Première apparition de notre Jasper...

Merci pour vos com

Votre bien dévoué,


CHANGEMENT

Pov Jasper

Demain, cela fera un an. Un an que je n'avais pas été assez prudent, un an que j'avais provoqué une situation qui avait eu des conséquences déplorables sur certains d'entre nous. Un an que je ne parvenais pas à me pardonner.

Certains d'entre nous, oui. Parce qu'à ma grande surprise, la tristesse avait envahit chacun d'entre nous, tous les membres de cette famille, sauf... Alice. J'avais finis par arriver à la conclusion qu'elle préférait simplement arrêter de penser à elle pour ne pas se laisser accabler par la douleur. Du moins, c'est ce qu'elle m'avait dit et je m'en étais contenté. Peut-être avais-je tord? Peut-être qu'Alice était capable d'oublier aussi rapidement quelqu'un qu'elle avait considéré comme sa sœur, non pas dans ses ressentis, mais dans son comportement, parce qu'à la vérité, Alice n'a jamais autant tenu à Bella que le laissait croire son comportement.

Je n'avais cependant jamais cherché à comprendre. Pourquoi faire? Si Alice voulait s'amuser avec Bella en jouant avec elle comme on jouait avec un chiot avant de l'abandonner sur le rebord de la route une fois qu'on en était fatigué, c'était son plaisir. Elle était ma femme et je n'allais pas la juger après ce que j'avais fait aux humains dans le passé. Ce que je ferais encore aujourd'hui si je ne tenais pas à ce point à ce petit bout de femme.

J'avais beau avoir intégré cette famille, les humains sont et resteront à mes yeux, notre principale source de nourriture. C'est un fait, c'est ainsi que nous avons été créé.

Pourtant, cela ne m'empêchait pas de me sentir mal. Bien sur, ce fut en grande partie pour Edward, du moins au début, puisque maintenant, il filait le parfait amour avec Tanya. Mais j'avais eu mainte et mainte fois l'occasion de repenser à elle, à la raison pour laquelle j'étais resté loin d'elle lorsqu'elle était avec nous. Ce fut en grande partie à cause de la soif d'Edward. Lorsqu'il était près d'elle, sa soif ajouté à la mienne était insupportable, mais lorsqu'elle était seule (ce qui était relativement rare) il m'était arrivé d'être accablé par une sensation étrange, un besoin de la connaître, de la comprendre, parfois même de la toucher. Je m'étais sentis si honteux à chaque fois. J'étais sans nulle doute un monstre, mais un monstre loyal, tromper ma femme ne faisait pas partit de mes habitudes, ni trahir mon frère. Cependant, je devais m'avouer qu'il m'était arrivé de la regarder de manière inconvenante, autant dire que parfois, cacher mes pensées à mon cher frère n'avait pas été chose aisé. Je m'étais à plusieurs reprises amusé en me demandant si Alice n'était pas au courant de mon petit penchant, elle semblait s'évertuer à la vêtir de la pire façon qui soit. En repensant à cette fameuse soirée d'anniversaire, je la revois encore descendre les escaliers affublé de cette hideuse robe verte et de ses tennis tout aussi ignobles. Alice avait pourtant habitude d'avoir du goût. Peut-être tentait-elle de s'amuser également de cela avec elle?

Lorsqu'Edward nous avait annoncé « officiellement » son accouplement avec la succube incapable de garder les cuisses fermés, Esmée avait émit l'idée de prendre des nouvelles de Bella, ce à quoi Alice s'était immédiatement opposé si violemment qu'elle en avait choqué toute la famille. En remarquant nos mines déconfites, elle s'était contenté de s'excuser en disant que nous devions la laisser avoir une vie normale, que nous ne pouvions réapparaitre du jour au lendemain juste pour la regarder vieillir. Edward avait soutenue son point de vue, il avait donc été décidé d'oublier cette idée.

J'aimais Alice, je l'aimais vraiment. Mais j'aimais aussi l'honnêteté et c'est ce jour là que je pris conscience qu'elle cachait quelque chose, j'étais incapable cependant de mettre le doigt dessus, incapable de prendre la mesure de ce fameux mensonge. Était-ce simplement le fait qu'elle n'osait avouer son indifférence pour cette jeune femme qu'elle avait soit disant fait passer pour sa sœur ou était-ce plus que ça? Je n'en avais aucune idée, mais quelque soit la taille de ce mensonge, je ne l'acceptais pas, je n'aimais pas ça et Alice le savait. Je pouvais tout accepter d'elle, tout lui pardonner, sauf le mensonge et la tromperie.

Durant mes nombreuses années durant lesquelles je n'avais été qu'un démon siégeant en enfer, je n'avais eu que ça. Peter était celui qui m'avait fait découvrir la loyauté, l'amitié et l'amour. Il était le premier que j'avais aimé comme un frère depuis mon réveil, celui qui m'avait juré ne jamais me trahir, m'assurant qu'il préférait mourir, je l'avais cru et depuis, je ne l'avais jamais regretté.

