Bonjour à tous ! Merci infiniment pour les commentaires que j'ai reçus, je n'ai jamais eu autant de commentaires en un seul chapitre et en une semaine, ça fait rêver ! Et merci également à ceux qui ont mis ma fanfiction en favoris ou en suivie, ça me touche vraiment beaucoup de voir le succès de mon premier chapitre !

Nahiliam : merci beaucoup, ravie que ça t'aie plu, j'espère que ce chapitre te plaira autant =D et la mère de Drago a une petite importance pour certaines raisons, mais rien de bien flagrant, elle n'apparaîtra pas énormément ^^

Jenifael09 : eh bien écoute, ravie de le savoir ^^

stressis : merci beaucoup ! :)

betouni : l'adresse n'est pas apparue xD cependant, je suis vraiment touchée de lire que tu trouves ça magique et magnifique =D

mama : la suite est là !


Harry et Ron avaient décidé, en souvenir de ces dernières années, de l'accompagner à la gare de King's Cross pour lui souhaiter une bonne année à Poudlard; elle avait l'impression que pour cette dernière rentrée, ils remplaçaient ses parents, partis en Australie suite à son sort d'Oubliette. Les deux jeunes hommes étaient directement passés à la formation d'Auror, où ils avaient été acceptés d'office après la chute de Voldemort. Elle, elle voulait ses ASPICS, question de fierté personnelle. Sur le quai 9 ¾, dix minutes avant le départ du train, ils s'échangeaient les derniers mots avant des mois et Hermione profitait de ses derniers instants avec Ron, qu'elle devrait quitter jusque Noël. Tous les trois se sentaient bizarres à l'idée de se quitter après toutes ces années où ils se voyaient tous les jours, du matin au soir. A présent, Harry et Ron seraient certes encore ensemble durant la formation, mais Hermione, qui restait la tête pensante du groupe, allait les quitter pendant un an. Un nœud se formait dans leurs trois estomacs, quand ils pensaient à ça.

« Envoie-nous souvent de tes nouvelles, Hermione. » lança Harry d'une voix rouée.

« Je compte sur vous pour m'en envoyer aussi, je veux savoir comment se passe votre formation… »

« Nan mais t'y crois ça ? A Noël, si tout se passe bien, nous serons Aurors ! »

« Raison de plus de me dire comment ça se déroule, peut-être que je pourrai vous conseiller. »

« Hermione, tu es parfaite. » clama son petit ami en l'embrassant.

Elle lui sourit et déclara qu'il était temps qu'elle monte dans le train; elle prit Harry dans ses bras, laissa un dernier baiser sur les lèvres de Ron et gravit les marches. Quelques affaires déposées et réglées, un rapide tour de train, une discussion avec le professeur en charge du trajet, et, accompagnée de Neville, elle trouva Ginny et Luna dans un compartiment et s'assit avec elles.

« Alors, vos vacances, vous en avez bien profité je pense, maintenant qu'on est débarrassés de Tête-de-Serpent ? » demanda Neville.

« Tu parles, on a fait procès sur procès… Dolohov a réussi à voler une baguette à la fin du sien, on a frôlé la catastrophe. Si Harry n'avait pas été suffisamment rapide à le désarmer, il y aurait eu des morts. »

« Oh, ça n'a pas dû être évident… Au fait, j'ai lu que Malefoy a écopé un emprisonnement aussi, il a pris combien ? »

« Drago Malefoy ? Azkaban jusqu'hier, et l'obligation de revenir à Poudlard, malgré les conséquences que ça risque d'avoir, avec tous les élèves qui risquent de lui en faire baver… »

« Il le mériterait bien. »

« J'ai appris pendant son procès qu'il n'a jamais lancé d'Avada Kedavra ni d'Endoloris. Il n'a utilisé l'Impero qu'une fois, contre Katie Bell, en sixième année, mais sinon, les Sortilèges Impardonnables n'ont jamais été présents dans son répertoire. »

« Ca me paraît bizarre, moi… »

« Je ne trouve pas. Malefoy a changé quand il a commencé à jouer dans la cour des grands, il a toujours gardé un pied du côté du bien. Justement, j'ai témoigné en sa faveur pendant le procès… »

« Pardon ? » s'étrangla le jeune homme. « Mais pourquoi ? »

« Parce que sans lui, moi, Ron et Harry serions morts dans le manoir Malefoy. C'est lui qui nous a permis de survivre le temps pour Dobby de venir nous aider. »

« Je ne comprends plus rien… »

« Personne n'a compris sur le moment… Mais je crois que Malefoy n'aime pas du tout ce que le Mal et Voldemort représentent. Et ça doit être pour ça qu'il nous a laissés en vie… Il était peut-être passif pendant toute la guerre, mais ça ne nous aura pas porté préjudice au final. Et par ailleurs, il a fait une requête qui nous a tous… étonnés. »

« Qui est… ? »

« Il a demandé à se faire enlever la Marque des Ténèbres. De ce qu'il a dit, elle lui pourrissait la vie. »

« Ca me paraît louche, ça… Ca a été accepté ? »

« Bien sûr. »

« Rien ne te dit que ça a vraiment été fait, il peut avoir fait la requête pour espérer sortir plus tôt encore. »

« Le processus a immédiatement été lancé, il ne l'a plus. »

« Ca t'amuse de parler d'un sujet supposé être sous secret professionnel, Granger ? »

Elle tourna vivement la tête et croisa les yeux orageux du blond, qui se tenait devant la porte.

