Thanks Moozanna, glad you like it.


Para 34

Dimanche 14 avril 2013 : 02h17

Nate se lava les mains et regagna le salon.

Tous les autres étaient partis.

- Alors, quand est-ce que tu vas lui faire ta demande ? l'interrogea son meilleur ami en tirant une dernière bouffée sur son cigare.

Le jeune responsable du Spectator lui jeta un regard incrédule.

- Pas à moi, Nathaniel ! s'exclama le brun avec un sourire en coin.

- C'est si évident ? demanda-t-il en reprenant une gorgée du scotch de vingt-cinq ans d'âge, que le jeune père avait sorti de sa cave pour l'occasion.

Le liquide glissa le long de sa glotte, brûlant un peu son œsophage mais laissant un goût agréable sur ses papilles.

- Pour ton meilleur ami, en tout cas. Pour ta future fiancée, je ne sais pas.

- Moi non plus, je ne sais pas.

- Ne me dis pas que tu hésites ? Je parie que tu as déjà fait ajusté le bague de la famille Archibald à son doigt.

- Sur la bague, non. Mais sur la manière, oui.

Il posa le verre sur la table en face de lui et s'absorba quelques instants dans ses pensées. Il avait envisagé plusieurs moyens de faire sa demande à la belle blonde qui partageait ses nuits et sa vie.

- Peut-être que je pourrais organiser un vol en montgolfière ... ou faire illuminer un building

- Ou utiliser ton journal pour éditer un numéro spécial avec tous les moments que vous avez partagés depuis la maternelle, commenta Chuck.

Nate se tourna vers son ami. Il ne savait pas s'il ironisait ou pas, c'était parfois très difficile à dire avec lui, mais l'idée lui plaisait beaucoup.

- Je disais ça comme ça, déclara ce dernier en levant les mains.

Il ôta ses mocassins d'un mouvement de pied, utilisant ses orteils pour se déchausser et se mit plus à l'aise sur le sofa. Il était vraiment fourbu et l'alcool assimilé par son organisme alourdissait ses paupières.

Monkey en profita pour se faufiler auprès de lui et il caressa affectueusement le crane du cabot qui prit lui aussi ses aises sur les coussins.

Le smartphone de son ami résonna et Chuck sut que sa sœur était l'identifiant aux fossettes qui se creusèrent sur les traits de l'héritier Archibald, laissant apparaître de petites rides aux coins de ses yeux clairs qui pétillèrent.

- Allô ?

Le jeune homme se leva et s'éloigna pour répondre en toute intimité.

- Comment ça s'est passé ? questionna S, curieuse de savoir si la machination de Blair avait porté ses fruits.

- Très bien, l'informa-t-il. Je crois qu'on peut dire que la mission est réussie. Il n'a pas eu le temps de se faire de la bile, on l'a gardé bien occupé et je dirais même qu'il s'est amusé.


Samedi 13 avril 2013 : 21h00

La sonnette de la porte d'entrée retentit et Chuck alla ouvrir au futur parrain de son fils.

Mais lorsque le panneaux de bois tourna sur ses gonds, il eut la surprise de constater que Nate n'était pas seul sur le seuil.

- Tu ne pensais pas qu'on allait vous laisser fêter la naissance de mon petit-fils sans nous ? s'insurgea Bart devant la mine étonnée de son propre fils.

Il pénétra dans la demeure, suivi de Cyrus, Harold et Roman.

- Ce n'est pas moi qui ai vendu la mèche, se défendit Nathaniel.

Les hommes investirent les lieux sans vraiment demander l'avis du propriétaire.

- J'ai amené une de mes meilleures bouteilles, annonça Bass Senior en déposant un Macallan de trente ans d'âge sur la table basse.

- Et moi les cigares, déclara Harold en ouvrant une boîte de Cohiba qu'il plaça à côté du whisky.

- J'ai les jetons, déclama Roman en brandissant les pièces de plastique coloré.

- Et moi les cartes, renchérit Cyrus.

- Monsieur Chuck, je vous laisse pour ce soir, intervint Dorota. Les toasts au saumon fumé sont préparés dans le frigidaire. Ils sont tout frais et n'attendent que vous.

- Magnifique ! s'exclama le petit homme chauve en se dirigeant déjà vers la cuisine pour faire le service. Le met s'accorderait parfaitement avec le scotch pure malte.

Les hommes prirent rapidement place autour de la table de la salle à manger tandis que Nate procurait un verre à chacun, que Roman remplit tour à tour.

