Slt,
Comme convenu, le second chapitre. J'espère qu'il vous plaira.
Bonne lecture
Bisous
Sandra
TROUBLANTE CONFUSION
Pov Jasper
Cela faisait à présent des mois que j'avais quitté le clan. Dans un premier temps, j'avais eu la naïveté de penser n'avoir nullement besoin d'Alice pour y conserver ma place, mais la réalité m'avait durement et rapidement été imposé, aux yeux de certains, Jasper n'existait tout simplement pas sans Alice, pas au sein de leur "famille", du moins. Ho, bien sur, ils ne m'en avaient pas exclut à proprement parlé, mais le silence arrive parfois à être le plus criant, le plus explicite aussi.
Après ma violente altercation avec Alice, qui soit dit en passant n'avait pas eut l'effet escompté, il ne m'avait pas fallut longtemps pour ressentir les reproches sous-jacents de Carlisle et Esmée, qui malgré mes explications avaient fini par déduire que j'avais sans nul doute été trop loin et que ma colère, la peur que je lui avais inspiré l'avait fait fuir.
Pour lui faire peur, je lui avais fait peur, je ne pouvais pas m'en cacher, cependant, en considérant le niveau qu'avait atteint mon ressentiment à son égard, je m'étonnais encore de la capacité de retenu dont j'avais été capable de faire preuve face à celle qui suinté le mensonge à des kilomètres à la ronde.
Dès qu'elle était apparut devant moi, les émotions émanant d'elle avaient été si vives que ma réaction tout aussi vive ne se fit pas attendre. Comment était-elle parvenu à retenir tout cela de moi ? Qu'était-il arrivé, qu'avait-elle vu entre le moment où j'avais exprimé mes doutes et celui où elle se tenait devant moi, se demandant assurément si fuir à toute jambe n'était pas la chose à faire ?
Je l'avais questionné, encore et encore, usant de ma patience au delà de ce que je ne me serais jamais cru capable.
N'obtenant pas les réponses désirées, j'en étais arrivé à user de mon don de la pire manière qui soit, certain d'être contraint de devoir en passer par là pour comprendre ce qu'elle semblait vouloir me cacher avec tant de véhémence. Mais le processus fut abruptement interrompue lorsqu'elle fut prise dans l'une de ses fameuses visions. A peine avait-elle reprit ses esprits qu'elle s'enfuyait me laissant tout juste le temps de réagir pour la suivre tant je fus choqué par sa soudaine réaction. Nous n'étions pas partit bien loin de Forks, à peine quelques centaines de kilomètres au nord du Canada, mais le territoire que nous avions délimité avec les Quilleutes était grand, nous "emprisonnant" de notre ancienne demeure à la frontière du pays et elle n'hésita malheureusement pas à traverser la ligne de démarcation menant à leur territoire pour parvenir à m'échapper, se fichant des conséquences que pourrait avoir son manque de discernement. Cependant, j'étais pour ma part beaucoup trop conscient pour provoquer une quelconque guerre avec les loups. Non pas que l'idée de passer ma colère sur eux ne m'aurait dérangé outre mesure, dans mon état, cela aurait sans doute été salvateur, mais je respectais trop le désir de paix de Carlisle pour le mettre dans une telle situation.
Je stoppais donc net devant la ligne que nous avions juré de ne jamais traverser.
J'étais bien conscient que sa vision devait l'avoir prévenu de son incapacité à me résister. Je n'avais utilisé mon pouvoir que parce que je me savais incapable de porter la main sur elle, et malgré ma hargne face à son comportement, je m'étais évertué à contrôler la puissance de celui-ci, parfaitement conscient des dégâts dont j'étais capable en laissant libre cour à ma colère.
Alice était la seule à savoir, pour en avoir été témoin bien avant notre rencontre alors que je foulais encore les terres du Texas, ce fut d'ailleurs l'une des promesses que je lui avais faite lorsqu'elle m'avait fait part de son désir d'intégrer le clan de Carlisle; restreindre mon pouvoir, et ne jamais laisser le clan en connaître l'implacable ampleur, à ses yeux c'était la seule chose qui aurait pu nous empêcher de nous imposer, ça et mon régime alimentaire que j'avais également dû sacrifier.