« Je… J-Je-Je ne pensais pas que… »

« Que je voudrais garder ce qu'il s'est passé pour moi ? Eh bien figure-toi que si. »

« Tu ne veux pas que les gens sachent que… que tu… as renoncé à ton statut de Mangemort ? »

« A quoi bon ? Qu'on le sache ou non, je vais quand même me bouffer des insultes toute l'année. »

« … T-T-T-T... Tu n'as personne avec qui rester ? »

« Qu'est-ce que t'en as à foutre Granger ? »

Il ferma violemment la porte du compartiment sur ces mots et disparut dans le couloir.

« Hermione… » chuchota Ginny. « Depuis quand es-tu intimidée par Malefoy… ? »

« Depuis que j'ai l'impression d'en avoir trop dit sur lui… Après tout, c'est à lui de choisir de divulguer ces informations ou non. »

« Hermione, les informations que tu as sur lui sont positives pour sa réputation… »

« Non, il… il a raison, je n'ai pas à dire des choses qui sont sous secret professionnel. La Gazette du Sorcier va déjà suffisamment ébruiter l'affaire, il s'en sortira tout seul… comme toujours, non ? »

« Tu te fous de moi ? Il a toujours eu l'appui de son père ou de quelqu'un d'autre, ce mec est incapable de se démerder tout seul ! »

Elle sourit et secoua les mains, faisant comprendre ainsi qu'il n'y avait pas à discuter davantage de ça. Elle prit le livre qu'elle avait pensé à mettre dans son sac et l'ouvrit vers le quart pour reprendre sa lecture. Ses trois compagnons lui lancèrent un regard intrigué puis décidèrent de discuter entre eux, puisqu'elle semblait avoir besoin d'un moment pour elle.

« Au fait, quelqu'un sait qui sera le second préfet en chef de cette année ? On sait que la première est Hermione… » demanda subitement Ginny.

« Le second ne s'est pas montré tout à l'heure, donc je ne sais pas. » répondit Neville d'un souffle.

« Oh… et vous ne savez vraiment pas qui ça pourrait être ? »

Luna et Neville secouèrent la tête ils n'en avaient pas la moindre idée. Et visiblement, Hermione n'en savait rien, puisqu'elle n'avait pas daigné réagir. Soudain, ils la virent fermer son énorme livre d'un coup sec et leur annoncer qu'elle devait faire le tour du train, puisqu'elle s'était engagée à le faire elle-même avec le binôme dont elle ne connaissait toujours pas le nom, laissant les autres préfets tranquilles avec leur groupe d'amis.

Elle sortit sur ces mots, partant aux toilettes se changer. Ginny se pencha vers ses deux amis et leur souffla qu'Hermione était bizarre depuis le procès de Malefoy, il avait l'air de l'avoir réellement bouleversée. Lorsque la jeune femme fut prête, elle se rendit au fond du train, où il avait été demandé de se retrouver avec l'autre préfet en chef. Plusieurs minutes passèrent, mais personne ne se présenta. Ne comprenant pas, elle décida néanmoins de faire le tour du train pour s'assurer que tout se passait bien et que rien n'avait explosé dans aucun wagon. Le premier compartiment fut fermé aussi vite qu'il avait été ouvert; pardon petit couple, passons à la suite ! Elle du confisquer près d'une dizaine de bombes explosives et de produits Weasley –Georges, bien qu'ayant perdu son frère, ne s'était pas laissé abattre et, après un mois pendant lequel il se remettait difficilement, avait décidé de reprendre la boutique et de gérer au mieux l'absence qu'il ressentait; comme il le disait, il ne pouvait pas réduire à néant l'entreprise de son frère, et ça lui permettait quelque part de remplir le vide qu'il ressentait. Arrivée au compartiment de Ginny, Luna et Neville, elle en ouvrit la porte, et s'assit le temps d'échanger quelques mots :

« Je ne comprends pas, l'autre préfet en chef n'est toujours pas venu. »

« Mais… Ca fait partie des obligations non ? »

« Oui. C'est pour ça que je ne comprends pas. Comme si… je ne sais pas, soit c'est quelqu'un qui ne craint pas les conséquences de cette désobéissance, soit il n'y a pas de second préfet en chef… »

