Merci miss-acacia84, x-Beautiful Blass-x, Moozanna et aussi au guest qui m'a laissé un com pour le dernier para.

Les vacances sont finies alors, here we go.


Para 29

Vendredi 12 avril 2013 : 8h23

Blair se réveilla doucement entre ses bras, dans leur lit king-size, agréablement confinée entre son corps musclé et le coussin de grossesse. Elle tenta de combattre son envie d'uriner. Encore ! Elle était si bien installée, elle se refusait à faire le moindre mouvement qui ferait éclater la bulle dans laquelle elle était logée.

Depuis leur petite explication, ils avaient trouvé solutions à leurs problèmes et elle pouvait ainsi profiter de lui chaque nuit à ses côtés. Elle veillait également à ce qu'il s'exprime le plus que possible lors de leurs entretiens avec le psychiatre.

Chuck pensait peut-être que c'était à lui de prendre soin d'eux, mais elle était d'avis que c'était également son rôle de veiller sur son fils et son mari.

Elle gémit intérieurement, elle ne pourrait pas résister longtemps à la pression sur sa vessie. Elle se résigna à briser la sensation de volupté qui l'entourait et commença par déplacer la main protectrice de Chuck qui reposait sur son flan droit.

Ce dernier remua et elle regretta de devoir le sortir du sommeil à son tour. L'obstétricien ne passerait pas avant la toute fin de matinée et elle avait escompté pouvoir savourer encore un moment avec lui avant la venue du bébé. Elle avait même réussi à le convaincre de ne pas mettre son réveil afin de paresser avec elle quelques heures.

La date d'accouchement présumée approchait, ça aurait pu être aujourd'hui ou demain. Elle attendait avec impatience le moment de délivrance. Ils avaient fait avancé le rendez-vous avec le spécialiste, qui était prévu seulement lundi au cas où leur fils ne serait pas encore venu au monde.

Le gynécologue avait même accepté de venir à domicile plutôt que l'inverse (Chuck ne lui avait pas vraiment laissé le choix) car elle avait de plus en plus de mal à respirer et elle avait passé presque les trois derniers jours au lit, les jambes surélevées pour la soulagée de leur lourdeur. Elle n'avait même pas essayer de protester quand le Docteur Bergman lui avait conseillé de rester couchée le plus possible.

Sur les deux derniers jours, la situation n'avait fait qu'empirer. C'est à peine si elle ne s'essoufflait pas de se traîner jusqu'à la salle de bain. Dorota lui apportait tous ses repas au lit, Chuck lui ayant formellement interdit de tenter les escaliers.

Il était rentré la veille, en début d'après-midi et avait décrété qu'il travaillerait depuis la maison. Quand elle lui avait posé la question de la présentation des chiffres au conseil, il avait balayé le sujet d'un revers de main, indiquant que Bart était bien assez grand pour gérer les membres sans lui, même si cela concernait son secteur.

Elle n'avait pas fait d'autres commentaires, elle savait qu'il était aussi inquiet qu'elle, sinon plus. Le côté positif de la situation était qu'elle dormait beaucoup et que sa notion du temps était ainsi altérée. Blair voyait avec soulagement les jours défilés sur le calendrier, la rapprochant du moment où elle pourrait enfin tenir leur fils dans ses bras. Elle avait hâte de voir s'il ressemblait à ce qu'elle avait imaginé.

Elle poussa le traversin plus loin d'elle et se contorsionna jusqu'au bord du matelas. Elle roula sur le côté pour se mettre assise avant de se lever pour protéger son dos, comme appris au cours de préparation à l'accouchement.

Elle prit appuis sur ses pieds pour se mettre debout et ses chevilles ainsi que ses mollets manifestèrent immédiatement leur désapprobation. Elle voulu se raccrocher au pied du lit mais c'est la main de son mari qu'elle rencontra.

Elle ne l'avait pas vu, ni entendu, sortir de l'autre côté du lit. Il avait été plus rapide qu'elle.