Dans un monde ou la plupart de ceux qui vous entoure sont capable de vous broyer le corps, le cœur et l'âme, trouver un peu de loyauté avait été salvateur pour moi. Alice m'avait peut-être sauvé de la solitude, mais c'est Peter qui avait sauvé le peu d'humanité dont je disposais. La chose qui m'avait permit de ressentir de l'amour pour cette petite voyante qui était devenu ma femme avait été la préservation des quelques pans de mon humanité et Peter avait été le seul à permettre cela. L'égo d'Alice en avait prit un coup lorsque je lui avais expliqué, mais je ne pouvais pas lui demander l'honnêteté si lorsqu'une question m'était posé, je répondais de sorte à préserver ses sentiments.

La vérité est trop importante en ce monde pour être lésé, la vérité est tout ce qui compte vraiment, elle n'est ni bonne, ni mauvaise. Elle est, c'est tout.

Rares sont les humains qui prennent conscience de cela, c'est d'ailleurs pour cette raison que leur société ne sera jamais en mesure de fonctionner correctement, d'être juste. On ne construit rien de solide ou durable sur un mensonge.

J'étais un vampire et j'avais tout le temps nécessaire pour faire preuve d'un peu de sagesse. Sagesse à laquelle j'avais commencé à réfléchir après avoir quitté Maria et avant de rencontrer Alice. J'avais le temps de comprendre pourquoi ce monde ne fonctionnait pas et ma conclusion se résumait à un seul mot.

Mensonge.

Et c'était exactement le même mot, la même source, la même merde qui faisait que je commençais sérieusement à en vouloir à Alice. J'attendais, sage et silencieux qu'elle prenne la peine de répondre à mes questions tout aussi silencieuses. Mais rien, juste de la gêne, parfois, une ombre de culpabilité, mais rien d'autre. Elle n'avait tout simplement pas l'intention de m'avouer quoi que ce soit et je ne parvenais pas à comprendre ce qui pouvait à ce point nécessiter le mensonge. On ne ment pas à ceux qu'on aime, le mensonge ne doit être qu'un dernier recourt auprès de ceux qui ne sont rien, mais qui peuvent nous être utile tout au long de notre vie.

Ma femme n'avais tout simplement pas le droit de me mentir. Elle connaissait les règles et elle savait que bientôt, j'allais devoir les lui rappeler. J'étais cependant un homme patient et j'étais près à dépasser les lignes marquant mes limites en espérant que celles-ci n'atteignent pas ma colère.

J'avais donc attendu, encore et encore. J'aurais voulu pouvoir lui donner plus, mais je n'étais pas sur d'en être encore capable, un an, n'est-ce pas suffisant?

Même si elle ne paraissait pas souffrir, ce n'était pas le cas du reste de la famille. Esmée était accablé tout autant que Carlisle. Celui qui en souffrait le plus ensuite était Emmet et contre tout attente, sa chère femme arrivait juste après. Puis il y avait moi. Moi qui me sentais responsable de leur peine, moi qui ressentais une tristesse étrange. Un manque inexplicable.

En prenant un grande inspiration, j'attrapais mon portable que je scrutais un long moment et à l'instant ou je m'apprêtais à composer le numéro de téléphone, pas vraiment pour lui parler, mais plutôt pour obtenir de ses nouvelles, d'une manière ou d'une autre, celui-ci ce mit à sonner. Alice.

- Oui, chérie? Répondis-je en soupirant

- Ne fais pas ça!

Je fermais les yeux essayant de me remettre de son cri strident.

- Je vais simplement contacter son père et me faire passer pour un de ses camarades de classe afin de savoir si elle va bien. Rien de plus. Je ne comprends pas pourquoi ça t'ennuie autant

- Elle va bien. Je te l'ai dit, Jasper! Grogna-t-elle. Pourquoi mes visions ne te suffisent pas?

Je dû me faire souffrance pour ne pas broyer le téléphone entre mes doigts. Je savais que la ligne venait d'être rompu, celle-là même qui allait marquer un tournant dans mon existence.

- Peut-être que si tes mensonges ne me titillaient pas sans cesse, cela me suffirait en effet, rétorquais-je d'un ton froid et menaçant. Je commence à être sérieusement fatigué, Alice. Je t'aime, tu le sais. Mais tu sais aussi ce que je pense du mensonge et je pense que nous allons devoir régler ce problème rapidement. Rentre.

Silence. Elle savait ce que ça voulait dire. J'étais un mâle plutôt gentil en comparaison du passé que je trainais, mais j'en arrivais à me demander si je n'avais pas été trop doux avec elle, trop gentil, trop passif et le vampire dominateur en moi commençait sérieusement à s'agiter, réclamant de remettre la femelle à sa place, de l'obliger à respecter les règles.

- Jazzy! Tu n'es pas ce genre d'homme, murmura-t-elle

- Non, mais je suis ce genre de vampire! Grognais-je hors de moi. A la maison. Maintenant!

La dessus, je raccrochais haletant, essayant de mon mieux de ne pas perdre le contrôle. J'avais trop attendu, j'avais été trop patient et à présent je ressentais le besoin de relâcher ma domination. J'avais beau ressentir ce besoin, indigné par son comportement, en plus de soixante ans de mariage, je n'avais jamais voulus utiliser ce genre de méthode et j'avais peur non seulement de ce que j'allais découvrir, mais aussi de ce que j'étais capable de lui faire.