Bonjour à tous !

Je commence dans le fandom Harry Potter, malgré un long passé de fanfictions pour moi, il était grand temps que j'en revienne à la base de tout fandom, pas vrai ?

J'espère vraiment que cette fanfiction vous plairait malgré (comme vous l'aurez vu à mon résumé) une trame classique sur la base. Elle n'est pas très originale dans la forme, mais j'espère que vous trouverez qu'elle se détachera sur le fond au fil de votre lecture !

Merci d'être venus jeter un coup d'oeil, rien que ça fait déjà plaisir !


« Je te ferai la peau, Sang-de-Bourbe, je te le jure ! » hurla l'homme au regard fou alors que les chaînes finissaient de le coincer sur sa chaise. « Des aberrations comme toi ne devraient pas exister ! »

« Silencio ! »

Le calme revint d'un coup, alors que les Détraqueurs s'excitaient au-dessus de l'homme. L'envie de le goûter semblait les prendre violemment, tant il semblait féroce.

« Bien. Maintenant que le calme est instauré –monsieur Weasley, veuillez renforcer votre Patronus, les Détraqueurs ne sont pas tranquilles-, nous allons pouvoir commencer. Monsieur Dolohov, vous êtes accusé de multiples meurtres et tortures, dont une douzaine de Moldus et Nés-Moldus. Confirmez-vous ces accusations ? »

Le brun fusilla le procureur du regard, mais ne fit aucun signe confirmant ou non ses dires.

« Je répète ma question. Confirmez-vous les accusations de meurtres et tortures qui vous ont mené à ce tribunal, monsieur Dolohov ? »

La fureur de ses yeux ne baissa pas, alors qu'il hochait doucement la tête.

« Comment justifiez-vous ces actes ? »

Le procureur hésita quelques instants, mais se décida à lancer le contre sort, permettant à l'accusé de répondre.

« Ce sont des Sangs-de-Bourbe, cette explication se suffit à elle-même. Les animaux n'ont pas droit à la bagu… »

« Silencio. J'en ai suffisamment entendu. »

L'homme lança un regard meurtrier vers la fille aux boucles brunes qui se trouvait dans l'audience et la vit avec satisfaction détourner les yeux. Cette gamine n'avait rien dans le ventre, comment avait-elle pu faire l'affront au Seigneur de lui échapper ainsi pendant une année ? Et l'autre balafré… Accepté dans sa foutue formation d'Auror, de ce qu'il avait compris lors des passages des employés du ministère. Ce sale gosse qui avait tué le Seigneur. Ah oui, c'était certain; le fait de vaincre le Lord ouvrait la porte à toute profession pour lui. Qu'est-ce qu'il haïssait ce gamin. Il le fixa de ses yeux bruns et déjà prêts à retourner à Azkaban et lui sourit; un de ces sourires malsains dont les Mangemorts seuls étaient capables. Le garçon détourna bientôt la tête, visiblement mal à l'aise, et chuchota quelque chose au dernier de la bande; oh oui, ce traître à son sang, ce Weasley. Il écouta d'une oreille la sentence qu'il connaissait depuis déjà bien longtemps; depuis qu'il avait fui d'Azkaban. Que pourrait bien faire de plus le tribunal ? L'emprisonner à vie ? C'était déjà dans les termes de sa dernière condamnation.

« … le baiser du Détraqueur. »

Quoi ? Merde, il avait oublié. Les Détraqueurs étaient de retour à Azkaban. Ils étaient là, à nouveau, prêts à aspirer l'âme des criminels. Comment avait-il pu oublier ? Deux sorciers vinrent le détacher de sa chaise et le levèrent. La baguette de l'un d'eux serait facile à arracher. C'était le moment ou jamais, tant que de nouvelles chaînes ne se refermaient pas autour de lui.

Il tendit la main et, d'un coup sec, s'empara de la baguette, qu'il tendit vers la Sang de Bourbe. Avant de perdre son âme, il se débarrasserait d'elle.

« Expelliarmus ! »

Merde. Déjà plaqué au sol, la baguette de l'homme dans les mains de Potter, Weasley l'écrasant de tout son poids, la salle entière brandissant son arme vers lui. Quand avaient-ils tous réagi ?