Ce n'était pas difficile !

- Ça va ? s'enquit-il.

Elle lui sourit et acquiesça.

Il passa un bras dans son dos pour l'assister jusqu'à sa destination, qui était facilement prévisible.

Quand elle rouvrit la porte de la salle de bain, il l'attendait, appuyé contre le chambranle.

Il avait appeler Dorota pour qu'elle leur prépare un petit déjeuner pendant qu'ils prendraient leur douche.

Il la raccompagna ensuite jusqu'au lit pour partager le plateau garni, que la fidèle domestique avait déposé dans leur chambre.


Vendredi 12 avril 2013 : 10h04

- Encore un croissant ? demanda-t-il, tentant de maîtriser l'angoisse qui montait en lui depuis la veille pour ne pas l'inquiéter d'avantage qu'elle ne l'était déjà.

- Si j'en mange encore un, je vais littéralement exploser, s'exclama-t-elle un peu trop joyeusement.

Elle se pencha vers lui et l'embrassa tendrement.

- La confiture de framboise est bien meilleure comme ça, commenta-t-elle, espérant que son ton sonnait aussi léger qu'elle le souhaitait.

Il remit une de ses boucles derrière son oreille et en profita pour caresser sa joue, avant d'apposer encore ses lèvres sur les siennes.

Elle gémit tout à coup mais ce n'était pas de plaisir et il s'écarta d'elle.

- Je dois retourner au petit coin, se lamenta-t-elle en roulant des yeux au ciel.

Il se leva et lui tendit sa main pour l'aider à se mettre debout.

Soudain, il la vit blêmir et sentit l'humidité se répandre à ses pieds nus.

- Blair ? questionna-t-il d'une voix blanche en la détaillant de haut en bas.

La descente de lit à 5000$ sur laquelle ils se tenaient était trempée.

- Ton fils arrive, haleta-t-elle, le souffle coupé par une contraction qui se manifestait.

Il tenta de se remémorer toutes les consignes apprises aux cours d'accouchement comme il sentait la main de Blair serrer la sienne.

- Dorota, cria-t-il tout en obligeant sa femme à s'asseoir pour l'aider à s'habiller.

Ils ne portaient que les sorties de bain qu'ils avaient enfilées avant de quitter la pièce d'eau.


Vendredi 12 avril 2012 : 10h54

Blair broyait pratiquement ses phalanges, installée dans la salle d'accouchement.

Le trajet en limousine lui avait paru inhabituellement long jusqu'à la clinique privée et il avait sauté hors du véhicule à peine stationné.

Arthur avait vivement agrippé une chaise roulante à l'entrée de la clinique pendant que Chuck l'aidait à s'extraire de la voiture.

- Chuck, articula-t-elle alors qu'une autre contraction s'annonçait.

- Souffle, prodigua-t-il selon les recommandations qui leur avaient été données pendant les exercices de respiration.

Elle obéit quand la douleur amplifia puis se retira comme une vague.

Le Dr Bergman se rua dans la pièce.

- Monsieur et Madame Bass, les salua-t-il. On dirait que votre fils nous a pris de vitesse finalement.

Chuck retint un commentaire acerbe tandis que Blair remerciait le ciel que l'obstétricien soit enfin là.

Le spécialiste constata la dilatation du col puis jeta un œil en coin à la sage-femme qui comprit le message.

- Sa tension est à 18-10, l'informa-t-elle.

- Y a un problème ? s'inquiéta le futur père.

- Votre femme fait de l'hypertension, couplé avec les symptômes dont elle s'est plainte dans le courant de ces dernières semaines, elle pourrait être en pré-éclampsie. Il faut sortir votre fils de là au plus vite et le col n'est pas encore assez ouvert pour permettre le passage.

