Merci Colombe, missa-acacia84 & Moozanna.

Contente que le perso d'Henry vous plaise.


Para 38

Vendredi 20 septembre 2019 : 10h31

Chuck pénétra dans la salle d'attente de la maternité privée.

Tous les yeux se tournèrent vers lui et Harold avança d'un pas.

- Tout s'est bien passé, affirma le père des jumelles. Blair est déjà dans sa chambre avec les filles.

Le père de la jeune femme sentit un poids s'envoler de sa poitrine.

- Magnifique, s'exclama Eléanor. On peut les voir ?

- Laissez-nous encore une petite demi-heure, répondit Chuck, cherchant son fils de regard.

Le petit homme était à côté de son parrain. Il s'était levé en même temps que tous les autres.

- Henry, viens ! l'appela son père en lui faisant un signe de la main.

Le garçonnet obéit et rejoignit son paternel qui l'emmena le long d'un couloir qui n'en finissait pas. Ses jambes tremblaient un peu sous lui et son cerveau se préparait au pire.

Finalement, ils se stoppèrent devant un porte, blanche, elle aussi. Comme presque tout dans ce lieu.

Son papa poussa le panneau de bois et il le suivit dans la pièce.

Sa maman était allongée dans un lit et ses pieds refusèrent de le porter plus loin quand son papa lâcha sa main.

Blair sourit à son fils, réplique presque parfaite de Chuck en miniature.

Elle le vit hésiter et l'observer depuis le milieu de la pièce.

Henry sentait son petit cœur battre très fort.

Est-ce qu'elle était encore fâchée contre lui pour toutes les bêtises qu'il avait faites dernièrement ?

Peut-être que maintenant qu'elle avait d'autre bébés, elle n'avait plus besoin de lui. Peut-être qu'elle ne voudrait plus qu'il revienne à la maison.

Il avait passé la nuit chez Papybart et Mamiève, parce que ses parents devaient venir à la clinique la veille pour que le docteur sorte ses sœurs du ventre de sa maman tôt ce matin. Il n'avait toujours pas bien compris comment les bébés faisaient pour entrer là mais il s'était promis de ne plus manger aucun fruit avec des pépins sans l'avoir méticuleusement inspecté.

Il avait passé un bon moment. Il aimait aller chez ses grands-parents, peu importe lesquels. Mais il n'avait aucune envie de s'installer ailleurs. Il voulait rester dans sa maison, avec son papa et sa maman, même s'il devrait y supporter la présence des bébés hurleurs.

Sa maman ouvrit ses bras et il courut jusqu'à elle.

Chuck le souleva dans les airs pour l'asseoir sur le bord du matelas et Blair l'enveloppa dans son embrase.

- Bonjour, mon chat. Tu m'as manqué, dit-elle d'une vois douce.

Henry se blottit tout contre elle et enfuit son petit nez dans son cou. Elle sentait toujours bon, il aimait l'odeur de ses cheveux.

Il avait une fois vidé toute la bouteille de son shampoing à elle dans son bain à lui pendant que Dorota avait le dos tourné et sa maman n'avait pas apprécié du tout !

Mais elle ne semblait plus lui tenir rigueur de quoi que ce soit.

Il ferma les yeux et la laissa picorer son front de petits baisers.

- Tu t'es bien amusé chez papy Bart ? questionna-t-elle.

Il répondit par un signe de tête affirmatif.

- On a regarder un dessin animé et j'ai mangé plein de bonbons, l'informa-t-il.

Histoire qu'elle sache qu'il enfreignait les règles quand elle n'était pas là et qu'elle devrait le garder avec elle si elle voulait mieux le surveiller.

Cependant, elle ne le gronda pas pour avoir consommer du sucre si tard le soir.

- Je me suis bien brossé les dents, ajouta-t-il, changeant soudain d'avis.

Peut-être qu'elle serait plus clémente à son encontre si elle savait qu'il faisait de son mieux pour respecter les règles quand elle n'était pas là, au contraire.

Elle caressa sa joue et donna une petite tape sur son nez du bout de son index.

- Est-ce que tu veux voir tes sœurs ? l'interrogea-t-elle.

Son cœur vacilla, prit entre la curiosité et les souvenirs des histoires de Jared.

Son papa n'attendit pas sa réponse et Henry se sentit à nouveau soulevé dans les airs, avant d'être installé dans un fauteuil entre deux énormes oreillers que Chuck venait de disposer entre les accoudoirs.