« Bien. Emmenez-le à présent. »

Les chaînes glacées tinrent fermement son corps entier, de manière à rendre toute réaction impossible. Il sourit et se laissa emmener hors du tribunal, croisant le prochain Mangemort.

« Oh, Malefoy » remarqua-t-il avant de se faire rudement pousser vers l'avant. « Tue-les tous, ces sales chiens ! »

Le blond entra dans la salle dans des chuchotis encore surpris de la précédente altercation. Comment le criminel avait-il pu avoir le temps d'une telle réaction ? Il fut assis sur sa chaise, dont les chaînes s'emparèrent aussitôt de ses bras. Ses cheveux, auparavant soyeux, tombaient misérablement sur son visage décharné, maladif et mal rasé. Son air hagard parcourut la salle et croisa les yeux du Trio d'Or. De la Sang-de-Bourbe. Complètement apathique et abattu, il détourna les yeux, n'osant plus regarder ces trois-là. Ils avaient fait un travail extraordinaire pour se débarrasser du Seigneur des Ténèbres, et ils regardaient son procès… C'était bien assez difficile comme ça, il aurait souhaité qu'eux en particulier ne se trouvent pas là.

« Monsieur Malefoy, bonjour. Nous avons ici le dossier vous concernant; d'après celui-ci, vous avez juré allégeance au Seigneur des Ténèbres depuis la première guerre. Confirmez-vous ceci ? »

« Oui monsieur. » répondit le blond en frissonnant.

« Confirmez-vous également les nombreux meurtres et multiples tortures qui ont été commis par votre baguette et dans votre manoir ? »

« Oui monsieur. »

« L'étude approfondie de votre baguette a établi près d'une centaine d'Avada Kedavra et près du double d'Endoloris. Pensez-vous que ce nombre est juste ? »

« … Oui monsieur. »

« A présent, pourriez-vous me donner les raisons d'un tel acte ? »

« Je… je ne faisais qu'obéir aux ordres du Seigneur des Ténèbres… »

« Il paraît que vous avez transmis vos valeurs de Sang-Pur à votre fils; vous étiez réputé pour votre haine des Nés-Moldus. Aussi, arrêtez-moi si je me trompe, mais vous ne deviez pas être si malheureux de pouvoir leur régler leur compte. »

Bien sûr que non, il avait même été fier de le faire, après tout il avait toujours vécu sous le principe que les Sangs-de-Bourbe étaient des êtres inférieurs qui ne méritaient pas la magie, et qui l'avaient très certainement volée à un sorcier. On sortait difficilement de ce genre de croyance. Mais il préféra ne rien dire dans ce sens, de peur d'aggraver le résultat qui lui tomberait dessus. Aussi, il baissa la tête et se donner un air honteux, les yeux fermés. Le procureur lança ainsi le vote; qui acceptait la sentence d'Azkaban à vie ? Les mains se levèrent, les unes après les autres, de plus en plus nombreuses, jusqu'à ce que l'unanimité soit presque atteinte. Le blond frissonna.

« Bien. Comprenez donc que nous ne pouvons décemment pas vous laisser en liberté. Vous serez donc envoyé à Azkaban à perpétuité. »

Les tremblements de l'homme vieilli par la guerre reprirent de plus belle, et s'il n'avait pas gardé un peu de fierté, s'il n'avait pas été un Malefoy, élevé dans l'idée que les larmes étaient la seule chose que son rang lui interdisait, il aurait certainement pleuré. S'il avait réalisé que sa fierté avait été jetée aux cachots depuis déjà bien longtemps, il se serait certainement laissé aller. Pas Azkaban… pas à nouveau ! Les deux sorciers qui l'avaient traîné jusqu'ici prirent le temps de le bloquer avec leurs propres sorts avant de laisser la chaise le libérer; cette fois, ils n'allaient pas se laisser faire comme ce fut le cas avec Dolohov. Il jeta un dernier regard dans la salle et les revit. Les trois qui avaient brisé sa vie. En croisant son fils à la sortie de la salle, lui aussi pris entre deux gardes, la tête droite et les yeux perdus, il sourit; il fallait qu'il voie son rapide procès, c'était tout de même son fils. La requête fut acceptée cinq minutes plus tard, suite à une rapide délibération.