- A Henry, déclama Harold avec enthousiasme.

- A Henry, reprirent en cœur les invités surprises.

Chuck jeta un regard en coin à Nathaniel qui fit semblant de ne pas comprendre derrière le récipient ou dansait le liquide ambré.

Le jeune père suivit le mouvement et avala une goulée d'alcool à la santé de son fils. Ce qui mit ses papilles en joie et lui arracha un peu la gorge. Juste ce qu'il fallait.

Son père n'avait pas menti, c'était de loin une de ses meilleures bouteilles. Réservée pour les grandes occasions. Et il n'en voyait pas de meilleures.

A tous les coups, c'était une idée de Blair ! Elle avait mobilisé les troupes pour qu'il ne passe pas la soirée seul à ruminer.

Elle atteint son but. La partie de poker prit rapidement une tournure des plus sérieuses, chacun des protagonistes aimant gagner, mais néanmoins bon enfant et Chuck passa un très bon moment sans même noter le temps qui passait.


Dimanche 14 avril 2013 : 02h32

- Moi aussi je t'aime, répondit Nate avant de raccrocher.

Il revint dans la pièce où il avait abandonné son meilleur ami et ne put s'empêcher de s'attendrir un peu en le découvrant profondément endormi sur la canapé, Monkey recroquevillé tout près de lui.

Il s'empara de la couverture jetée sur le dossier du fauteuil qui se trouvait à côté et en couvrit Chuck qui remua légèrement mais sans émerger de ses songes.

Il éteint la lumière et quitta la maison de ses amis, prenant soin de refermer la porte à double tour grâce à son jeu de clefs pour les cas d'urgence.


Dimanche 26 mai 2013 : 10h42

Dorota Khicholvsky se leva et gagna le micro non loin de l'autel, un peu nerveuse mais ravie de se trouver là. Elle inspira fortement en défroissant la feuille qu'elle tenait dans sa main et l'apposa sur la tribune derrière laquelle le pasteur l'avait invitée à prendre place.

Du coin de l'œil elle perçut le signe discret de son époux qui lui témoignait son soutien, Léo installé sagement sur ses genoux. Anna se redressa, radieuse et fière, pour écouter sa mère.

- Nous prions pour les enfants

- Qui mangent avant de se mettre à table

- Qui effacent les zéros sur leur carnet de notes

- Qui ne trouvent jamais leur chaussette

- Nous prions pour ceux

- Qui regardent fixement les photographes derrière des fils barbelés

- Qui ne peuvent jamais courir dans les ruelles avec de nouvelles baskets

- Qui n'ont pas de nourriture dans leur assiette

- Pour ceux qui sont nés dans des lieux fréquentés par la misère et la mort

- Qui ne vont jamais au cirque

- Qui vivent dans un monde dont personne ne veut

- Nous prions pour les enfants

- Qui nous offrent des baisers à la confiture et des bouquets de pissenlits

- Qui nous étreignent hâtivement et oublient l'argent pour la cantine

- Et nous prions pour tous ceux

- Qui n'auront jamais de dessert

- Pour ceux qui n'emmènent jamais leur nounours avec eux

- Et qui voient leurs parents les regarder mourir

- Nous prions pour ceux qui n'ont pas de pain à voler

- Pour ceux qui n'ont pas de chambre à ranger

- Qui ne peuvent orner aucun mur de leurs dessins

- Pour ceux dont les monstres ne sont pas seulement imaginaires

- Nous prions aussi pour les enfants

- Qui dépensent tout leur argent de poche en un seul jour

- Qui font un caprice devant une pâtisserie

- Et picorent ensuite du bout des lèvres

- Pour tous ceux qui aiment les histoires de fantômes

- Qui cachent leurs vêtements sous leur lit

- Et refusent de prendre leur douche

- Pour ceux que la petite souris consolera d'avoir perdu une dent

- Et n'aiment pas qu'on les embrasse devant tout le monde

- Ceux dont les adultes ne comprennent pas les chagrins

- Et ceux dont les sourires nous attendrissent

- Nous prions pour les enfants qui font des cauchemars éveillés

- Qui ne mangent jamais à leur faim

- Qui n'ont jamais été chez le dentiste

- Et ne seront jamais des enfants gâtés

- Pour ceux qui vont au lit sans manger

- Et qui s'endorment en pleurant

- Pour tous ceux qui vivent, qui bougent, mais qui n'ont pas d'avenir

- Nous prions pour les enfants

- Qui aimeraient être portés dans les bras

- Et pour ceux qui ne peuvent vivre autrement

- Ceux pour qui nous ne renoncerons jamais

- Et ceux aussi que la chance a déshérités pour toujours

- Nous prions pour tous ces enfants que nous étouffons d'amour

- Et ceux qui tendent désespérément la main pour qu'on la prenne.

