Merci miss-acacia84 & Moozanna.


Para 27

Vendredi 22 mars 2013 : 22h47

Blair poussa la porte des toilettes pour femme.

L'endroit était vide : Ouf!

Elle s'appuya au lavabo le plus proche et laissa échapper un soupire.

Chuck lui avait proposé de rester à la maison pour se reposer pendant qu'il s'acquittait de sa tâche d'hôte pour le bal du printemps, organisé par la mairie, comme chaque année. Elle avait catégoriquement refusé, arguant qu'elle se devait d'être au côté de son époux pour une des réceptions les plus en vue de l'année dans l'UES.

La soirée était somptueuse - comme toujours quand son mari était de la partie - et Michaël Bloomberg, absolument ravi. Ce qui, évidement, ne pouvait qu'être bon pour les affaires.

La naissance de leur fils était prévue pour dans un peu plus d'une semaine, deux tout au plus, et il lui devenait de plus en plus pénible de se déplacer - ou même de se mouvoir, tout simplement. Elle avait hâte qu'il pointe le bout de son nez afin de mette fin à son calvaire.

Elle passa ses mains sous l'eau froide et se massa les tempes. Elle avait parfois des maux de têtes affreux et il arrivait que sa tension artérielle atteigne des sommets.

L'obstétricien lui avait recommandé de dormir allongée sur le côté gauche et avait ajouté la prise d'aspirine à ses vitamines pré-natales quotidiennes pour éviter que cela ne se transforme en toxémie gravidique.

Étant donné que le bébé se développait normalement, elle n'en n'était pas encore à ce stade et tout danger semblait écarté. Mais toutes les précautions préventives d'usages avaient été prises. Cela avait également contribuer à diminuer ses céphalées. Mais pas ce soir, visiblement !

Ses pieds la faisaient, eux aussi, extrêmement souffrir, même si elle avait choisi des ballerines signées YSL. Elle ne portait plus de talon du tout depuis des semaines. Ses orteils et ses chevilles enflés protestant à chaque fois qu'elle tentait de faire entrer ses petons dans des sandales ou autres escarpins.

Elle avait l'impression d'être une des horribles sœurs de Cendrillon lorsque l'envoyé du prince charmant parcourrait le royaume pour faire essayer la pantoufle de vair.

Son prince à elle avait le secret des massages thaï, mais il fallait plus que ça pour la soulager à présent. Ça aurait plutôt tenu du miracle, en fait. Sans parler de son dos, ni de son ventre qui donnait l'impression qu'elle avait avalé plusieurs ballons de foot.

Elle approchait bel et bien des douze kilos « normaux » qu'était censé avoir pris en moyenne une femme en fin de grossesse. Elle n'osait même plus monter sur la balance depuis déjà trois semaines. Heureusement qu'elle pouvait tirer avantage de la collection pour future maman de sa mère, qui était absolument divine.

Après avoir repris son souffle (elle se sentait oppressée et avait de temps en temps du mal à respirer librement) elle se dirigea vers le petit coin pour soulager sa vessie, comprimée par le poids du bébé.

Elle s'assied sur le bol en porcelaine et fut tentée de se déchausser mais, elle n'ignorait pas que si elle ôtait ses ballerines, il lui serait impossible de les remettre à ses pieds. Elle choisit donc sagement d'endurer le supplice en priant pour que la soirée ne s'éternise pas.

Une porte claqua à l'extérieure et elle entendit deux jeunes femmes entrer dans les commodités à leur tour.

- Tu plaisantes, on dirait une baleine échouée sur la plage ! se moquait la voix de l'une.

La jeune femme se tourna vers le miroir pour vérifier son maquillage et replaça une mèche de ses cheveux châtain dans la pince qui retenait ses boucles.

- Chrys, la prévint la voix de l'autre, qui sortait son bâton de rouge pour réappliquer une couche sur ses lèvres vermeille.

- Je suis désolée, mais les femmes enceintes devaient être bannies des soirées mondaines comme celle-ci.