Le procureur n'était pas un insensible; il lui semblait normal de vouloir assister au jugement de son enfant. Il vit le jeune homme lever les yeux vers lui un instant, l'air interrogateur. Oui, il pouvait comprendre son trouble, il n'était pas d'une nature à agir ainsi. Mais enfin, c'était la fin de la guerre, il avait bien failli le perdre, il voualit s'assurer que tout se passerait bien pour lui.

« Bonjour, monsieur Malefoy. »

Son fils se contenta de hocher la tête. Il ne semblait pas effrayé, simplement inquiet. Pourquoi donc ? Et pourquoi les chaînes ne s'étaient-elles pas enroulées autour de lui, comme cela avait été le cas pour tous les autres Mangemorts ?

« Après différents relevés vous concernant, notamment de votre baguette, nous voudrions vous poser quelques questions… Avez-vous utilisé d'autres baguettes que celle-ci dans votre vie ? Ou du moins depuis que vous êtes entré à Poudlard ? »

Il tiqua; pourquoi une telle question était posée à son fils ?

« Oui, le dernier mois de la Guerre. »

« Lesquelles étaient-ce ? »

« Uniquement celle de ma mère. »

« Que nous avons récupérée et vérifiée également. Le dernier mois de la Guerre, vous dites ? » demanda, sur un ton plutôt affirmatif, le procureur en cherchant une page dans son imposant dossier. Un mince sourire, qui paraissait soulagé, apparut sur ses lèvres.

Que se passait-il ? Pourquoi ces questions étranges pour un début de tribunal ? Pourquoi paraissait-il si soulagé ? Pourquoi Drago semblait-il si bien traité pour un Mangemort ?

« Avez-vous lancé un Avada Kedavra ou un Endoloris dans votre scolarité ou durant la Guerre ? »

« Non, monsieur. » répondit le garçon sans hésiter. Son père, dans la tribune n'en crut pas ses oreilles. Il n'avait pas participé aux méfaits communs aux Mangemorts ? Où était le piège ? Filtrait-on les questions en sa présence ? Il avait l'impression que quelque chose clochait, l'interrogatoire qu'il voyait là était vraiment étrange. Des questions, toutes plus absurdes les unes que les autres, lui vinrent à l'esprit, et il les repoussa toutes, se raisonnant suffisamment pour comprendre que ce tribunal ne pouvait pas être une grande mascarade.

« A vrai dire, cela m'étonne. En tant que Mangemort, pourquoi n'avez-vous pas participé aux méfaits qui devraient faire partie de votre quotidien ? » demanda le procureur, et Lucius en attendit fébrilement la réponse, fixant de ses yeux gris son héritier assis au centre de la pièce.

« Je n'en ai jamais eu le courage… » souffla-t-il, et Lucius retint un sourire. Cet enfant était différent de lui à plusieurs niveaux. Et s'il n'avait jamais voulu faire de mal à quelqu'un, il osait espérer que c'était grâce à l'éducation moins radicale qu'il avait reçue en comparaison à lui-même, et surtout grâce à la merveilleuse mère qu'il avait eue.

« Cependant, tous genres de témoignages, notamment de monsieur Potter, nous disent que vous avez été coupable de plusieurs méfaits ces dernières années. Savez-vous desquels je parle ? »

« Je… Je pense savoir, oui… » balbutia Drago, soudainement très mal à l'aise.

Sans pitié, le procureur débuta l'énumération de ses actes répréhensibles, datant tous de la sixième année à Poudlard.

« Vous auriez, toujours d'après les dires de monsieur Potter, tenté d'assassiner à plusieurs reprises le défunt Albus Dumbledore, et ce par des méthodes détournées qui sont les suivantes; vous auriez usé de l'Impero pour faire transmettre par la jeune Katie Bell un collier ensorcelé par une terrible magie noire. La jeune fille a été envoyée à Sainte Mangouste pendant plusieurs semaines suite à un effleurement de l'objet. Vous auriez voulu, par la suite, l'empoisonner en ajoutant certaines substances que je ne citerai pas ici à un hydromel que vous auriez donné au professeur Slughorn. Il s'est avéré que la victime de cet empoisonnement a été Ron Weasley, sauvé de justesse. »

Drago se tassait doucement dans sa chaise, un air paniqué qui se dévoilait doucement sur son visage. Il savait à l'évidence ce qui suivrait.

