*Coucou tout le monde ! Me voilà de retour après ce long mois de Juillet où j'ai bossé dans une colo, donc vraiment pas moyen de me consacrer à la fanfic mais je me suis vite rattrapé ! Cette fois petite première partie sur Voldemort (eh oui il existe ^^) puis on enchaîne avec James ! J'espère vraiment que ce chapitre va vous plaire et n'hésitez pas à me laisser des coms, as ususal ) ! Bonne lecture !*


Une grosse pile de journaux était étalée sur le sol glacial de la grande demeure en ce mois de décembre 1976. L'on pouvait y lire à distance l'inquiétude et l'affolement du ministère et de la population face aux événements menaçants de ces temps sombres. « Et ce n'est pas fini », pensa avec amusement le seigneur des ténèbres en caressant de ses longs doigts fins la tête de son serpent Nagini qui sifflait de plaisir sous ces caresses.

L'ignorance et la vulnérabilité de ces gens l'amusaient au plus haut point. Dire qu'il y a quelques années, il avait envisagé d'être un simple professeur de défense contre les forces du mal à Poudlard. Les souvenirs de cette école avaient été les seules forces capable de le rendre un tant soit peu vulnérable, et elles l'avaient poussé à postuler pour ce poste ridicule. Mais il le savait maintenant, ce n'était rien comparé à ce qui l'attend, et ça n'aurait pas été suffisant à combler cette colère en lui et à satisfaire l'étendue de ses pouvoirs. Tuer son moldu de père et sa famille l'avait déjà un peu soulagé, mais très peu. Il voulait gouverner sur le monde des sorciers car il se savait plus puissant que chacun d'entre eux et sa lignée de parents le prouvait bien. Il était l'héritier de Salazar Serpentard, le plus grand sorcier de tous les temps, et il était de sang plus pur que quiconque. Un jour viendrait où il se saisirait de sa prophétie et entendrait les vestiges de sa gloire à venir, mais il était trop tôt pour le moment. Le temps était au rassemblement des forces et des esprits sains.

-Mulciber, quelles nouvelles as-tu à transmettre à ton maître ? Lança sa voix glaciale et doucereuse depuis le fauteuil où il était assis, positionné au milieu de la pièce sombre et circulaire. Il parvenait à impressionner son interlocuteur d'un seul coup d'œil, à travers ses mèches brunes qui retombaient nonchalamment sur son visage cireux.

-M… Maître, commença le dit Mulciber qui tripotait nerveusement sa baguette de ses doigts tremblants, Dumbledore a réussi à rallier les… Les géants à sa cause grâce à ce gardien des clés à Poudlard et… à d'autres géants qui étaient de son côté depuis le début. Mais ils ne semblent pas voir le danger et ont accepté sans connaissance de cause, s'empressa-t-il d'ajouter devant le regard noir de Voldemort, il se pourrait que l'on parvienne à leur faire changer d'avis en leur parlant de vous et de votre puissance… Les géants sont stupides et vénales, seule la richesse les intéresse et vous les combleriez…

-Ah tu crois ça ? Le coupa durement Voldemort en se remettant doucement à caresser Nagini sans quitter Mulciber des yeux. Les géants sont moins stupides que tu ne le penses, et ils doivent déjà être entourés de partisans de Dumbledore à l'heure qu'il est, ce qui ne simplifiera pas notre tâche.

Il releva doucement la tête et jeta un regard malveillant accompagné d'un sourire sadique à Mulciber qui sembla sur le point de pleurer toutes les larmes de son corps.

-J'ai appris que ton fils se trouvait actuellement à Poudlard, et qu'il n'avait pas bougé d'un orteil lorsque la bataille y avait éclaté la dernière fois, n'est-ce pas Mulciber ?

Mulciber se cambra puis baissa la tête l'air honteux, avant d'acquiescer piteusement, ce qui fit ricaner Voldemort.

-Je vois que ton fils est un courageux, lança-t-il afin d'embarrasser un peu plus Mulciber, nous allons faire un marché.

Mulciber releva soudain la tête, comme de nouveau intrigué et reconnaissant de changer de sujet.

