Thanks to Moozanna.
Désolée pour le délai, mais j'ai repris le boulot et c'est la folie après mes congés.
Para 37
Jeudi 19 septembre 2019 : 19h26
Ève s'avança dans le corridor qui menait à la terrasse du sixième étage de la maternité privée.
Son fils se tenait là, agrippé à la rambarde.
Chuck laissait son regard errer sur le petit parc qui jouxtait la clinique, mais il ne voyait rien du paysage d'automne qui déployait ses couleurs jaunes orangées aux yeux des promeneurs émerveillés, pour peu qu'ils prennent la peine d'observer la nature qui s'offrait à eux. C'était un véritable été indien, l'air était doux et la tiédeur du jour encore palpable.
Le jeune homme, lui, était loin d'être emporté par la beauté du paysage ou de baigner dans la température ambiante. Il n'était nullement sensible au soleil qui couchait ses rayons derrières les arbres encore feuillus, qui reflétaient sa lumière à la manière d'une carte postale.
Sa mère posa doucement une main sur son épaule et frotta lentement le haut de son bras quand elle le sentit sursauter à son contact.
- Est-ce que ça va ? s'inquiéta-t-elle devant la pâleur de son visage.
Il le tourna vers elle une fraction de seconde et elle aperçut les tourments qui l'habitaient au fond de ses prunelles, même s'il lui faisait signe que tout allait bien.
Mais tout n'allait pas bien. Elle le sentait. Elle le voyait.
- Chuck, murmura-t-elle.
- Comment va-t-elle ? la coupa-t-il.
- Elle va bien, elle a demandé où tu étais.
- Dis lui que j'arrive. J'ai juste ... juste besoin d'une minute, répondit-il en se tournant à nouveau vers l'astre solaire qui disparaissait lentement derrière la cime des marronniers.
Cependant, Ève ne bougea pas. Elle resta planté là, la main sur son biceps, continuant à le réconforter de son mieux.
- Est-ce que tu veux que j'appelle Lily ? proposa-t-elle doucement.
La blonde saurait certainement quoi dire ou quoi faire pour lui apporter un peu de sérénité.
Chuck secoua la tête de droite et de gauche et à la plus grande surprise d'Ève posa ses phalanges sur les siennes.
- Je sais que c'est idiot ... Je sais pertinemment que tu n'es pas morte à ma naissance et ... Je sais que ce n'est pas la réalité. ... Mais une petite partie de moi ne peut s'empêcher d'y croire encore ... Et je ne sais pas comment faire pour la faire taire, sourit-il amèrement. Ce devrait être un des plus beaux jours de ma vie et au lieu de ça ... je suis terrorisé à l'idée ...
Il ferma les paupières, les mots refusaient de franchir sa trachée, refusaient de se former dans sa gorge trop serrée. Ils trébuchaient sur sa langue, butaient contre ses dents.
Ève l'attira doucement et le serra tout contre elle.
- Ce n'est pas idiot, affirma-t-elle un peu maladroitement. Pas quand on sait tout ce par quoi tu es passé. Pas quand on sait comment s'est déroulée la venue au monde d'Henry.
Elle savait qu'elle était la cause première de ce traumatisme, de cette angoisse qui ne pourrait jamais totalement disparaître. De ce trou béant dans son cœur d'enfant qui ne pourrait jamais complètement se refermer. Pas sans laisser une horrible cicatrice qui se rouvrirait à la moindre opportunité, qui ramènerait cette douleur qu'il portait toujours en lui.
Ni les années, ni les regrets ne pourraient l'effacer. Son inconscient avait appris à enfuir en lui sa culpabilité d'avoir ôter la vie de sa mère, d'avoir échangé sa vie contre la sienne. Et bien qu'il sache que ce n'était qu'un horrible mensonge, aujourd'hui. Une peur primale mettait son corps en alerte, l'exhortant à fuir le plus loin possible de cette situation de danger imminent, qui risquait de le blesser au plus profond de son être.
- Je devrait être celui sur qui elle se repose, se fustigea-t-il. Pas celui qui a besoin d'être rassuré. Elle devrait pouvoir compter sur moi. Mes enfants devraient pouvoir compter sur moi.