« Enfin » acheva le procureur, « la dernière accusation de monsieur Potter, et qui a été confirmée par les Mangemorts entrés dans le château cette nuit-là, que vous avez entrepris durant toute votre sixième année à Poudlard de réparer une Armoire à Disparaître pour servir à une introduction de Mangemorts dans le château. »

Il se tut, laissant ainsi comprendre au jeune homme qu'il pouvait répondre; que ce soit par l'affirmative ou pour objecter.

« Je… Je confirme ces accusations » articula difficilement le blond en plantant ses yeux dans ceux de la Sang-de-Bourbe, à ce que remarqua Lucius. Ses yeux, loin de refléter la haine qu'il disait ressentir pour elle depuis le début de la scolarité, montraient plutôt une supplication. Enfin, qu'il fasse donc ce qu'il pensait juste pour lui. Mais il importait peu. A présent, il était peut-être temps de quitter la salle. Il savait bien que son fils recevrait probablement quelques mois au moins d'Azkaban, il le reverrait là-bas et entendrait sûrement parler de la condamnation.

« Serait-il possible de quitter la salle ? » souffla-t-il aux deux hommes qui le tenaient fermement.

« … Si vous voulez. » répondit l'un d'eux après l'avoir dévisagé. Oui, il voulait partir au milieu de l'audience, mais il s'en fichait.

Il lança un dernier regard au garçon qui le regardait partir et il jurerait avoir vu ses yeux se durcir. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Les portes se fermèrent derrière lui dans un silence de plomb et ils se rendirent aux cachots qui lui étaient destinés.

Drago avait bien vu son père partir, ce regard froid qu'il détestait et craignait par-dessus tout. Il avait décidé de changer sa manière de voir le monde, et il n'était pas certain que cela lui plairait. Mais il se fichait de l'avis de son paternel, à présent. Il le regarda une dernière fois, planta ses yeux dans ceux de Lucius Malefoy une dernière fois, et se sentit libéré. Il savait bien qu'il risquait de finir à Azkaban pour une durée indéterminée, mais s'il avait de la chance, ce ne serait pas trop long. Et lorsqu'il serait sorti… il profiterait enfin de la vraie vie. Sans son père sur le dos. Et ça, il en avait hâte.

Pourquoi avait-il jeté ses yeux dans ceux de Granger ? Il l'avait suppliée, suppliée de le pardonner, pour ce qui s'était passé chez lui, sous ses yeux. C'était Bellatrix qui l'avait torturée, pas lui. Oui, mais sous ses yeux, dans son manoir. Il savait bien qu'il n'aurait pas pu réagir, que sa mort aurait été immédiate; tout ce qu'il avait pu faire était de rester passif, que ce soit pour son camp ou pour celui de Potter. Oui, le fait qu'il dise hésiter en voyant le visage boursouflé du brun n'était pas un hasard; tout le monde avait reconnu la cicatrice. Tout ce qu'il avait pu espérer était de retarder l'échéance.

Ce gamin, ce mec insupportable qui l'avait fait chier pendant toute sa scolarité… Au fond de lui, il savait que c'était le seul capable de le sauver de cet enfer. Cet enfer de tortures et de meurtres auxquels il assistait tous les jours, sans jamais avoir pu prononcer une fois les mots qui mettaient fin à une vie. Il avait été un abruti jusqu'à la sixième année, il lui avait fait toutes les crasses possibles dans une scolarité. Jusqu'à ce qu'il entre dans la cour des grands. Ce fut à ce moment-là qu'il comprit toute la douleur de Potter, tout le courage qu'il avait, de ne jamais s'effondrer, de ne pas flancher. Tuer ? Trahir ceux qui l'avaient hébergé pendant six ans, dans cet énorme château ? Par la faute de son père, encore une fois, il avait été forcé à le faire. Pourquoi lui ? Parce que son père était en cause et que sans cela, tout le monde mourrait. Et il dû détruire tout ce qui comptait pour lui. Le château. Et la liberté conditionnelle qu'il y trouvait.

Et Granger… elle avait subi, pour tous les Nés-Moldus. Elle avait payé. Il savait bien qu'elle cachait comme elle le pouvait cette cicatrice inaliénable, marquée à la baguette, sur son bras gauche, Sang-de-Bourbe.