-Je te laisse une semaine pour rallier les géants à notre cause, accompagnes-toi de qui tu veux ça m'est égale, mais si tu échoues ou si tu me déçois Mulciber, alors c'est ton fils qui paiera, et de la meilleure manière qu'il soit.

Mulciber s'effondra aux genoux du seigneur des ténèbres et tenta de s'agripper aux pans de la robe de celui-ci qui repoussa violemment ses mains.

-Pitié Maître, ma femme ne s'en remettra jamais… Fit-il entre deux hoquets… Je vous en supplie je ferai de mon mieux mais ne vous en prenez pas à lui…

-Douterais-tu de toi Mulciber ? Je pensais pourtant que ce ne serai que des paroles en l'air pour toi mon ami.

Mulciber releva la tête vers Voldemort et afficha un air de totale incrédulité.

-Allons dépêches toi de partir ! Ne perds pas de temps car tu sais que Lord Voldemort ne dit jamais de paroles en l'air !

Mulciber se releva alors péniblement avant de disparaître par la fenêtre dans un nuage de fumée noire.

Voldemort éclata alors d'un grand rire qui résonna dans la demeure tel un cri venu de l'enfer, puis se tourna vers les journaux éparpillés sur le sol. « C'est tellement facile d'en obtenir ce que l'on veut » se dit-il à lui-même. Puis il ramassa un exemplaire de la Gazette du sorcier qui montrait en première page la silhouette et le visage lumineux de Dumbledore, observant le lecteur de son regard scruteur par-dessus ses lunettes en demi-lunes. Le titre de la photo annonçait : « Le légendaire directeur de Poudlard Albus Dumbledore accepte enfin de nous parler des années du seigneur des ténèbres passées à Poudlard ». Les longs doigts de Voldemort caressèrent le visage du vieil homme sur le papier glacé alors qu'il pensait : « je t'aurai un jour vieux fou, je te détruirai».


James Potter se sentit tellement stupide qu'il ne cessait de pester contre lui-même en tenant son doigt ensanglanté : « quel idiot ! Quel idiot ! Quel idiot ! Quel idiot ! ».

-Arrête James, je vais finir par te croire, ricana Mary alors qu'ils étaient tous assis contre le canapé de la salle commune de Gryffondors.

Avec les vacances et les fêtes qui approchaient, les professeurs n'avaient rien trouvé de mieux que de charger les élèves de devoirs, et James n'avait rien trouvé de mieux que de s'entailler le doigt avec une feuille de parchemin.

-Viens là, lui fit doucement Lily en tendant sa baguette vers son doigt ensanglanté, un petit jet de lumière bleu en ressortit et la blessure se referma jusqu'à disparaître complétement. James la remercia d'un baiser avant de se rassoir et de continuer ses devoirs qui n'en finissaient pas. Sirius était affalé sur le côté gauche du canapé et faisait mine de relire son travail sur « les sorciers émergeants des guerres contre les moldus durant la période puritaine en Amérique », alors qu'il jetait des coups d'œil successifs au travail de Remus, avant de corriger le sien par endroit avec sa baguette.

-Des nouvelles de l'Ordre depuis hier ? Demanda soudainement celui-ci en direction de James. James le regarda avec de gros yeux pendant que Peter, Remus, Lily et tous les autres sursautèrent à l'évocation de ce nom.

-Quoi ? Personne à part nous n'est au courant de toute façon !

-Ce n'est pas une raison pour le crier sur tous les toits ! Rétorqua Mary en lui lançant un regard noir.

-Non, ma mère refuse toujours de me transmettre certaines informations, il va falloir qu'on y obtienne accès grâce à nous-même.

-Que suggères-tu ? Lui demanda Remus d'un air intéressé en décollant son nez de ses parchemins pour la première fois depuis quelques heures.

-Oh ça va être facile, répondit James en faisant un clin d'œil à Sirius, ma mère peut bien nous cacher certaines choses de manière plutôt habile, mais ce n'est pas le cas de tous les membres actuels de l'Ordre. Hier nous avons surpris avec Sirius une conversation entre McGonagall et Kingsley aux Trois Balais et apparemment, Dumbledore leur auraient donné rendez-vous, ainsi qu'aux autres membres de l'Ordre, dans son bureau à 21 heure ce soir.