Blair écrasa à nouveau les doigts de son mari, cherchant à aspirer l'air, incapable de parler. Sa tête tournait, son cœur s'emballait, elle ferma les paupières et les plissa du plus fort qu'elle le pouvait, les muscles de son bassin se contractaient une nouvelle fois.

Elle essaya de souffler lentement, profondément comme on le lui avait appris mais l'air manquait dans ses poumons et une douleur plus forte se fit sentir dans son flan droit. Instinctivement elle porta sa main à ses côtes.

- Ok ! On a plus le temps, je vais être obligé de pratiquer une césarienne pour le délivrer, commanda le médecin qui n'avait rien perdu de la scène.

L'air quitta également les poumons de Chuck.

Ça ne pouvait pas se passer comme ça !

Ses cauchemars ne pouvaient pas se réaliser.

- Chuck, gémit Blair se raccrochant à lui tant qu'elle pouvait.

- Je suis là. Je suis là. Tout va bien se passer, tu m'entends. Notre fils est le plus beau bébé du monde, rappelle-toi.

Il ne pouvait pas se permettre de se laisser engloutir par ses peurs, elle avait besoin de lui.

Une larme roula sur sa joue, qu'il embrassa.

- Tout va bien se passer, répéta-t-il comme si le fait de la psalmodier rendrait la chose plus réelle.

- On y va, ordonna l'obstétricien en raccrochant le téléphone mural. Madame Bass, on se retrouve dans la salle d'opération dans vingt minutes, le temps que la péridurale agisse et que je me prépare. On va sortir votre fils de là et vous irez tous les deux parfaitement bien, affirma-t-il.

La sage-femme se présenta à sa droite pour l'aider à se réinstaller dans un lit, obligeant la maman à lâcher la main de son époux.

- Chuck, cria Blair quand l'infirmière débloqua les freins pour l'emmener hors de la salle d'accouchement.

La femme en blanc hésita un instant et consulta le médecin du regard.

- Henrietta va vous montrez où vous changer, approuva-t-il alors que le papa était déjà à nouveau au chevet de sa femme.

Ses iris sombres étaient limpides. Il ne quitterait pas la maman d'une semelle quoi qu'en dise qui ce soit.


Vendredi 12 avril 2013 : 11h46

La main de Blair serrait toujours celle de Chuck.

Leurs cœurs battaient à l'unisson tandis que l'obstétricien finissait l'incision de l'autre côté du champs stérile. L'électrocardiogramme enregistrait l'activité de celui de la future maman, sous oxygénation pour prévenir une crise d'éclampsie.

Soudain, des pleurs envahirent l'espace confiné.

Chuck relâcha un soupire de soulagement alors que l'excitation le gagnait. Il allait enfin rencontrer son fils.

- Vous voulez couper le cordon ? interrogea le Docteur Bergman derrière son masque.

Le sourire du papa était caché derrière le sien mais l'éclat dans ses prunelles et les petites rides formées aux coins de ses yeux ne pouvaient mentir.

Il sentit la main de Blair glisser entre ses doigts pour lui signifier qu'elle n'avait plus besoin de lui à ses côtés et qu'il pouvait tourner toute son attention vers leur bébé.

Elle était impatiente de le tenir contre son sein et de faire sa connaissance, elle aussi. Cependant, immobilisée sur la table d'opération, elle serait obligée d'attendre pour pouvoir l'admirer.

Chuck rejoint le nouveau-né en deux enjambées et un des assistants du chirurgien lui tendit une paire de ciseaux.

- Ici, indiqua-t-il alors que le papa était subjugué par ce nouveau petit-être, tout gluant et hurlant son mécontentement d'avoir été retiré de la poche si douillette et rassurante qui l'abritait jusque là.

D'une main un peu tremblante, il sectionna le cordon ombilicale qui reliait le nouveau-né à sa mère.

- Très bien, je vais le nettoyer un peu et je vous le ramène tout de suite, expliqua l'infirmière accoucheuse en emportant le bébé avec elle.

Le jeune homme la suivit des yeux, ne pouvant décrocher son regard de son plus fabuleux trésor.