- Tu te souviens de l'histoire d'Edgard et Églantine ? demanda-t-il en s'agenouillant auprès de son fils.

La mémoire d'Henry revient à cette discussion qu'il avait eue après que son papa ait fini de lui lire son histoire, un soir.


Mardi 27 août 2019 : 19h50

- Pourquoi Edgard, il ne veut pas qu'Églantine sorte jouer avec Théodore ?

- Parce que l'orage peut éclater à tout moment. Et qu'Edgard veille sur Églantine puisqu'elle est sa sœur.

- Pourquoi ?

- Parce que c'est le rôle des grands frères de prendre soin de leurs petites sœurs en toutes circonstances, surtout quand leurs parents ne sont pas là.

Henry acquiesça, pas vraiment convaincu.

- Tu veux voir à quoi elles ressemblent dans le ventre de maman ? proposa son père.

Cette fois, son fils opina franchement du bonnet.

Chuck se leva et alla jusqu'à l'étagère ou étaient bien alignés ses animaux de la jungle.

Le petit bonhomme aimait inventer des histoires d'expéditions et de chasses au trésor depuis que son parrain avait apporté un vieux film, un jour où Léo, le fils de Dorota, avait été malade, ce qui l'avait obligée à rester chez elle toute la journée, au lieu de venir à sa maison.

En l'absence de sa nounou habituelle, il avait vu débarquer son tonton Nate en début d'après-midi parce sa maman avait un rendez-vous très important avec Mamilor auquel elle ne pouvait pas l'emmener et que son papa avait pris l'avion la veille au soir pour son travail.

C'était un homme avec un grand chapeau et un lasso, qui échappait à toutes sortes de pièges et de dangers. « Diana Jones » Henry ne comprenait pas pourquoi le héros portait un nom de fille par contre.

Son père revint s'asseoir auprès de lui et lui montra deux autres livres avec des photos en noir et blanc. Il identifia l'écriture de sa maman sur les premières pages. Elle y avait aussi dessiné deux gros cœurs roses. Le gnome scruta les images avec attention et distingua les formes désignées par l'index paternel.

- On dirait des aliens, commenta-t-il sans pour autant décoller les yeux de la représentation de ses sœurs.

- C'est un peu vrai, admit Chuck en souriant. Tu veux voir à quoi, toi, tu ressemblais dans le ventre de maman ?

Henry ouvrit des yeux comme des soucoupes quand il découvrit ses propres échographies.

- C'était moi, ça ? s'étonna-t-il, dubitatif.

- Oui, c'est toi, confirma son père.

Il tourna quelques pages et s'arrêta sur une où s'étalait la photo de son premier né le lendemain de sa naissance.

- Hew, beurk ! grinça le gamin en retroussant son nez à la manière de Blair. J'étais tout moche.

- Non, tu étais le plus beau bébé du monde, le contredit son père.

- Qu'est-ce que ça devait être les autres, alors ?! rétorqua le gamin malicieux en roulant des yeux au ciel.

Chuck ne put se retenir d'éclater de rire.

- Hé, c'est Lapinou ! s'exclama soudain son rejeton en remarquant la peluche, encore toute neuve, sur le bord du cliché.

Il agrippa agilement son meilleur ami et confident – après Monkey - qui lui tenait compagnie la nuit, assis à côté de son oreiller.

- C'est lui et il avait meilleur mine, constata le jeune père en inspectant le pauvre doudou qui n'avait plus ni ses formes, ni ses couleurs d'origine.

Henry l'enfouit prestement sous la couette avant que son père n'ait l'idée saugrenue de le faire passer à la machine à laver.

Il avait beau le dissimuler avec soin, Dorota ou sa mère finissait toujours par découvrir sa cachette secrète et il retrouvait Lapinou tout propre et sentant le savon.

Peut-être qu'il pourrait lui donner un bain lui-même ? Avec le shampoing de sa maman qui avait une odeur si délicieuse. Ou mieux, il le prendrait avec lui, lors de sa prochaine plongée dans la baignoire. Il ferait ainsi d'une pierre deux coups.


Vendredi 20 septembre 2019 : 10h43

- Tu te rappelles ? redemanda Chuck accroupi devant son fils.

- Oui, répondit Henry.

- Bien, parce qu'il est temps d'endosser ton rôle de grand frère, expliqua son père en se levant.

Il s'éloigna en direction des petits lits, non loin et souleva délicatement un des bébés pour le déposer dans les bras de sa maman.