-Tu plaisantes ? Lança Mary toute excitée en se relevant de son siège pour se poster aux côtés de James et de Sirius.

-Non, Dumby aurait quelque chose de si important à leur dire qu'il aurait préféré faire ça dans son bureau ! Fit fièrement Sirius en écartant une mèche de son visage.

-Vous êtes vraiment des fouineurs, lâcha Remus d'un air à la fois amusé et désespéré.

James étala un parchemin sur la table en face d'eux, qui détaillait leur plan de ce soir. Les Maraudeurs se chargeraient d'espionner le bureau pendant que Lily et Mary veilleraient dans le couloir devant la gargouille et Frank et Alice se chargeraient de vider le couloir qui mène à la gargouille. Le plan était simple, mais essentiel.

-Comment comptez-vous entendre ce qu'ils disent ? Demanda Lily d'un air suspicieux.

-En collant notre oreille contre la porte peut être ? Plaisanta Sirius devant Lily qui roula des yeux. « Non on compte effectuer le sortilège de longue langue, comme ça leurs voix résonneront plus fort jusqu'à nos oreilles ».

-On s'est déjà entraîné hier soir, ajouta James.

Mais Lily et Remus ne semblait pas du tout convaincus par ce plan. Remus n'avait émis aucun commentaire et se contentait de les observer sans broncher, ce qui n'était pas forcément bon signe, et Lily lançait des regards suspicieux à Sirius et James en croisant fermement les bras.

-Et que se passera-t-il si on se fait prendre ? Demanda-t-elle d'un ton résolu.

-Ca n'arrivera pas, répondit simplement James avec un sourire encourageant.

-Comme d'habitude tu sembles très sûr de toi, mais je te rappel que tout est possible à Poudlard et que nous avons affaire à des personnes plus expérimentées que toi.

Sur ce James et Sirius éclatèrent d'un grand rire, ce qui fit bouillonner de rage Lily, qui se dirigea aussitôt vers le dortoir des filles en claquant la porte derrière elle. James se stoppa net et regarda en direction de la porte qu'elle venait de claquer d'un air inquiet.

-Qu'est-ce que j'ai fait de mal ?

-Toi et ta délicatesse légendaire… Soupira Remus. « Elle essayait simplement de nous mettre en garde contre ce plan stupide qui risque de nous faire renvoyer de l'école » ajouta-t-il tranquillement l'air de rien en se penchant vers ses manuels.

-Espèce de… Commença Sirius en brandissant les poings vers Remus, mais il fut retint par James avant d'arriver à ses fins.

-Si vous ne voulez pas venir tous les deux alors restez ici ! De toute façon vous avez toujours été de mèche contre nous avec votre soi-disant bon sens ! Je commence à me demander si vous ne devriez pas vous mettre ensemble finalement !

James bouillonnait de rage, le visage blessé de Remus lui apporta grande satisfaction bien que ces dernières paroles semblèrent lui arracher le cœur. Il rangea brutalement tous ses plans pour ce soir et se leva avant de se tourner vers Alice, Peter, Mary et Frank : « Vous êtes avec nous ? »

-Oui, répondirent d'une seule voix Mary et Frank, alors qu'Alice et Peter se contentaient de regarder leurs mains, l'air incertain.

Le petit groupe ne cessa de se rappeler le plan de la soirée durant tout l'après-midi qui suivit et au dîner, les inquiétudes de chacun commencèrent à émerger.

-Rappel moi pourquoi on fait ça ? Demanda Peter en se rongeant les ongles.

-Pour soutirer des informations sur l'Ordre qu'on refuse de nous donner.

-Est-ce si important James ? Demanda finalement Alice qui n'avait osé souffler un mot de toute la journée.

Mais James semblait ne pas avoir entendu la question car il était trop occupé à lancer des coups d'œil frénétiques en direction de Lily et Remus. On pouvait voir les muscles de sa mâchoire se contracter toutes les dix secondes, il semblait furieux et anxieux à la fois.

