Merci à miss-acacia84 et à Claire
Miss, pas taper sur la tête, ni jeter de cailloux, svp. :o
Para 22
Samedi 6 octobre 2012 : 15h54
La limousine se stoppa le long du trottoir sur Park Avenue.
Blair entrouvrit les paupières et se décolla doucement de son mari. Ils étaient arrivés à destination. Chuck avait fait aménager la maison pendant leur escapade dans les Hamptons. Jamais elle n'aurait imaginé passer leur lune de miel là-bas.
Et pourtant, c'était l'endroit idéal. Ils étaient tout près de New York, au cas où il y aurait eu une urgence, mais ils en était assez loin pour se couper du reste du monde pendant des jours.
Elle devait reconnaître que, là aussi, son époux avait su organiser les choses à la perfection. Quelques balades sur la plage, au soleil couchant ou au clair de lune, des petites déjeuners au lit, des dîners aux chandelles, des siestes sous le soleil de l'été indien et des heures et des heures passées sous les draps.
Que demander de mieux ?
Elle remit ses chaussures et saisit la main de Chuck pour s'extraire du véhicule. Elle soupira d'aise devant la façade de leur nouvelle demeure. Elle ne doutait pas qu'Évelyne aurait veillé à ce que tout soit décoré selon ses désirs.
Chuck posa un baiser sur sa tempe et glissa sa main dans la sienne pour la guider jusque sous le porche. Il s'arrêta un instant sur le perron pour chercher la clé, celle qui se trouvait dans l'enveloppe que Bart lui avait remise le jour de leur mariage avec le certificat de propriété, puis la souleva dans ses bras.
Elle poussa un petit cri de surprise et accrocha son bras derrière sa nuque.
- Bien venue à la maison, Madame Bass, dit-il en franchissant le seuil de leur maison.
Blair resserra son étreinte et l'embrassa langoureusement.
- Bien venu à la maison, Monsieur Bass, répondit-elle.
Il la posa au sol et elle noua ses doigts aux siens pour l'emmener faire le tour de leur chez eux. La mère biologique de Chuck avait effectivement tout arrangé selon les goûts de sa belle-fille.
Un immense living-room avec un feu ouvert dans la partie salon et de grandes baies vitrées qui donnaient sur le patio. Une cuisine totalement équipée pour Dorota, dont, bien entendu, Blair ne pouvait se séparer, qui était prolongée par une véranda, contiguë à la courre intérieure.
A l'étage, une chambre principale avec un balcon donnait sur l'espace ouvert au centre de la maison et trois autres chambres, avec une splendide vue sur le parc, chacune avec sa salle de bain.
Dans les combles, quatre mansardes avec de gigantesques vasistas. Deux aménagées en bureaux et une en bibliothèque. La dernière, encore vide, était destinée à devenir une salle de jeux ou une autre chambre.
Chuck devait reconnaître qu'Évelyne avait su y faire, elle était effectivement un maître en matière de décoration intérieure. Il posa les yeux sur son épouse qui était enchantée. Son cœur fondit devant le sourire sur son joli minois. Il fut un temps où il désespérait d'en voir un à nouveau.
- Ta mère a fait des merveilles, commenta-t-elle.
Il retint la remarque qui lui brûlait la langue à propos du fait que la seule mère qu'il aie soit Lily. Inutile d'argumenter sur ce sujet, il n'avait aucune envie d'en débattre avec Blair. Et puis, il faudrait bien qu'il s'y fasse, visiblement celle qui lui avait donné naissance avait bien l'intention de rester dans sa vie pour de bon. Elle s'en était assurée en tissant des liens, non seulement avec lui, mais également avec la brune qui détenait son cœur.
Néanmoins, cette dernière comprit le silence de son mari et passa ses bras autour de son cou pour se blottir contre lui. Il embrassa ses cheveux et l'entraîna vers leur chambre. Ils disposaient encore de quelques heures de lune de miel avant de se rendre chez Lily pour annoncer la grossesse de Blair.
Chuck était soulagé que le secret soit bientôt levé. Ainsi, il pourrait compter sur l'assistance de Serena et Nate pour veiller sur sa belle et le bébé. Eléanor et Cyrus étaient repartis en France et ne reviendraient que pour Thanksgiving, en compagnie d'Harold et Roman. Leur fille avait prévu de les informer de la nouvelle par téléphone dés que tous les autres seraient au courant.
Samedi 6 octobre 2012 : 20h16
Le tintement de l'ascenseur retentit et le tout premier à fêter le retour des jeunes mariés, et principalement de son maître, fut Monkey qui jappa et remua la queue de contentement quand Chuck le salua d'une grattouille derrière les oreilles et lui tapota le flan.
