Merci miss-acacia84, x-Beautiful Blass-x & Moozanna.
Para 25
Blair inspira profondément et relâcha l'air le plus lentement possible comme l'avait indiqué Janet, la responsable du groupe. Elle se dirigea vers l'échelle pour sortir de la piscine tout en discutant avec une autre future maman.
Tous les samedis matins, elle commençait par nonante minutes de relaxation en salle puis enchaînait par une heure et demie de mouvements dans la piscine. Grâce à la pression hydrostatique, qui agissait comme un massage sur le corps, les inconforts corporels de la grossesse étaient quelque peu diminués.
Ce qui n'était pas un mal car son dos la faisait souffrir et ses jambes étaient lourdes. Elle avait pris six kilos, à présent. Cependant le Docteur Bergman trouvait qu'il n'y avait rien d'alarmant, au contraire. Elle tentait donc de ne pas faire une fixation sur les chiffres que la balance affichait.
Au programme : exercices d'entretien corporel, travail sur l'apnée, étirements et relaxation. Des bienfaits qui devaient aider les futures mamans à se détendre dans une eau chauffée à trente deux degrés. Légères comme des plumes, les femmes enceintes se sentaient comme enveloppées et rassurées. Un contexte qui permettait de vivre des sensations nouvelles et l'impression d'être en harmonie, en symbiose avec bébé.
Les séances de yoga lui faisaient également un bien fou. Elle avait opté pour ses choix en plus des cours de préparation à l'accouchement auxquels elle les avait inscrits et qui se déroulaient les mardis et jeudis soirs. Le psychiatre avait recommandé de faire un pas après l'autre et c'est ce qu'elle s'appliquait à faire.
Tout était une question de contrôle, bien sûr. C'était le maître mot dans la vie de Blair Waldorf - Bass. Que ce soit à l'atelier ou dans ses loisirs, elle avait besoin d'avoir les clefs en main pour se sentir en sécurité.
Avec le soutien de Chuck, elle avançait pas à pas et réussissait à garder le cap et à maîtriser ses angoisses.
Il avait chargé Dorota de l'aider à veiller à ce qu'elle n'en fasse pas trop. Sa mère avait aussi décrété que Cyrus et elle resteraient à Manhattan jusqu'à ce que sa fille donne naissance et même un peu plus longtemps si nécessaire. Avec une équipe comme celle-là, elle ne pouvait que se sentir épaulée.
Blair faisait également son petit bonhomme de chemin dans sa nouvelle vie professionnelle. La styliste avait accueilli l'idée d'une ligne de grossesse Waldorf Designs avec enthousiasme, se demandant pourquoi elle n'y avait pas songé elle-même.
Un sourire afflua aux lèvres de la jeune femme en pensant qu'elle allait bientôt se retrouver dans les bras de son mari. Elle ne les avait quittés que trois heures en tout et pour tout mais ils lui manquaient déjà horriblement. Elle quitta l'espace réservé aux futures mamans et se dirigea vers l'autre bassin.
Chuck avait pris l'habitude de venir y nager pendant qu'elle assistait à son cours de yoga puis à celui de préparation à l'accouchement dans l'eau. Il disait que ça l'aidait à se vider la tête et à évacuer le stress.
Les affaires de Bass Industrie étaient à nouveau florissantes, le prince crapaud avait perdu la guerre. Le petit chantage de Georgina avait soufflé un coup de froid (on pouvait même dire que c'était une période glaciaire) sur les monarchies européennes et leurs descendances et l'entrée en jeu de Bart avait définitivement fait pencher la balance.
Du coup, son mari pouvait lui aussi souffler un peu et s'octroyer quelques heures de détente. Il essayait de rentrer à une heure raisonnable du bureau chaque soir et l'accompagnait dans ses activités le samedi matin.
Blair en était plus que ravie, d'autant que la natation hebdomadaire qu'il pratiquait avait développé sa musculature, ce qui n'était qu'un avantage dont elle pouvait pleinement profiter. Il n'avait jamais été du genre sportif et elle appréciait à sa juste valeur son corps plus robuste et plus ferme.
