Merci miss-acacia84 & x-Beautiful Blass-x pour son com sur le chapitre précédent. Encore désolée de ne pas t'avoir remercié hier.
Para 47
Samedi 30 janvier 2027 : 10h53
Blair serra la main de Chuck.
Encore une fois, ils se retrouvaient dans une salle d'opération.
Encore une fois, les bruits des machines médicales retentissaient dans la pièce.
Encore une fois, les champs protecteurs les empêchaient de voir les doigts du chirurgien charcutant son abdomen.
Encore une fois, elle sentait les phalanges de Chuck se cramponner aux siennes.
Comme s'il pouvait retenir sa conscience physiquement en s'accrochant à elle de toutes ses forces si elle venait à la perdre.
Quand elle avait ouvert les yeux ce matin, elle avait plongé dans les siens, qui la scrutaient intensément comme s'il gravait chacun des grains de la peau de son visage dans sa mémoire.
Samedi 30 janvier 2027 : 8h47
- Hey ! murmura-t-elle d'une voix ensommeillée.
- Hey ! répondit-il, un faible sourire apparaissant sur ses traits tendus.
Elle entrelaça ses phalanges aux siennes, sa main résidant déjà dans le creux de la sienne.
Chuck avait passé la nuit dans le fauteuil à côté de son lit, refusant le lit d'appoint proposé par l'équipe médicale la veille au soir.
Passé la nuit ! Pas, dormi !
Blair tira un peu sur son bras et il se pencha vers elle pour l'embrasser tendrement sur les lèvres avant de laisser reposer son front contre le sien.
- Tout ira bien, affirma-t-elle tout bas en caressant la ligne de sa mâchoire de sa paume libre.
- Je sais, chuchota-t-il.
Une infirmière passa la tête par la porte pour venir la réveiller et la préparer pour l'intervention quelques minutes plus tard.
Samedi 30 janvier 2027 : 11h01
Ils étaient donc de retour dans la salle d'opération, appréhendant un peu la venue de leur fils et pourtant l'attendant impatiemment.
Un cri déchira l'air et Blair sentit son cœur palpiter.
Dans quelques minutes, elle tiendrait son bébé contre sa peau.
- Vous coupez le cordon ? demanda le professeur Lockwood.
Chuck s'avança de deux pas et prit la paire de ciseaux des mains de l'assistant.
Les mêmes gestes, les même sons entêtant qui résonnaient dans ses tympans tandis qu'il laissait se dénouer les phalanges de la femme de sa vie.
Les bips monotones des machines, son cœur qui cognait, fort, dans sa poitrine et à ses tempes, les pleurs de son fils comme il se sentait soudain fondre de bonheur devant le petit corps rouge et visqueux qui protestait d'avoir été arraché de l'endroit où il grandissait, bien à l'abri des agressions extérieures.
La sensation du cordon ombilicale qui cédait sous les lames qu'il actionnait, séparant à jamais le bébé de celle qui l'avait fécondé et protégé pendant neufs mois.
Quarante semaines pour obtenir un petit être parfait. Mixité de ses parents exprimée au gré de la biologie moléculaire qui pouvait la combiner de tant de manières diverses.
- Je vous le ramène tout propre.
Le papa acquiesça, suivant des yeux le nouveau-né que la femme en bleu éloignait d'eux pour le nettoyer et lui administrer les premiers soins.
Il avait beau l'avoir déjà vécu, c'était différent, à chaque fois.
Déjà, il reprenait sa place auprès de la mère de ses enfants, ses pupilles vérifiant sans même y penser le tracer régulier des appareils médicaux avant de se poser sur son visage d'ange.
- Je t'aime, souffla-t-il derrière le masque apposé sur sa bouche, tout contre son oreille.
- Je t'aime.
Ses prunelles noisette, irisées d'or, lui souriaient et brillaient un peu trop au dessus de la bordure de tissu vert.
Samedi 30 janvier 2027 : 11h42
Henry releva la tête quand son père passa le seuil de la salle d'attente et se mit immédiatement sur ses jambes.