-Bien sûr que ça l'ai ! Répondit Sirius, « lorsque nous ferons nous-même parti de l'Ordre comment ferons-nous si la moitié des informations nécessaires à la réussite de l'organisation contre ces mages noirs ne nous auront pas été transmises ? »

Alice ne répondit pas et se contenta quelques minutes plus tard de rejoindre silencieusement Remus et Lily à l'autre bout de la table des Gryffondors. Tous les deux s'étaient exilé du petit groupe depuis la querelle de la matinée.

-C'est de la dictature ! Pesta Lily en versant un peu trop de sel dans sa semoule. « On a tout de même le droit de ne pas être d'accord avec eux sans se faire rejeter non ? »

-James aimerait que vous vous joigniez à nous ce soir, il est aussi triste que vous de cette situation… Commença Alice timidement en mettant une main sur l'épaule de Lily.

-Non non et non ! On ne va pas me dicter ce que je dois faire si je n'en ai pas envie ! C'est à lui de s'excuser en premier je te rappel vu la façon dont il s'est moqué de moi ce matin !

Remus acquiesça simplement sans relever les yeux de la Gazette du sorcier.

Après le dîner, chacun se rendit dans son dortoir pour se tenir prêt pour ce soir.

-Mon vieux, qu'est ce qui est plus important pour toi : l'Ordre et la guerre des sorciers ou de stupides querelles qui seront réglés demain matin ?

-M'en parles pas, fit James d'un sourire peu convaincant. Il commençait à regretter son attitude de la matinée envers Remus et Lily. « J'aurai préféré qu'elle soit là, c'est tout » pensa-t-il en lançant sur son lit sa cape trempée par la pluie.

En quelques minutes, le groupe fut fin prêt à partir, James descendit du dortoir avec sa cape d'invisibilité et la carte du Maraudeur cachée en dessous. « Tu as la tienne ? » Demanda-t-il en direction de Sirius qui acquiesça et dès qu'ils sortirent de la grande salle, tous deux étendirent leurs capes par-dessus la tête des autres, provoquant quelques cris de surprise. Sirius se joignit à Mary et Frank et James à Peter et Alice.

Jamais le chemin jusqu'au bureau de Dumbledore ne leur avait paru aussi long. Certains tableaux leur hurlaient dessus pour qu'ils éteignent leurs baguettes, et James commença à redouter l'arrivée de Rusard. La carte indiquait pourtant que celui-ci se trouvait encore près de la salle commune des Serpentards. Arrivés devant la Gargouille, James dit le mot de passe et la Gargouille pivota lentement, ils montèrent ensuite les marches quatre à quatre et se réfugièrent près des fenêtres qui entouraient la porte d'entrée du bureau de Dumbledore afin de guetter l'arrivée des membres de l'Ordre.

-Quelle heure est-il ? Demanda une voix dans le vide à côté d'eux que James identifia comme étant celle de Sirius.

Ayant éteint sa baguette pour ne pas se faire repérer, James sortit discrètement son poignet de sous la cape afin de l'éclairer à la lueur de la lune dont la lumière transperçait les grand vitraux et suffisait à éclairer la pièce toute entière. « 20h35 précise » répondit-il aussitôt en ayant l'impression agréable d'être un auror en mission pour le ministère.

Fatigués d'attendre aussi longtemps, tous s'assirent au pied de la fenêtre en se maintenant sous la cape et commencèrent à compter les secondes qui s'écoulaient lentement. Soudain, quelques minutes avant l'heure exact du rendez-vous, un 'boum' sonore perça le silence et ils virent la Gargouille pivoter tranquillement en affichant peu à peu des escaliers. Alastor Maugrey, Kingsley Shacklebolt, le professeur McGonagall et un sorcier qu'ils ne connaissaient pas émergèrent des escaliers et se dirigèrent vers le bureau de Dumbledore sans regarder autour d'eux. James crut voir quelque chose de bleu étincelant au niveau de l'œil gauche de Maugrey mais se ravisa en pensant qu'il avait dû mal voir. Mary soupira lourdement lorsqu'ils eurent passé la lourde porte du bureau.

-Heureusement qu'ils n'ont pas regardé par ici, commença-t-elle, j'ai inconsciemment laissé échapper mon pied sous la cape au moment où ils sont passés devant nous !