Ginny fit une moue déçue; elle aurait tellement voulu savoir qui serait le collègue d'Hermione ! Celle-ci se releva, leur annonça que sa ronde n'était pas terminée et ressortit. Des premières aux septièmes années, des Gryffondors aux Serpentards, tous stoppaient toute activité quand elle ouvrait la porte coulissante pour son examen. Lorsqu'elle vit l'unique occupant du dernier compartiment, son cœur se serra; allongé sur une des deux banquettes, les bras sous la tête, déjà dans sa robe de sorcier, le souffle profond, tout laissait penser qu'il dormait. Elle eut un petit sourire et s'assit un instant sur la banquette en face. Son visage fermé ne semblait pas vouloir se décrisper, sa bouche entrouverte laissait un petit filet d'air passer à chaque respiration, ses cheveux blond platine cachaient ses yeux qu'elle savait gris, frisant l'argenté. Elle entendit un grognement sortir du fond de sa poitrine et comprit qu'il se réveillait; avait-elle fait trop de bruit en entrant ? Alors qu'elle voyait sa bouche se fermer, ses muscles se tendre et se détendre, elle comprit qu'il était temps qu'elle y aille; elle se leva subitement, ouvrit la porte juste assez pour pouvoir passer et la referma doucement.

CLAC

Le jeune homme ouvrit doucement une paupière et son œil gris parcourut le compartiment et se planta sur la porte. Quelqu'un avait été là, il en était sûr. Et cette personne n'avait pas qu'ouvert et refermé la porte, ça aussi il le savait. Il avait été réveillé par la présence d'une personne. Pas de manière brutale, non; elle avait été silencieuse, mais il l'avait sentie. Qui aurait fait ça ? Il pensait sincèrement que personne dans Poudlard n'aurait osé entrer dans son compartiment si ce n'était pour le faire chier. Jusqu'à la troisième année, les élèves ne l'auraient pas dérangé, trop impressionnés, et à partir de la quatrième année, son nom et sa réputation étant ce qu'ils étaient, ils ne se gênaient plus. Il avait déjà été secoué cinq ou six fois depuis le début du voyage dans son sommeil par des abrutis en pleine crise d'adolescence et les avait tous envoyés paître. Oh, il savait bien que son année n'allait pas être évidente; visiblement, le Magenmagot lui avait trouvé la peine parfaite, car après tout, ses plus grands méfaits s'étaient déroulés entre les murs de l'école. Il se posait en revanche une question; comment était-il supposé supporter la présence des Serpentards en sachant pertinemment qu'ils allaient se défouler sur lui ? Car s'il était détesté des trois autres maisons pour avoir été Mangemort, il savait que les dominants de Serpentard allaient liguer la sienne contre lui pour une toute autre raison; ceux-ci lui feraient payer son manque de dévotion envers le Seigneur des Ténèbres pendant son règne. Ah, ça n'allait pas être simple.

« Vous voulez quelque chose ? » entendit-il.

En revenant à la porte, il vit qu'elle était ouverte et dévoilait la vieille femme souriante et son chariot à friandises. Bon, qui sait, peut-être que ça lui ferait du bien.

« Un paquet des dragées surprises. »

« Très bien, sept Mornilles s'il vous plaît. »

Il lui tendit l'argent et s'empara du paquet pour pouvoir refermer la porte au plus vite et être tranquille. Il avait vu une ombre passer dans le regard bienveillant de la femme, et il en connaissait exactement la raison, aussi il ne voulait pas supporter son air souriant et hypocrite plus longtemps.


Rien n'avait changé. Poudlard avait été reconstruit dans un temps record, et attirait les regards émerveillés des premières années, toujours plus nains d'année en année. Cette remarque interne lui arracha un sourire en coin, alors qu'il se dirigeait vers les calèches. Il vit ce à quoi il pouvait largement s'attendre, au vu des événements passés. Et il ne doutait pas que tous ceux qui l'entouraient voyaient la même chose que lui. Un Sombral. Un cheval hideux, en somme. Mais là n'était pas la question. Chaque groupe d'étudiants qui prenait un transport le dévisageait d'un regard noir, le défiant de les accompagner si l'envie le prenait. Qu'ils se rassurent, ces sots ! Plutôt courir jusqu'au château que de se retrouver enfermé avec eux. Il entendit son nom appelé et tourna à peine la tête pour voir, quelques mètres devant lui, Granger qui le fixait. Visiblement satisfaite d'avoir son attention, elle lui posa une question qui le dérouta :

« Tu veux faire la route avec nous ? » osa-t-elle, s'attirant aussitôt les regards outrés des deux Gryffondors qui l'accompagnaient, et un petit sourire amusé de la Serdaigle. Il hésita une fraction de seconde et hocha brièvement la tête, bien décidé de les ignorer pendant tout le voyage. Mais au moins, il ne serait pas forcé à prendre la toute dernière avec Rusard, qui ne se priverait pas de lui faire des remarques acerbes sur ce qu'il avait fait et sur le fait que son père n'était qu'à sa place à Azkaban. Merlin non, plutôt voyager avec ces lions, eux au moins ne lui feraient pas de remarque, puisque Granger l'avait invité. Du moins ne le feraient-ils pas directement, ignorer ce qu'ils diraient serait bien plus simple.

