Bonjour à tous ! Je viens de réaliser que j'ai totalement zappé de répondre aux reviews du chapitre 2 (je suis très forte pour faire mon boulet, oui...), donc je fais un tir groupé !

Jenifael : Merci beaucoup de me suivre et de commenter à chaque chapitre, ça fait plaisir ! :)

stresssis : Je ne serais pas allée jusqu'à maso pour Drago, mais soit xD et Hermione a toujours été ainsi après tout ^^

tulusito : Contente que ça te plaise !

Lorelie : Cohérent ? Tant mieux =D

mama : Haha, tu verras, ce chapitre devrait te plaire dans ce cas ^^

betouni : Merci beaucoup, oui le bal va être préparé dans ce chapitre, et c'est assez folklorique ^^ et pour le dramione, il ne faut pas oublier qu'ils se haïssent mutuellement à la base, ils ne peuvent pas se plaire d'un seul coup comme ça. Mais les première ébauches commencent à la fin de ce chapitre ! :)

Et voilà, bonne lecture à tous !


Mardi, première heure, potions. Elle revint aux côtés de Malefoy, en face de son chaudron qui bouillonnait gentiment. Le professeur Slughorn leur annonça qu'ils pouvaient reprendre leur potion après avoir rapidement rappelé où ils s'étaient arrêté la veille. « Allez chercher de quoi continuer, les enfants. »

Cette fois-ci, ce fut Malefoy qui bougea elle lui lança de prendre ses ingrédients à elle en même temps. Pas de réponse, aussi elle espéra qu'il accepterait de lui rendre ce service. Lorsqu'il revint et déposa le tout sur la table, elle compta rapidement les ingrédients, vérifia dans son livre et sourit. « Merci, Malefoy. » Il renifla dédaigneusement. Elle avait offert de le faire pour lui la veille et ce n'était rien de bien méchant que d'accepter de lui rendre ce service en retour.

Nouvel ingrédient à ajouter immédiatement : de la poudre de licorne. Ils s'emparèrent chacun de leur râpe et la frottèrent contre la corne au-dessus du chaudron la potion commençait à sentir les douces effluves qui lui étaient propres. Et enfin, un dernier ingrédient du lila séché. Elle réduit les petites feuilles en poudre pour les ajouter à la préparation. Mélanger en tournant en huit jusqu'à voir la potion dégager des vapeurs roses. Elle vit du coin de l'œil un petit sourire de contentement se soulever sur les lèvres de Malefoy et en vint à la conclusion qu'il en était exactement au même stade qu'elle, et qu'ils auraient certainement le même résultat à la fin de l'heure. Autour d'elle, alors qu'elle continuait le mouvement conseillé par le livre, elle vit que les autres élèves avaient un petit peu plus de difficultés qu'eux à remplir les conditions. Neville, une fois de plus, observait avec effroi sa potion aux couleurs du pire marais qu'on puisse imaginer former d'immenses bulles qui explosaient dans un macabre plop. Si elle n'avait pas vu une potion de la Mort deux ans auparavant, elle aurait juré qu'il avait réussi à en faire une par accident. Cependant, même si ce n'était pas aussi virulent que celle-ci, il ne faisait aucun doute que goûter à la nouvelle merveille du jeune homme signifierait un aller direct vers Sainte Mangouste et la certitude d'y rester jusqu'à la fin de l'année scolaire au moins. La potion de Greengrass n'était guère plus glorieuse à vrai dire, elle avait tenté tant bien que mal de mélanger en huit, mais sa louche avait fini figée dans la couche de trente centimètres de ciment qui s'était formée. Décidément, bien peu de gens étaient doués en potions. Elle ne sursauta même pas en entendant un chaudron détonner et ne fut pas plus surprise en voyant Seamus, une fois de plus calciné, les cheveux dressés sur la tête, et pouffa légèrement.