-Mais fais attention ! Rétorqua Sirius d'un ton peu agréable au moment où la Gargouille se remit à pivoter. Cette fois se fut une bonne poignée d'aurors et de salariés du ministère qu'aucun d'eux ne connaissaient à l'exception de Mary qui reconnut un collègue de son père. « Celui-ci m'offrait toujours des sucettes pour vampires lorsque j'étais petites, j'ai compris un peu plus tard que lui-même en était un, ça explique tout… » Commenta-t-elle sur leur passage en faisant pouffer de rire Alice et Frank, avant de se faire taire par Sirius. James commença à sentir une douleur pressante venant de son bras droit, il se tourna alors pour voir Peter fermement agripper à lui comme s'il était en train de vivre les derniers instants de sa vie, « Peter lâche moi ! », « Oh pardon » s'excusa celui-ci.

Une autre poignée de membres de l'Ordre se rendirent dans le bureau, dont les professeurs Flitwick et Slughorn et le secrétaire du ministre de la magie Alberto Piwil.

-Ok, je pense qu'on peut y aller maintenant ! Lança James après leur passage, et tous se ruèrent à leur poste. Alice, Frank et Peter, qui remplaçait Lily au poste, descendirent par la Gargouille et James et Sirius se ruèrent vers la porte, leurs baguettes brandies devant eux.

-Prêt Patmol ?

-C'est parti Cornedrue !

Et tous deux effectuèrent avec perfection le sortilège de longue langue et commencèrent à écouter ce qui se disait dans le bureau. Ils reconnurent aussitôt la voix de McGonagall.

-Je ne suis pas d'accord Albus, on ne peut pas prendre le risque de sacrifier d'autres aurors pour une mission comme celle-ci !

-C'est leur métier Minerva, et ils se sont eux-mêmes porté volontaires.

-Mais je croyais que Mrs Potter avait renoncé à son poste après la mort de son époux ? Ne serait-il pas risqué de la laisser partir de nouveau en mission ? Elle ne s'est pas entraînée depuis bien longtemps…

Le cœur de James ne fit qu'un bond et Sirius semblait dans le même état que lui. Il le regardait en faisant de gros yeux et avait la bouche à moitié ouverte. Ils savaient qu'il devait se battre pour obtenir des informations, sans ça il n'aurait jamais su que sa mère était sur le point de se rejeter dans la gueule du loup.

-Je dirai même que je trouve cela suicidaire si vous voulez mon avis !

-Je lui en parlerai, conclut Dumbledore. Kingsley, des nouvelles du ministère ?

-Bien mauvaises hélas, Albus. Le ministre a eu vent de cette mission et refuse de laisser des aurors du ministère y coopérer. Il la qualifie de « suicidaire », lui aussi.

James vit Sirius bouger ses lèvres pour poser une question muette : « c'est quoi cette mission ? »

-… La mission contient sans doute quelques défauts en effet, continua Kingsley.

Un homme à l'autre bout de la pièce intervint à son tour d'un ton bourru dans la conversation : « quels sont-ils je vous prie ? » Kingsley répondit d'une voix calme :

-Eh bien tout d'abord je pense que l'on ne devrait pas seulement envoyé des aurors dans les zones de combat, mais également des personnes hautement qualifiées ne portant pas le titre d'aurors, comme des professeurs ou des duellistes ou dresseurs d'animaux magiques par exemple. Les aurors sont trop peu pour être seuls à intervenir, et le ministère a également besoin d'eux en matière de protection.

-Ne pensez-vous pas qu'ils seraient plus utiles en attaque ? Pourquoi ne pas mettre des sorciers qualifiés pour la protection de moldus plutôt ? Demanda le sorcier bourru à l'autre bout de la pièce. James entendit Maugrey grogner d'un air menaçant.

-Car ce n'est pas leur fonction et qu'il ne s'agirait plus d'une mission pour l'Ordre mais d'un travail pour le ministère, commença Kingsley, et de plus, le lieu où vous allez envoyer ses aurors pour affronter les mangemorts est entouré d'habitats moldus…

-Ces habitats ont été parfaitement protégés Kingsley je peux te l'en assurer, l'interrompis Dumbledore.

-Cela ne réduit pas les risques pour autant d'être vu. Le ministère souhaiterai davantage de protection dans la région, autant en matière de visibilité que de protection de moldu.