Lily accueillit son fils et sa belle-fille avec un sourire chaleureux. Ce dernier lui rendit la pareille. Il était impatient de lui annoncer que son fils verrait bientôt le jour.
- Charles, s'exclama-t-elle avec joie en enlaçant ce dernier.
Elle le retint dans son embrase quelques secondes, avant de le libérer pour embrasser également la brunette qui était comme une deuxième fille pour elle.
- Tu es radieuse, commenta sa belle-mère.
Il y avait quelque chose de ... différent chez la jeune femme, mais elle ne savait pas dire quoi exactement. Sans doute l'effet du mariage.
- Vous resterez avec nous pour le dîner ? interrogea-t-elle. Serena et Nate ne vont pas tarder à arriver.
Elle aimait avoir sa famille réunie autour d'elle. Il lui tardait d'avoir des petits enfants qu'elle puisse cajoler et gâter-pourrir au-delà de toute décence.
- Bien sûr, répondit son fils avec une petite lueur de malice dans le regard. Une lueur qu'elle n'avait pas vu assez fréquemment à son goût au cours de ces dernières années.
- B ! raisonna soudain la voix de sa fille, qui arrivait dans l'entrée.
La blonde serra sa meilleure amie sur son cœur. Elle lui avait manqué pendant le cours laps de temps où ils avaient quitté Manhattan.
- Hey, Man ! commenta plus sobrement le jeune Archibald en donnant une tape dans le dos à son meilleur ami.
- Nathaniel, le salua Chuck à son tour avec chaleur.
Rufus franchit le seuil du penthouse à son tour et proposa de faire son célèbre chili après avoir fait le tour de l'assemblée.
- Si on commandait plutôt chinois, proposa la maîtresse de maison devant la tête des jeunes réunis autour d'eux.
L'idée fut accueillie avec enthousiasme par tout un chacun, trop heureux de pouvoir ainsi échapper à la spécialité mexicaine.
- Je m'en occupe, soupira le dernier mari de Lily en reconnaissant la défaite.
- Avant, nous avons quelque chose à vous annoncer, déclara Chuck qui n'y tenait plus.
Il passa son bras autour des épaules de Blair, rayonnante à ses côtés.
- Oh ! Mon Dieu ! tu es enceinte ! en déduisit Lily, qui mettait à présent le doigt sur ce qui lui avait échappé en observant la jeune femme à son arrivée.
Ni Chuck, ni Blair n'eurent le temps de confirmer la supposition qu'un cri perçant assourdit les tympans de tout un chacun.
Serena se précipita sur sa meilleure amie et son frère et leur sauta au cou, incapable de refréner son excitation. Elle arrivait à peine à retenir ses larmes de joie pour eux.
- Vous allez avoir un bébé, sautilla-t-elle sur place en prenant les mains de la brunette dans les siennes.
- Oui, acquiesça cette dernière, la voix emplie d'émotion.
S l'attira à nouveau dans ses bras, obligeant Chuck à se détacher de son épouse contre son gré.
- Félicitation Mec, lui dit son ami d'enfance en lui faisant également l'accolade.
Le geste resta masculin et bien moins démonstratif que celui des jeunes-femmes, mais le regard qu'ils échangèrent était empreint de toute l'affection qu'ils se portaient l'un à l'autre.
- Je suis tellement heureuse pour vous, proféra Lily en enlaçant tendrement son fils adoptif.
Elle n'ignorait pas la signification particulière que revêtait cette grossesse pour le couple de jeunes mariés.
- Félicitation à vous deux, dit également Rufus en posant une main sur l'épaule du jeune homme avec bienveillance, tandis que Lily enlaçait Blair, qui avait réussi à se dégager de l'emprise de Serena.
Cette dernière serra une dernière fois son frère adoptif dans ses bras.
- Trop près. Trop près, plaisanta-t-il, mais elle n'y accorda aucune attention.
Elle était si contente pour eux. Ils avaient mériter tout le bonheur du monde après tout ce à quoi ils avaient survécus.
Chuck répondit néanmoins à son geste, il savait que sa sœur était sincère et qu'elle partageait réellement leur joie. Elle était sans doute un peu trop exubérante parfois, mais ça faisait aussi partie de son charme.
Samedi 6 octobre 2012 : 22h24
- Où vas-tu ? interrogea Chuck quand son épouse sortit de la cage d'ascenseur alors qu'ils n'étaient pas au rez-de-chaussée.
Elle se tourna vers lui et arqua un sourcil.
Il savait parfaitement où elle allait !
- Je croyais que tu étais fatiguée, argumenta-t-il encore.
- J'ai dit ça parce qu'il y a encore un endroit où nous devons nous rendre avant de rentrer.
- Blair ...
- Elle se soucie véritablement de toi, crois-moi, affirma-t-elle.
Il soupira, il n'y couperait pas.