Aussi, il se plaça dans le coin avant droit et fixa les bêtes qui les tiraient vers l'école. Des chevaux squelettiques et noirs, très clairement dociles qui se suivaient tous vers la même destination. Il écoutait à peine ce que les quatre autres se racontaient en chuchotis gênés, aussi il entendit vaguement son nom prononcé avec tout le dédain qui était possible, et décida là de prêter une oreille plus attentive à ce qui se disait; bah, il ne pouvait pas leur en vouloir, il était considéré comme le pire lâche pendant cette guerre, et ils ne l'avaient jamais aimé de toute manière. Ce qu'il ne comprenait pas, et que Londubat cherchait apparemment à éclaircir, était pourquoi Granger l'avait invité à venir avec eux. De ce qu'il entendait, elle bafouillait plus qu'elle ne s'expliquait, mais elle finit par articuler difficilement que voyager seul n'était jamais très agréable, et qu'au moins, avec eux, il ne serait pas martyrisé pendant les dix minutes qu'ils passeraient dans cette calèche. Il rit jaune intérieurement; avait-elle conscience qu'il n'était plus à ça prêt, et pire, qu'il le mériterait bien ? Il pensait pourtant qu'elle serait la première à se jeter sur l'occasion pour lui faire regretter ses propos toutes les années précédentes. Enfin, elle était sûrement trop gentille pour ça, cette sainte-nitouche de Granger. Il trouverait bien un moyen pendant l'année de lui faire dire tout ce qu'elle pensait de lui, il était certain que ça lui ferait du bien de dégager toute cette tension. Pourquoi il voulait lui rendre ce service ? Oh, sûrement parce que sans elle, il serait resté encore un moment à Azkaban en compagnie de ces si agréables Détraqueurs. Il ne pouvait pas le nier, elle lui avait réellement sauvé la mise; deux mois lui avaient déjà semblé une torture, tenir plus longtemps lui aurait été insupportable. Et il lui en devait une nouvelle à présent, il méritait peut-être d'avoir Rusard dans les pattes pendant le voyage, mais il n'en restait pas moins soulagé de ne pas avoir à l'entendre clamer ses immondices sur les punitions interdites –et qu'il regrettait bien, naturellement ! Foutu Cracmol frustré de ne pas pouvoir utiliser de magie. Ses yeux se détachèrent des boucles désordonnées de la préfète –il détestait ses cheveux, il voyait ses fourches d'ici, depuis combien de temps n'était-elle pas allée chez le coiffeur ?- et se tournèrent vers le château. Ils devraient arriver aux lourdes portes de chêne dans une ou deux minutes.

Lorsqu'ils furent arrivés, il attendit tranquillement que le groupe descende et, sans leur jeter un regard, se dirigea vers l'intérieur du château, et plus exactement vers la Grande Salle, où il savait que son arrivée serait sujette à des murmures de tous genres à chaque table. Oui, après tout, que faisait-il là, alors qu'il n'était pas le bienvenu ? Merlin, s'il avait eu le choix, il ne serait pas revenu. Il entendait la discussion joyeuse du groupe avec qui il avait voyagé dans les calèches, mais n'y prêta pas plus d'attention, alors qu'il franchissait enfin les portes de la Grande Salle. Les éclats de voix cessèrent les uns après les autres, au fur et à mesure que les gens le reconnaissaient. Cette année n'allait vraiment pas être facile. Il marcha sans interruption vers sa table, où il s'assit dans un coin tranquille, loin des autres qui l'observaient d'un air désapprobateur. Il avait réellement été déçu en apprenant que ni Blaise ni Pansy ne revenaient à Poudlard. il aurait bien eu besoin de soutien. Mais il pouvait comprendre après tout, eux n'étaient pas forcés, aussi ils avaient été raisonnables et avaient décidé de reprendre leur vie en main, tout de suite dans le cadre professionnel. Il lança un regard discret à la table des Gryffondor et vit très vite Londubat et Weasley. Mais pas de trace de Granger. Cependant, l'interrogation ne se fit pas longtemps, et la réponse le frappa comme un cognard : qui d'autre serait mieux placé qu'elle pour être préfet en chef ? Un sourire immédiatement refoulé se logea sur ses lèvres. Il se demanda un instant qui pouvait être le second préfet désigné, mais se dit qu'il le saurait bien assez vite, lorsque Granger et celui-ci entreraient, accompagnés de tous les premières années. Aussi, il sursauta presque, arraché de ses pensées quand McGonagall lui prit l'épaule d'une poigne forte :

« Monsieur Malefoy, je vous confie ceci. Vous viendrez me voir à la fin du repas pour les explications complémentaires. »