- Benjamin Nathaniel Éric Bass. Trois kilos deux cents cinquante. Cinquante trois centimètres, onze heures une, annonça-t-il avant même qu'aucun des grands-parents n'aient pu ouvrir la bouche. Blair et le bébé vont bien, ils seront dans la chambre 492 dans un peu plus d'une heure.
Le jeune garçon laissa échappé un soupir de soulagement qu'il n'avait même pas conscience de retenir.
Il avait passé la nuit chez grand-ma Lily. Le souper avait été commandé chez Arturo, pizza quatre fromages, sa préférée.
En rentrant, ses parents avec eu une petite conversation et, comme promis, sa mère ne le réprimanda pas pour avoir brossé les cours du vendredi après-midi.
Au lieu de ça, elle avait regardé son mari décrocher son téléphone et avertir le proviseur que leur fils avait quitté le bâtiment car il ne se sentait pas bien, il aurait un mot d'excuse dés lundi matin sur le bureau.
Les jumelles trépignèrent d'impatiente tandis que son oncle Nate et sa tante Serena félicitaient l'heureux père et qu'Eléanor et Cyrus ainsi qu'Harold et Roman se pressaient autour de lui en échangeant de joyeux commentaires.
Après avoir étreint son fils à son tour, Lily proposa à tous d'aller faire un tour à la cafétéria pour se restaurer en attendant de pouvoir voir le nouveau-né et la maman.
Chuck lui fit un petit signe de connivence, sachant qu'elle cherchait surtout à l'aider à se débarrasser d'eux tandis qu'il emmènerait ses enfants voir leur frère cadet.
- Ça signifie que tu ne m'en veux plus ? questionna Éric, restant un peu en arrière.
Son frère adoptif l'avait appelé la veille pour lui passer un savon dans les règles de l'art à cause de ce qu'il avait raconté à son neveu.
Éric avait eu beau argumenter que ce n'était que la stricte vérité et qu'il ne voyait pas pourquoi il aurait dû faire de Bart un saint ou dissimuler la vérité à propos de la manière odieuse dont il s'était comporté avec Chuck pendant son enfance et son adolescence, n'hésitant pas à se faire passer pour mort ou à faire croire au décès d'Ève pour servir ses intérêts, le brun ténébreux n'avait pas adhéré à son point de vue.
La seule chose qui importait à ses yeux, c'était les conséquences désastreuses que ça pouvaient avoir pour son propre fils et non celles que les actions de Bart avaient eu pour lui. Il voulait juste protéger son garçon et ça s'arrêtait là, point barre.
Il était furieux qu'Éric ait pu être aussi irréfléchi, sans même considérer ce que ça engendrerait pour l'adolescent et sa relation avec son grand-père.
Certes, le vieil homme avait commis des erreurs, et des erreurs monumentales, dans son éducation, mais il avait une relation saine et favorable, harmonieuse même avec son petit-fils et tout était réduit à néant parce qu'Éric n'avait pas vu plus loin que le bout de son nez.
Ce dernier n'avait finalement pas osé exprimer l'idée qui lui venait en tête. Que malgré tout ce qu'il avait subi, Chuck continuait à défendre Bart contre vents et marrées, tout comme lorsqu'il était encore adolescent lui-même.
- Ça signifie que si je peux faire abstraction de ce que mon père a fait, je peux également faire preuve de compassion envers mon frère adoptif, qui du reste, était de bonne foie, même s'il n'a pas utiliser la meilleure des méthodes pour aider mon fils. Je te connais assez pour savoir que tu ne ferais jamais rien pour blesser intentionnellement un de mes enfants, reconnut Chuck.
Éric acquiesça.
Ses neveux et nièces étaient un peu comme ses enfants, ceux qu'il n'aurait jamais.
- De plus, il est un peu normal qu'il porte le prénom de son futur parrain, non ?
Le jeune homme écarquilla les yeux.
- Tu veux que je sois le parrain de ton fils ? s'estomaqua-t-il presque.
