Merci Moozanna & miss-acacia84


Para 43

Dimanche 28 juin 2026 : 9h27

Henry Bass ouvrit un œil puis le referma paresseusement. On était dimanche et les vacances d'été commençaient demain. Ce qui voulait dire qu'il était libre jusqu'à la rentrée. Plus de cours d'histoire. Il détestait l'histoire ! Plus de Mademoiselle Jacubeck. Plus de Monsieur Grinberg. Et plus de Beverly, non plus !

Il grommela puis se leva, sachant que maintenant que la brunette à la peau cacao avait pris possession de son esprit, elle ne le quitterait plus.

Il passa sous la douche en réfléchissant à ses options. Ils étaient censés partir pour Paris dans trois jours. C'était toujours là qu'ils passaient le mois de juillet. Pour que sa mère puisse orchestrer la semaine de la mode dans la capitale française. Puis ils prenaient en général la direction de Lyon pour aller voir son grand-père Harold et s'isoler un peu du monde extérieur.

Il était, en général ravi de passer les deux premières semaines du mois d'août loin du tumulte. Ça le laissait respirer un peu. Sauf que cette année, ça ne l'arrangeait pas du tout.

Lui, qui avait toujours trouvé ça barbant, se prenait à attendre impatiemment la white party de la rentrée dans les Hamptons.

Il ne comprenait pas pourquoi il s'intéressait tout à coup à ce stupide événement que sa mère ne voulait jamais raté, sous aucun prétexte, avant de revenir à Manhattan pour terminer de préparer la fashion week.

Quoi que, il en avait bien une petite idée. Mais pourquoi ne pouvait-il pas penser à autre chose? Il la connaissait depuis toujours. Ils allaient déjà ensemble à la maternelle et ils avaient toujours été amis, depuis aussi longtemps qu'il s'en souvenait. Cependant, l'intérêt qu'il lui portait était tout autre, à présent. Il y avait quelque chose de différent.

Elle était pourtant toujours la même fille avec qui il échangeait son déjeuner et partageait ses collations et son jus d'orange. Qui était toujours prête à le suivre n'importe où et l'emmenait où elle voulait.

La première fois qu'il avait posé les yeux sur elle, elle se battait avec Creg Stevenson, qui avait volé le chouchou qui retenait une de ses couettes. Il avait asséné un coup de pied à ce triple idiot et avait récupéré l'élastique coloré qu'elle s'était empressée de repositionner correctement dans sa chevelure.

Elle trouvait ses cheveux bien trop crépus, héritage de sa famille maternelle originaire d'Haïti, mais lui les trouvait très jolis. Il aimait toutes ces petites tresses qu'elle arborait quand elle rentrait de vacance au mois de septembre, après être allée visiter sa grand-mère.

Elle les faisait défriser et les lissait, souvent elle les attachait. Lui préférait quand elle les laissait pendre librement sur ses épaules. Elle avait de très jolies épaules aussi. Et de très beaux yeux. Et une main qui correspondait parfaitement à la taille de la sienne.

Sauf que ça faisait bien longtemps qu'elle ne lui donnait plus la main. Apparemment, les filles devenaient bizarres quand elle atteignaient l'âge de douze ans.

Beverly avait décrété qu'elle était amoureuse de Joshua Goldblum. Il ne voyait franchement pas ce qu'elle trouvait à ce pauvre type. Il était grand, certes, mais pas beaucoup plus que lui. A peine cinq centimètres. Il était costaud, mais lui aussi, grâce à la natation qui avait développé sa carrure et au base-ball qu'il pratiquait depuis ses quatre ans.

Et surtout, Josh était un crétin fini ! Il se ventait sans arrêt et passait son temps à fumer derrière les gradins du terrain de sport.

Sérieusement, Beverly pensait que c'était cool de fumer ?

Nan, pas possible.

Elle avait toujours dit qu'elle trouvait ça dégoûtant. Ce qui aurait dû vouloir dire qu'elle trouvait Josh dégoûtant. Et pourtant, pas du tout ! Elle n'arrêtait pas de lui rabâcher les oreilles avec le nom de ce gars. Peut-être n'était-elle pas au courant de la pratique à laquelle il s'adonnait ? Mais comment aurait-elle pu l'ignorer ? Toute l'école était au courant.