« Bien. A présent, je vais proposer différentes peines à infliger au jeune homme. »

« Attendez ! »

Le procureur tourna la tête vers la personne qui s'était levée et avait levé la voix; Hermione Granger.

« Oui ? »

« Je voudrais… apporter un dernier témoignage en faveur de Drago Malefoy. »

« Je vous en prie, faites » l'invita-t-il, intrigué.

Il la vit enjamber ses deux amis et descendre, pour se tenir aux côtés du jeune blond.

« Je ne prétends pas vouloir effacer ce que monsieur Malefoy a pu commettre, mais seulement ajouter une donnée qui pourrait s'annoncer décisive dans le choix que feront les jurés. C'est un témoignage que je n'ai pas pu faire auparavant, trop occupée à parler de toutes mes mauvaises surprises pendant la guerre. Mais je pense qu'il est important de savoir que monsieur Malefoy n'était pas aussi noir que ses alliés. Il se pourrait même qu'il ait gardé un pied dans notre camp… Car, bien que j'aie été torturée dans le manoir de sa famille… » Elle posa une main sur son avant-bras gauche.

« … il nous a néanmoins été d'une aide considérable. Harry et Ron ont été enfermés pendant quelques temps dans les cachots du manoir, mais sans lui, nous aurions été tués dans les dix minutes suivant notre arrivée… Et ce tout simplement parce qu'il a refusé de révéler aux Mangemorts présents que c'était Harry qui se trouvait face à lui. Il nous a de cette manière sauvés d'une mort certaine, et bien qu'il ne nous soit pas venu davantage en secours, je pense que cette information est importante, car sans lui, nous serions actuellement encore sous le contrôle du Seigneur des Ténèbres, suite à la mort d'Harry. »

Drago l'avait dévisagée pendant tout le témoignage, ne comprenant pas la raison qui l'avait poussée à venir le défendre; elle n'avait tout de même pas interprété son regard comme un appel à l'aide ? Il était prêt à assumer ses conneries, il savait qu'il devait aller à Azkaban pour ce qu'il avait fait, alors pourquoi ? Il la vit tourner la tête vers sa direction et lui faire un petit sourire avant de revenir à sa place, dans les gradins, dans son champ de vision.

« Bien, merci beaucoup mademoiselle Granger. » lança le procureur en ajoutant à son dossier les quelques notes prises durant ce témoignage; ce jugement s'avérait un peu plus compliqué que les précédents. « Nous allons donc procéder au vote. »

Drago voyait, dans les premières propositions, très peu de mains se lever; visiblement, elles étaient considérées comme trop lourdes. Cependant, lorsque les propositions furent baissées sous une année de détention, plus de mains firent leur apparition, et chaque réponse des jurés était consciencieusement notée par la greffière. Il avait comme l'impression que le témoignage de Granger avait énormément joué en sa faveur, et il l'en remercia intérieurement; moins il aurait de prison à écumer, mieux il se porterait.

« Que ceux qui désirent que monsieur Malefoy soit envoyé à Azkaban jusque la veille de la rentrée à Poudlard, et qu'il doive retourner à l'école pour faire sa dernière année, lèvent la main. »

Quoi ? C'était quoi cette proposition ? Il devrait affronter l'école en tant qu'ancien Mangemort ? Il n'osa même pas imaginer ce qu'il risquait d'y subir. Puis il se raisonna, pensant que c'était une manière à ne pas oublier d'assumer ses actes. Il vit plusieurs mains, qui lui semblaient plus nombreuses que lors des autres propositions, se lever, et tourna les yeux vers le Trio. Ah non c'est vrai, eux ne votaient pas, aussi il revint à la greffière, qui semblait faire un rapide calcul avant de se pencher vers le procureur, qui hocha la tête.