Puis, il recommença avec son autre sœur, mais au lieu de la mettre sur le grand lit, il se pencha vers le petit homme, toujours assis dans le fauteuil entre deux gros oreillers et la plaça sur ses genoux, sa tête minuscule restant bien soutenue par la main de son papa.

- Écarte ton bras, commanda-t-il doucement.

Le bonhomme s'exécuta.

Son cœur battait encore plus vite que lorsqu'il était entré dans la chambre.

Lentement, précautionneusement, son papa retira ses doigts de sous la nuque de la petite poupée pour la laisser reposer dans le creux du coude de son fils, sur le coussin volumineux.

Henry n'osait presque pas respirer, de peur de faire un mouvement qui risquerait de la blesser. Les nourrissons étaient fragiles et ils avaient un trou dans leur crâne.

C'est ce qu'avait dit Dorota.

Il étudia le bébé mais ne vit aucun trou à travers les petits cheveux qui recouvraient son crâne. Il rencontra les pupilles de sa sœur qui le dévisageait, ses rétines percevant des couleurs et des formes floues. Elle battit des bras et des jambes et instinctivement, il resserra légèrement son emprise, posant une main sur son petit bedon pour ne pas qu'elle tombe.

Il comprit tout à coup pourquoi Edgard ne voulait pas qu'Églantine sorte dans la tempête. C'était ça, être un grand frère. Il ne pouvait pas l'expliquer avec des mots mais il le ressentait dans tout son corps, dans tout son cœur.

Il leva les yeux sur son père, qui n'avait pas bougé d'un millimètre et qui lui fit un clin d'œil.

Sa fille était bien calée et ne risquait rien. Elle émit un gazouillement et il vit un sourire prendre possession des traits de son fils, laissant apparaître de petites fossettes sous ses pommettes.

- Elle s'appelle Lisa, l'informa-t-il.

Henry acquiesça puis reporta son attention sur sa sœur. Elle battit à nouveau des membres et les coins de sa bouche s'étirèrent vers le haut, ce qu'il prit pour un sourire, qui fit accroître le sien.

- Je suis Henry Bass, se présenta-t-il comme son papa le lui avait appris.

Il obtint un autre gazouillement, comme si le nourrisson lui répondait et sentit son cœur de grand frère gonfler d'orgueil dans sa poitrine.

- Elle m'aime bien, déclara-t-il, ébahi.

- Évidement, c'est ta sœur, énonça son père.

- Lisa, répéta le petit schtroumpf en couvant à nouveau du regard le nouveau-né.

Des chougnements se firent entendre et il releva la tête pour apercevoir sa mère bercer doucement son autre sœur.

Son père se releva avant de reprendre sa fille aînée dans ses bras et Henry en fut un peu déçu.

Mais il resta bien assis, engoncé dans son siège, tandis qu'il le vit échanger les bébés avec sa mère pour lui présenter à son tour, la dernière arrivée dans la famille.

Son papa refit les mêmes gestes que précédemment et il prépara son bras sans même qu'il ait besoin de le lui dire.

- Voici Lola, annonça-t-il.

Elle était un peu plus petite que sa jumelle mais ses yeux étaient tout aussi avides de découvrir le monde qui l'entourait.

- Je suis Henry Bass, réitéra le gamin.

Le cœur de Blair fondait littéralement devant leur fils qui faisait connaissance avec ses sœurs.

Le nouveau-né gigota et jeta ses bras vers l'avant comme si elle voulait faire un câlin à son grand frère. Il prit sa menotte minuscule dans la sienne, qui paraissait soudain géante à côté de celle du bébé, et elle enroula légèrement ses phalanges autour de son pouce.

- Lola, prononça-t-il avec joie.

Ses craintes s'apaisaient doucement. Son parrain avait raison, il y avait des trucs bien à être un grand frère, il questionnerait son tonton Éric dés qu'il en aurait l'occasion.


Vendredi 20 septembre 2019 : 10h56

Chuck revint au bout de ce qui semblait être des heures à Harold et Eléanor. Ils avaient bien compris pourquoi il leur avait demandé d'attendre encore.

Il voulait qu'Henry ait un moment rien qu'à lui avec les jumelles. Avant que tout le monde ne débarque et n'ait d'yeux que pour les nouvelles arrivées.

Le père de Blair trouvait cette idée judicieuse, mais il n'en résultait pas moins qu'il rongeait son frein en attendant de voir sa Blairbear.