Simple, court, concis. McGonagall avait toujours été comme ça, et c'était sûrement pour cela que Drago parvenait à l'apprécier un minimum. Il savait également que ce serait en grande partie grâce à elle que l'année serait moins difficile qu'il ne le craignait. cette femme avait toujours été impartiale, jamais elle n'avait osé privilégier sa maison comme le faisait Severus. Elle connaissait son histoire, savait pourquoi il était revenu, il en était certain, mais il savait aussi qu'elle ne le prendrait pas en compte, ne gardant en tête que le fait qu'il était un élève cette femme. était la personne la plus juste qu'il trouverait dans l'école cette année, Dumbledore et Severus n'étant plus de ce monde depuis quelques mois. Elle savait qu'il avait été une cause de la mort de l'ancien directeur. pourtant, elle ne s'en formaliserait pas. Il en avait acquis la certitude en voyant ce qui trônait à côté de son assiette et qu'il l'avait dévisagée avec des yeux éberlués. Le sourire doux, digne d'une bonne grand-mère, l'avait réconforté un instant. Et un instant, il regretta de ne pas avoir été envoyé à Gryffondor, pour avoir une femme aussi forte et bonne pour directrice de maison. Il repoussa cette pensée en se rappelant qu'il avait eu Severus, l'homme qui avait été là pour lui durant toutes ces années. Il hocha la tête et la vit se relever et retourner à sa place de directrice, alors que Rusard se planta devant la porte et annonça que les premières années étaient enfin là et qu'ils entreraient dans quelques minutes. Il vit un dernier regard de la femme se poser sur lui et comprit. Il prit l'objet qu'elle avait déposé devant lui, l'accrocha à sa robe de sorcier et se leva, sortant rejoindre Granger et les jeunes apprentis, toujours sous les regards pesants de toute la salle.

Il la vit se tourner vers lui et le fixer avec des yeux ronds, qui passaient de son insigne à ses yeux, de ses yeux à son insigne.

« Pourquoi ne t'es-tu pas montré à la tête du train, Malefoy ? Cela fait partie de nos obligations de… »

« Je viens de la recevoir, cette foutue insigne. »

Elle ne comprenait rien. Pourquoi avait-il reçu l'insigne seulement maintenant ? Pourquoi ne l'avait-il pas reçue avec le courrier lui donnant la liste de fournitures ? Elle ne s'attarda pas plus longtemps sur ces questions, estimant que la directrice devait avoir de bonnes raisons d'agir ainsi, et se tourna vers les premières années pour leur expliquer brièvement ce qui allait se produire.

« Bien. Bienvenue à tous dans Poudlard. Dès votre arrivée dans la Grande Salle, vous serez répartis dans quatre maisons, qui sont Gryffondor, Pouffsouffle, Serdaigle et… »

« Serpentard. » la coupa Drago, s'attirant son regard assassin. « Ces maisons devront être considérées comme une seconde famille, n'oubliez pas que vous devrez y rester pendant sept années, aussi il est plutôt bon de bien s'entendre avec les membres de sa maison. »

« Poudlard fonctionne ainsi toute bonne action que vous réaliserez vous fera gagner des points pour votre maison, et toute effraction au règlement vous en fera perdre. Sur ce, je pense que nous allons pouvoir entrer, vous prendrez connaissance du reste par la suite. Et la prochaine fois, ne me coupe pas comme tu l'as fait Malefoy, je ne supporte pas ça. » lui souffla-t-elle.

Ils se jetèrent un regard rapide avant d'entrer dans l'énorme salle, guidant les jeunes élèves vers le tabouret, où se trouvait le Choixpeau. Drago s'en empara et laissa Hermione récupérer la liste qui se trouvait en-dessous.

« Je vais appeler chacun de vous, et vous viendrez vous asseoir sur le tabouret, et… Drago se chargera de poser le Choixpeau sur votre tête, annonça la jeune femme. Elle prit une inspiration et commença. Anthony Abarah. »

Une demi-heure passa avant que tous les élèves ne soient classés dans leurs maisons, terminant par Zakari Hermione. La jeune femme avait marqué une pause en voyant le prénom, mais ne laissa rien paraître de plus, ne voulant pas être remarquée dès le début de l'année, mais eut immédiatement en tête que cette jeune fille était sûrement une Née-Moldue. Elle avait senti le regard du blond sur elle alors que la petite montait sur le tabouret, mais ne s'en formalisa pas; ce prénom n'était pas commun, aussi, l'entendre devait en surprendre plus d'un de leur génération. Puis les deux préfets en chef purent rejoindre chacun leur table pour manger l'énorme repas qui apparut devant leurs yeux. Si elle mangeait autant que son petit appétit le lui permettait, lui n'avait pas le cœur à ça, et ne voulait que comprendre pourquoi il avait été choisi pour être le préfet en chef d'une maison qui ne le supportait plus. Ils sentaient, l'un comme l'autre, les regards les transpercer; Hermione pour avoir contribué à la chute du Seigneur des Ténèbres, et Drago pour son statut d'ancien Mangemort. Elle sentait son estomac se nouer et son appétit fut coupé net lorsqu'elle se rendit compte qu'un première année l'observait, des petites étoiles dans les yeux, sa cuillère de soupe dégoulinant dans son assiette. Elle en voulut un instant à Harry de ne pas être revenu avec elle à Poudlard, attirant tous les regards sur lui plutôt que sur elle, elle ne supportait pas ça. Elle fit un petit sourire au jeune garçon qui la dévisageait et fut contente de le voir enfin revenir à son repas sûrement tiède, à présent.