« Bien. Tout le monde ayant voté, nous allons pouvoir donner les résultats. D'après les notes qui ont été prises, le jury a pris la décision par majorité de laisser monsieur Malefoy à Azkaban le temps des vacances, à partir d'aujourd'hui, et le renvoyer chez lui la veille de la rentrée à Poudlard, où il devra suivre le reste de sa scolarité et passer ses ASPICS. Quiconque a-t-il une objection ? »

Quelques murmures, puis plus rien. L'assemblée acceptait le choix de l'ensemble du jury. Le verdict était donc tombé. Le procureur fit signe aux deux hommes derrière la chaise de Drago qu'ils pouvaient l'emmener. Au moment où il fut levé et que ses mains finirent ligotées, il prit encore une fois la parole :

« Excusez-moi, j'aurais une requête… »

« Oui ? »

« Serait-il possible… de me retirer la Marque des Ténèbres ? »

Les murmures surpris emplirent la salle et le procureur lui jeta un regard intrigué, le poussant à continuer et à s'expliquer :

« Je… voudrais vivre une vie normale, une fois sorti. Et cette Marque m'est devenue insupportable, elle est quelque chose que je ne veux pas. »

« Il est rare de recevoir une telle requête… Savez-vous seulement comment on retire cette Marque ? »

« Non, monsieur… »

« Sachez qu'elle touche directement l'âme… Aussi, il faut utiliser les armes en conséquence. Pour vous débarrasser de votre Marque, il vous faut faire ressurgir tous vos plus noirs souvenirs, et pour cela, vous devrez passer tout près du Baiser du Détraqueur, en vous laissant aspirer tout espoir, et vous risquez fortement d'y perdre réellement votre âme, il suffirait pour cela que le Détraqueur ne soit pas arrêté à temps. J'espère que vous réalisez la souffrance psychique et les risques auxquels vous vous exposez. »

« … Je suis prêt à subir ce que vous exigez. »

« Cependant, ne voulant pas faire traîner cette requête, je vous propose de le faire sur-le-champ, avec les Détraqueurs qui se trouvent au-dessus de vous. Bien sûr, vous avez le droit de refuser et de réitérer la demande à Azkaban. »

« … Ça me va. » lâcha le jeune homme en fixant le Trio, sachant pertinemment que cela voulait dire qu'ils seraient là pour le voir, chose qu'il aurait préféré éviter. Tant pis, il faudrait faire avec, au moins ils seraient trois à savoir qu'il voulait changer. De plus, il sentait bien que ses chances d'y survivre étaient plus grandes en le subissant ici, car une fois à Azkaban, tout espoir serait déjà perdu, et les gardiens n'étaient certainement pas très concernés par la survie de son âme, tandis qu'ici, plusieurs personnes avaient une morale trop haute pour laisser une telle chose se produire.

Sur ces mots, Drago fut rassit et attaché fermement à sa chaise, alors que Weasley, qui s'était occupé de la défense de la salle, produit trois nouveaux chiens Patronus qui allèrent chacun se poster dans un coin de la salle, pour protéger les gradins le temps du traitement. Puis il ordonna à celui qui était posté aux côtés du procureur d'orienter son rayon non plus vers le plafond, mais en sorte de protéger le jury uniquement. Immédiatement, les Détraqueurs fondirent sur la seule proie encore à leur disposition et se placèrent à ses côtés, aspirant immédiatement toutes les idées heureuses qu'il aurait pu avoir. Bientôt, l'assassinat de Dumbledore lui revint en mémoire, la torture de Granger, la destruction du château, la torture de Granger, la destruction du château, l'assassinat de Dumbledore, l'ouverture de l'Armoire à Disparaître, la torture de Granger, Bellatrix, Granger, Bellatrix, Potter, Severus, l'Armoire à Disparaître, Potter, Weasley, Granger… Son père…

« Endoloris ! »

Un hurlement. Drago, six ans, se tortillait au sol, terrassé par la douleur que l'homme lui infligeait. Lorsqu'il pensait avoir un peu de répit, ça reprenait, le pliant en deux, explosant son crâne contre le carrelage froid.

« J'espère que tu as compris à présent. »

Un hurlement déchira le silence de la salle, alors que le jeune homme semblait prêt à s'évanouir, que les Détraqueurs s'approchaient de plus en plus, attirés par tant de malheurs. Il entrouvrit un œil, qu'il referma aussitôt d'effroi; la créature était plus proche que jamais de lui aspirer son âme. Il lui suffisait de relever son masque pour révéler l'hideuse bouche qui devait lui couvrir la tête.

« Pourquoi jouais-tu avec ces Moldus, Drago ? » grondait l'homme devant lui.