Il s'écarta un peu, juste à bout de bras. Une grimace de dégoût tordit ses traits l'espace d'une seconde et Ève savait que c'était lui-même qu'il blâmait intérieurement.
- Chuck, tu as bien failli la perdre lors de la première césarienne. Il est normal que tu appréhendes ce moment. Mais ça ne veut pas dire que tu sois faible ou qu'elle ne puisse pas se reposer sur toi. Et je sais que quand il le faudra, tu seras à ses côtés, peu importe tes propres fantômes. Tu les vaincras parce que tu es bien plus fort que tu ne le crois. Tu es un homme, un mari, un père exceptionnel. Blair et Henry ont de la chance de t'avoir dans leurs vies et ces petites filles aussi. Parce que tu ne laisseras rien ni personnes t'éloigner d'eux, pas même les démons qui tentent de te faire perdre pied.
Elle passa le revers de sa main sur sa joue tendrement.
- Et tu es aussi un fils exceptionnel, ajouta-t-elle. Aucun autre n'aurait trouvé la force de me pardonner et de m'accorder une autre chance. Mais, toi, tu l'as fait. Parce que, contrairement à ce que tu crois, tu as cette grandeur d'âme en toi, que peu d'entre nous peuvent se targuer d'avoir. Alors ne sois pas si dur avec toi-même.
- Ta mère à raison, résonna soudain la voix de Bart derrière eux.
Il s'approcha de quelques pas pour se retrouver face à son fils. Il n'avait pas imaginé une seconde le mal qu'il lui infligeait quand il avait décidé de faire croire à la mort d'Évelyne. Il voulait le protéger, lui éviter de souffrir comme lui-même avait souffert de l'abandon de sa propre mère. Mais il avait fait bien pire. Il avait instillé en lui une insécurité dont il ne pourrait jamais se libérer tout à fait.
- Tu es un homme bien meilleur que je ne le serais jamais. Tu as su ouvrir ton cœur et trouver le chemin du bonheur malgré ce que je t'ai appris. Je t'ai inculqué la solitude et la peur des autres et pourtant tu n'as pas hésité à tout miser, à tout risquer, pour celle que tu aimais. Et tu le feras encore aujourd'hui parce que tu es quelqu'un sur qui on peut s'appuyer dans la tempête. Tu tiens la barre même si la bourrasque souffle et amène avec elle le chaos et la panique.
Ève fit un pas de côté et il posa une main ferme sur l'épaule du jeune homme brun avant de continuer.
- Tu es mon fils et je suis fier d'être ton père. Je suis fier que tu sois un Bass, parce que, Dieu sait que notre lignée ne peut pas s'enorgueillir de beaucoup de grands hommes, mais si tes héritiers tiennent de toi, et c'est le cas pour sûr, alors on peut espérer que vous ferez oublier toutes les ignominies de vos aïeuls. Tu as su réhabiliter notre nom quand il n'y avait rien de moins évident. Tu peux marcher la tête haute, il suffit de te voir à l'œuvre avec Henry pour comprendre que tu lui apportes tout ce que je n'ai jamais été capable de t'apporter.
Chuck était soufflé par son discours. Jamais il n'avait même oser croire qu'il entendrait pareilles éloges sortir de la bouche du grand Bart Bass à son propos. Encore moins quand il s'agissait de famille et de sentiments.
Ce dernier l'enlaça tout à coup et le serra dans ses bras avec force. Ce n'était pas une accolade un peu gauche. Non, c'était une vraie et franche embrassade où son père mettait tout son cœur. Un témoignage de son affection profonde pour son fils, de son amour paternel et ce dernier le lui rendit sans honte et sans hésitation.
Il avait dû attendre presque trente ans pour y avoir droit.
- Tout ira bien cette fois. Il n'y aura aucune anicroche, tu verras, assura Bart.
Et sans bien comprendre comment, Chuck sentit sa crainte perdre du terrain face à sa raison et son courage.
- Ta femme a besoin de toi, indiqua l'homme au regard acier en le plongeant dans celui, noisette, de son descendant. Et ne t'inquiète pas pour Henry, on s'en occupe.
Le jeune homme acquiesça et regagna l'intérieur de l'immeuble pour se diriger vers la chambre de sa femme.
Jeudi 19 septembre 2019 : 19h52
Quand il pénétra dans la pièce, Blair était occupée à inspecter le contenu du placard ou Dorota avait placé ses effets.