La seconde jeune femme balaya sa frange blonde pour qu'elle retombe sur son front à la perfection.

- Son mari est le propriétaire des lieux, fit-elle remarquer.

- Et alors ? Sérieusement ! Qui peut croire que Chuck Bass se satisfasse de ça ? Lorsque je l'ai connu, il était bien plus sélectif.

- Tu as couché avec lui, une fois. La belle affaire ! C'est le cas de plus de la moitié des femmes dans cette salle, je te signale. C'est pas comme si tu le connaissais.

- Plus de la moitié, mais pas toi ! la rabroua méchamment la première . Et nous avons couché ensemble plus d'une fois.

- Dans la même nuit, tu ne peux donc pas compter ça comme si c'était quelque chose d'exceptionnel. Je te parie qu'il ne s'en souvient même pas.

- Et bien, il s'en souviendra après ce soir, j'espère.

- Chrys, sa femme attend leur premier enfant !

- Et ? Justement, il ne doit pas s'amuser tous les jours, le pauvre. Une petite distraction ne sera certainement pas de refus.

- Je voulais dire qu'ils allaient former une famille, expliqua la blonde.

- Tu penses vraiment que le tombeur impénitent le plus sexy de Manhattan est un homme fidèle ? Je t'en prie, ne fais pas l'oie blanche. Tu sais parfaitement comment ça se passe dans notre monde. Combien de maîtresses a eu ton père ? En ce qui concerne le mien, je n'ai même pas assez de mes dix doigts pour les compter.

Son amie hocha la tête sans rien trouver à répondre. C'est comme ça que ça fonctionnait dans l'UES, effectivement. Tout le monde savait, mais personne ne parlait. Sauvegarder les apparences était primordial.

Elle suivit la brune pour retourner dans la salle de bal.

Blair resta prostrée contre la porte, incapable de bouger.

Elle ne pouvait pas croire ce qu'elle venait d'entendre. Chrys Bennet et Sarah Steinbeck - car elle avait parfaitement reconnu leurs voix - étaient deux harpies qui allaient à Constance avec elle et Serena. Leurs parents et grands-parents étaient des membres influents de la communauté de l'UES mais elles n'avaient jamais vraiment fréquentées les mêmes cercles d'amis car elles ne s'appréciaient pas le moins du monde. Et ce n'était manifestement pas prêt de changer.

La colère gronda à l'intérieur de B et ses doigts se serrèrent autour de la clenche.

Cependant, en baissant les yeux elle vit son ventre proéminent et elle se rappela la dernière fois qu'elle avait agi sans réfléchir, sur le bord du bassin. Elle ne laisserait rien mettre en péril la venue de son bébé et elle ne laisserait pas le ressentiment prendre le dessus cette fois.

Elle ouvrit la porte et se planta devant le miroir pour se laver les mains et rafraîchir son maquillage à son tour.

Ces pauvres filles racontaient n'importe quoi. Chuck ne lui ferait jamais ça. Ni à elle, ni à leur enfant. Il n'était pas comme Nate. Il était différent de tous les autres. Il était un des seuls hommes en qui elle pouvait avoir confiance, avec son père et Cyrus ...

Qui avaient eux-aussi tous deux trompé leur femme respective en leur temps.

Son cœur se fendilla.

Elle releva la tête pour s'observer. Elle était hideuse, même avec la robe que sa mère avait dessinée expressément pour elle. « Une baleine échouée sur la plage » Son corps était totalement déformé et ne s'en remettrait certainement jamais.

Les vergetures qui s'étaient installées sur sa peau distendue par la prise de poids, malgré les crèmes hors de prix qu'elle y avait appliquées et les chiffres indiqués par la balance passèrent devant ses yeux, qui s'emplirent soudain de larmes.

Elle les chassa d'un revers de main et l'éclat des diamants de ses pendants d'oreilles se refléta dans la surface polie en face d'elle.

Elle se rappela leur dernière Saint Valentin.