« Ils… Ils étaient gentils, ils ne me voulaient pas de mal… »

« Je m'en fiche. Drago, les Moldus vont perdre notre race, te rends-tu compte de cela ? Les Moldus sont mauvais, Drago. »

« O… Oui, père. »

« A l'avenir, tu t'efforceras de les faire fuir à ton approche. »

« Comment, père ? »

« Je ne sais pas moi, en leur montrant tes pouvoirs ? Réfléchis un peu, Drago ! »

Il sentait le râle profond du Détraqueur sur son visage. Tout espoir, toute joie le quittait. Comment pouvait-il se supporter ? Lui, l'enfant lâche qui suivait bêtement son tyran de père.

« Et cette Sang-de-Bourbe, comment se porte-t-elle ? »

« Pardon, père ? »

« La Sang-de-Bourbe, dont tu nous parles tant ! Comme si elle méritait ton attention, Drago ! »

Oh, il savait parfaitement ce qui l'attendait; la même chose que toutes les années qui avaient précédé, où il allait jouer avec ces enfants Moldus que son père détestait tant. Oh oui, il connaissait cette douleur qui ne lui faisait presque plus rien à présent. Mais il simulerait. Il se coucherait à terre, se tordrait de douleur, pour satisfaire son père et éviter ainsi qu'il ne cherche de nouvelles manières de faire souffrir son héritier. Etre élevé dans la haine du Moldu. Il y avait toujours été habitué. Il s'y était fait. Il avait même accroché à l'idéologie.

Mais une part de lui se demandait, pourquoi fallait-il les haïr, ces Moldus et leurs progénitures aux pouvoirs de sorciers ? Pourquoi disait-on que les Sangs-de-Bourbe volaient leurs pouvoirs aux Cracmol ? Peu importait, à présent. S'il fallait qu'il y croie, il y croirait. Ne serait-ce que pour éviter les représailles. Il était voué à suivre les traces de son père, pour reprendre la famille avec la même hargne que lui. Et pour cela, il ne devait montrer aucune pitié envers tout être plus faible que les Sangs Purs. Pour cela, il commencerait dès la rentrée à traiter Granger de Sang-de-Bourbe. S'il n'avait pas d'autre choix, il le ferait, pour ne pas connaître la souffrance de voir une fois de plus les yeux cruels de son père alors qu'il lui lançait le sort de torture.

Un nouveau hurlement. Il n'aurait jamais cru que son âme pouvait autant souffrir. Les Endoloris que lui infligeait déjà tout petit son père étaient de petites chatouilles à côté de ça. Et il ne pouvait pas bouger, comme aspiré par ces ignobles créatures qui attendaient le moment propice pour lui arracher son âme. La marque commençait à le brûler, à le démanger, comme si elle voulait s'arracher de sa peau, terrifiée elle aussi par les Détraqueurs. Il sentait la détresse monter en lui, l'espoir se faire aspirer jusqu'à la dernière goutte, le vidant totalement. Et la marque qui le tiraillait, qui dévorait sa peau, qui s'en arrachait. Il avait envie de se gratter le bras, pour s'en débarrasser plus vite, se gratter jusqu'au sang, jusqu'à l'os s'il le fallait.

Sa mère serrait son petit corps contre elle, après une des nouvelles colères de son père, après une nouvelle salve d'Endoloris. Les mots rassurants qu'elle lui chuchotait à l'oreille avaient toujours le don de calmer sa souffrance, comme si elle lui appliquait une potion antidouleur. Du haut de ses huit ans, il avait déjà compris que pleurer était mal et faible, aussi il retint les larmes qui perlaient au coin de ses yeux.

« Pourquoi est-ce que papa me fait mal ? »

« Ton père… ne veut que ton bien, mon chéri. Il s'inquiète pour toi, et espère que tu seras un garçon qui saura reprendre la famille en main, comme lui l'a fait avant toi. »

« Tu l'aimes ? »

« … Oui, mon chéri. Je l'aime comme au premier jour. »

Il ne savait pas pourquoi, mais entendre ça le rassurait, et le confortait dans l'idée que ce que lui disait son père ne devait pas être si faux.

Il sentit soudain un mouvement au-dessus de sa tête et risqua un œil; Merlin, le Détraqueur retirait sa cagoule !