- Bien sûr ! Pourquoi je ne le voudrais pas ? Tu es mon frère, non ? rétorqua Chuck avec un clin d'œil et son rictus ironique.
- Je suis ton frère. Et je serai très honoré d'être le parrain de Benjamin, affirma-t-il avec un grand sourire.
- Alors la question est réglée, approuva Chuck en lui tapotant le dos, avant de retourner sur ses pas pour rejoindre sa femme, ses enfants sur les talons.
Samedi 30 janvier 2027 : 12h06
Henry et ses sœurs longèrent le corridor à la suite de leur paternel en silence. Les salles de réveil n'étaient pas censée accueillir des visiteurs. Néanmoins, les césarisée disposaient d'un coin spécifique où elles pouvaient accueillir leur nourrisson sans déranger les autres opérés.
Lisa pénétra dans la pièce et aurait couru jusqu'à Blair si Chuck ne l'avait pas coupée dans son élan en posant une main sur son épaule.
Elle souffla mais refréna son pas pour s'approcher du nouveau venu, qui tétait déjà le sein nourricier.
- Je vais attendre un peu, grommela Henry en faisant marche arrière.
Chuck opina du bonnet.
- Je viendrai te prévenir dés que la tétée sera terminée, l'informa-t-il, comprenant que l'adolescent était mal à l'aise d'assister à pareil spectacle.
Il aurait dû y penser lui-même. Henry n'était plus un petit garçon.
Lola, elle, rejoint sa jumelle et s'extasia sur les pieds minuscules de leur frère.
Elle caressa sa voûte plantaire à travers le chausson et Benjamin recroquevilla ses jambes.
Les filles gloussèrent à l'unisson. Ça allait être génial d'avoir cette petite poupée à domicile. Elles s'entrevoyaient déjà aidant leur mère à lui donner le bain ou à l'habiller.
Comme il l'avait fait pour leur frère aîné, Chuck orna le fauteuil de deux oreillers sur les accoudoirs avant d'y installer ses filles.
Elles s'assirent côte à côte, attendant le plus sagement possible malgré la nervosité qui courrait dans leur corps de petites diablesses.
Henry leur avait expliqué comment ça se passerait et elles patientèrent donc jusqu'à ce que Ben soit repu, posant mille et une questions.
Une fois qu'il eut fait son rôt et qu'il eut été changé par leur père, [Finalement, ce ne serait peut-être pas si marrant. Les bébés pouvaient apparemment être dégoûtants. Elles aviseraient en temps utile à quelles tâches elles participeraient] elles eurent le droit de tenir le nouveau-né sur leurs genoux, alors que la main de Chuck ne quittait pas la nuque du bébé.
C'était encore plus magique que tout ce qu'elles avaient inventé dans leurs esprits.
- Lisa, voici Ben.
- Moi, c'est Lola, dit la seconde sans plus pouvoir contenir son impétuosité.
Au bout d'un quart d'heure, Chuck refit le chemin inverse afin de rappeler Henry auprès d'eux.
Samedi 30 janvier 2027 : 12h23
Lorsqu'il arriva dans la salle d'attente, il perçut immédiatement la tension qui y régnait. Son père et Ève étaient dans un coin de la pièce et leur petit-fils dans un autre.
Chaque poil de son corps se hérissa instantanément.
- Chuck, le salua sa mère biologique en l'enlaçant tendrement.
Il lui rendit son étreinte.
Leur vol avait dû être retardé en raison d'une tempête au-dessus de l'Océanie.
Bart lui fit également l'accolade.
- Félicitation, fils.
Son héritier le remercia d'un signe de tête puis tourna son attention sur son aîné, toujours à l'autre bout de la salle.
- Henry nous a dit que tout s'était bien passé et que tout le monde était au self en attendant de pouvoir voir la maman et le bébé, déclara Ève.
Chuck acquiesça.
- D'ici une bonne demi-heure, ajouta-t-il.
- On devrait les y rejoindre, dit-elle en s'adressant à son époux.