En rentrant, je m'étais immédiatement expliqué avec le reste du clan, si ce n'est Edward qui ne se montrait plus qu'à de rares occasions. J'avais de suite sentis les doutes de Carlisle qu'en à mon récit en particulier le passage concernant le territoire des loups, ce qui ne m'étonna pas outre mesure, pour lui, Edward et Alice étaient des saints, bien incapables du moindre mal, du moindre mensonge ou de la moindre perversité. Dans son esprit naïf, on ne pouvait cacher la manipulation derrière un tel sourire.
Les autres s'étaient contenté de dire qu'elle finirait par s'expliquer à son retour, seule Rosalie semblait capable de voir la vérité, mais cela ne changea cependant pas les faits. Les semaines passants, Alice ne revint pas et l'animosité de Carlisle, d'Esmée et même d'Emmet à mon égard finirent par peser lourds sur mon esprit. J'étais donc partis du jour au lendemain, sans même un au revoir si ce n'est à Rosalie, les autres m'avaient beaucoup trop déçu.
Je ne reniais pas celui que j'avais été et celui que j'étais encore, mais depuis mon arrivé dans ce clan, j'avais suivis les règles aussi ridicules soient-elles, avoué chaque incartade et respecté l'autorité de Carlisle, même si je le savais parfaitement incapable de faire face aux responsabilités qu'incomber sa place en son sein. Il n'avait tout simplement pas la carrure et commettait la grave erreur de fourvoyer sa propre nature en tentant de vivre une vie d'humain et de nous inciter à en faire de même, poussant le vice de son fantasme jusqu'à nous imposer la scolarisation.
Il nous voulait humains, mais il voulait également offrir un simulacre de famille à sa chère épouse, incapable de se remettre du désir maternelle de son ancienne vie, mais bien que je pouvais accepter de me plier à ce genre de mascarade face aux humains, le faire dans notre intimité me semblait particulièrement malsain, d'autant qu'Esmée nous avait demandé à plusieurs reprises de l'appeler « maman », ridicule lorsqu'on connaissait la réalité nos ages respectifs, j'en avais d'ailleurs été parfaitement incapable, après tout, j'étais son aîné.
J'avais accepté cette ineptie que trop longtemps, pour Alice, mais à présent, je comprenais ma propre erreur. Personne, pas même elle n'aurait dû avoir le pouvoir de me faire renier ma nature, pas alors que je n'en ressentais qu'un profond malaise face au comportement de la plupart des membres de ce clan.
Inconsciemment et indirectement, Carlisle était parvenu à insinuer l'idée que nous étions des monstres, que nous devions avoir honte de notre nature, que nous devions nous priver, nous renier, nous repentir de nos désirs, repousser nos limites au point de nous torturer nous-même sans doute dans l'optique d'obtenir une sorte d'absolution. C'est du moins ce qu'il était parvenu à faire avec la plupart de ceux qu'il avait transformé, en particulier Edward. Malgré le fait qu'il passait son temps à se fustiger de l'éternel dépression de son adolescent de « fils », Carlisle paraissait tout à fait inconscient d'être le seul responsable de son état. Seul Emmet qui avait l'esprit beaucoup trop libre et enjoué ne voyait pas le mal à être ce qu'il était, mais il aimait faire plaisir, à sa femme, à Esmée et il se sentait redevable pour sa nouvelle vie, alors il jouait le jeu, toutefois je le soupçonnais fortement de trouver la situation aussi ridicule que moi.
Dans un premier temps, le comportement de Carlisle m'avait parut particulièrement étrange, parce que, paradoxalement à ce qu'il tentait de nous imposer, à ces idées, il ne s'était pas gêné pour transformer quatre humains en ces fameux monstres qu'au fond il détestait tant.
Dans son esprit tordu, naïf, les monstres gentils existaient, c'était du moins ce qu'il semblait vouloir prouver à l'humain qu'il avait été et auquel il ne parvenait pas à se défaire, sans doute bien trop marqué par les discours spirituels de son père, héro autoproclamé du bien contre le mal. Lorsqu'il fut transformé, devenu alors lui-même représentant maléfique de ce qu'il avait été dressé à combattre, son esprit n'était pas parvenu à intégrer correctement la chose. Il m'avait raconté avoir tout essayé pour mettre fin à ses jours de damné, mais je n'avais pas eu besoin de mon pouvoir pour cerner le mensonge. Se jeter d'une falaise ou se placer en plein milieu d'un brasier n'avait été qu'une façon de se punir pour ce qu'il était devenu, Carlisle connaissait l'existence de notre espèce et nos capacités bien avant d'en faire lui-même partie, par ailleurs, lorsqu'un vampire voulait réellement mettre fin à ses jours, il pouvait le faire, il lui suffisait effectivement de se placer en plein milieu d'un brasier, puis de s'arracher lui-même la tête d'un coup sec, pratique pour le moins impressionnante, mais pour en avoir été témoin, cela était parfaitement possible.