Dorota replia soigneusement la feuille entre ses doigts et la glissa dans la poche de son manteau en se dirigeant vers sa place tandis que toute l'assistance restait silencieuse.

L'employée se sourit intérieurement quand elle constata que chacun semblait se recueillir, même Monsieur Chuck et vit son mari lui lancer un clin d'œil approbateur.

Elle avait été enchantée quand Miss Blair – elle ne parvenait toujours pas à l'appeler Madame Blair, même si elle était mariée – avait émis l'idée de faire baptiser Henry.

Monsieur Chuck avait tiqué un peu mais il n'y avait rien qu'il puisse refuser à sa charmante et adorable épouse. Et même s'il était athée, il se rappelait parfaitement avoir prié Dieu pour qu'il n'emporte pas la femme de sa vie comme il avait emmené leur premier bébé.

Aussi, ne fut-il pas trop difficile à convaincre de procéder à la cérémonie qui ferait entrer son fils dans le royaume du Seigneur lorsqu'il quitterait celui de Manhattan. Dans un temps extrêmement long et bien après lui-même, espérait-il de toutes ses forces.

En cet instant, il ne pouvait éviter de songer à cet autre fils qu'ils avaient perdu et voulait croire qu'il était également dans un endroit serein, à l'abri des tourments de la vie humaine. Les mots que Dorota avait choisis n'étaient évidemment pas fortuits.

La bonne femme avait toujours affiché sa foie sans malgré tout en faire étalage et il n'ignorait pas qu'elle avait été ravie et honorée quand Blair lui avait demandé de participer à la cérémonie en lisant un texte selon son libre-arbitre.

La brune avait toute confiance en sa fidèle employée et amie, qui était véritablement une deuxième mère pour elle. Elle savait que Dorota ferait le bon choix et ne prendrait pas son implication dans la vie spirituelle du nourrisson à la légère.

Henry avait un mois à présent et ses parents s'émerveillaient chaque jour de la manière dont il découvrait le monde autour de lui et interagissait avec son entourage.

Blair ne put réprimer un sourire à la manière dont leur fils avait profondément bouleverser leur quotidien depuis leur retour à la maison, à leur sortie de la maternité, qui lui semblait si loin déjà.


Jeudi 19 avril 2013 : 14h30

La jeune maman était plus que soulagée de quitter la clinique privée. Les trois derniers jours avaient été plus faciles car elle avait enfin été libérée des « chaînes » qui la reliaient à tous les appareils médicaux en unité de réanimation.

Cependant, rien ne valait un chez soi et elle aspirait à retrouver ses petites habitudes et ses effets personnels. Y compris et surtout les bras de son mari pour s'y blottir avant de dériver vers le sommeil.

Elle l'observa qui couvait des yeux leur nouveau-né, installé dans le Maxi-cosi, bien arrimé par les sangles au siège auto qui dénotait quelque peu dans la limousine. Il ne semblait pas s'en soucier ou s'en formaliser le moins du monde. Qui aurait pu imaginé un jour que Chuck Bass transformerait le véhicule grand luxe en une voiture familiale ?

Il avait fait sécuriser le minibar en y apposant une serrure dont il s'assurerait que son fils n'ait pas la clé avant ses dix-huit ans accomplis minimum et avait également fait modifier le capitonnage pour pouvoir y ranger les couches, lingettes et tout autre article imaginable, nécessaires aux voyages avec enfants en bas âge. Il avait même fait intégrer un freezer pour y conserver le lait, le jus de fruit ou les panades à venir.

Henry remua et il posa une main rassurante sur son bedon. Le bébé réagit immédiatement à son contact, tout comme il le faisait depuis l'intérieur de son utérus et donna un coup de pied dans le vide. Autant pour sa vessie, se dit-elle avec une certaine gratitude.

Elle rencontra le regard noisette de son époux et y lut un véritable apaisement de les voir tous réintégrer leur domicile. Elle se pencha vers l'avant et caressa sa pommette. Elle aussi était réconfortée de savoir qu'elle pourrait partager leur lit cette nuit et que tout se finissait bien.