La soirée avait été horrible, elle était totalement exténuée et se sentait énorme. Elle avait constaté, le matin même, qu'elle avait encore pris un kilo supplémentaire, ce qui faisait dix au total.

Le Docteur Bergman lui avait expliqué que la moyenne était souvent de douze kilos pour une grossesse, mais elle ne pouvait l'imaginer. Son corps était déjà difforme à ce stade. Elle était rentrée d'une humeur massacrante, après avoir eu une journée des plus harassantes et elle savait que celle du lendemain ne serait pas meilleure.

Les échantillons qu'elle avait commandés n'étaient pas ceux qui avaient été livrés et elle avait dû faire stopper la production en atelier, renvoyant les couturières chez elles pour leur plus grand bonheur, mais pas pour le sien.

Elle avait passé deux heures au téléphone à hurler sur un employé incompétent, avant qu'il ne lui envoie par fax, la preuve, noir sur blanc, qu'il avait bien exécuté ce qui lui avait été ordonné. Elle devrait remédier à la situation en contactant directement la société qui s'occupait de la gérance des commandes. Au moins, elle pourrait à nouveau se défouler sur le pauvre type qu'elle aurait au bout du fil quand elle contacterait le fournisseur.

Quand Chuck lui avait proposé de l'emmener dîner dehors. Elle avait refusé tout net et s'était enfermée dans la salle d'eau, prétextant qu'elle voulait prendre un bain, seule.

Elle s'était apitoyée sur sa taille, qui n'avait plus rien d'une guêpe mais tenait plutôt d'un hippopotame, sur ses jambes zébrées de bleu par ses veines qui, elle en était certaine, allaient se transformer en varices immondes et éclater. (Elle ne pourrait plus jamais porter de robe au dessus du genou de toute sa vie !) sur ses seins, devenus aussi gros que des melons (ce qui bien entendu plaisait énormément à Chuck !) sur son visage qui n'avait plus d'éclat, son teint était blafard et enfin, sur ses cheveux ternes, complètement raplapla quelque que soit la façon dont elle les coiffait.

Elle était ressortie de la pièce deux heures plus tard, les yeux rougis d'avoir pleurer de désespoir (La douche qu'elle avait rapidement prise avait un peu atténué leur boursouflure) et avait revêtu un des hauts de pyjama de Chuck, (le bas était devenu presque trop étroit pour elle et l'élastique laissait une marque sur son abdomen protubérant) et avait trouvé refuge sous les couvertures.

Quand Chuck s'était glissé dans les draps à ses côtés un peu plus tard, elle avait protesté, grommelant qu'il l'empêchait de dormir et de se reposer. Elle avait agripper le traversin qu'elle s'était procuré précédemment et s'était retranchée derrière l'énorme coussin destiné à aider les femmes enceintes à trouver une meilleure position pour passer la nuit.

Finalement, en ayant certainement plus qu'assez de l'entendre se plaindre et gémir, il l'avait tendrement embrassée sur le front, puis avait quitter le lit, prétextant qu'il avait oublié qu'il avait du travail à terminer.

Elle avait ensuite passé une bonne heure à se lamenter toute seule sur son sort et sur le fait que les hommes n'avaient pas à supporter les aléas d'une grossesse alors que les femmes en étaient les uniques martyres, avant de finalement s'endormir, en rogne contre lui parce qu'il l'avait abandonnée seule dans ce lit, où elle était incapable de trouver le sommeil sans sa présence à ses côtés.

En se levant au petit matin, sa vessie ne supportant plus la pression du bébé, elle l'avait trouvé endormi sur le canapé dans son bureau. Quelques remords l'avaient assaillis pour avoir été injuste avec lui, la veille, mais elle s'était bien garder de lui en faire part lorsqu'il était descendu la rejoindre à la table du petit déjeuner.

Il avait suggéré qu'il pourrait occuper la chambre d'ami jusqu'à la fin de la grossesse si elle le désirait et elle lui avait répondu que s'il souhaitait demander le divorce, il ferait mieux de passer par un avocat. Il avait soupiré, puis avait quitté la maison sans prendre le temps d'avaler quoi que ce soit.