Blair fit deux pas en arrière et agrippa ses phalanges. Il la suivit sans plus protester jusqu'à la porte 1812.
Il concédait que sa mère biologique s'était montrée très présente et qu'elle lui avait donné toutes les raisons de croire qu'elle ne le trahirait plus. Cependant, quelque part, dans son cœur d'enfant, subsistait le doute qu'elle n'ait jamais le moindre intérêt pour lui.
La porte tourna sur ses gonds et son père apparu dans l'embrasure.
La jeune femme voulut faire un pas en arrière mais ça lui était impossible car son mari se tenait juste derrière elle.
Chuck la sentit se raidir et posa une paume rassurante sur sa taille.
Elle n'avait pas anticipé cette possibilité.
Lui n'était cependant pas réellement surpris de le trouver là, à cette heure. Il était évident, après ce qu'il avait entendu de la conversation entre Diana et sa mère biologique à l'hôpital en Bretagne, que les choses ne resteraient pas longtemps platoniques entre ses parents.
- Chuck ? s'étonna lui-même Bart.
- Nous sommes venus voir Évelyne, révéla le brun.
C'était assez logique, vu que c'était elle qui résidait dans la suite depuis de nombreuses semaines, se rappela soudain Bass Senior.
Il s'effaça pour laisser passer les tourtereaux.
L'occupante des lieux se leva en voyant son fils et sa belle-fille pénétrer dans la pièce.
Elle n'ignorait pas qu'ils devaient rentrer aujourd'hui, mais elle n'avait pas osé espérer qu'ils viendraient lui rendre visite. Même si elle avait réussi à nouer des liens et une relation plus ou moins stable avec son fils et qu'elle s'était beaucoup rapprochée de la jeune femme durant les dernières semaines.
Leur principal sujet de conversation était resté la future maison à acquérir. Rarement, elles avaient parlé de Chuck. Hormis lorsque Blair elle-même avait abordé les goûts et les couleurs favorites de son futur mari.
Évelyne ne s'autorisait pas à utiliser la femme qui détenait le cœur de son fils pour plaider sa cause auprès de lui. Le conseil de Lily était avisé. La blonde avait raison, en démontrant qu'elle avait à cœur le bien-être de son fils, c'était suffisant pour que les barrières de Blair ne s'estompent progressivement et comme le lui avait fait remarquer sa mère adoptive, personne n'était plus protectrice envers Chuck que la jeune femme.
Elle ne doutait pas une minute que l'idée de se présenter ici émane de la brunette et non de son fils.
- Bonsoir, dit-elle, avenante, en s'avançant vers eux.
Bart la rejoint en deux enjambées.
- Bonsoir Évelyne, la salua la jeune brunette alors que le jeune marié lui adressait un petit signe de tête.
Elle pouvait discerner la nervosité dans les gestes de la jeune femme, qui arborait malgré tout un port altier.
- Est-ce qu'il y a un problème avec la maison ? s'enquit-elle.
Elle pensait avoir tout fait selon leurs désirs mais peut-être avait-elle échoué là-aussi ?
Tout comme elle avait échoué dans son rôle de mère.
- La maison est parfaite, déclara son fils.
Évelyne en fut soulagée et son cœur se gonfla un peu au son de sa voix emplie de reconnaissance.
Il fit passer son poids d'un pied sur l'autre et elle nota qu'il n'était pas franchement à l'aise non plus, mais il ne l'était jamais tout à fait quand il se retrouvait face à elle.
- Scotch ? demanda Bart à son fils qui s'empressa d'accepter, ce qui eut pour effet de dissiper un peu la tension dans la pièce.
L'homme s'éloigna pour remplir un verre de liquide ambré et Blair relâcha sensiblement sa prestance.
Visiblement l'entente n'était pas si cordiale entre ces deux-là, même si elle n'avait cessé d'encourager son amant à être plus accommodant avec la femme de leur fils.
Il y avait une certaine rivalité qui s'imposait d'elle-même entre eux. Sans doute la rancune tenace de l'un envers l'autre pour la manière dont ils s'étaient chacun comportés avec Chuck.
L'homme revint vers eux avec le whisky et tendit un verre d'eau à la jeune femme sans lui avoir demandé ce qu'elle désirait boire.
A part de l'eau, il n'y avait que de l'alcool dans le bar.
La brunette l'accepta sans autre forme de commentaire et en but une gorgée pour se donner contenance. Elle n'avait pas imaginé que ce serait si ardu de faire face à Bart.
En fait, elle n'avait pas imaginé devoir se tenir là, devant lui, étant donné qu'il savait déjà.
L'homme connaissait leur secret depuis un petit temps maintenant, mais elle ne l'avait jamais affronté en sachant qu'il savait et Chuck avait beau dire qu'il était revenu à de meilleurs sentiments à son égard, elle n'en n'était pas si certaine.