Il sursauta quand il entendit jurer le praticien et les machineries médicales se mettre à sonner toutes en même temps.

Un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale comme il se retournait vers la mère de son enfant.

Il n'eut pas le temps d'esquisser le moindre mouvement que, déjà, l'équipe médicale se pressait autour de la brune, qui avait perdu connaissance.

Il voulut s'approcher mais fut refoulé au loin par un bras dans une blouse bleue.

- Blair, hurla-t-il, pris de panique à son visage exsangue alors que des personnages en vêtements stériles s'activaient autour d'elle.

- Sortez le d'ici ! aboya la voix de l'obstétricien.

- Non ! se débattu-t-il de son mieux.

Mais d'autres bras l'évacuèrent hors de la pièce.

- Monsieur Bass, nous avons besoin d'espace pour pouvoir lui sauver la vie, vociféra une voix qu'il ne connaissait pas.

Son cœur cessa de battre et le temps s'arrêta.

Il ne perçut plus rien, ni les sons des machines, ni les cris du personnel de l'hôpital, ni le froid de ses mains soudain glacées, ni la larme qui cheminait lentement sur sa joue.

Tout était comme en slow motion. Il regarda les infirmiers et les médecins entrer et sortir de la salle d'opération, du sang tâchait leur tenue, l'un d'eux vint plus près mais il n'entendit pas ce qu'il disait, il ne percevait aucun son à part le bourdonnement incessant dans son crane.

Une autre main agrippa son bras, encore une. Une qui ne portait pas de gant en silicone. La peau de cette main était café au lait et il la laissa l'emporter sans plus aucune résistance.

Il n'y avait rien qu'il puisse faire. Il était totalement impuissant à protéger la femme qu'il aimait et qui venait de donner naissance à leur fils.

L'abîme s'ouvrit et l'engloutit tout entier.

Une autre main le secoua, pantin de chiffon, mais il n'y réagit pas plus.

- Chuck ! s'énervait Harold alors que son beau-fils était quasiment catatonique.

Ils avaient atterri la veille au soir, avec Roman, sur le tarmac de JFK. Ils avaient pris un avion de ligne cette fois. Ils voulaient faire la surprise à Blairbear. Son ex-femme lui avait annoncé qu'elle devait garder le lit et il avait pensé venir la distraire un peu jusqu'à l'accouchement.

Il n'ignorait pas combien ce devait être difficile pour elle d'être clouée dans un lit quand elle était si énergique, ni combien cette période devait être délicate pour sa petite fille.

Roman n'avait pas émis la moindre objection quand son compagnon avait suggérer s'envoler pour Manhattan. Il connaissait assez son amant pour savoir qu'il voudrait s'assurer que sa princesse et son petit-fils allaient bien et le constater de visu.

- Chuck, le bouscula encore le père de Blair, s'époumonant presque. Qu'est-ce qui se passe ? Comment va Blair ?

Blair, son prénom ricocha dans son cerveau comme un écho.

Blair et Chuck.

Chuck et Blair.

Il n'était plus Chuck Bass sans elle.

Il n'était rien sans elle.

- CHUCK ! s'égosilla encore le père de la brune, de plus en plus en colère contre le jeune homme qui ne délivrait aucune information sur le sort de sa précieuse petite princesse.

- Harold, ça suffit ! tonna tout à coup la voix de Bart.

- C'est ma fille ! argua l'avocat qui résidait en France.

- Et c'est mon fils ! le rabroua le magna de l'immobilier qui commençait lui aussi à sentir l'exaspération et l'angoisse le gagner.

Il n'était pas du genre à étaler ses sentiments devant tout le monde, devant personne en réalité, mais il s'était rapproché de son héritier et il entendait bien ne pas le laisser molester quand il était visiblement incapable de se défendre ou de réagir.

- Bart a raison, tempéra Eléanor pour mettre fin à toute discussion.