-Et il lui en sera donné, répondit calmement Dumbledore. « Mais nous ne pouvons envoyer d'autres sorciers que des aurors je le crains, car nous ne sommes pas sûr de connaître à la perfection l'étendue des pouvoirs de nos adversaires, et seul des aurors seraient suffisamment entraînés pour y faire face en cas de force majeure. »

-Ne croyez-vous pas à un piège Albus ? Demanda le professeur Flitwick de sa petite voix fluette.

-Lord Voldemort ne fais jamais de menaces en l'air, je le connais suffisamment bien pour vous en faire le serment, professeur Flitwick. S'il nous a menacé d'envoyer des mangemorts tuer la majeure partie des moldus de cette région si nous ne cédions pas à sa suprématie, chose à laquelle nous n'avons pas cédé, alors il le fera. Cela ne change rien pour lui, il n'a que du mépris pour les moldus.

-Le ministère pensait justement à un piège et rien de plus, fit le dit-Alberto Piwil.

-Le ministère ne le connait pas encore suffisamment bien, mais rassurez-vous Monsieur le secrétaire d'état, le ministère aura maintes fois l'occasion d'apprendre à le connaitre un peu mieux, et de prendre ses menaces plus au sérieux…

-CESSEZ TOUT ! Hurla Maugrey en faisant sursauter les deux garçons derrière la porte.

James sentit son cœur tambouriner plus fort dans sa poitrine, que pouvait-il bien se passer à l'intérieur pour que Maugrey hurle comme ça ?

-Nous sommes écoutés d'autre part !

James et Sirius eurent à peine le temps de décoller leurs oreilles de la porte que celle-ci s'ouvrit à la volée, les faisant trébucher à l'entrée du bureau et retomber piteusement à quatre pattes contre le sol.

-POTTER ! BLACK ! QUE FAITES-VOUS ICI ? VOUS DEVRIEZ ETRE COUCHES DEPUIS LONGTEMPS !

McGonagall semblait hors d'elle, mais Dumbledore l'interrompit d'un mouvement de main.

-Ces jeunes gens se sont probablement égarés en chemin, je ne vois pas d'autres raisons. Nous réglerons cela demain matin au calme, veuillez les raccompagner dans leurs dortoirs Minerva, je vous prie.

Toute le monde avait les yeux rués sur eux, certains semblaient légèrement amusés par la situation et d'autres beaucoup moins. McGonagall leur fit signe de la suivre de son air pincé qui n'annonçait rien de bon, et passa en coup de vent devant eux. James sortit rapidement du bureau et entendit Sirius dire à l'assemblée : « bon eh bien… Bonsoir » avant de sortir à son tour. James se retint de rire lorsque McGonagall se tourna vers eux :

-Etes-vous inconscient ou vous croyez-vous au-dessus de toutes les règles qui ont fondé cette école et son bon déroulement ?

Ses joues étaient devenues cramoisies et James comprit qu'ils étaient peut être allé un peu trop loin cette fois-ci. Mais elle ne leur laissa pas le temps de répondre.

-En vue des circonstances, je serai tenté de vous renvoyer définitivement de l'école ! Ecouter une réunion à la porte de son directeur et de surcroit, après le couvre-feu imposé est INADMISSIBLE !

James et Sirius devaient à ce moment ressembler à deux chiens qui se faisaient remonter les bretelles par leur maître. C'est donc la queue entre les pattes qu'ils durent rejoindre les autres et leur dortoir avec dix heures de récurage de chaudrons imposée par mois jusqu'à la fin de l'année scolaire pour chacun. Mais James ne pouvait s'empêcher de penser à la manière dont il parviendrait à convaincre sa mère de renoncer à cette mission sans lui avouer qu'il était au courant de tout.

-On aurait dû écouter Lily, lâcha amèrement Alice lorsqu'ils entrèrent dans la salle commune. Celle-ci était vide à l'exception d'une petite chandelle qui éclairait deux personnes en train de discuter près de la fenêtre.

-Alors ? Demanda aussitôt Lily en se redressant pour mieux les voir.

-Raté, jusqu'au bout, on a réussi à soutirer quelques informations mais on s'est fait prendre par Maugrey.