Elle ne l'avait pas avouer pour ne pas le perturber plus qu'il ne l'était déjà mais elle avait eu peur. Peur que leur enfant ne voie pas le jour. Quand le médecin avait annoncer une césarienne en urgence, elle s'était raccrochée à la main de l'homme de sa vie de toutes ses forces.

Elle avait bien conscience d'avoir raté une partie importante de la venue au monde de leur fils, surtout la partie qui consistait à l'accueillir. Elle n'avait pas été la première à le prendre dans ses bras, ni à établir un contact avec lui, mais son père l'avait fait.

Comme toujours, Chuck avait pallié à sa défaillance. Quand elle était trop faible pour faire face aux événements, il était toujours là pour veiller sur elle. Et maintenant également sur leur plus grand trésor. Elle remerciait le ciel chaque jour de l'avoir mis sur sa route.

Elle repensait parfois aux rêves de la petite Blair et à la manière dont elle s'était amouraché de Nathaniel Archibald, le prince parfait qui aurait dû faire de sa vie un conte de fée. Elle n'avait jamais envisagé, pas une seule seconde, accorder une seule chance à Chuck Bass, prince des ténèbres, roi de la dépravation et de tout ce que la morale sanctionnait âprement.

Et pourtant, sans lui, elle serait perdue. Sans lui, sa vie n'aurait aucun sens. Il était le seul capable de la voir telle qu'elle était et de l'aimer comme elle était, sans condition, sans qu'elle ait besoin de faire de concessions, ni avec les autres, ni avec elle-même.

Elle pouvait tout lui dire, tout lui raconter, tout lui confier, ses craintes les plus folles, ses idées les plus noires, ses envies les plus farfelues, ses fantasmes les plus excentriques. Et même sa vie, elle pouvait la remettre entre ses mains les yeux fermés. Il prendrait soin d'elle, d'eux, sans jamais faillir à la mission qu'il s'était fixée : la rendre heureuse. Et il le faisait, pour sûr !

Et pour ça, il lui suffisait tout simplement d'être elle-même et c'était ça, le véritable miracle des contes de fées. Trouver un être qui vous comprenne et vous complète parfaitement, sans rien demander en échange qu'un peu d'amour, qu'elle lui offrait bien volontiers et sans aucune réserve.

- Je t'aime, chuchota-t-elle à son oreille avant de déposer un baiser sur sa joue.

Il tourna la tête et ses lèvres rencontrèrent les siennes. Elle les goûta avec délice.

Il l'embrassa voluptueusement et passa une main autour de se hanches.

Dieu qu'il aimait cette femme, sa femme. Pouvait-on seulement se sentir aussi heureux qu'il l'était en ce moment ?

Aucune drogue, aucun alcool, n'avait jamais eu cette puissance. Il aurait pu affronter tous les tourments de l'enfer pour seulement quelques secondes de cette plénitude.

A bien y réfléchir, il avait pratiquement affronter les tourments de l'enfer pour en arriver là. Il avait atteint le fond des abîmes avant de pouvoir accéder aux portes de l'Éden, avec elle à ses côtés.

Arthur ouvrit la portière et il déclipsa le porte-bébé de son socle pour l'emmener à l'intérieur de leur demeure. Blair glissa son bras sous le sien pour rejoindre les marches du porche tandis que le chauffeur se chargeait de son bagage.

Dorota, comme elle l'avait fait quelques jours plus tôt pour le retour de Chuck, n'attendit pas que le couple arrive à la porte pour ouvrir celle-ci et plongea sur Blair avec effusion.

Après quelques embrassades et couinements – dont certains en polonais – devant le bébé, Henry fit enfin son entrée dans sa maison, accueilli également par Monkey qui se demandait bien à quoi rimait tout ce tintamarre autour d'un gnome qui viendrait, pour sûr, bousculer son quotidien si bien huilé avec son maître.

Les derniers jours avaient déjà étés quelque peu chamboulés et l'animal sentit d'instinct que les règles allaient changer encore et que leur routine s'en ressentirait. Il renifla le petit être à l'odeur étrange, mélange de celles des propriétaires des lieux et l'adopta dans la seconde comme Chuck lui tapotait le flan en lui expliquant que cette petite chose était ce qu'ils avaient de plus précieux.


Dimanche 26 mai 2013 : 10h42

Après quelques instant, le pasteur remercia Dorota pour son intervention et invita l'assemblée à s'approcher pour procéder au baptême de l'enfant.

Serena et Nate promirent d'aider ses parents à prendre soin de lui et de le guider sur le chemin de la vie spirituelle.