Tandis que sa silhouette à elle devenait de plus en plus flasque !
Elle aurait intérêt à s'inscrire à un club de gym pour évacuer tout le surpoids de sa grossesse et retrouver sa ligne après la venue du bébé. Pour sa part, elle détestait l'eau chlorée qui avait un effet plus que désastreux sur ses boucles brunes.
Heureusement pour la préparation à l'accouchement, nul besoin de se mouiller la tête, il lui suffisait de les remonter en chignon et le tour était joué.
Elle franchit la porte de la piscine olympique et balaya les lieux du regard. En général, il s'entraînait au couloir quatre.
Sauf qu'il n'était pas au couloir quatre et qu'elle n'était pas la seule à hautement apprécier les muscles saillants de son torse nu !
Il se tenait près des plongeoirs de l'autre côté de la piscine.
Elle étouffa un hoquet offusqué. Une femme aux cheveux clairs et courts minaudait devant lui en se tortillant sur le bord du bassin. Sûr qu'elle n'avait pas de question à se poser sur sa plastique. Avec ses longues jambes galbées, sa taille de guêpe et son ventre plat comme un galet, elle ressemblait à une sylphide.
La blonde pencha légèrement la tête sur le côté, tout en continuant à converser et se dandiner devant lui.
D'une manière si subtile, songea Blair, dont le sang bouillonnait tout à coup.
Avant même qu'elle ne le sache elle-même, elle s'était approché d'eux et avait poussé la sirène sculpturale dans la piscine.
Chuck sursauta et se tourna vers sa femme, qu'il n'avait ni vue, ni entendue arriver.
- Blair ! lâcha-t-il, comprenant en une fraction de seconde ce qui trottait dans la tête de son épouse.
- Non, mais ça va pas ? C'est quoi ton problème ? hurla la blonde en se hissant sur le rebord et se redressant devant la petite brune.
- Ton problème, c'est que c'est mon mari que tu es en train de draguer ! riposta-t-elle, tremblante de colère, en agrippant la main gauche de ce dernier pour mettre son alliance en évidence, avant de la relâcher.
- Blair ... voulut intervenir Chuck.
Il passa ses doigts dans ses cheveux parsemés de gouttelettes d'eau et sa langue sur ses lèvres, cherchant ses mots.
Il était plus beau que jamais ! ... Elle le détestait !
- Toi, tais-toi ! fulmina-t-elle avant de lui tourner le dos et de rejoindre les vestiaires du club sportif d'un pas rapide, presque en courant.
- Blair ! cria-t-il encore en lui emboîtant le pas, laissant la pauvre fille avec qui il parlait l'instant précédent plantée là, complètement ahurie.
Elle n'aurait certainement pas le poste qu'elle espérait briguer chez BI mais étant donné ce qu'elle venait de subir, c'était certainement mieux comme ça ! La femme du CEO était une véritable folle furieuse.
- Blair ! s'époumona encore Chuck en poursuivant la brunette le long des cinquante mètres.
Mais elle ne l'écoutait nullement, elle fonçait vers les douches, hâtant encore le pas.
Elle passa le mur d'entrée comme une furie, considérant presque qu'il ne la suivrait pas jusque dans l'espace réservé exclusivement aux femmes mais elle n'y croyait pas vraiment. En plus, l'endroit était vide.
Elle visa la porte du fond qui donnait sur les cabines, espérant l'atteindre avant qu'il ne la rattrape.
Soudain, son pied glissa sur le carrelage mouillé et elle se sentit perdre l'équilibre. Elle écarta les bras dans un réflexe pour tenter de récupérer sa stabilité et essaya d'agripper la poignée, sans succès. L'idée qu'elle était enceinte de cinq mois et des conséquences hypothétiques d'une chute traversa son cerveau comme un éclair. Une peur fulgurante s'abattit sur elle comme un faucon sur sa proie.