Les choses s'étaient bien passées et il en était soulagé mais il ne serait réellement rassuré que lorsqu'il verrait sa fille de visu.

A peine le jeune homme eut-il passé la porte de la salle d'attente qu'il fut assailli de questions en tout genre.

- Combien pèsent-elles ?

- Quelle est l'heure exacte de leurs naissances ?

- Combien mesurent-t-elles ?

- Ont-elles beaucoup de cheveux ?

Et celle qui tenait tout le monde en haleine.

- Comment s'appellent-elles ?

Chuck leur sourit et répondit à chacune des questions tout en les emmenant en direction de la chambre de Blair.

- Deux kilos sept cent trente et deux kilos cinq cent quarante. Huit heures trente deux et huit heures trente six. Cinquante deux et quarante neuf centimètres. Beaucoup moins que leur frère à sa naissance. Élisabeth Liliane Rose et Charlotte Évelyne Eléanor.

Les trois grands-mères eurent le sourire aux lèvres et le cœur qui palpite.

Elle pénétrèrent dans la chambre l'une à la suite de l'autre, suivies par leurs maris et ex-maris. Lorsque Cyrus passa auprès de celui de sa belle-fille, ce dernier répondit à sa question silencieuse par un regard complice.

Le petit homme chauve en avait perdu ses mots. Il ne s'attendait pas à ça. Il n'avait pas besoin de ce témoignage pour savoir que Blair le considérait comme un second père, mais le geste faisait déborder son cœur d'émotions.

Il enlaça la brunette, qu'il considérait comme sa propre fille, dés que sa femme l'eut embrassée et réclama encore une étreinte car « une, ce n'est pas assez » Elle rit et lui en donna chaleureusement une autre.

- Blairbear, s'exclama Harold juste derrière lui avant de l'enlacer à son tour.

- Alors, où sont ces petites merveilles ? questionna Lily en se tournant vers les deux lits pédiatriques près desquels se tenait Henry, qui veillait attentivement sur ses sœurs pendant que son père était parti chercher le reste de la famille.

Il se redressa en apercevant son cousin, qui donnait la main à son parrain et ce dernier lui fit un clin d'œil, alors que sa marraine pénétrait dans la pièce la dernière, avec de gros ballons et un sac contenant des paquets cadeaux, dont un pour lui.

- Blair, s'attendrit la blonde en embrassant sa meilleure amie, laissant voltiger les licornes gonflées d'hélium au-dessus d'elles.

Chuck rencontra le regard de sa mère biologique, qui brillait un peu trop et lui fit un petit signe de tête auquel elle répondit identiquement, le cœur en liesse.

Bart passa un bras autour de la taille de son épouse et adressa également un signal de reconnaissance à leur fils.

Chacun s'extasia sur les petites princesses de quelques heures à peine et se les passèrent de bras en bras.

Quand vint le moment de la tétée suivante, les parents firent leurs adieux afin de laisser se reposer la maman et les bébés.

Chuck, lui, en profita pour descendre à la cafétéria avec son fils. Il lui permit même de prendre deux boules de glace pour fêter l'événement. Une pour chacune de ses sœurs.

- J'ai quelque chose pour toi, lui dit-il en sortant un petite boîte multicolore de sa poche, qu'il avait pris la précaution de glisser dans le sac maternité de Blair, la veille, avant de partir.

Henry s'empara de l'objet et l'ouvrit pour y découvrir un écrin de velours. Une chevalière à sa taille, presque identique à celle de son père était nichée à l'intérieur. Seuls les initiales gravées dessus différaient. Un H et un B s'entrecroisaient sur la partie plate mais elle était dépourvue de pierre précieuse.

Chuck avait fait ajouter à la sienne deux améthystes violettes, en sus des deux rubis que Blair avait déjà fait sertir quand elle la lui avait offerte. Il avait également fait adjoindre au bracelet d'argent de sa femme deux autres cœurs en or blanc.

Les yeux de son fils brillèrent de joie et d'excitation quand il sortit l'anneau pour le glisser fièrement à son petit doigt, comme il avait si souvent vu son père le faire.

- Maintenant, je suis tout comme toi, rit-il en regardant la bague briller à son annulaire gauche avant de reprendre une cuillerée de glace à la pistache.

Son père hocha la tête. Le bonheur qui s'étalait sur le visage de son fils faisait vibrer son cœur au même diapason.

Chuck Bass, assis au milieu d'un self service, devant un café tiède au goût de jus de chaussette et un sandwich au pain un peu rassis, était comblé en cet instant béni.