Chuck se demanda avec ironie si sa sœur faisait bien la différence entre « spirituelle » et « spiritueux » mais faisait pleinement confiance à Blair pour bien mettre les choses au clair avec sa meilleure amie quand à ce qu'elle attendait d'elle et à l'attitude qu'elle devrait avoir avec leur fils.

Il devait reconnaître que sa sœurette s'était largement assagie, à son instar et qu'elle avait trouvé un équilibre dans sa vie depuis qu'elle travaillait au Spectator et que sa relation avec Nathaniel était stable.

Ce dernier avait suivi son conseil et lui avait fait sa demande par l'intermédiaire d'une édition spéciale comportant tous les bons moments qu'ils avaient eu ensemble (parfois – souvent - même tous les quatre) depuis la maternelle.

Sa sœur avait fondue en larme et accepter sans attendre qu'il passe à son annulaire gauche la bague des Vanderbilt qui se transmettait de génération en génération.

Anne avait bien été obligée de se rendre à l'évidence que la jeune femme détenait la clef du cœur de son fils et avait finalement accepter l'idée que l'extravagante Serena Van Der Woodsen faisait le bonheur de celui-ci et serait sa bru d'ici peu. Elle priait certainement pour que la jeune femme blonde ne jette pas la honte et le discrédit sur sa famille par son attitude frivole à l'avenir.

Bien entendu Anne Vanderbilt Archibald pensait son petit garçon innocent comme l'agneau qui vient de naître. Elle aurait certainement fait un attaque si elle avait su combien de fois il était à l'origine ou avait participé à l'état second dans lequel Serena s'était parfois retrouvée.

Chuck, pour sa part, s'était déjà assuré de faire bien comprendre à Nate qu'aucune substance planante ne serait tolérée en présence de son rejeton. Le fils du Capitaine était sommé de les garder sous clef pour son usage exclusif et serait tenu personnellement responsable si d'aventure le sien devait faire l'expérience d'une drogue quelle qu'elle soit lorsqu'il serait sous son toit et ce, jusqu'à sa majorité, voir même au-delà.

D'accord, il était mal placé pour exiger de telles choses après l'adolescence qu'il avait lui-même vécue. Mais peut-être était-ce le contraire justement. Il préserverait son héritier de suivre le même parcours que lui. Il ne permettrait pas qu'il se conduise comme il l'avait fait, ni qu'il ait le même comportement autodestructeur.

Et pour y remédier, puisque prévenir valait mieux que guérir, il commencerait par lui apprendre à s'estimer à sa juste valeur et à être fier de lui en lui témoignant lui-même du respect et de l'affection. Il construirait une relation solide avec son fils et ne laisserait personne lui faire croire qu'il ne méritait pas d'être aimé.

Il se promit solennellement de ne jamais lui mentir sur les choses importantes qui pourraient le blesser ou le tenir à l'écart de sa vie et de toujours lui faire savoir qu'il était sa priorité, bien avant ses affaires ou n'importe quel contrat juteux.

Le pasteur versa l'eau sur la tête d'Henry puis l'essuya avec un tissu blanc et la cérémonie prit fin sur une dernière prière à laquelle Chuck associa leur premier enfant. Il n'avait jamais été homme de foi mais il convenait que par moment, il était utile de pouvoir se raccrocher à l'espoir d'une instance supérieure qui pouvait protéger son fils non-né dans le monde où il évoluait à présent.

Il aimait à croire que l'enfant en formation qui n'avait pas eu l'occasion de naître sur cette terre jouissait d'une paix éternelle et aurait à cœur de veiller à ce que rien de grave n'arrive à son petit frère.

Chacun des convives se dirigea bientôt vers la sortie, Chuck et Blair en tête avec Henry qui babillait gaiement dans les bras de sa maman.


Pour précision : Le texte que lit Dorota au baptême n'est pas de moi. Je n'en connais malheureusement pas l'origine, c'est pourquoi je n'ai pu indiquer mes sources comme je le fais habituellement.

Je l'ai entendu un jour dans un épisode de "Côte Ouest" (bonjour la référence :-D) et je pense que c'est un texte liturgique car dans l'épisode un perso lisait ce texte, intitulé : "Prière pour les enfants" dans une bible.

Etant aux USA, il y a tant de confessions religieuses que je m'y perds et cela n'a pas été précisé dans la série en question.

J'ai fait des recherches sur le net, mais j'ai été incapable d'en retrouver l'origine. Si quelqu'un la connait, j'apprécierais grandement qu'il m'en fasse part.