Mais au lieu de percuter la surface dure du sol, elle se retrouva soutenue par ses mains dans son dos puis par ses biceps puissants sous ses aisselles. Ses avant-bras glissèrent de ses côtes à sa taille et son dos heurta ses pectoraux.
Elle se raccrocha à ses mains fermes, qui se nouaient maintenant sur son ventre rebondi où grandissait leur enfant.
- Chuck, haleta-t-elle, au bord des larmes.
- Je suis là, la rassura-t-il en resserrant son étreinte autour d'elle.
Elle éclata en sanglots et se mit à trembler. Elle se sentait soudain frigorifiée, elle grelottait. Ses jambes ne la portaient plus et elle se laissa complètement aller contre lui.
Son cœur battait si fort qu'elle avait l'impression qu'il allait imploser. Son cerveau carburait à une vitesse phénoménale, tout comme la sang qui courrait dans ses veines et battait maintenant contre ses tempes. Elle s'était laisser envahir par la colère à nouveau. Elle avait bien failli tomber. Elle n'avait pas réfléchi, pas penser aux conséquences ...
- Le bébé, hoqueta-t-elle.
- Il va bien. Tout va bien, murmura-t-il contre son oreille. Calme-toi. Il va bien. Tout va bien. Respire. Doucement. Tout va bien, je te le promets.
Elle fit de son mieux pour mettre ses instructions en pratique et réussit à ralentir sensiblement sa respiration.
Chuck ferma les paupières, continuant à lui prodiguer des conseils. Son cœur battait à tout rompe dans sa poitrine. Il l'avait vue vaciller et n'avait eu que le temps de l'attraper au vol. Il fit un effort pour appliquer ses propres recommandations. Il inspira lentement puis expira tout aussi lentement, lui donnant le rythme à suivre.
Elle frissonnait dans ses bras et il s'aperçut qu'elle avait la chair de poule. Sa peau était glacée. Il sentait les ongles de la femme de sa vie qui s'enfonçaient durement dans la sienne. Il fit quelques pas de côté, l'emportant avec lui et appuya sur le pressoir du pommeau de douche qui libéra sur eux une eau chaude et réconfortante.
Elle suffoqua un instant, surprise par la sensation de chaleur qui se propageait dans son corps. Petit à petit, elle se détendit, ajusta sa respiration et régula le rythme de ses battements de cœur. Ses membres étaient à présent enveloppés d'une douce chaleur au contact de ceux de Chuck, qui la maintenait contre lui.
Il relâcha un peu son étreinte pour lui permettre de lui faire face et de mieux se blottir dans ses bras. Elle garda son front posé contre son pectoral, laissant ses cheveux détrempés goutter dans sa nuque.
Un des bras de son mari lui ceinturait toujours la taille, tandis que son autre paume reposait sur son ventre rond. Elle fit courir ses phalanges sur les siennes et les entrelaça.
- Je ... Je suis désolée, s'excusa-t-elle. Je ... Je ne sais pas ce qui m'a pris ... Je t'ai vu avec cette fille et ... J'ai complètement perdu le contrôle ... Je n'ai même pas réfléchi ...
Il l'embrassa sur le dessus de son crane mouillé et soupira, puis caressa l'arrière de son bras de bas en haut.
- Elle est venue m'aborder parce qu'elle a envoyé son c.v. pour le poste vacant à BI, expliqua-t-il maintenant qu'elle était disposée à écouter sa version des faits. Elle m'a vu là et s'est dit qu'elle aurait tort de ne pas saisir l'opportunité de sortir du lot.
- Maintenant, elle en sortira, pour sûr ! commenta Blair soudain secouée par un fou-rire après cette immense frayeur.
- Maintenant, je pense qu'elle ne voudra plus postuler et retirera sa candidature, rectifia-t-il en riant à son tour.
Les flots qui se déversaient sur eux cessèrent et elle s'écarta d'un pas pour le regarder dans les yeux.