Elle se retourna et une vague de soulagement l'envahit à la vue de son époux.
- Désolé, j'ai été un peu long, s'excusa-t-il en passant un de ses bras dans son dos.
Il posa sa main droite sur le ventre de sa femme et caressa la peau distendue sous la chemise d'hôpital qu'elle avait revêtue avant d'enfiler son peignoir préféré. Celui qui portait des papillons brodés à hauteur de son sein gauche. Celui que Chuck lui avait offert comme ça, sans raison, comme il le faisait souvent.
Elle adorait quand il la surprenait avec des petits riens qui témoignaient simplement qu'il pensait à elle constamment au cours de la journée, même s'ils étaient souvent chacun très absorbés dans leur travail respectif.
Son mari trouvait toujours un moyen de lui faire savoir qu'il était toujours amoureux fou malgré le temps qui passait et les habitudes qui s'installaient.
- C'est toujours trop long quand je suis loin de tes bras, le titilla-t-elle.
Il l'attira plus à lui, malgré son bedon proéminent et l'embrassa tendrement, avec sensualité.
Un baiser qui la laissa à bout de souffle.
- C'était pourquoi ça ? questionna-t-elle, pantelante.
Elle avait été invivable toute la fin de sa grossesse, tout comme pour Henry et il avait toutes les raisons du monde d'avoir du ressentiment envers elle.
- Pour nous porter chance, affirma-t-il.
Elle plongea son regard dans le sien. Leurs cœurs battaient au même diapason.
- Pour nous porter chance, répéta-t-elle en posant encore ses lèvres sur les siennes.
Vendredi 20 septembre 2019 : 8h08
Chuck réaffirma sa prise sur les phalanges de Blair, écoutant le rythme régulier, rassurant, des appareils médicaux autour d'eux.
Comme pour la césarienne en urgence, sa femme était reliée à tout un tas de machines.
Comme pour la césarienne en urgence, un champ était étendu à hauteur de son estomac, préservant les parents de la vue du sang et des viscères.
Comme pour la césarienne en urgence, l'obstétricien s'activait à délivrer le produit de leur amour de la chair de celle à qui appartenait son âme.
Comme lors de la naissance d'Henry, un cri déchira soudain l'air et des pleurs résonnèrent, annonçant l'arrivée de leur première fille. Bientôt suivi par un autre cri et d'autres pleurs qui pénétrèrent instantanément jusqu'aux cœurs de leurs parents.
Deux infirmières se chargèrent de récupérer les précieux colis l'un après l'autre.
Blair tendit le cou pour apercevoir leurs bébés.
- Vous voulez couper les cordons ? demanda le chirurgien.
Comme lors de la naissance d'Henry, Chuck sentit glisser les doigts de la belle brune d'entre les siens.
Un frisson de terreur emprisonna une seconde l'esprit du jeune papa avant de s'échapper le long de sa colonne.
Il retint son souffle quand leurs peaux se séparèrent et fit un pas qu'il espérait ferme. Il se saisit des ciseaux et rompit le lien qui unissait les femmes de sa vie entre elles.
- On vous les ramènent tout de suite, l'informa une des sages femmes en s'éloignant déjà avec une de ses princesses tout visqueuse et dégoulinante, imitée tout aussi rapidement par sa collègue.
Il sentit le sang pulser à ses tempes et regagna immédiatement sa place auprès de Blair.
Il attendit, le cœur battant.
Mais rien ne se passa.
Les machineries ne se mirent pas à hurler.
La jeune femme ne sombra pas dans l'inconscience.
Elle le regardait, une sourire immense atteignait ses yeux, dessiné sur son visage d'ange.
Elle réinséra sa paume dans la sienne et il respira à nouveau.
D'une pression, elle l'invita à se pencher sur elle.
Il pensa qu'elle voulait lui dire quelque chose comme elle tirait sur son masque chirurgical mais elle posa son autre main sur sa pommette et ôta l'élastique qui retenait le sien de derrière son oreille avant d'attirer son visage plus près pour l'embrasser voluptueusement.
- Pour continuer à nous porter chance, murmura-t-elle à un souffle de sa bouche quand elle libéra ses lèvres.
- Pour nous porter chance, sourit-il avant de goûter encore la peau rose et charnue qui formait à présent une petite moue par anticipation.