Elle s'était retrouvée en larmes devant les croissants frais qui avait été livrés le matin, comme tous les autres matins depuis que Chuck avait passé commande en rentrant de chez son père après la nouvelle année, décrétant que si elle avait envie de viennoiseries françaises quotidiennement au petit-déjeuner, elle aurait des viennoiseries françaises au petit-déjeuner tous les matins.

Lorsque Serena était passée la voir à l'heure du déjeuner chez Waldorf Design, (non, non, ce n'était pas Chuck qui l'envoyait) Blair lui avait rapporté son comportement de la veille et elle s'était sentie encore plus horrible quand elle avait appris de la bouche de sa meilleure amie que son mari avait réservé un salon privé à « La Grenouille » pour la soirée et avait tout annulé au dernier moment.

Le restaurant gastronomique était connu et renommé pour sa cuisine succulente, mais également l'agencement des décorations florales qui en faisait un des temples des lieux les plus prisés de la haute société New-Yorkaise. Leurs salons privés étaient parmi les plus sélects et les plus luxueux de tout Manhattan.

En rentrant chez eux, en fin d'après-midi, après s'être promise de se faire pardonner, elle avait trouvé un écrin contenant une paire de boucle d'oreille en or et diamant posée sur son oreiller. Dorota lui avait dit qu'elle l'avait vu le déposer là, le matin, juste avant qu'il ne quitte la maison, quand elle était passé pour faire la chambre. Une petite note manuscrite était coincée dessous, le papier était monogrammé C.B. « A la plus magnifique de toutes les femmes. Ton mari qui t'aime comme un fou.»

Elle avait fait le tour de la maison, les larmes aux yeux, mais il n'était pas là. Elle avait appelé son bureau à BI, après avoir été directement renvoyée sur sa messagerie vocale, mais Marge lui avait expliqué qu'il était en réunion et que celle-ci se prolongerait certainement très tardivement.

Elle s'était endormie peu avant minuit sans avoir pu s'excuser, accrochée à son oreiller de grossesse pour combler le manque de lui et l'avait à nouveau retrouvé le lendemain matin assoupi sur le canapé dans son bureau.


Samedi 16 février 2013 : 6h02

- Chuck, appela-t-elle en caressant doucement sa tempe.

Il remua et ouvrit un œil avant de comprendre pourquoi il n'était pas dans son lit, serrant sa femme dans ses bras.

Les souvenirs des deux derniers jours lui revinrent en mémoire.

Il se redressa et s'assit dans le canapé en se frottant les yeux. Elle prit place à coté de lui et posa une main sur un de ses genoux.

- Je te demande pardon, murmura-t-elle en plantant ses yeux dans les siens.

Il l'attira à lui et la cajola quelques minutes, la retenant dans son embrase. Il avait tant manqué d'elle durant ces dernières quarante huit heures.

- Je n'ai aucune excuse, entama-t-elle.

- Tu es enceinte de mon fils, la coupa-t-il en posant ses lèvres sur les siennes, comme si ça suffisait à tout expliquer et à tout excuser.


Vendredi 22 mars 2013 : 23h14

Blair ravala un sanglot. Ils avaient fait l'amour seulement six fois, en tout et pour tout, depuis ce jour là. Six fois en plus d'un mois et pas une seule depuis au moins deux semaines.

Pas étonnant. Elle se comportait en véritable sorcière avec lui, sans compter qu'elle n'était plus attractive du tout. Chuck aimait les femmes sexy et bien faites, pas les bibendums Chamallow.

Pas plus tard que ce soir, elle l'avait houspillé parce qu'elle ne supportait pas l'odeur de son nouveau parfum. Il en avait déjà changé trois fois et elle lui avait dit qu'il était parfait la semaine précédente, mais son estomac avait visiblement changé d'avis entre temps.

- Blair ? appela la voix de sa meilleure amie en passant la porte.

Serena s'avança dans l'espace réservé aux femmes et posa une main sur le bras de la brune.