Elle était aussi inquiète à propos de sa fille et de son petit-fils que tout un chacun ici (ils avaient tous accourus comme un seul homme après que Dorota les ait prévenus du départ de Blair pour la maternité) cependant, la dernière chose dont ils avaient besoin était qu'une altercation éclate entre eux.

La styliste était bien placée pour savoir à quel point son gendre était attaché à sa fille. Ils étaient profondément amoureux et il n'était pas nécessaire d'être médecin pour voir à quel point le jeune homme était atteint par le drame qui se jouait derrière les portes battantes d'où on l'avait expulsé de force.

Aucun n'avait reçu la moindre explication ou renseignement, ce qui motivait Harold à apostropher le mari de sa fille de la sorte, mais le fait que Chuck soit contraint de quitter les lieux en disait assez sur la gravité de la situation.

Le sang de chacun s'échauffait dans leurs veines et l'absence d'information pertinente laissait galoper leur imagination, traduite en leurs peurs les plus obscures dans ces moments d'incertitude quand à la santé de Blair et de l'enfant.

- Chuck, tenta Nate en accostant moins agressivement, mais fermement, son meilleur ami à son tour.

Ce dernier resta imperméable à son intrusion.

Le jeune Archibald en fut encore plus déconcerté.

Ils étaient comme des frères, les choses étaient-elles si mauvaises qu'il ne pouvait même pas percer la carapace de son ami de toujours ?

Il jeta un regard désolé à sa petite-amie.

Serena était dans tous ses états, elle-aussi, craignant pour la vie de sa meilleure amie et de son bébé.

Une autre personne s'avança d'un pas.

- Charles, appela doucement Lily en posant délicatement une main sur son bras.

La voix de sa mère adoptive atteignit son subconscient et se fraya un chemin jusqu'à son cœur, qu'il ne sentait toujours plus battre. Il avait l'impression d'être déjà mort mais de ne pas encore le savoir.

- Charles, répéta la blonde qui tremblait intérieurement, non seulement pour Blair et son petit-enfant mais aussi pour son fils.

S'il devait en perdre un seul, ou pire, il ne s'en remettrait sans doute jamais. Il avait déjà traversé tant de choses horribles, elle doutait réellement de sa capacité à pouvoir encaisser plus qu'il ne l'avait déjà fait malgré son jeune âge.

N'obtenant pas la réaction souhaitée, Lily se planta devant lui et posa tendrement sa main sur sa pommette, l'obligeant à pencher la tête dans sa direction.

Elle n'était pas certaine qu'il la voie. Ses prunelles sombres étaient totalement vides, comme s'il était absent de son propre corps.

La paume de sa mère sur sa peau provoqua une sensation de chaleur, se propageant lentement en lui jusqu'à son cerveau qui enregistra l'information tactile pour la première fois depuis plusieurs minutes.

Il cligna des paupières et vit Lily qui lui souriait pauvrement, des larmes dansant dans ses yeux.

Il tourna la tête de droite puis de gauche et se rendit compte qu'il se trouvait dans le hall devant les blocs opératoires et que Nate, Serena, Eléanor, Cyrus, Harold, Roman, Évelyne, Bart et Dorota se tenaient là, attendant une réponse de sa part.

Il ne savait pas depuis combien de temps il était là, il n'avait même pas eu conscience d'être arrivé ici. La seule chose qu'il se rappelait c'était le visage de la femme qui était sa raison de vivre, inanimé sur la table d'opération.

Puis le bruit lui revint dans les oreilles, les machines qui sifflaient et hurlaient de partout juste après le premier cri de son fil.

Son fils !

Son fils avait besoin de lui !

Il ne pouvait être d'aucune utilité à sauver la mère de son enfant mais il se devait de protéger leur fils. Il lui devait d'être là pour l'accueillir dans le monde. Il ne pouvait pas l'abandonner dans les bras d'étrangers.