Il s'habilla, s'interrogeant sur le fait de lui proposer un séance ciné avant qu'il ne quitte New York avec sa famille. Son père serait sûrement d'accord et sa mère ne pourrait pas s'y opposer étant donné ses bons résultats scolaires.

Et puis, elle serait plus que ravie qu'il débarrasse le plancher. Son paternel avait beau lui avoir assuré qu'elle ne lui en voulait pas pour sa bourde devant ses sœurs, il n'en restait pas moins qu'elle avait évité de le regarder pendant tout le repas de la veille.

Il croisa les doigts pour que sa mère n'ait pas l'idée de le faire accompagner au cinéma par Dorota et les jumelles. Elle ne semblait pas se rendre compte qu'il n'était plus un gamin et qu'il n'avait plus besoin d'un chaperon à chacun de ses déplacements.

Il entra dans la cuisine, préparant déjà des arguments pour refuser la présence des chipies qui ruineraient, sans le moindre doute, tous ces plans avec Beverly, si sa mère les lui imposait. Sans parler des yeux inquisiteurs de leur fidèle femme de ménage. Quoi qu'avec cette dernière, il parvenait souvent à louvoyer pour obtenir un peu de lest.

- Bonjour Henry, le salua gaiement sa mère.

Un peu trop gaiement !

Où était le piège ?

Un regard circulaire lui apprit qu'ils étaient seuls. La table dressée dans le patio n'était mise que pour deux et le silence [Comment avait-il pu manquer le silence qui régnait dans cette maison en l'absence des jumelles ?] agrémentait ce dimanche matin ensoleillé.

L'astre solaire faisait pleuvoir ses rayons par la baie vitrée et sa génitrice avait l'air d'excellente humeur.

Est-ce que cette grossesse serait différente ?

Il roula des yeux au ciel en pensant que son père lui avait dit que la grossesse des jumelles avaient été un rêve à côté de la période où elle l'attendait, lui.

Mon Dieu ! Qu'est-ce que ça devait-être, alors ?

- Les filles sont au parc avec ton père, l'informa-t-elle.

Ce qui signifiait, en réalité, qu'il les avaient emmener prendre le petit déjeuner chez Lily avant et qu'elles auraient l'immense joie de se gaver des gaufres de Rufus. Merci de lui avoir épargné ça !

Il s'attabla à l'ombre, dans la cour intérieure et entreprit de tartiner un toast de beurre de cacahuète en attendant la suite.

Si son paternel l'avait laissé en tête à tête avec sa mère, ce n'était pas pour rien. Il avait dû lui transmettre ses excuses, comme il le lui avait demandé et elle allait certainement le tancer pour son comportement irréfléchi.

Il attendit mais rien ne vint.

Il mâchouilla son toast en silence en repensant au vieux Monkey qui avait l'habitude de lézarder au soleil, un peu plus loin, tentant d'empêcher son esprit de dériver sans arrêt vers Beverly et ce crétin de Josh.

Son meilleur ami avait rendu son dernier souffle au début de l'année. Son père et lui en avait été très affecté, même si aucun ne l'avait démontré avec effusion. Ils savaient tous que le chien ne ferait plus de vieux os mais ce fut tout de même choc et un grand vide, pour eux deux, en particulier.

Finalement, sa mère s'assied en face de lui et grappilla quelques framboises et raisins dans son assiette avant de reposer sa fourchette proprement sur sa serviette et de prendre une grande inspiration.

- Ton père m'a transmis tes excuses, entama-t-elle en essayant de calmer les palpitations dans sa poitrine.

- J'aurais dû tourner sept fois ma langue dans ma bouche avant de parler, reconnut-il.

- Non, le contredit-elle à sa plus grande surprise. Tu ne devrais pas avoir à peser tes mots quand nous sommes entre nous. En fait, c'est plutôt moi qui devrait te présenter des excuses.

Il en resta bouche bée.

Depuis quand Blair Waldorf - Bass s'excusait-elle ?

- J'aurais dû parler du bébé avec toi, au lieu de me cacher derrière ton père mais, affronter la réalité n'a jamais été mon fort.

Il fronça les sourcils. De quoi parlait-elle ? Blair Waldorf affrontait toujours tout avec panache et superbe. Elle était de celles qui prenaient leur destin à bras le corps et veillait précisément à ce que tout soit exactement comme elle l'avait décidé.