Elle n'était manifestement pas au meilleur de sa forme.

- Est-ce que ça va ? s'enquit-elle, inquiète.

- Non, je suis monstrueuse, dans tous les sens du terme, répondit B pratiquement en larmes à nouveau.

Ah ! Les hormones.

S espérait bien ne pas être aussi soupe au lait lorsque viendrait son tour d'enfanter. Blair passait du rire aux larmes en à peine quelques minutes.

- Tu es enceinte, Blair, lui rappela la blonde.

- Enceinte et monstrueuse, reprit son amie, entêtée.

Chuck avait eu raison de l'envoyer, B avait définitivement besoin de quelqu'un, seulement elle craignait d'être impuissante à gérer ce genre de crise. Seul son frère était capable de faire entendre raison à son épouse.

- Écoute, pourquoi on ne sortirait pas d'ici ? Je suis certaine que Chuck ...

- C'est lui qui t'envoie ? questionna sa meilleure amie.

- Non, mentit la blonde.

La dernière fois, Blair avait vociféré qu'il était pire que Bart et qu'il ne cessait de la faire surveiller comme si elle était en liberté conditionnelle.

Il devait certainement avoir mieux à faire que de se préoccuper de sa femme, aussi grosse qu'une vache, quand il avait à sa portée des filles qui pouvaient rivaliser avec n'importe quel top model, songea la brune avec amertume.

- Blair, je ne sais pas ce qui se passe mais je suis certaine que tu te sentiras mieux après une petite conversation avec lui.

La brune acquiesça. Elle était injuste. Il n'avait rien fait de condamnable. Ce n'était pas sa faute à lui si elle se trouvait aussi énorme qu'une montgolfière. Quoi qu'il en soit en partie responsable.

Elle soupira. Elle allait devenir complètement folle si leur fils ne sortait pas de là bientôt.

Elle tamponna ses yeux rougis et bouffis avec un coton imbibé d'eau froide et s'évertua à redonner une forme présentable à son visage, avant de quitter l'endroit avec Serena.

- Tient, il est là, dit cette dernière en désignant son frère qui conversait avec une jeune femme en robe bleue.

Blair se stoppa et l'observa, souriant et charmeur, aux côtés de Georgina Bloomberg, radieuse dans une robe de cocktail démentielle, nouvelle collection de Dior.

Le bustier ajusté à la taille parfaite de la jockey dévoilait ses épaules nues et la jupe qui tombait à mi-cuisse, sur une silhouette qu'elle ne pourrait sans doute jamais plus récupérer elle-même, laissait apparaître ses jambes galbées par les nombreuses heures d'équitation.

Une nouvelle vague de désespoir l'envahit. Elle aurait dû l'écouter et rester sagement cachée à la maison, au lieu de lui infliger sa présence à ses côtés lors d'une soirée où le tout Manhattan serait là pour juger dans quel état pitoyable se trouvait sa femme.

- Dis lui que je suis rentrée, ordonna-t-elle à Serena.

Avant que cette dernière n'ait la possibilité de réagir, elle pivota sur ses talons et se dirigea vers le vestiaire.

Elle récupérait son dernier Chanel taupe, taille L (elle ne rentrait plus dans ceux qui pendaient dans son dressing) quand son mari arriva à sa hauteur.

S n'avait pas perdu de temps.

- Blair, qu'est-ce qui se passe ? l'interrogea Chuck en la scrutant minutieusement.

Il pouvait voir qu'elle avait pleuré sous son maquillage de luxe.

- Je ne me sens pas très bien. Tu avais raison, je rentre me reposer.

- Je viens avec toi, décida-t-il en faisant signe à l'employé de lui apporter son manteau également.

- Ce n'est pas nécessaire, amuse-toi. Je renverrai Arthur ici après qu'il m'ait déposée à la maison.

- Je ne m'amuse pas quand tu n'es pas là, répliqua-t-il avant de se tourner vers le comptoir pour obtenir son vêtement.