« Je t'aime, Drago. »

Un immense phénix repoussa soudainement les créatures qui le tourmentaient. Sa superbe couleur argentée ne lui laissa pas plus longtemps le doute; un Patronus venait de lui sauver la mise. Mais à qui appartenait-il ? Il revint vers lui et sembla l'interroger du regard, comme attendant ses prochains ordres. Qu'est-ce que cela signifiait ? Il n'avait jamais produit de Patronus, il en était incapable, il savait parfaitement ne pas avoir de souvenir suffisamment heureux… alors pourquoi le phénix le fixait-il ainsi ?

« … Coince-les au plafond, et qu'ils y restent. » tenta-t-il sans y croire.

A sa plus grande stupéfaction, l'oiseau s'inclina un instant avant de projeter ses ondes vers les deux Détraqueurs, qui étaient comme stupéfixés au plafond. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Il ne comprenait pas. Il lança un regard perdu vers le procureur, puis vers Potter, dont il connaissait les capacités à produire d'immenses et puissants Patronus. Les deux hommes avaient l'air aussi désorientés que lui; tous les deux avaient la baguette sortie, visiblement sur le point d'envoyer leur propre Patronus pour arrêter les Détraqueurs, mais ils n'en avaient pas eu le temps. Le phénix ne pouvait pas lui appartenir, il n'avait pas de baguette, d'où serait-il sorti ? Il vit Granger se lever et toussoter timidement :

« Je… Je vais peut-être pouvoir apporter une réponse à la question que vous devez tous vous poser… D'après un livre que j'ai lu pendant ma scolarité, la Marque des Ténèbres garde scellée une grande partie de la puissance des souvenirs positifs, empêchant à un Mangemort de produire un Patronus s'il n'a pas de quoi pallier à ça avec un souvenir d'une énorme puissance. »

« Les Mangemorts sont en général des personnes élevées dans la douleur, Granger. »

« Je sais, laisse-moi finir, Malefoy. C'est exactement pour cette raison que la Marque est si terrible, car elle est pensée pour empêcher les partisans du Seigneur des Ténèbres de l'abandonner, en leur aspirant le bon qui peut être en eux. Mais lorsque la Marque a été libérée du bras de monsieur Malefoy, qui doit être un des seuls à avoir pu garder quelque chose de bon en lui, le Patronus qui restait scellé a émergé immédiatement de son corps. Cependant, je serais curieuse de savoir quel souvenir tu avais pour en créer un si puissant… »

« Mais, Hermione… » hésita Weasley. « Pourquoi n'a-t-il pas eu besoin de baguette ? C'est ça que je ne comprends pas, on a nécessairement besoin d'une baguette pour ce sort… »

« La magie innée, Ron. Cette magie qu'on utilise étant petit, tant qu'on n'a pas notre première baguette. Je pense que c'est cette magie que Malefoy a utilisé, son corps a réagi à la menace des Détraqueurs… Mais Malefoy, pourrais-tu répondre à ma question ? Quel était ton souvenir ? »

« Je n'y répondrai pas, c'est personnel. » rétorqua-t-il. Il n'allait tout de même pas lui avouer que son souvenir le plus heureux était un « je t'aime » prononcé par sa mère !

« … Bien, se reprit le procureur. Je pense qu'avec ceci, monsieur Malefoy, nous allons pouvoir vous mener à votre cellule. Monsieur Weasley, pourriez-vous envoyer votre Patronus protéger la salle à la place de celui de monsieur Malefoy ? »

Il hocha la tête et le chien aux côtés du procureur leva la tête, envoyant son rayon vers le plafond, et le phénix se tourna une dernière fois vers Drago avant de disparaître. Les deux gardes revinrent à ses côtés et le libérèrent de ses chaînes pour lui saisir les poignets et l'emmener hors de la salle. Il ne protesta pas et les suivit docilement. Le procureur souffla et annonça que la journée était terminée, au plus grand soulagement de tous.


Et voilà !

J'espère que ce premier chapitre vous aura plu, que la situation vous semble intéressante et que les personnages ont été respectés dans leurs caractères.

Bonne suite de lecture pour ceux qui ont été intéressés, et dommage pour ceux qui n'ont pas accroché du tout.

Bisous à tous quand même !