Il avait passé des heures en haptonomie à tisser des liens avec lui alors qu'il était encore bien à l'abri dans le ventre de Blair.

Maintenant leur bébé devait se sentir seul et désemparé ... Aussi désemparé que lui.

Il avait besoin d'être auprès de son fils, de le rassurer, de lui assurer qu'il serait toujours là pour lui. Il avait besoin de lui expliquer. Il devait savoir que ce n'était pas sa faute.

Parce qu'il ne pourrait jamais se le pardonner s'il laissait leur fils grandir avec le sentiment qu'il était responsable de l'absence de sa mère.

Il le devait également à Blair, parce qu'elle ne le lui pardonnerait pas non plus si leur enfant devait grandir avec le même trou au cœur que lui.

- Chuck ! la voix de son père résonna en lui, le sortant de ses réflexions et il se focalisa à nouveau sur les personnes qui étaient dans la pièce.

- Comment va Blair ? Et le bébé ? interrogea gentiment Cyrus.

Le petit homme parlait pour la première fois mais derrière le ton doux et compatissant, une note démontrait qu'il était très concerné par la santé de sa belle-fille et du nouveau-né, lui aussi.

- Elle ... elle ... le bébé va bien, balbutia Chuck.

C'était la seule information qu'il pouvait leur apporter. Il ne savait rien d'autre, juste qu'il avait laissé la femme de sa vie, inconsciente, entre les mains d'un nombre incalculable de personnes en blouses bleues ou vertes.

Il espéra qu'elles savaient toutes ce qu'elles faisaient et que sa femme ne lui serait pas arraché comme leur autre fils.

A nouveau, son esprit se concentra sur celui qui venait de naître. Il avait un besoin plus qu'urgent d'être certain qu'il allait toujours bien et de lui faire savoir qu'il n'était pas seul dans cet univers qui devait lui paraître froid et hostile.

Il tenta de se remémorer ce que la sage femme avait dit. Elle avait déclaré qu'elle s'occupait des premiers soins puis leur ramènerait leur enfant avant que tout ne se bouscule dans la pièce et dans sa tête.

- Il faut que je voie mon fils, indiqua-t-il.

Chuck s'éloigna, les laissant là, stupéfaits.

Harold fit un pas pour le suivre mais Bart se dressa devant lui de toute sa hauteur, le fixant de ses yeux couleur acier.

- Il n'a pas les réponses à tes questions ... ni aux siennes, le prévint-il en toute amitié.

Il compatissait à la légitimité de la demande de l'homme en face de lui, il partageait même ses craintes au sujet de l'état de santé de la jeune femme qu'il avait appris à apprécier, mais son attitude était néanmoins limpide.

Il ne laisserait pas qui que soit interférer dans la relation que son fils bâtirait avec le sien. S'il tirait leçon de leur vécu et de toutes les erreurs qu'il avait commises, c'était que les liens avec les personnes qu'on aimait étaient sacrées.

Il avait eu besoin de temps pour l'intégrer mais il était à présent disposé à préserver autant qu'il le pourrait le fils pour lequel il aurait dû plus s'impliquer émotionnellement. Le fils qu'il aurait dû entourer de tout son amour quand il avait eu peur de le lui montrer un seul lambeau d'affection.

Lily, elle, passa auprès de Bart et lui jeta un regard de remerciement.

Chuck n'avait pas besoin d'un interrogatoire en cet instant. Ce dont il avait surtout besoin, c'était d'un échappatoire, quelque chose à quoi s'agripper de toutes ses forces pour ne pas s'effondrer. C'était le seuil moyen pour son fils adoptif de rester debout.


Notez que j'ai été très gentille, j'ai renoncé à vous abandonner après ce chapitre-ci, préférant coupez sur une note plus positive du précédent pour ma semaine d'absence. Je me suis dit : je ne peux pas leur faire ça !

N'hésitez pas à me donner votre avis et à me dire ce que vous pensez en me laissant un petit commentaire.