La crise de panique était passée mais il savait qu'il appellerait le Docteur Bergman pour solliciter un rendez-vous dans l'après-midi même afin de s'assurer plutôt deux fois qu'une que tout allait bien.
- Je suis vraiment désolée, s'excusa-t-elle encore.
Il porta la main au menton de la future maman et attira sa bouche vers la sienne.
- Je t'aime, je n'ai jamais aimé que toi et je n'aimerai jamais personne d'autre que toi, murmura-t-il contre ses lèvres avant de l'embrasser tendrement.
Elle noua ses mains dans sa nuque et se hissa sur la pointe des orteils pour approfondir leur baiser. Il resserra son emprise autour de sa taille pour mieux la coller contre lui malgré son bedon proéminent.
Un raclement de gorge mit fin à leur démonstration d'affection et ils se séparèrent à regret.
Blair frissonna à nouveau et il saisit un peignoir mis à disposition des membres du club qui pendait à un crochet non loin d'eux pour l'envelopper dans le tissus épais et moelleux. Elle glissa ses bras dans les manches et agrippa ses doigts pour l'entraîner avec elle vers la partie des cabines individuelles réservées aux femmes.
- Mes vêtements sont de l'autre côté, lui fit-il remarquer après que la porte des douches se soit refermée derrière eux, les isolants à nouveau.
- Qui a dit que tu avais besoins de tes vêtements ? demanda-t-elle en le tirant plus loin entre les parois.
18 décembre 2012 : 20h00
Ève sortit de la limousine lorsque Humphrey lui ouvrit la portière. Elle resserra son Valentino bleu nuit autour d'elle. Le vent de décembre était froid et piquant, l'hiver, qui ne démarrerait théoriquement que dans trois jours, avait pris de l'avance sur le calendrier.
Bart enveloppa ses épaules de son bras et la dirigea vers l'intérieur du Park Avenue Automn.
Elle admira la salle du restaurant, luxuriante et se dit qu'elle pourrait réellement apprécier la soirée avec lui.
Ce n'était pas la première qu'elle passait en sa compagnie, ni la première nuit qu'elle terminerait dans les mêmes draps que lui.
Comme l'avait prédit sa sœur, qui avait accepté une offre d'emploi au Washington Post, il lui avait fallu en tout et pour tout une bonne semaine avant de céder à son charme et à ses avances à peine déguisées.
Ce n'était pas le genre de l'homme. Il allait droit au but et ne s'embarrassait pas des détails et autres préliminaires. C'était ce qui lui plaisait en lui.
Au contraire de toutes les personnes mièvres et fourbes qu'elle avait rencontrées à son arrivée sur le territoire américain, il était franc - même rustre - mais au moins il n'y avait pas besoin de tergiverser pendant des heures sur ses réelles intentions. Il venait en conquérant, tout simplement.
Elle retint une grimace lorsqu'elle aperçut Anne et Howard Archibald assis à une table bien placée. Bart lui avait dit qu'ils devaient rejoindre un autre couple mais n'avait pas accepté de révéler quel était l'identité des personnes en question, lui assurant que cela gâcherait la surprise.
Elle avait toutefois du mal à concevoir qu'il soit prêt à passer toute une soirée avec la fille de William Vanderbilt. Même si elle ne doutait pas une seule seconde que les deux hommes en question sachent s'accommoder l'un à l'autre quand cela pouvait servir leurs intérêts communs.
Elle les soupçonnait d'être à l'origine du départ de Diana, qui avait commencé à empaqueter ses cartons la semaine précédente. Sa sœur devait commencer en tant que responsable des publications en janvier. Elle ne doutait pas que les deux hommes d'affaires aient su trouver un terrain d'entente à ce sujet pour éloigner l'éditrice du Spectator de New York.
D'un autre côté, Dia avait exprimé son désir de changer d'air. La cohabitation avec le petit-fils de William devenait de plus en plus suffocante pour sa cadette. Bien évidemment, La présence de fille de Lily n'aidait pas du tout à dépolluer l'air au journal.