Elle plissa les yeux en repérant Chrys Bennet un peu plus loin, qui se dandinait dans leur direction.

Elle posa sa main sur celle de son mari, qui attendait toujours et agrippa le revers de sa veste pour l'attirer à elle.

Elle l'embrassa passionnément insinuant sa langue dans sa bouche lorsqu'il entrouvrit ses lèvres pour lui donner un libre accès.

- C'était pour quoi ça ? interrogea-t-il à bout de souffle lorsqu'elle relâcha son emprise.

- Parce que tu es toi, répondit-elle simplement.

Elle sourit férocement à la jeune femme qui passait derrière eux, à présent, puis passa son bras sous celui de Chuck qui achevait d'enfiler son manteau et ils quittèrent le Palace.

- J'ai oublié de dire quelque chose à Serena, s'exclama la brune devant la portière ouverte de la limousine. Je reviens tout de suite.

Elle revint sur leurs pas, tandis que son mari s'installait dans le véhicule.

Une fois dans le hall, son regard se focalisa sur sa cible, qui tentait pathétiquement de séduire un autre homme riche de la soirée.

- Hé ! cria-t-elle en tirant un des pans de la robe de Chrys Bennet.

Cette dernière sursauta et se tourna pour lui faire face. Elle venait de voir la brune s'en aller avec Chuck Bass.

Tant pis pour son objectif de ce soir ! Elle en avait déjà un autre en vue.

Blair Waldorf la toisa du regard, bien qu'elle soit plus petite qu'elle. Elle n'avait pas l'air de bonne humeur et ses yeux lançaient des éclairs. Un serveur passa avec un plateau et elle attrapa une flûte de champagne qu'elle renversa malencontreusement sur la robe blanche de Chrys, qui devint aussitôt transparente.

- La prochaine fois que tu fantasmes sur un mec que tu ne peux pas avoir, évite que ce soit mon mari, cracha le brunette, menaçante.

Comment Queen B pouvait-elle savoir ça ?

- Je ... Je ..., balbutia l'autre brune essayant de couvrir ses parties les plus intimes car elle ne portait pas de sous-vêtement.

- Dylan, escortée Mademoiselle Bennet jusqu'à la sortie, commanda-t-elle.

Le portier s'empressa d'obtempérer aux ordres de la femme du boss.

Blair s'engouffra dans les portes tournantes la tête haute, le sourire aux lèvres.

- Tu es sure que tout va bien ? redemanda Chuck une fois qu'elle fut assise dans la voiture.

- On ne peut mieux, s'exclama-t-elle avec l'air du chat qui vient de croquer le canari.

- Waldorf ...

- Bass, le corrigea-t-elle de sa voix la plus angélique.

- Qu'est-ce que tu as fait ? voulu-t-il savoir.

- J'ai juste remis un peu d'ordre parmi nos sujets, histoire de leur rappeler qui je suis, indiqua-t-elle simplement, apparemment très contente d'elle-même.

- Tu es ma femme et je t'aime, déclara-t-il avant de l'embrasser.

Elle tira sur sa cravate pour mieux goûter ses lèvres, aromatisée au scotch qu'il avait bu plutôt dans la soirée, puis noua ses phalanges dans sa nuque pour approfondir leur baiser.

Chuck répondit à sa demande, essayant de focaliser son attention sur autre chose que le corps sulfureux de la femme de sa vie, sous le sien qui bouillonnait littéralement.

Au prix d'un immense effort, il réussit à s'écarter d'elle.

- Tu as dit que tu ne te sentais pas bien, argumenta-t-il.

Elle arqua un sourcil.

Est-ce qu'elle avait l'air de ne pas aller bien, là, tout de suite ?

Non, bien sûr elle avait l'air ... d'une femme obèse, maugréa-t-elle intérieurement.

Chrys Bennet n'avait peut-être pas réussi à mettre le grappin sur Chuck mais il était plus qu'évident qu'il n'avait aucune envie de frotter son corps contre le sien pour autant.

Comment aurait-elle pu l'en blâmer ?