- Je préférerais un endroit ou on sert de la vraie nourriture, fit remarquer ce dernier. Qu'est-ce que tu en dis Henry, tu veux venir avec nous ?
- Non merci, je vais aller voir ma famille, cingla celui-ci. De plus, Rufus a fait son fameux Chili hier soir et j'ai l'estomac en compote.
Bart, s'admonesta. Son petit-fils venait juste de lui dire qu'il attendait pendant que sa mère nourrissait son frère. La seule chose qu'il avait daigné lui dire d'ailleurs.
Il avait visiblement, délibérément, choisi de ne s'adresser qu'à sa grand-mère quand il ouvrait la bouche, évitant soigneusement de le regarder.
Le vieil homme ne comprenait pas ce qui se passait mais il était clair qu'il n'était plus dans les bonnes grâces du jeune garçon.
Lui, qui s'était fait une joie de le revoir et de passer un peu de temps avec l'adolescent, peut-être même d'aller voir jouer les Rangers sur le terrain gelé avant de repartir pour l'Australie, avait été reçu avec un seau d'eau glacée.
Il carra la mâchoire et se dirigea vers les portes qui menaient aux ascenseurs sans plus rien ajouter.
Une fois qu'ils eurent quitté l'endroit, l'air devint un peu plus respirable.
- J'ai essayé, je t'assure, affirma Henry en se rapprochant de son paternel. J'ai vraiment essayé mais ... j'ai tourné ça dans ma tête toute la nuit et ... je ne peux pas faire comme si de rien n'était. Je ne peux pas ignoré ce qu'il t'a fait, la manière dont il s'est comporté avec toi quand tu étais enfant ...
Chuck soupira.
Les choses seraient plus compliquées qu'il l'avait escompté. Il aurait dû s'en douter. Henry était quelqu'un d'entier et il faisait rarement dans la demi-mesure.
- Je suis désolé de te décevoir, s'excusa son fils en baissant les yeux.
Les mots percutèrent Chuck en plein cœur.
- Henry, regarde-moi ! commanda-t-il en posant chacune de ses mains sur ses épaules.
Le jeune garçon releva la tête pour faire face à son père.
- Jamais tu ne pourras me décevoir. Tu es mon fils et je suis fier de toi, n'oublie jamais ça.
- Mais tu m'as demandé de lui pardonner ... Et je ne peux pas ... Je voudrais, je t'assure mais ...
- Moi non plus, je ne peux pas, le coupa Bart, qui avait fait demi-tour.
L'explication était donc là. Son petit-fils avait fini par apprendre la manière dont il avait élevé son père et il lui en voulait, avec raisons.
- Papa ... intervint Chuck.
- Non ! Henry a raison. J'ai été détestable avec toi et je comprends qu'il ne puisse pas l'accepter.
Le jeune garçon observa son grand-père avec suspicion.
Faisait-il sincèrement amande honorable ou bien était-ce juste une tactique pour l'amadouer ?
- Je regrette juste, de ne jamais t'avoir demandé pardon pour tout le mal que je t'ai fait. J'aurais dû le faire depuis longtemps, mais ... tu sais comment je suis, acheva Bart en haussant les épaules. Mon orgueil passe toujours en premier. C'est pour ça que je ne pouvais pas me résoudre à te faire adopter comme le souhaitait ta mère. Ça aurait sans doute été bien mieux pour toi. Tu aurais pu grandir dans une famille aimante et présente, au lieu de la solitude et l'absence de démonstration de tout sentiment. Néanmoins, ça, je ne peux pas vraiment le regretter parce que si je t'avais laisser partir, je n'aurais jamais pu te voir grandir, ni te retrouver plus tard. Et je n'aurais pas non plus la chance d'avoir la famille que j'ai aujourd'hui. En un sens, c'est toi qui m'a donné une famille et non le contraire et pour ça, je ne te remercierai jamais assez.
Henry vit le visage de son père se désagréger d'ébahissement au fur et à mesure que son grand-père s'exprimait.