Heureusement, Washington n'était qu'à quelques heures d'avion de Manhattan et elle pourrait rendre visite à sa sœur quand elle le désirerait. Bart lui avait assuré qu'elle aurait le jet quand bon lui semblerait pour ce faire.
Elle se sourit intérieurement. Elle avait toujours un certain pouvoir sur le grand Bartholomew Bass.
Leur fils ne s'était pas trompé à ce sujet.
Elle avait redécouvert avec ravissement que, malgré les années passées loin l'un de l'autre, ses sentiments pour elle étaient toujours présents et que, maintenant qu'il avait passer outre son orgueil pour le bien de Chuck en venant la trouver à Zurich, il ne ferait plus marche arrière.
Bien sûr tout n'était pas si simple et il y avait eu beaucoup d'explications et de discussions, parfois très animées, à propos de toutes ces années où ils étaient restés enfermés dans leur rancœur respective.
Cependant, il semblait que l'homme sans cœur, comme aimait à l'appeler sa petite sœur, ait finalement accepter l'idée qu'il avait le droit d'utiliser celui qu'il avait. Il paraissait avoir tirer leçon de leur fils en quelque sorte et elle ne pouvait que s'en réjouir.
Elle se réjouit également quand ils dépassèrent la table des Archibald sans même s'y arrêter.
Malheureusement pour elle, Anne ne laissa pas passer l'opportunité qui passait à sa portée.
- Évelyne ! Bart ! Quelle surprise et quelle joie de vous voir ici ce soir, s'exclama la femme du Capitaine sans leur laisser la possibilité de faire semblant qu'ils ne les avaient pas vus.
- Anne, Howard, les salua poliment la brune, plaquant à son tour un faux sourire sur ses lèvres.
Les deux hommes se serrèrent la main même s'ils s'étaient vus quelques heures plutôt dans les locaux de Bass Industrie.
- Voulez-vous vous joindre à nous ? proposa la commère d'une manière un peu trop enjouée.
- J'ai bien peur de devoir décliner, asséna Bart sans prendre la peine de s'excuser.
Il était le Big Boss et Howard était un de ses employés, il n'avait pas besoin de s'entourer de toutes les salamalecs qui ont cours dans une relation avec un associé potentiel.
- Nous venons célébrer l'anniversaire d'Ève et nous sommes attendus.
Il était plus qu'évident qu'il n'avait aucune intention de les invités à partager cet événement, aussi ne s'attarda-t-il pas plus que nécessaire devant la table du couple.
Il fit un petit mouvement de la tête pour signifier que la conversation était terminée et passa son chemin, entraînant la brune avec lui sans aucune considération pour le regard outré d'Anne, dû à son manque de civilité mondaine évidente.
Un serveur se précipita à leur rencontre. Il les accueillit avec un sourire chaleureux (aussi grand qu'il espérait son pourboire) et les précéda jusqu'à un salon privé.
Quand Ève pénétra dans l'espace intime, son cœur rata un battement de surprise. Une vraie bonne surprise celle-là. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux et cligna des paupières pour les refouler.
Son fils était attablé avec sa charmante épouse et se leva à leur arrivée.
- Bon anniversaire, lui souhaita le jeune homme en la prenant dans ses bras.
Elle savoura cette étreinte aussi longtemps que possible, la prolongeant tant qu'elle le pouvait sans que cela ne devienne gênant pour qui que ce soit.
- Merci, dit-elle quand il se dégagea lentement.
Sa seule présence était le plus beau des cadeaux dont elle puisse rêver.
- Bon anniversaire, répéta sa belle-fille.
Son ventre commençait à se voir véritablement et au lieu de le camoufler, elle arborait fièrement ses rondeurs, qui lui allaient à ravir, soit dit en passant.
