.

Il faisait encore plus sombre, et Sherlock fouilla dans une de ses poches pour en sortir sa lampe-torche. Il l'actionna, plissant les paupières lorsque le rond de lumière jaillit pour éclairer le mur.

Il resta quelque seconde figé, au beau milieu du couloir. Il n'avait pas peur, n'était pas angoissé à l'idée de ce qui allait suivre. Il avait choisi, et il respectait toujours ses choix. Et puis, à quoi cela aurait-il servi d'appréhender quelque chose qui allait de toute façon arriver ?

Mais Sherlock eut brusquement envie que John soit là, à ses côtés, pour avoir peur à sa place, pour lui dire de sortir de là, qu'ils étaient en train de commettre une infraction et que si son frère était bien là, ils n'avaient qu'à lui envoyer la police au lieu de s'escrimer à vouloir jouer les justiciers.

Sauf que John, ce soir, n'était pas là pour lui servir de conscience, parce qu'il l'avait volontairement écarté. C'était trop dangereux.

John aurait répondu à cela que sa sécurité à lui était tout aussi importante, et qu'il devait arrêter de se mettre en danger sans aucune raison valable.

Cependant, même si Sherlock pouvait presque entendre les reproches que son unique ami lui aurait fait, il ne les écouta pas plus que si le médecin avait véritablement été là.

Alors il fit ce qu'il aurait fait dans tout les cas, même si une catastrophe naturelle venait à s'abattre sur Londres. Il avança dans le couloir, déterminé à en finir.

Parce qu'après tout, il n'était pas Sherlock Holmes pour rien.

A ça, John aurait répondu qu'il n'était qu'un idiot borné, et lui aurait emboîté le pas en grommelant.

Mais John n'était pas là, alors c'est en silence que le détective s'approcha de la salle des coffres.

Il ne fut même pas surpris de voir la lourde porte de métal grande ouverte. Après tout, on avait tout fait pour lui faciliter la tâche, n'est ce pas ?

Sherlock éteignit sa lampe et s'avança jusqu'à pouvoir voir à ce qu'il y avait à l'interieur de la salle.

Ce qu'il remarqua en premier fut que cette dernière était éclairée par une unique ampoule, pendouillant à un fil électrique et qui projetait dans la pièce une lumière nue et faible.

La seconde chose qu'il vit, ce fut les rangées de coffres qui recouvraient les murs.

Et la troisième, ce fut l'homme, assis sur une caisse de métal au centre de la pièce, qui leva vers lui des yeux scintillants.

La phrase qui suivit fut prononcée dans un murmure, mais qui sembla emplir toute la salle, se répercutant sur les parois, d'un ton rauque, presque semblable à un ronronnement.

- Salut, petit frère. Tu en as mis du temps.

Sherlock et Sherrinford se firent face, et le sourire du dernier s'étira plus largement.

Ils pensèrent alors exactement la même chose.

Enfin. Enfin, ils se retrouvaient.


*Glisse discrètement la tête pour voir si ses lecteurs ne lui en veulent pas trop*. *Respire profondément* Jesuisdésoléd'avoirfaitagirSherlockcommeungrosconnardetd'avoirrenduJohntouttristemaisc'étaitcommeçaqueçadevaitsepasserdésolé. ( Traduction : Je suis désolée d'avoir fait agir Sherlock comme un gros connard et d'avoir rendu John tout triste mais c'était comme ça que ça devait se passer désolé.) Et puis, je suis sûr que vous comprenez les motivations de Sherlock ^^ Non ? Vraiment pas? Ah, euh, bon... Regardez, une girafe rose! *part en courant*

Sinon, c'est enfin fait, Sherlock et Sherrinford se sont retrouvés ! Comment ça, j'ai coupé pile à ce moment là? Ah, euh, c'est vrai euh... Un panda violet! *repart en courant*

En bref, j'espère que ce chapitre vous a plu ! Si vous avez envie de me crier votre frustration, de m'assassiner pour avoir rendu John tout tristounet, ou même lui faire un câlin de réconfort, à lui ou à Sherlock ( cette option pouvant se transformer, si besoin est en "lancer un gros caillou dans la tête de Sherrinford), je vous invite à me laisser une petite review ^^ ( parce que ça sert à ça, après tout, non ? )

A la semaine prochaine!

Kisses mes lecteurs!