Gare à celui qui mariait le jaune poussin et le vert canard ou commettait toutes autres fautes de goût.

- Il m'a dit que tu croyais que j'aurais préféré que ton frère vive plutôt que toi, continua-t-elle en priant pour que le tremblement dans sa voix ne s'entende pas trop.

Le cœur d'Henry se contracta à la vue de la peine inscrite sur le visage de sa mère. Elle pouvait être tyrannique mais il n'ignorait pas qu'elle réussissait toujours à cacher ses faiblesses. Elle était parfaite en toutes circonstances. Sauf en cette minute. Et c'était sa faute !

- Je suis désolé, offrit-il.

Il ne savait pas quoi dire d'autre. Il avait bien compris que parler de Bradley était une souffrance pour elle.

- Ce n'est pas le cas, affirma-t-elle, sa voix retrouvant un peu d'autorité. Je n'ai jamais souhaité une seconde que ce soit toi plutôt que Bra...

Elle ne pouvait pas le dire. C'était bien trop difficile de nommer le bébé.

- J'aurais juste voulu vous avoir tous les deux, reprit-elle.

- C'est ce que papa m'a expliqué, oui.

- Et tu le crois ? demanda-t-elle sans détour.

Il fut étonné par sa question.

Bien sûr qu'il croyait son père ! Comment pouvait-elle seulement en douter ? Son père était toujours là pour lui. Il était son complice dans cette maison. Il l'avait toujours été, depuis aussi longtemps qu'il s'en souvenait.

Il ne ratait aucun de ses matchs de base-ball, sauf lorsqu'il était en voyage loin de Manhattan. Il était le premier à l'encourager et à la consoler quand il ratait un point. Il l'emmenait même parfois avec lui à BI. Henry rêvait déjà du jour où il pourrait y travailler avec lui. C'est pour ça qu'il était si assidu dans ses cours.

- Bien ! Parce que c'est la vérité, dit-elle après avoir vu la consternation se peindre sur les traits de leur fils à sa question.

Henry ouvrit la bouche pour demander autre chose mais se rétracta au dernier moment.

- Nous sommes là pour en discuter franchement, alors n'hésite pas, l'encouragea-t-elle malgré sa propre appréhension.

- Est-ce que tu vas là-bas parfois ? A part le jour de l'accident. Comme papa, je veux dire.

- Je n'y suis jamais allée seule, si c'est ça que tu veux savoir. Ton père a bien plus de force et de courage que je n'en n'aurai jamais. Je ne pense pas que je pourrais me tenir à cet endroit sans lui à mes côtés. Mais je pense souvent au bébé. En fait, souvent quand je pose les yeux sur toi, sourit-elle tendrement. Je me demande s'il te ressemblerait. S'il aurait vos yeux ou plutôt les miens. Si vous seriez complices ou rivaux. Parfois, j'imagine toutes ses choses que vous auriez pu faire ensemble si je n'avais pas ...

Elle s'interrompit un bref instant, cherchant un lueur d'accusation dans les iris chocolat de son fils, tellement identique à ceux de l'homme qu'elle aimait, mais elle n'en vit aucune.

- Moi aussi, parfois j'imagine ce que ce serait s'il était là, confia-t-il. C'est pour ça qu'il m'arrive de demander à papa de m'emmener là-bas.

- Si tu veux, tu pourrais venir avec nous chaque année, proposa-t-elle.

- Où alors on pourrait aussi y aller tous les deux, suggéra-t-il. Je ne suis pas papa mais tu pourras t'appuyer sur moi, affirma-t-il avec assurance.

Les larmes lui montèrent aux yeux sans crier gare. Elle posa sa main sur la sienne et comprima ses phalanges.

- Je sais, dit-elle d'une voix où s'entendait les trémolos. Tu es bien plus fort que moi, toi aussi. Tu ressembles tellement à ton père et j'en suis tellement fière.

- C'est vrai ? s'étonna-t-il.

Sa mère complimentait très souvent ses sœurs, mais pas lui. Peut-être parce qu'il allait naturellement vers son géniteur. Apprendre qu'elle trouvait qu'il ressemblait un tant soit peu à son père faisait gonfler son ego au-delà des mots.

- Bien sûr que c'est vrai.

Elle l'embrassa sur le front. Si semblable à Chuck ! pensa-t-elle en souriant.