Ève n'ignorait pas que sa bru n'était sans doute pas totalement étrangère à cette rencontre organisée à son insu. Elle fut étonnée de constater le regard de complicité qui s'établit entre son amant et la brunette.
Depuis quand Bart Bass et Blair Waldorf étaient-ils dans la même équipe ?
Elle prit place à la table dressée à la perfection et nota cinq couverts tandis que le serveur apportait des coupes de champagne et un verre de cidre de pomme sans alcool pour la futur maman.
- Bon anniversaire Evy, déclara soudain la voix chargé de l'accent de leur pays natal de sa cadette.
- Dia ! s'étonna son aînée.
C'était déjà une prouesse d'avoir obtenu que son fils soit là, mais qu'en plus Bart accepte de partager un repas avec Diana et inversement tenait du miracle.
- Désolée d'être en retard, s'excusa cette dernière. Quelques détails à régler avec mon nouvel employeur avant ma prise de fonction le mois prochain.
La couguar s'assied entre Blair et Ève avec un sourire éblouissant malgré le regard froid du magna de l'immobilier à son encontre.
Pourquoi s'était-il laissé convaincre d'inviter la sœur de la femme qu'il aimait ?
Parce qu'il l'aimait justement et qu'il devenait certainement bien trop faible depuis qu'il avait décidé de laisser entrevoir ses sentiments pour elle et de leur permettre de s'exprimer.
Il se rasséréna néanmoins en pensant au fait que l'Anglaise aux yeux clairs quitterait l'État dans moins de deux semaines et qu'il n'était pas totalement étranger à cette proposition d'embauche. Le plus difficile avait été de convaincre William Vanderbilt de la laisser partir.
Cependant un investissement astucieux de sa part dans les médias avait résolu le problème. Il était toujours utile d'avoir des billes dans ce genre d'affaire, se justifia-t-il.
Le sourire de la brune qui atteignait ses yeux, si identiques à ceux de leur fils, lui fit oublié tout le reste.
Ce devait être contagieux car ses lèvres s'étirèrent vers le haut sans qu'il puisse les en empêcher lorsqu'il réalisa qu'ils formaient une famille. Pas une comme celle dans laquelle il avait grandi, avec la peur au ventre d'anticiper comment se terminerait chaque repas à chaque fois qu'il s'installait sur sa chaise devant l'unique table en formica d'un appartement minuscule.
Non, une famille ou régnait la paix et la compréhension, où se développait et se créait des liens bien plus forts que tout le pouvoir que l'argent ne lui avait jamais apporté. Une famille non sans faille, ni défaut, mais une famille, somme toute, comme celle qu'il voyait sur l'écran de télé quand il ramassait les canettes vides que son père avaient abandonnées près du sofa. Celles qui lui semblaient irréelles et inaccessibles.
Ce soir, cette famille, sa famille était réunie autour de la table d'un des meilleurs restaurants du quartier le plus chic et le plus riche de New York.
Son père se trompait. Les femmes n'étaient pas la pire chose qui puisse arriver à un homme, elles étaient ce qui faisaient ressortir le meilleur en eux.
Mais pour le comprendre encore fallait-il trouver celle qui saurait lire dans votre cœur.
Il posa ses yeux acier sur son fils, leur fils. Il l'observa se pencher vers sa jeune et jolie épouse qui portait son petit-fils dans ses entrailles et lui chuchoter quelque chose à l'oreille. La brunette rougit légèrement et lui administra une petite tape sur le bras avant qu'il ne pose sa main sur son ventre rebondi.
Chuck lui avait appris bien plus que son propre père ne l'avait jamais fait. Il lui avait montrer le chemin vers la sérénité et le bonheur.
Ce dernier releva la tête et rencontra son regard.
Bart leva son verre dans sa direction et il répondit par un geste identique.
- A Ève, déclara Bass Senior.
- A Ève, reprirent d'une même voix tous les convives.
Cette dernière posa affectueusement sa main sur la sienne tandis qu'elle absorbait une lampée de Don Pérignon, ravie de cette soirée finalement.