« Bien, avant de vous laisser rejoindre vos dortoirs, j'aimerais mettre au clair certaines règles de prudence et faire une annonce. » déclara McGonagall, alors que le dessert s'achevait. « Tout d'abord, je voudrais rappeler –ou apprendre- à tous les élèves que la Forêt Interdite, comme son nom l'indique, est strictement interdite d'accès aux étudiants, aucun prétexte n'est permis pour y pénétrer sans être accompagné de votre professeur de Soin aux créatures magiques et garde-chasse Rubeus Hagrid. Ensuite, il me faut vous présenter votre nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal, qui sera cette année monsieur Emile Granbec, et le professeur de métamorphose, mademoiselle Angelina Johnson, dont se souviendront peut-être certains d'entre vous, et qui sera également la directrice de la maison de Gryffondor. Souhaitons-leur une heureuse année ! » acheva-t-elle en applaudissant, amenant toute la salle à en faire de même, alors que l'homme aux côtés du professeur de potions se levait difficilement et s'inclinait, un sourire gêné coincé sur ses lèvres. Sa barbe de trois jours et ses yeux égarés ne lui donnaient pas une allure que l'on penserait d'un professeur, et Hermione se surprit à douter de ses capacités d'enseignant, avant de se rappeler que Remus Lupin ne leur avait pas nécessairement paru physiquement beaucoup plus engageant que cet homme. Aussi, elle se promit de juger ses capacités dès la première heure, lorsqu'ils auraient cours avec lui. D'un autre côté, elle était absolument ravie de revoir Angelina; la jeune femme avait fait partie de l'Armée de Dumbledore et elles avaient quelque peu discuté ensemble. La revoir dans ces circonstances était très agréable pour elle, car elle revoyait une tête qu'elle connaissait et savait qu'en dehors des cours, elle pourrait sans mal discuter avec elle.

Alors que les élèves commençaient à quitter la salle, la directrice appela les deux préfets en chef qui vinrent se poster devant elle, attendant de savoir ce qu'elle voulait d'eux.

« Monsieur Londubat et mademoiselle Greengrass s'occuperont parfaitement de guider les premières années vers leurs dortoirs, ne vous en faites pas pour ça. Vous, vous allez devoir me suivre, que je puisse vous montrer vos appartements. »

Ils lui emboîtèrent aussitôt et silencieusement le pas, alors qu'elle les guidait dans les couloirs de plusieurs étages, évitant les énormes groupes d'élèves de toutes les maisons, et s'arrêta devant un tableau au quatrième étage représentant les quatre fondateurs de Poudlard, chacun accompagné de son animal fétiche. Le serpent siffla à leur approche, et le lion lui jeta un air mauvais; jusqu'aux tableaux, la rivalité entre les deux maisons semblait intacte. Les deux préfets eurent un sourire discret, tandis que la directrice prononçait le mot de passe :

« Aeterna die. » prononça-t-elle distinctement en s'adressant à Serdaigle, qui lui rendit un sourire doux et laissa le tableau s'écarter. « Bien, maintenant que nous sommes dans vos appartements, je pense que vous avez des questions. Posez-les-moi sans retenue, je vous en prie. »

« Hm… Comment… »

« Pourquoi m'avez-vous nommé préfet en chef ? » coupa une fois de plus le blond. Il ne s'attendit pas du tout à la chaussure qui lui écrasa violemment le pied, mais son éducation l'empêcha de hurler de douleur ou même de réagir d'une quelconque manière devant la directrice.

« Monsieur Malefoy, je vous ai nommé préfet en chef pour vous éviter des problèmes dans votre dortoir, et pour cela, le plus simple était de vous envoyer dans des appartements privés, et donc de vous nommer préfet en chef. »

Il fut frappé par la réponse; il n'y avait pas pensé, il ne pouvait même pas imaginer être préfet en chef après les événements passés. Il lui fut très reconnaissant d'avoir pensé à une telle chose et se tut, n'ayant pas réellement d'autre question à poser.

« Hm…Puisque Malefoy a pu poser sa question, j'imagine que c'est mon tour à présent. » grogna la préfète à ses côtés. « Comment cela se fait-il qu'il n'ait reçu son insigne que ce soir ? »

« Oh, ça… c'est tout simplement parce qu'il m'a fallu discuter longuement avec les professeurs et le ministère du cas de monsieur Malefoy, et ils n'ont pas été évidents à convaincre. Aussi, il m'a semblé préférable d'attendre son arrivée au château pour lui transmettre l'insigne. Par ailleurs monsieur Malefoy, vous trouverez la lettre contenant les instructions et obligations des préfets en chef sur votre bureau, dans votre chambre. »

« Ah, justement, à ce propos, professeur… Pourriez-vous expliquer un peu mieux comment va se passer cette année ? Sommes-nous obligés de vivre ici ? » demanda encore Hermione d'une voix inquiète.