-Comment tu sais ça ? Demanda Mary à Sirius.

-Tu n'as pas vu son œil ? J'ai entendu dire par Brewett qu'il se l'était fait arraché lors d'une bataille contre un mangemort il n'y a pas longtemps, et il semblerait qu'il l'ait remplacé par un œil artificiel capable de voir derrière les portes…

Alice et Mary ne purent s'empêcher de ramener leur main à leur œil d'un air de dégout.

-Je vous l'avais dit que ce n'était pas une bonne idée ! Lança Lily en croisant les bras.

-Oui oh ça va, j'ai quand même pu apprendre que ma mère était visiblement suicidaire car elle se lançait dans une mission de l'Ordre trop dangereuse pour elle, et ça elle ne me l'aurait jamais dit elle-même tu vois ! Alors garde tes leçons de moral pour toi s'il te plait !

Ce n'est pas James qui avait parlé, mais l'inquiétude et la colère qui émanait en lui en repensant à cette nouvelle. Ces paroles lancèrent un froid dans la pièce et Lily lui agrippa le bras pour sortir de la salle commune avec lui.

-Qu'est-ce que tu veux à la fin ? Fit-il en détachant son bras du sien lorsqu'ils furent sortis de la salle commune.

-Que tu m'explique ce qu'il se passe !

-Je te l'ai déjà dit ! Ma mère se lance dans une mission trop dangereuse pour elle, et elle est le seul parent qu'il me reste et si elle venait à disparaître elle aussi alors je…

Mais sa voix fut étouffée par une boule qui se formait dans sa gorge et il sentit des larmes couler sur ses joues. Lily tendit sa main vers lui et essuya quelques larmes sur ses joues, son visage prit cette expression douce qui le réconfortait et elle se mit à lui parler d'une voix encore plus douce :

-Elle n'est pas parti en mission encore, alors pourquoi veux l'enterrer avant même qu'elle ne soit morte ? On a encore le temps d'essayer de la convaincre de changer d'avis et on va faire ce que l'on pourra, d'accord ?

Puis elle l'entoura de ses bras réconfortant et il se sentit plus léger, quand une voix tonitruante les interrompus et James sentit une matière visqueuse atterrir sur sa main et sur les cheveux de Lily.

-POtty PoTTER et Evy EVANS font des CHOSES interDITES dans Les couLOIRS, lilalilalou

-Peeves dégage de là !

-Non non non mon petit Potty, McGo m'envoie vous surveilleeeeer

-Ca m'étonnerai tiens, fit Lily en essuyant d'un air de dégout la matière visqueuse dans ses cheveux.

James dirigea sa baguette vers Peeves et après un 'bang' sonore, la langue de celui-ci s'enroula sur elle-même et il disparut aussitôt dans un cri aigue. James et Lily éclatèrent de rire, et Lily embrassa tendrement James avant d'être rejoint par Remus pour retourner dans la salle commune des préfets en chef.

Le lendemain matin au petit-déjeuner, le petit groupe discuta vivement des événements de la veille et James reçu une lettre d'une écriture qu'il reconnut aussitôt :

James,

Je sais que tu te poses beaucoup de questions en ce moment sur l'Ordre et sur ta mère. Je suis désolé pour ce que tu as entendu hier soir, je suis tout aussi navré de devoir vous mettre à l'écart de tout ça, mais il faut que tu comprennes que c'est nécessaire pour le moment.

Il ne faut pas que vous oubliez de vivre votre jeunesse tes amis et toi, les missions de l'Ordre ne sont absolument pas un terrain de jeux et de convivialité, ni même d'aventure. Il s'agit du danger à l'état pur, et nous avons tous hâte d'en finir avec ces mages noirs. Vous tenir à l'écart pour le moment est une manière pour nous de vous préserver de la folie du monde extérieur, mais cela ne signifie pas que l'on ne vous fait pas confiance ou que vous êtes trop faibles pour nous. Juste que vous êtes encore trop jeunes pour endurer tout cela.

Le temps de votre admission dans l'Ordre viendra cependant très vite, je te suggère donc de vivre tranquillement tes années à Poudlard et tes moments avec tes amis avant d'être submerger par cet univers d'anxiété.