Mais je me doutais qu'après avoir bu durant des années les contes imaginaires de son paternel, Carlisle avait bien trop peur de mourir, selon ses dires, nous brûlions en enfer, et ce éternellement.
Voilà toute la finalité de son besoin de se prouver à lui-même, à son défunt paternel et même à notre espèce toute entière que renier notre nature était la bonne chose à faire. Il s'était donné pour mission de continuer son combat dans sa nouvelle vie, un combat mené différemment cependant, mais Carlisle s'était voulu le porte-étendard de l'humanité au sein des vampires, amusant en sachant que tout ce que nous avions à présent d'humain n'était que l'apparence.
En bref, Carlisle n'avait agit que par égoïsme et surtout par crainte de devoir un jour vérifié la véracité des propos de son père. Il n'était cependant pas mauvais, ce n'était pas comme s'il avait souhaité ou calculé ses actes, ce n'était là que la preuve de son désespoir et de son incapacité à s'accepter, le parfait bourrage de crâne de son prêtre de père y avait grandement participé.
Les religieux s'évertuant à mettre l'humanité sur un piédestal, semblait souvent oublier qu'ils avaient construit leurs puissances, leurs pouvoirs, leurs richesses sur des monceaux de cadavres et une quantité de sang que mon éternité ne suffirait pas à consommer. La violence et la cruauté dont avait été capable l'église pour s'imposer n'avait d'égal que les pires exemplaires de notre espèce.
Si nous devions effectivement être puni pour ce que nous étions, pour notre nature et nos instincts alors j'étais certain de croiser la majeur partie des humains dans la file d'attente nous menant aux enfers.
Après mon départ, tout ce que j'avais tenté de renier par amour pour Alice m'était revenu avec une telle clarté que je ne parvenais pas à regretter les événements qui m'avait amené à mon isolement. Dans un premier temps, trop pris par ma réalisation soudaine, ainsi que ma séparation pour le moins tumultueuse d'avec mon premier amour, je m'étais évertué à vivre tel un nomade, passant d'une ville à une autre, heureux d'être à nouveau moi-même, et puis me vint la soudaine idée de retrouver Peter. Peut-être avais-je besoin qu'il ne confirme ce que je savais déjà, peut-être que la solitude commençait à me peser ou peut-être me manquait-il, tout simplement ? Mais j'avais besoin d'un visage familier, un visage amical, et surtout d'acceptation
Après plusieurs semaines de recherches infructueuses, je parvenais enfin à le retrouver non loin de New-York. Il ne sembla pas surpris de ma brusque apparition, encore moins de ce que je lui contais des derniers éventements m'ayant conduit jusqu'à lui.
Comme prévus, il me confirma que j'avais pris la bonne décision, il était grand temps de trouver ma propre voie, de sortir de ce costume ridicule dont m'avait affublé celle qui allait bientôt devenir mon ex femme.
Le pouvoir de Peter lui conférait une sagesse profitable à quiconque avait la chance d'entrer dans ces bonnes grâces. Il me connaissait suffisamment, et bien souvent, il était capable de « sentir » ce dont j'avais besoin avant même que j'en ai conscience. Nous passions des heures à parler de notre passé commun, la conversation dévia à plusieurs reprises sur mes années avec les Cullen dont il n'avait jamais caché son aversion. Ce n'était pas la première fois qu'il me donnait son avis sur les Cullen, lors de leur première rencontre alors que de passage dans la région, il avait décidé de me rendre visite, il avait de suite comprit ce que mon amour pour Alice m'empêchait de reconnaître. Je vivais dans un environnement malsain et c'était une erreur. Mais il avait également comprit que j'avais besoin de faire cette erreur, besoin de vivre cette relation, besoin de comprendre ma place et de trouver un équilibre entre les idéologies extrêmes de Maria et celles de Carlisle, un juste milieu me permettant de m'accepter tel que la nature m'avait voulu.