« Je suis désolée de vous le dire mademoiselle Granger, mais oui, vous serez forcés de dormir ici, tous les deux. Je me doute bien que vos camarades vont manqueront, mais vous aurez une multitude de tâches à accomplir ensemble, et savoir que vous avez votre propre lieu de vie vous sera très vite agréable. »

« Donc… on va devoir vivre ensemble… toute une année ? » s'égosilla presque la jeune femme en jetant un regard affolé au blond à ses côtés. Quoi, c'était donc si affreux de se dire qu'elle allait devoir partager une salle de bain et un salon avec lui ? Ce n'était pas comme s'ils allaient dormir dans le même lit non plus. L'intérêt de ces appartements était précisément l'intimité que chacun pouvait avoir; chacun sa chambre, et on n'en parle plus. De quoi s'inquiétait-elle ? Qu'il en profite pour la traîner dans la boue et la traiter comme une moins que rien en privé ? Allons, aucun intérêt s'il n'y avait pas de spectateurs. Et il lui devait trop pour oser faire ça cette année.

« Oui, mademoiselle Granger. Mais je suis certaine que vous vous en sortirez très bien tous les deux. »

La jeune femme n'en revenait pas : un an avec lui ! Elle ne le considérait certes pas comme un meurtrier, comme une grande partie de l'école le pensait, mais elle gardait encore très bien en tête toutes ces années d'insultes plus dures les unes que les autres à son encontre. S'il continuait cette année, elle demanderait une autorisation à quitter les appartements privés pour revenir aux dortoirs de sa maison. Elle jeta un regard vers le jeune homme et ne vit qu'un sourcil intrigué se lever; il ne semblait pas comprendre la raison de son affolement. Il devait pourtant s'en douter, non ? Il devait même sûrement être en train de réfléchir à de nouvelles manières de la faire tourner en bourrique, surtout qu'elle serait seule avec lui tous les soirs. Sans Harry ou Ron pour la soutenir. Une boule se forma dans sa gorge à cette pensée : ses deux meilleurs amis seraient loin toute l'année. Elle leur enverrait une lettre dès ce soir pour leur parler de sa rentrée et de cette nouvelle qui ne lui présageait rien de bon.

« Je suis désolée de ne pas pouvoir m'attarder davantage, mais j'ai encore beaucoup de choses à faire. Mademoiselle Granger, monsieur Malefoy, passez une agréable soirée. » acheva-t-elle d'un sourire malin leur rappelant grandement leur ancien directeur.

« Bon » souffla Hermione alors que la porte de l'appartement se refermait derrière la directrice, « je propose qu'on mettre quelques règles de vie. »

« J'ai besoin de vingt minutes dans la salle de bain pour me préparer le matin, garde ça bien en tête Granger. » la coupa Drago, voyant avec délectation une moue agacée apparaître sur son visage fin, mais perdit son sourire en entendant la pique qu'elle lui lança.

« Bien sûr Malefoy, je vais te laisser la salle de bain, que tu puisses te pomponner et te maquiller autant que tu veux. » osa-t-elle, à sa grande fureur, lui balancer en pleine figure.

« Je ne te permets pas de juger ce que je fais, sale Sang de Bourbe ! » ne put-il s'empêcher de lui cracher, sous le coup de la colère et de toute la frustration contenue depuis son arrivée dans le train. Il regretta dès qu'il vit son regard s'obscurcir, mais aperçut immédiatement une terrible violence contenue dans ses yeux; il décida donc de réfréner les semi-excuses qu'il était sur le point de prononcer et de la pousser plus loin. Elle aussi avait besoin de se lâcher, qu'elle le fasse ! Il savait qu'elle ne se censurerait pas, qu'elle lui balancerait tout ce qui lui passerait par la tête s'il la poussait à bout. « Je préfère largement prendre mon temps dans la salle de bain à prendre soin de moi que ressembler à l'épouvantail que tu es. »

Il ne vit pas le coup partir et se retrouva étalé par terre, ahuri, la main sur son nez certainement cassé. Les yeux qui le fixaient n'étaient que haine et dégoût, et il ne savait plus comment réagir, il était tout simplement figé au sol en attendant que la tempête s'abatte sur lui. Et il savait qu'elle serait violente. Très violente. Plusieurs secondes passèrent, mais rien ne se produisit. Il la vit déglutir, serrer et desserrer les poings, les muscles de sa mâchoire se tendre, ses yeux se fermer et se rouvrir en une expression résignée. Sa stratégie avait été totalement désamorcée. Pourquoi se contenait-elle ainsi ? Il voulait tout faire sortir et tout ce qu'il avait réussi à faire, c'était la frustrer encore plus ? Cependant, il savait s'arrêter quand il le fallait, et il voyait bien qu'il pourrait la pousser à bout comme il le voudrait ce soir, elle ne ferait rien de plus, et tout ce qu'il récolterait seraient des pleurs étouffés à travers le mur qui séparait les deux chambres. Il ne supportait pas d'entendre quelqu'un pleurer, il n'aimait pas les gens faibles. Et Granger n'était pas faible, il le savait. Il en ignorait la raison, mais il ne voulait pas perdre cette image qu'il avait d'elle, de cette fille courageuse qui avait supporté l'humiliation que sa tante lui avait fait subir. L'humiliation… Non, lui en parler maintenant était la pire idée qui soit. Même avec le ton le plus doux qu'il pourrait avoir, il savait d'avance qu'elle prendrait cette remarque pour une attaque supplémentaire et irait se réfugier dans sa chambre. Puis il sourit. Il fallait absolument qu'elle se débarrasse de cette frustration avant de craquer.