Derrière le champ opératoire, l'obstétricien sourit également sous son masque. Il terminait la dernière suture et le danger d'infection était plus que réduit de là où ils se trouvaient.
D'autre part, il n'avait aucune envie de réprimander le couple. Il se rappelait trop bien comment la première césarienne de la jeune femme s'était terminée même s'il n'était pas l'obstétricien qui l'avait accompagnée lors de la grossesse de leur fils.
Vendredi 20 septembre 2019 : 10h24
Henry Bass observait les adultes discrètement par dessus sa Nintendo dernier cri.
D'habitude, il s'absorbait dans le jeu sans se préoccuper de ce qui se passait autour de lui.
Mais aujourd'hui était un jour spécial.
Aujourd'hui était le jour où ses sœurs allaient débarquer dans sa vie et il n'était pas encore sûr de comment il devait prendre la chose.
D'après son papa, c'était une bonne chose. Un événement magique qui permettrait à leur famille de s'agrandir.
Sauf que lui la trouvait parfaite comme elle était !
Il avait son papa et sa maman, Monkey qu'il s'amusait parfois à tourmenter un peu quand personne ne regardait, Dorota pour prendre soins d'eux tous et aussi tous ses grands-parents, sans oublié ses oncles et sa tante, ainsi qu'Aaron qui passait de temps en temps.
C'était déjà bien suffisant. Pourquoi fallait-il que ça change ?
Quand son cousin Will était né, il avait dû apprendre à lui prêter ses jouets lors des repas de famille et aussi à partager l'attention de ses nombreux grands-parents et d'autres adultes qu'il ne connaissait que vaguement jusque là, les parents de son parrain, avaient rejoint régulièrement les grandes réunions familiales.
Il avait pu constater que les adultes agissaient parfois étrangement entre eux et encore plus bizarrement quand il était question de bébé.
C'est pourquoi, il préférait de loin quand il se retrouvait en plus petit comité. Mamily était alors toute à lui et il pouvait mieux apprécier les gaufres de Rufus. Il y avait moins de compétition du côté de Mamilor et Papyrus. Pas de problème non plus avec Mamiève et Papybart.
Jusqu'à maintenant !
Henry attendait impatiemment la prochaine fois que son grand-père l'emmènerait voir du Hockey à la patinoire. Papybart lui avait expliqué les règles du jeu mais il ne les avaient pas toutes retenues.
La glace était un élément qu'il maîtrisait bien quand il avait lui-même des patins. Sa maman lui avait appris tout petit à glisser sur l'étendue blanche. Tous les ans, ils allaient au Rockefeller Center et ne rentraient que quand ils avaient le nez gelé, pour déguster un chocolat chaud avec les biscuits à la cannelle de Dorota. Délicieux !
Sans doute que cette année, elle serait trop occupée avec les bébés. Il soupira. Les choses n'étaient pas au beau fixe avec sa maman en ce moment. Elle criait souvent parce qu'il faisait beaucoup de bêtises.
Comme quand il avait entreprit de faire un dessin sur le mur de la nouvelle chambre pour accueillir ses sœurs, avec les marqueurs indélébiles de toutes les couleurs qu'il avait empochés après les avoir trouvés dans le tiroir du bureau de Mamilor.
Elle avait été très en colère contre lui et avait vociféré pendant plus d'une heure tandis que Dorota s'escrimait à faire disparaître son message de bienvenue. Elle ne s'était calmée que quand son papa était rentré. Il avait toujours cet effet sur elle. Mais il avait été privé de dessert.
Elles n'étaient même pas encore là et il avait déjà été puni à cause d'elles !
Heureusement, son papa était beaucoup moins fâché que sa maman et il avait tout de même pu l'accompagner au stade le lendemain après-midi. Là, au moins, il était en sécurité. Elles ne pourraient jamais venir jusque là.
Il aimait beaucoup quand ils étaient tous assis dans les gradins, entre hommes, tout en haut dans l'espace VIP, pour regarder un match de base-ball. C'était agréable quand tous les garçons de la famille - et uniquement les garçons ! - étaient ensemble. Et il pouvait avoir des boissons sucrées avec des bulles. (Pas trop quand même)
Il se fit la réflexion que Will viendrait certainement bientôt avec eux vu qu'il devenait de plus en plus grand.