Rapidement, nous en arrivions à la raison qui nous avait poussé à quitter Forks en premier lieu. Bien que j'avais été le seul à être blâmer, ce n'était pas le manque de contrôle de ma soif qui m'avait poussé à attaquer, mais celle des six vampires autour de moi, en particulier celle d'Edward. Je n'avais pas pris la peine de leur expliquer cette évidence, préférant les laisser à leur ignorance et leur facilité à blâmer le plus dangereux.
Mais lorsque Peter prononça soudain le nom de Bella, je fus étrangement horrifié en prenant conscience que j'en avais pratiquement oublié jusqu'à son existence, trop concentré sur Alice, les Cullen et sur moi.
- Tu devrais tenter de prendre de ses nouvelles, m'incita-t-il
Il me parut particulièrement étrange de ressentir une pointe d'inquiétude venant de lui pour une humaine qu'il ne connaissait pas, je le vis même jeter un regard tout aussi étrange à sa compagne. Me revint tout aussi brusquement les réponses que je n'avais pas pu obtenir d'Alice Mais avant même que je n'ouvre la bouche pour lui demander ce qui pouvait bien l'inquiéter à ce sujet, il me jeta son téléphone dans les mains.
Sans chercher d'avantage à comprendre son comportement, et me demandant sérieusement si après tout ce temps, perturber cette pauvre fille était la bonne chose à faire, je me décidais à mettre en application l'idée que j'avais eu des mois auparavant contacter son père et me faire passer pour un de ses amis d'école.
Mais après avoir composé le numéro de chez elle, une voix mécanique m'indiqua que la ligne n'était plus en service, ce qui eut le don de me perturber plus que je ne l'aurais imaginé, sans doute n'était-ce que l'expression de mon désarroi qu'en à la scandaleuse décision de Carlisle de laisser une humaine dans le secret derrière lui, d'autant que celle-ci portait la preuve de ce qu'elle pourrait dévoiler à d'autres humains sur son poignée.
Toutefois, ce qui me perturba d'avantage, c'est que même si Bella avait prit la décision de quitter Forks, ce que je pouvais comprendre, alors son père devait toujours s'y trouver, il en était le shérif après tout.
Tentant ma chance sur son lieu de travail, j'appris de la bouche de l'ancien adjoint qui avait à présent prit sa place, que Charlie Swan était mort dans un accident de voiture, et que sa fille avait été portée disparut depuis bientôt dix mois...
Je sentis mes yeux s'élargir alors que Peter me scrutait intensément, il me prit le téléphone des mains, s'excusa auprès du nouveau chérif avant de raccrocher. Je l'entendis parler avec Charlotte, mais je n'écoutais pas ce qu'il disait, essayant tant bien que mal de comprendre ce qui avait pu arriver. De suite, je pensais à Victoria, les sentiments vicieux qui avaient fait vibrer mes entrailles, promesse à peine voilé de son incapacité à oublier ou pardonner ce que nous avions dû faire à son compagnon pour protéger l'humaine.
Sachant que son père avait été le seul à être retrouvé mort, cela voulait dire qu'elle avait été enlevée, pour être torturée ou transformée, mais s'il s'agissait de Victoria, il n'y avait aucune chance pour que celle-ci décide de faire de Bella l'une des nôtres, sans doute avait-elle voulu savourer sa vengeance en passant sa colère sur la pauvre fille. Quoi qu'il en soit, il y avait de fortes chances pour qu'Isabella Swan soit aussi morte que son paternel, ce qui agita mon esprit, mes instincts, ainsi que mon corps d'une façon tout à fait désagréable.
Une douleur sourde, étrangère semblait prendre de l'ampleur à mesure que les secondes s'écoulaient, je pouvais sentir les vibrations par intermittence que provoquait le léger sifflement s'échappant de ma gorge et qui mua rapidement en un grognement continu, résonnant dans tout mon corps, fait dont je ne pris conscience qu'en reportant furtivement mon attention sur mes mains tremblantes. Les deux billes de verres redevenu rougeâtres depuis peu s'assombrirent effaçant peu à peu les couleurs de ma vision, il faisait si sombre à présent, comme si quelqu'un venait d'y injecter de l'encre noire à l'aide d'une aiguille.
Un grognement sourd, sauvage se fit entendre, et le pan d'humanité dont je disposais encore ne prit pas de suite conscience que ce son venait de moi, la seule force de mon inexplicable colère parut me tirer vers le haut et je sentis mon corps se déplacer de lui-même sans réellement comprendre l'étrangeté de mon comportement, ni ou je me dirigeais.