Il croisa le regard acier de l'homme aux cheveux argentés et y déchiffra de réels remords.
- Je vais voir maman, balbutia-t-il.
Son père avait raison, ce n'était pas à lui de pardonner à son grand-père, mais il était content d'avoir pu être le facteur déclencheur pour que ce dernier ait au moins la décence de lui demander pardon en premier lieu.
Peut-être que maintenant, il pourrait envisager de ne pas tenir rancune à son aïeul.
Il quitta la pièce après avoir comprimer l'épaule de son père de sa paume et se hâta d'aller faire la connaissance de Benjamin et dire bonjour à sa mère.
Son paternel, lui, était toujours sous le coup de ce que son propre père venait de déclarer et resta hébété devant Bart sans sa voir quoi dire, ce qui était très, très rare pour Chuck Bass.
Samedi 30 janvier 2027 : 12h54
Le temps que Chuck et Bart s'expliquent et ne reviennent sur le passé pour aplanir toutes les choses qui étaient restées passées sous silence, Blair avait été ramenée dans la chambre 492 avec le nourrisson.
Il n'en revenait toujours pas de ce qui venait de se produire. L'air d'Australie avait encore accentué les changements en Bart. Ou était-ce la distance qui les avaient séparés après avoir partagé des bureaux contiguës pendant plusieurs années ?
A moins que ce ne soit d'avoir vu Jack presque perdre la vie en conséquence de sa vie dissolue dans sa jeunesse ?
Peu importait au final. Bart s'était excusé, sincèrement excusé. Le grand Bartholomew Bass avait abattu ses cartes et s'était couché, faisant acte de contrition devant son fils, une chose à laquelle il n'avait même jamais pensée.
Cependant, il n'oubliait pas ce qui avait tout déclenché.
Henry.
Henry avait besoin de son grand-père même s'il ne le réalisait pas.
Et c'est ce qui contrariait Chuck au plus au point.
Il refusait que la relation de l'adolescent et du vieil homme soit annihilée à cause de sa propre expérience. Il voulait que son fils soit entouré par les plus de gens que sa famille comptait, il voulait qu'il développe sa propre relation avec chacun d'eux, qu'il sache qu'il était aimé, pas seulement par lui, mais aussi par tous ceux qui constituaient leur entourage.
Il avait tellement manqué d'amour lui-même, s'était senti tellement seul. Il n'avait eu personne vers qui se tourner, personne à qui confier ses peurs et ses peines. Il ne voulait pas que ça arrive, jamais, à aucun de ses enfants.
Ils devaient savoir, sans l'ombre d'un doute, qu'une multitude de gens tenaient à eux, qu'ils pouvaient s'adresser à celui de qui ils se sentaient le plus proche, pas forcément à lui ou Blair. Non, peu importe qui ils choisissaient, tant qu'ils ne se retrouvaient pas seuls au monde pour affronter la vie et ses angoisses.
Chuck pénétra dans la chambre de son épouse et son cœur ne put que fondre devant le spectacle de son fils aîné tenant le dernier-né dans ses bras, le berçant doucement alors que celui-ci tirait sur sa sucette à qui mieux mieux.
Henry releva son visage et croisa le regard de son père.
- Il a les yeux de maman, énonça-t-il.
Instinctivement, Chuck reporta son attention sur sa femme, allongée dans son lit.
Il avait été si occupé à débattre avec Bart dans la dernière demi-heure qu'il en avait oublié les risques inhérents à l'accouchement.
Elle tendit sa main vers lui et il la rejoint en quelques enjambées.
Leurs filles étaient absorbées dans l'ultime édition du jeu « My baby boy » sur la dernière version de leurs Nintendo 3DS. Elles avaient pratiquement suppliées Blair dés qu'elles avaient appris le sexe du bébé.
- C'est vrai qu'il a tes yeux, fit-il remarquer en embrassant les phalanges de la femme de sa vie.
- Et les lignes de ta mâchoire, constata-t-elle en regardant avec adoration leur nouveau-né, dans les bras de son frère.