Elle avait clairement la sensation qu'il faisait un effort parce que son fils ne lui laissait pas le choix. De là à dire qu'il l'acceptait pleinement comme belle-fille, il y avait un fossé énorme. Elle même avait d'ailleurs beaucoup de mal à faire abstraction de toute la souffrance qui avait habité le cœur de l'homme de sa vie par la faute du grand et impitoyable Bart Bass.
- Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous ? questionna Évelyne qui ne comprenait pas ce qui se passait.
Il y avait manifestement quelque chose qui lui échappait dans la scène qui se déroulait devant elle.
- Pas vraiment, non. Tu as déjà fait plus que ta part. D'ailleurs, Merci pour tout, sourit son fils en saisissant le verre que lui tendait son père.
Elle sentit son cœur enfler encore dans sa poitrine à son sourire doux. C'était un vrai sourire, un qui ressemblait à ceux qu'il adressait à Lily. Celui qu'un enfant réservait à sa mère et elle ne s'attendait pas à jamais en recevoir un comme ça.
- Nous sommes venus t'annoncer que Blair est enceinte, la naissance est prévue pour début avril, continua-t-il sur sa lancée.
Chuck pensait que ce serait plus difficile pour lui mais le fait était que, maintenant qu'il se retrouvait devant elle, il ne pouvait s'empêcher de déchiffrer l'affection qu'elle lui portait réellement dans son regard, ses gestes, son attitude toute entière, qui lui criait qu'elle souhaitait vraiment prendre part à sa vie.
Ses peurs d'enfant s'érodaient doucement à l'envie de connaître et de donner une place à cette mère qui lui avait tant manquée pendant toutes ces années et son cœur battait à tout rompre à l'idée que son fils aurait droit à l'amour de toutes les personnes qui constituaient sa famille, sans aucune exception.
Évelyne dévisagea un instant Blair. Pour le mois d'avril ? Ce qui signifiait que Blair était à la fin de son premier trimestre. Elle devait à peine avoir pris un kilo, deux tout au plus.
Tout à coup, il lui vint à l'esprit qu'elle avait traînée la jeune femme à la recherche de la maison idéale pendant tout un après-midi, il y avait un peu plus de trois semaines et les souvenirs de la rencontre avec son fils qui avait suivie lui revinrent en mémoire.
Il avait paru beaucoup apprécier la demeure pour laquelle Blair avait eu un coup de cœur, mais ne semblait pas des plus préoccupé par l'endroit où ils vivraient. Sur le coup, elle avait pensé qu'il était mécontent parce qu'elle s'immisçait en quelque sorte dans leur vie.
Elle avait même été quelque peu surprise le lendemain quand la jeune femme l'avait rappelée pour lui demander plus de détails sur la vente.
Maintenant, elle comprenait que la réaction de Chuck n'avait rien à voir avec elle ou avec son implication dans l'achat de la bâtisse.
- Toutes mes félicitations, déclara Bart en s'adressant directement à sa bru.
- Merci, répondit Blair.
- Je suis ravie pour vous, ajouta Évelyne.
Dans un élan spontané, elle attira la future maman dans son embrase pour la féliciter.
Quand elle relâcha son étreinte autour de Blair, elle se tourna vers Chuck et hésita un instant. Cependant, il anticipa son geste et l'enlaça à son tour.
- Merci, pour tout, murmura-t-il à son oreille.
Elle réalisa qu'elle allait être grand-mère et que son fils lui donnait l'opportunité de prendre une part active dans la vie de son enfant à venir. Les larmes affluèrent à ses paupières et elle eut besoin de tout son self-contrôle pour ne pas leur permettre de s'échapper de ses cils.
- Merci à toi, chuchota-t-elle en posant une main sur sa joue, s'écartant de lui à regret.
Bart tendit une main à son fils qui la saisit avant de lui faire une accolade également. Si son père avait peur des démonstrations d'affections, il avait dépassé ce stade depuis un bon moment déjà et quelques soient ses réticences, son paternel devrait s'y habituer.
L'homme aux cheveux blancs retourna cependant son geste à son héritier puis à la femme qui portait sa descendance dans ses entrailles.
Il ne savait pas trop comment, ni à quel moment, si c'était son effronterie, ou sa manière de toujours s'ériger contre ceux qui auraient pu prétendre nuire à Chuck, mais quelque part en chemin, Blair Waldorf avait gagné son estime. Et ce n'était pas un vain mot aux yeux de Bartholomew Bass.
- Tout se passera bien, affirma-t-il à mi-voix mais avec force en relâchant son étreinte.
La jeune femme croisa son regard et sut qu'il souhaitait vraiment que ce soit le cas. Sans savoir pourquoi, cela la réconforta et renforça sa foi en leur avenir.