Elle se leva pour rejoindre la cuisine, elle avait promis à son mari de les rejoindre après leur petite discussion. Elle était censé le libérer de l'emprise de Rufus et de ces satanées gaufres avant que les filles ne se rendent malade à force d'en manger.

A aucun moment, elle n'avait envisager de les effrayer à propos de leur surpoids potentiel comme Eléanor l'avait si souvent fait avec elle quand elle n'était encore qu'une enfant.

- Maman ?

Elle se tourna vers Henry.

- Est-ce que tu sais pourquoi les filles sont parfois tellement aveugles qu'elles ne voient pas ce qu'elles ont juste sous leur nez ?

Le cœur de Blair s'affola tout à coup.

Est-ce que son fils parlait bien de filles ?

C'était encore un bébé !

Quoi que ... non, justement !

Elle se demanda quand il avait grandit si vite. Il deviendrait bientôt un homme, et un homme qui serait plus qu'à moitié celui que son époux était.

- Papa m'a dit que c'est fréquent mais que c'est aux garçons de trouver ce qui permet de leur faire ouvrir les yeux et qu'elles ont souvent besoin de temps. Il faut être patient et ne jamais désespérer. Parce que si deux personnes sont faites l'une pour l'autre, elles finissent toujours par se retrouver.

- Seulement, le temps te semble trop long, supposa-t-elle.

- Ma meilleure amie, Beverly, elle s'est enticher d'un minus et pense qu'il est LE prince charmant alors qu'en fait, il en est loin ! Je ne vois vraiment pas ce qu'elle lui trouve. En plus, il la traite mal. Seulement, si je lui dis ...

- Tu risques de la perdre, devina-t-elle encore.

Finalement sa mère comprenait plus de choses qu'il ne l'aurait cru. Et vu qu'elle était une fille, il était logique qu'elle en connaisse le manuel de fonctionnement, non ?

- Il lui a proposé de l'inviter chez son grand-père, diamantaire en Europe, mais seulement après que Barbara ait refusé. Je ne suis pas certain qu'elle sache qu'il avait d'abord demandé à une autre, mais je ne veux pas être celui qui lui fait de la peine.

- Tu penses qu'elle va y aller ?

- Ça m'étonnerait que ses parents soient d'accord mais le problème n'est pas là. Il lui a offert un diamant, confia-t-il.

Minuscule, mais un diamant tout de même !

Il avait refusé de reconnaître combien ça le contrariait jusqu'ici, mais le dire à haute voix lui fit réaliser à quel point son cœur lui faisait mal quant il y pensait.

- Tu sais, parfois les filles sont attirées par ce qui brille, mais ce n'est que du toc. Et un jour elles le réalisent.

- Ça t'es arrivé ? voulu-t-il savoir.

- Juste avant qu'on ait cet accident, j'étais fiancée au prince de Monaco, avoua-t-elle.

Son fils finirait bien par l'apprendre un jour ou l'autre et elle venait de décider qu'elle préférait que ce soit de sa propre bouche.

- Il avait un vrai château et une vrai courre. Je croyais que ça ferait de moi une vraie princesse, ce qui était techniquement le cas.

Henry fronça les sourcils, il était convaincu que ses parents étaient ensemble depuis toujours. Il avait vu une photo d'eux au mariage de son grand-père Bart avec Lily. C'était comme ça que son père lui avait expliqué qu'il avait deux mères, parce qu'elle l'avait adopté, mais il ne lui avait jamais parlé d'un prince dont sa mère aurait été amoureuse avant lui.

- Mais celui qui me faisait me sentir comme une princesse depuis toujours, c'est ton père, acheva-t-elle. Il savait toujours comment me remonter le moral quand j'étais triste. C'est aussi le seul qui savait comment me faire rire, même quand je pleurais à cause de ton oncle Nate, qui était déjà amoureux de ta tante Serena.

Parce qu'elle avait aussi été amoureuse de son parrain ?

- Avec ton père, je n'ai jamais eu besoin de tricher ou de lui faire croire que j'étais quelqu'un que je n'étais pas réellement. Avec lui, je peux être moi, tout simplement. Il m'aime comme je suis, avec mes défauts et mes qualités. Il connaît toutes mes faiblesses, celles que je ne montre à personne d'autre que lui, même pas à vous. Je n'ai pas peur de lui faire voir parce que je sais que je peux avoir confiance en lui. Il me protège, toujours, même contre moi-même quand il le faut.