« Bien, bien, bien, nous nous arrêtons là pour la potion, arrêtez tout, je vais faire un tour de table. » lança Slughorn, dix minutes avant la fin du cours. Il passa devant chaque chaudron, sentant prudemment chaque chaudron à l'allure plus avenante que le poison qui s'élevait en légères brumes inquiétantes à la place de Neville, ou plus accueillante que le récipient nouvellement tordu de Seamus. Il fronça les sourcils plus d'une fois, claqua la langue en signe de désapprobation en arrivant devant le chaudron de Dean Thomas, et acheva en se présentant devant les deux préfets en chef, une petite lueur d'espoir dans les yeux. Il vint entre eux et approcha doucement son nez de chaque chaudron. « Fantastique ! Nous avons aujourd'hui deux jeunes champions des potions ! Félicitations jeunes gens, votre potion est parfaite ! Dix points pour vos deux maisons ! Maintenant le cours est terminé, donc filez dans votre prochaine salle jeunes chenapans, je m'occupe de laver vos chaudrons ! »

Les deux préfets sourirent simultanément, fiers de leurs résultats, et rangèrent rapidement leurs affaires.


« Bon. »

« Ouais. »

« On fait quoi pour Halloween ? »

« Je serais très tenté de te dire de te débrouiller, ça ne m'intéresse pas de faire ça. »

« Parce que tu crois que ça m'intéresse plus que toi ? »

« La Miss Je-Sais-Tout ne peut qu'être plus intéressée que moi. En plus, il y a des points à la clé si on le prépare correctement, tu n'auras qu'à dire que je n'ai rien foutu. »

« Mais justement, ça ne t'intéresse pas d'avoir des points pour ta maison ? »

« Dois-je rappeler les rapports privilégiés que j'ai cette année avec les élèves de Serpentard ? Ils s'en foutent d'où viennent les points, surtout si c'est grâce à moi qu'ils les ont. »

« Malefoy, c'est un travail d'équipe ! Alors maintenant, assieds-toi à côté de moi et on va réfléchir ensemble à ce fichu bal ! »


Bonjour Harry !

Puisque tu ne viens pas aux nouvelles, à moi d'en prendre de toi, après une semaine… Comment se passe ta formation ? Tu t'en sors en potions ? Je ne doute absolument pas de toi en Défense contre les Forces du Mal par contre. Ron m'a dit qu'il t'a fait parvenir mon avis sur le nouveau professeur qui assure cette matière ici… Eh bien il devient de moins en moins strict tout doucement, il sait tenir sa classe, ça c'est une certitude, et il sait de quoi il parle. Ce prof est pire de Fol Œil, il ne nous met pas le nez dans le sujet, il nous écrase complètement dedans ! Là où je suis soulagée est qu'on a commencé le chapitre sur les protections de l'esprit, on apprend l'occlumancie de cette manière, et je suis contente de voir que doucement, j'arrive à ressentir ses entrées dans mon esprit. Ça ne change absolument rien au fait qu'il arrive toujours à voir toutes mes pensées, mais le fait que je le ressente me permet déjà de dresser les premières barrières.

Enfin bon. Je voulais aussi te parler de Malefoy. Lentement, comme tu le disais, il change de comportement avec moi, il devient beaucoup moins injurieux et cherche moins la confrontation qu'avant. Je ne sais pas, j'ai l'impression qu'en fin de compte, je pourrais très bien m'entendre avec lui, il est gentil dans le fond, quand on enlève l'arrogance et les six ans qu'il a passés à m'insulter de tous les noms.

Et figure-toi qu'on va organiser trois bals cette année, pour Halloween, Noël et Pâques ! Et toute la préparation nous a été donnée à nous, préfets en chef… C'est harassant de s'occuper de ça, on n'arrive pas à trouver d'idées pour le moment avec Malefoy, mais ça finira bien par venir, j'imagine. J'aurais tellement aimé que vous veniez tous les deux, ça me ferait plaisir de vous voir à ces bals…

Tout ça pour te raconter un peu ma vie, les événements majeurs de cette semaine… Parle-moi un peu de toi maintenant !

Grosses bises à toi.

Hermione


« Non, pas du vert et argenté, voyons, Malefoy ! Quatre maisons vont participer, pas seulement Serpentard ! »

« Eh bien vert, argenté, or, rouge, noir, jaune et bleu alors, puisque tu veux tout Poudlard. »

« Mon dieu, mais quelle horreur ! Ca fait trop de couleurs ! »

« Eh bien propose quelque chose au lieu de critiquer ce que je dis, Granger ! »

« A vrai dire… j'ai eu une idée. Le thème de la soirée pourrait être une chanson qui reviendra plusieurs fois. Et… »

« Quoi comme chanson, hm ? »