D'un autre côté, lui-même avait bien été invité à aller sur le nouveau bateau du Capitaine avec son parrain. C'était rigolo de voguer sur les flots, et la Nanna de son cousin était bien plus détendue que quand elle mangeait en face de Mamiève.
Du coin de l'œil, il vit Papyrol faire les cents pas et Pépérom poser une main sur son bras avant de lui prendre le gobelet qu'il avait dans les mains. Henry rigolait toujours quand ils écrivaient son prénom avec un « i » Il trouvait ça très classe, mais sa maîtresse le corrigeait à chaque fois qu'il l'inscrivait de cette manière au dos de ses dessins.
Le petit garçon adorait aussi quand ils prenaient l'avion pour aller leur dire bonjour. Ce qui n'arrivait pas assez souvent à son goût. Quand ils étaient en France, dans la maison du vin, son papa et sa maman travaillaient beaucoup moins et ils faisaient toujours de longues balades pendant lesquelles il chipait des grains de raisin sous les grandes feuilles.
Cette fois, c'étaient ses grand-pères qui avaient fait le voyage jusqu'à eux, rien que pour voir ses sœurs.
Son ami Jared en avait une et lui avait raconté des histoires à faire peur à propos de comment elle pleurait sans cesse et s'accaparait toujours toute l'attention. Lui allait en avoir deux, ce qui supposait deux fois plus de pleurs et deux fois moins d'amour pour lui.
Son parrain se laissa choir dans la chaise à côté de la sienne.
- A quel niveau tu en es ? questionna-t-il, ses prunelles azur scrutant l'écran.
Henry baissa les yeux sur sa console. Il avait totalement perdu le fil de la partie. Il était mort depuis plusieurs minutes. Il appuya sur le bouton « reset » et se retrouva au début du niveau.
- C'est pas si terrible que ça d'avoir des sœurs, tenta Nate qui n'était pas dupe.
- Qu'est-ce que t'en sais ? s'étonna son filleul. Tu n'as pas de sœur, si ?
Si c'était le cas, le petit garçon n'en n'avait jamais entendu parler.
- Non mais, j'ai grandi avec ta maman et avec ta tante Serena et elles étaient un peu comme mes sœurs.
- Tu veux dire que je vais devoir me marier avec une d'elles ? s'étrangla Henry en écarquillant les yeux.
- Quoi ? Non ! s'exclama le père de son cousin.
Son filleul poussa un soupir de soulagement.
- Ce que je veux dire, c'est qu'être enfant unique, c'est parfois un peu triste et que grandir avec des sœurs peut avoir certains avantages.
- Lesquels ? voulu savoir le bonhomme haut comme trois pommes.
Nate se mordit la langue. C'était bien le fils de Blair et Chuck, pragmatique avant tout.
- Eh bien, voyons ... Quand elles seront plus grandes, elles inviteront leurs amies et ...
- Les filles, c'est ennuyant ! affirma Henry. Il faut toujours faire attention à ce qu'on dit, à ce qu'on fait et être aux petits soins pour elles. Et même quand c'est elles qui ont tort, il faut quand même s'excuser.
Nate le dévisagea, un instant, coi devant l'argumentaire du petit homme de six ans.
Mais là encore, c'était le fils de Chuck et Blair.
- Oui, c'est vrai, reconnu finalement son parrain. Mais il n'y a pas que ça. Je suis sur qu'il y a plein d'autres avantages. Elles seront là pour jouer avec toi ...
- Et si je ne veux pas, moi ? Et si elles cassent mes jouets ?
- Ça pourrait arriver, admit encore le meilleur ami de son père. Tu sais quoi ? Tu devrais demander à ton oncle Éric avant qu'il ne reparte pour Londres, il saura mieux t'expliquer que moi.
- C'est pour ça qu'il est amoureux d'un garçon, conclut Henry. Ça a dû être horrible de devoir attendre ma marraine pendant des heures, à chaque fois qu'ils devaient aller quelque part. Si tu avais eu une sœur tu serais sûrement comme lui ! Et mon papa aussi !
Nate fut sauvé par Chuck qui passait la porte de la salle d'attente, justement.
Toute l'attention du petit garçon se focalisa sur son père.