« Frappe-moi encore. »

Elle le regarda avec des yeux éberlués, comme s'il venait de lui annoncer qu'il était fou d'elle.

« P… Pardon ? »

« Frappe-moi encore. »

Elle ne dit rien, ne bougea pas plus, mais le regardait toujours avec ces yeux, qui lui hurlaient « ton repas avait-il un goût inhabituel ce soir ? ». Aussi, il se leva et se planta devant elle, et saisit son poing toujours serré.

« Ceci sert à taper sur les gens qu'on n'aime pas. Tu ne m'aimes pas, tu me détestes même, alors frappe. »

« Pourquoi fais-tu ça ? »

Le ton glacial qu'elle employa lui donna un petit sourire qu'il s'efforça de rendre narquois, et l'effet qu'il voulait voir eut lieu : les prunelles de la jeune préfète se voilèrent de colère et elle arracha son poing de la main de son ennemi. Il vit seulement une baguette sortir de sa robe de sorcière et se retrouva ligoté au sol la seconde qui suivit, une corde entre les dents pour l'empêcher d'émettre le moindre son. Un sortilège imprononcé, naturellement, et visiblement elle avait l'air contente de son coup.

« Je ne frappe les gens qu'en cas de dernière nécessité. Mais je pense que je vais te garder ligoté comme ça jusqu'à ce que j'aie fini de parler, puisque depuis notre arrivée dans l'école, tu n'arrêtes pas de me couper. » clama-t-elle, lui donnant un sourire discret. « Donc, pour commencer, tu vas bannir définitivement les insultes à mon égard de ton vocabulaire, car autrement, tu risques de te retrouver très souvent pétrifié dans une douche glacée, et je pense que tu sais que j'en serai capable, je n'ai absolument pas peur de te voir souffrir d'hypothermie. Ensuite, en ce qui concerne la vie de tous les jours, oui je te laisserai ta salle de bains pendant vingt minutes tous les matins, je n'ai besoin que de cinq minutes de toute façon, puisque comme tu l'as fait si bien remarquer, je suis un épouvantail qui ne prend pas soin de moi, et que tu es visiblement plus féminin que moi. Pour ce qui est du salon, je pense qu'il serait intéressant de s'y retrouver de temps en temps pour discuter de nos devoirs en tant que préfets en chef et de voir certaines choses au niveau de notre organisation. »

Et elle parlait, de toutes les règles de vie commune qu'elle voulait instaurer, comment les elfes de maison devraient être traités –qu'est-ce qu'il en avait à cirer des elfes, il ne les voyait jamais !- , et de tout ce qu'il devrait bannir quand il lui parlerait pour leur rendre la vie plus facile. Ce qu'elle disait était simple, très simple même, et ça leur faciliterait certainement la cohabitation forcée devant laquelle ils se trouvaient. Il lui suffirait de se plier à ce qu'elle voulait et tout se passerait bien. Il ne voulait pas se casser la tête cette année, et s'il pouvait avoir un lieu où le pacifisme régnerait, c'était parfait. Quitte à n'avoir personne sur qui se reposer, avoir au moins un havre de paix lui ferait déjà du bien. Il hocha la tête lorsqu'elle eut fini sa tirade et sentit les liens disparaître les uns après les autres, jusqu'à la corde qui lui tenait la bouche entravée. Il put se lever et fila dans sa chambre aux murs sombres, à orner avec ses couleurs, où il retrouva sa malle, un énorme lit à baldaquin et une enveloppe posée sur le bureau d'ébène. Il la saisit et l'ouvrit sans ménagement pour lire en diagonale les recommandations, interdictions et obligations qui avaient été données. Il entendit une porte claquer et ne put s'empêcher de sursauter en entendant un bruit sourd retentir en face de lui, sur le mur. Mais que foutait Granger ? Le gémissement qui suivit ne lui laissa plus de doute possible; cette idiote venait de gratifier le mur d'un magistral coup de poing et en subissait à présent les douloureuses conséquences.


Et voilà ! J'espère que ce chapitre vous a autant plu que le précédent, n'hésitez pas à donner vos avis, à poser vos questions et à me signaler si j'ai raté une faute quelque part et si quelque chose vous paraît incohérent !

Bonne journée à tous ! :)