« Laisse-moi parler Malefoy, j'y venais ! Je disais donc, je pensais à une chanson… » elle hésita une seconde, s'apprêtant à entendre toutes les jérémiades du Sang-Pur qu'il était. « … moldue. »

« Ouais, c'est bien, ça. Les chansons moldues ont beaucoup plus de rythme que les chansons sorcières. » Le silence suivit son affirmation. Elle ne pouvait pas croire qu'il approuve son choix. Ca touchait les Moldus, et il acceptait ? Où était le vrai Malefoy ? « Hm, visiblement tu ne comprends pas… Je ne m'intéresse pas aux Moldus, mais j'ai déjà eu l'occasion d'entendre quelques chansons qui viennent de chez vous, et je ne peux que dire qu'elles donnent envie de danser. Pour ça, la chanson sorcière est un peu moyenne. Du coup, je pense que je te laisserai gérer les musiques pour la soirée. »

Elle le fixa encore quelques secondes de ses yeux stupéfiés, puis se reprit et nota sur son parchemin 'Playlist moldue'.

« … Enfin bon, je… je pensais que vu que ce sera Halloween, on pourrait garder des couleurs en rapport avec ça. Et… une chanson moldue française s'appelle En rouge et noir. Je me disais que ce serait pas mal d'utiliser ces couleurs pour le thème de la salle. »

« Et quitte à faire les choses jusqu'au bout, faire l'annonce auprès de tous les élèves que les hommes devront venir habillés intégralement en noir et les filles en rouge. »

Elle eut du mal à ne pas relever le fait qu'il ne la contredisait absolument pas, et que ça avait tendance à l'inquiéter de sa part. « Je pense que ce serait pas mal oui… On les préviendra ce soir alors ? »

« Oui, ça me paraît bien. »

« Bonsoir à tous. Avant de vous laisser manger votre repas, les préfets en chef auraient quelques mots à vous dire. »

« Merci madame. Bien, comme vous le savez, moi et monsieur Malefoy sommes chargés d'organiser le bal de Halloween, qui aura lieu dans un mois. Nous nous sommes enfin mis d'accord sur le thème de la soirée, et nous voulions vous le faire parvenir. »

« Le thème sera En rouge et noir. Nous avons décidé, pour ce thème, de créer une ambiance qui sera entièrement faite de ces couleurs, aussi nous vous demanderons de contribuer également à cela. »

« Nous voudrions que les hommes soient habillés intégralement en noir, et les femmes entièrement en rouge, pouvant aller du rouge pâle au rouge bordeaux, pour aller avec les tons de la salle. Nous vous remercions de votre attention. »

Puis ils revinrent à leur place, un léger sourire aux lèvres. Ca, c'était fait.


Hermione,

Puisque je n'ai pas droit à un surnom affectif, je te retire le « ma brunette préférée » que je te réservais, tiens. Ici, tout va bien pour moi, par contre Ron a dû te dire qu'il envisage d'arrêter sa formation, il ne s'en sort vraiment pas et ne se sent pas à sa place. Personnellement, tout roule dans toutes les disciplines, même si hier j'ai manqué de me faire gober la main en botanique, le truc dont on s'occupait n'a pas apprécié le léger surplus d'eau que je lui ai donné je crois… Et pour monsieur Granbec (je ne me trompe pas ?), je suis soulagé de voir qu'il prend la matière autant au sérieux. Ron m'a dit en effet qu'il avait usé de Légilimencie sur toi dès le premier cours, mais je pense qu'il sait tout simplement que certains élèves peuvent lui cacher beaucoup de choses, et ça lui permet de mieux gérer sa classe aussi, en un sens. S'il vous apprend l'occlumancie, tant mieux ! Je ne doute pas un instant de toi, je suis sûr que bientôt, tu seras suffisamment bonne pour le repousser. J'avoue que je t'envie un peu pour ça, moi j'en suis tout simplement incapable…

Pour Malefoy, je te l'avais bien dit. Prudence quand même, ça reste Malefoy, on ne sait pas quel coup tordu il pourrait te faire au moment où tu t'y attendrais le moins. Je suis content que tu t'entendes plutôt bien avec lui au final, mais sois prudente.

Des bals ! Mais c'est génial ! Dès que j'ai reçu ta lettre, j'ai fait une demande au Ministère, et je viens de recevoir la réponse moi et Ron serons présents lors des trois bals, je pense que tu as donc ton cavalier ! Je préviendrai Ginny de me réserver la place dans ses bras, elle serait capable d'accepter l'invitation de Seamus ou d'un autre mec dont je serais terriblement jaloux cette coquine.