- Donc, il vaut mieux que je ne dise rien à Beverly pour Barbara, conclut-il.

- Ça dépend. Est-ce qu'elle t'en voudra de ne rien lui avoir dit si tu étais au courant ? Si la situation était inversé, qu'est-ce que tu préférerais ?

- Je voudrais savoir que je peux lui faire confiance, réfléchit-il.

La confiance, c'était quelque chose de très important pour lui.

- Alors, tu sais ce qu'il te reste à faire. Et si tu la perds, tu ne pourras pas te reprocher de ne pas avoir été honnête avec elle. Mais la question la plus importante est : Est-ce que tu lui as déjà fait part de tes sentiments pour elle ?

- Et si elle n'en n'a pas pour moi ? Si elle s'en fiche ? Ou si elle se moque de moi ?

- Je ne vois pas qu'elle fille saine d'esprit pourrait résister au charme d'Henry Bass, mais admettons ! Dans ce cas, si tu tiens vraiment à elle, ce sera à toi de lui faire voir ce qu'elle ne voit pas, comme te l'a conseillé ton père.

- C'est ce qu'il a fait pour que tu tombes amoureuse de lui ?

- Tu sais comment il est quand il a réellement à quelque chose à cœur et qu'il veut l'obtenir à tout prix !

- On ne prend pas un non pour réponse, récita-t-il.

Elle sourit. Tellement semblable à Chuck que c'en était hallucinant !

- Et pour le diamant ? Tu crois que je devrais lui en acheter un plus gros ? Son grand-père est diamantaire, il pourra sans problème surenchérir, rationalisa-t-il.

- Et si tu lui offrais plutôt quelque chose avec lequel il ne peut pas entrer en compétition ?

- Oui, mais quoi ? Les diamants sont les meilleurs amis des femmes, non ?

- Ou est-ce que tu as entendu ça ? rit-elle.

Plus personne n'utilisait cette expression depuis des lustres !

- C'est Josh qui l'a déclaré. Il prétend que n'importe qu'elle fille ferait n'importe quoi pour un minuscule diamant.

Charmant, ce gamin !

- Et bien, laisse-moi te dire que les diamants, c'est surfait. Il y a bien d'autres choses qui font rêver les filles, crois-moi.

- Comme quoi, par exemple ?

- Une place au premier rang pour le défilé Waldorf à Paris ? hasarda-t-elle.

Le visage de son fils se métamorphosa, éclairé par un sourire plus éblouissant que n'importe quelle pierre précieuse.

- Mais ses parents ne la laisseront jamais venir à Paris toute seule, se renfrogna-t-il aussitôt.

- J'ajouterai une invitation pour eux. Est-ce qu'elle a des frères et sœurs ? C'est quoi son nom de famille ?

- Prescott.

- Prescott, comme le Gouverneur ?

- Mmm, acquiesça-t-il. C'est son grand-père.

- Mais vous étiez déjà ensemble en maternelle, se souvint-elle en visualisant mentalement la jolie petite métisse pour qui il emportait toujours un deuxième goûter.

- Mmm, acquiesça-t-il à nouveau, les yeux toujours exorbités par l'excitation d'avoir la possibilité de faire grande impression sur Beverly.

- Je vais leur envoyer des invitations et qui sait, peut-être qu'ils pourraient rester quelques jours ? A ce que je sache le fils du gouverneur aime faire des placements financiers, peut-être qu'il serait intéressé à parler affaires avec ton père et pourquoi pas faire partie du conseil d'administration de BI ?

Le vieux Harrington venait justement de casser sa pipe et Chuck cherchait quelqu'un pour prendre son siège. Avoir le fils d'un gouverneur dans son équipe ne pourrait qu'être bon pour obtenir rapidement les futures autorisations de projets ! Ça tombait à pic.

Cette fois les pupilles de son fils s'écarquillèrent carrément.

- Il faudra, bien sûr, d'abord que j'en parle avec lui, l'avertit-elle.

- Bien sûr, répéta-t-il avec évidence.

- Maintenant, on devrait se hâter car j'ai convenu avec ton père que je ne le laisserais pas trop longtemps seul, livré à Rufus et à ses gaufres.

Henry sauta sur ses pieds et fut à la porte avant qu'elle n'ait eu le temps de prendre son sac.