Mes amitiés, Albus.

Ps : Pour ta mère ne t'inquiètes pas, je verrai avec elle si elle souhaite vraiment se lancer dans cette mission mais si elle n'en a pas les capacités physique ou morale, je te promets de l'en empêcher du mieux que je pourrai.

-C'est tout ce que j'avais besoin de savoir, fit James le cœur plus léger pendant que les autres se passer la lettre de mains en mains.

-l'Ordre paraît beaucoup moins convaincant de son point de vue, dit Sirius en fronçant les yeux devant l'écriture de Dumbledore.

-Tu t'attendais à quoi ? A des pyjamas party ? Lui lança Mary en se resservant du lard.

-J'espère vraiment qu'il parviendra à la convaincre, murmura James en direction de Lily. « Ne t'en fais pas, c'est Dumbledore » lui fit-elle avec un clin d'œil.

-Vous vous souvenez de ce qu'a dit mon père ? Lança soudain James à l'assemblée. La même chose que Dumbledore : les prochains membres de l'Ordre seront nous, et ce temps arrivera plus tôt que prévu, il faut que nous soyons prêts ! Il nous faut nous entraîner au combat !

-Pas de souci dans ce cas, là je te suis, répondit Remus sans que personne ne s'y attende. C'est là tout ce que j'espérais de toi depuis le début, que tu nous propose de nous entraîner au combat plutôt que d'espionner des sorciers qui ne seront pas capables de nous en dire plus sur la situation actuelle du pays. Tu veux des renseignements ? Ouvre les journaux et tu auras tout ce que tu désires ! Tu veux te battre ? Alors entraînes toi à être meilleur au combat et plus habile dans tes pensées et tes choix ! Là tu obtiendras ce que tu veux.

Cette petite tirade fut suivie d'un silence durant lequel tout le monde se mit à observer Remus la bouche mi- ouverte. James le fixait d'un regard sans expression et Sirius semblait très concentré.

-Je t'ai déçu c'est ça ? Demanda James à Remus en souriant à moitié alors qu'il avait baissé son regard sur son bol.

-Non, mais j'espérais ça de toi depuis le début…

James acquiesça sans rien dire et tout le monde se mit à songer pendant quelques instants.

-Où est-ce qu'on pourra s'entraîner ? Demanda Sirius d'une voix rauque.

-Le terrain de Quidditch et la cabane hurlante devraient faire l'affaire, en fonction du monde alentour, de toute façon il ne s'agira que de petites répétitions de sorts que nous savons déjà effectué, répondit Remus.

-Tu y avais déjà réfléchis ? Lui demanda James d'un air surpris.

-Bien sûr que oui, lui répondit-il amusé devant le regard goguenard de James. Je gardais ça au chaud pour anticiper en cas de sèche !

-C'est une très bonne idée Remus ! L'encouragea Lily d'un grand sourire.

-Grave on va s'éclater ! Lança Mary d'un air enthousiaste. « Ah non je t'arrête tout de suite Mary, on ne fait pas ça pour s'amuser » lui fit Sirius dans une imitation parfaite de sa réplique de tout à l'heure.

-On commence demain ? Sur quel terrain ?

-On avisera en fonction de la carte pour voir si personne ne se situe dans les alentours.

-La carte ? Quelle carte ? Demanda Mary à Lily qui haussa les épaules d'un air interrogateur. Mais les maraudeurs ignorèrent cette question.

-Et si quelqu'un nous surprend pendant l'entraînement ? Demanda James d'un air inquiet à Remus.

-Je pratique très bien le sort d'amnésie, lui répondit Remus en souriant devant l'air hilare de Sirius. Je regarderai dès ce soir les sorts que nous pourrons pratiquer, notre avantage est que nous les avons déjà combattus une fois, donc nous savons à quoi nous attendre. Nous connaissons aussi leurs points faibles et leurs points forts, il faudra donc jouer là-dessus.

-Et pour les sorts interdits ? Demanda Peter en se rongeant les ongles.

-Quels sorts interdits ? Demanda James un grand sourire aux lèvres, « je ne connais pas ce mot désolé ».

Puis ils quittèrent la grande salle, hilares, avant de se diriger vers leur salle de classe.