Elle attira son mari à elle pour l'embrasser.
- Il y a de jeunes enfants dans la pièce, se plaignit faussement Henry en posant sa main sur le visage de Ben.
Ses parents ne pouvaient-ils pas être à moins de cinquante centimètres l'un de l'autre et garder leurs mains ou leurs lèvres chez eux ?
Il en était plus qu'heureux en réalité, même s'il ne l'admettrait pas.
Son petit frère protesta et agrippa son index en battant des mains dans les airs.
- Le spectacle à l'air de lui plaire, lança malicieusement Lisa.
Sa jumelle releva la tête pour savoir ce qui se passait. Elle venait juste de finir de langer son bébé virtuel.
Bien moins dégoûtant que dans la réalité. Heureusement, on pouvait faire beaucoup de chose avec la 3DS évolutive, mais pas sentir les odeurs pestilentielles des cacas de bébé.
Chuck se dit qu'il était opportun de leur donner leurs présents avant que tout le monde ne débarque, ce qui n'aurait su tarder.
Il jeta un œil consultatif à son épouse qui répondit par l'affirmative d'un petit mouvement de tête.
Lisa et Lola louchèrent d'étonnement quand elles découvrirent des bagues en argent ornées d'améthystes, que leurs parents avaient sélectionnées pour elles.
Chacune hocha la tête avec conviction quand leurs parents expliquèrent le pourquoi du comment, intégrant rapidement que cela signifiait qu'elles étaient devenues plus grandes et que leurs parents comptaient désormais sur elles pour prendre soin de leur petit frère et se comporter plus posément.
Henry pour sa part, n'eut pas de deuxième leçon (Il avait été à bonne école avec les jumelles) et reçut une pince à cravate en argent et rubis.
Il n'irait pas voir les Rangers avec Bart avant un bon moment, mais d'ici à ce qu'il revienne éventuellement s'installer à New York, quand Jack serait capable de reprendre du collier à BI, il aurait sans doute réussi à évacuer le ressentiment qu'il éprouvait à son égard.
- Merci, murmura-t-il.
- Merci à toi, répondit son père le plus sérieusement du monde avec une pointe d'émotion dans la voix.
Henry l'interrogea du regard.
- Pour tout à l'heure, compléta Chuck. Sans toi, ce ne serait certainement jamais arrivé. Mais je voudrais que ...
- Je ferai un effort ... pour toi, et uniquement pour toi, précisa l'adolescent.
- C'est tout ce que je te demande. Laisse-lui juste une chance. Il ne sera pas là éternellement, tu sais et je ne veux pas que tu t'accables un jour de reproches ou de regrets. Les gens qu'on aime sont ce qu'il y a de plus précieux, il ne faut pas s'en détourner. C'est ta grand-mère Lily qui m'a appris ça. C'est grâce à elle, et à ta mère, si j'ai pu devenir ce que je suis aujourd'hui. Bart a mis beaucoup plus longtemps pour le comprendre. Ma plus grande peur en tant que père, c'était de devenir comme lui.
Le jeune garçon ne put réprimer un petit rire à l'énormité de cette hypothèse.
- Tu n'as rien de lui.
- J'ai hérité bien plus de lui que tu ne le penses, notamment une enfance catastrophique. Crois-moi, tu penses qu'il est un monstre mais, si tu avais connu son père, tu saurais ce qu'est qu'un véritable monstre.
Henry resta un instant coi. Il n'avait pas pris cet aspect des choses en considération. En fait, il se rendit compte qu'il ne connaissait pas grand chose de ses origines. Il serait peut-être utile de creuser la question avant de juger sans complaisance.
Mais pas aujourd'hui.
Aujourd'hui était un jour faste pour sa famille.
La naissance du dernier héritier Bass.
Son père réclama le poupon en question et il le déposa précautionneusement dans ses bras.
Il n'avait pas oublié ce qu'était le rôle d'un grand frère et il s'y appliquerait de son mieux pour seconder ses parents.
Les meilleurs parents du monde, indubitablement !