Le balafré qui te sert de meilleur ami.


« Dis-moi, Malefoy ? » Silence. « … Est-ce que tu as déjà une cavalière ? »

« Oui. »

« Ah, tant mieux. »

« Combien de mecs t'ont demandé de venir au bal avec eux ? »

Une quinte de toux gênée.

« Cinq ou six, je crois… »

« C'est tout ? Je suis presque déçu, ta réputation ne suffit donc pas à compenser tes allures d'épouvantail ? »

Un grand coup de poing dans l'épaule.

« Tais-toi, Malefoy, je ne suis pas un épouvantail, je fais des efforts. » Un sourire narquois, un petit sourire amusé en réponse. « Enfin, ça n'a pas d'importance, je n'ai accepté de personne. Ron et Harry ont fait une demande au Ministère pour venir aux trois bals de l'année, donc je vais avoir Ron pour cavalier. »

« C'est mignon, ton rouquin ne peut pas attendre Noël alors il se sert de son influence pour venir te voir directement. »

Des joues rosies de colère, un froncement de sourcils qui n'annonce rien de bon, des lèvres qui se crispent. Des yeux meurtriers, des poings qui se serrent.

« Il ne s'est pas servi de son influence, à partir du moment où on a des raisons valables et non nocives pour les élèves de venir à Poudlard, la demande peut être faite, surtout pour des événements comme celui-ci. »

« Ah, mais je ne conteste pas son amour inconditionnel pour toi et à quel point c'est une raison valable voyons. »

« Non, ça te ressemble si peu, c'est bien connu, tu es tout à fait pour toute décision bénéfique à Ron et Harry. »

« La belette et le balafré font ce qu'ils veulent de leurs vies, du moment qu'ils laissent la mienne en dehors de tout ça. » Il se leva sur ces mots et partit dans sa chambre, qu'il verrouilla.


« AAH bordel. »

« Mais Malefoy, sérieusement, qu'est-ce que tu fiches ? Si tu es doué en potions, on ne peut pas en dire autant de la botanique, de ce que je vois… »

« Si tu voulais quelqu'un de ton niveau, il fallait te mettre en équipe avec Londubat. »

« Je remarque déjà que tu reconnais son talent, c'est une bonne base… »

« Gnh. »

« … Mais vu le danger ambulant que tu es, je suis bien contente d'être en équipe avec toi, ça nous évitera d'assassiner toute notre promotion avec tes bêtises ! »

« Eh, je ne suis pas empoté à ce point non plus, je me suis fait mordre, cette satanée plante n'a pas encore lâché ses effluves toxiques que je sache ! »

« Mais ça ne saurait tarder si tu ne lui enfiles pas vite cette protection ! Je la tiens, donc dépêche-toi ! »

« Raah, ça va, donne-moi ça. Voilà, t'es contente ? »

« On va dire ça. Je vais aller chercher l'arrosoir, il faut lui donner toute l'eau que le pot peut contenir. »


« Malefoy. Malefoy, réveille-toi bon sang ! »

« Raah, mais lâche-moi Granger, j'écoute je te dis. »

« Ca fait cinq fois que je t'appelle, je ne crois pas que tu écoutes vraiment ! »

« Bon, qu'est-ce que t'as hein ? Il est minuit merde, demain on a cours je te rappelle. »

« Je disais que donner un aspect un peu léger à la salle pourrait être assez sympa, nous pourrions faire disposer des voiles rouges et noirs sur le plafond entier, plutôt que de seulement laisser des bougies flotter tout autour de la salle… »

« Et l'ensorceler en sorte qu'il lance des éclairs, ça pourrait donner de très bons effets avec les voiles. »

« … Oui, c'est vrai. »

« Tu as l'air toujours étonnée quand je m'accorde à ce que tu dis. »

« Eh bien… à vrai dire… »

« Je suis crevé Granger, je veux juste en finir aussi vite que possible, et tes idées ne sont pas mauvaises, c'est tout. Franchement, pourquoi voulais-tu t'occuper de ça aussi tard ? Ce n'est pas humain, tu sais. Les Moldus ne sont pas humains je suis sûr, mon père avait raison depuis le début. »

« Ah, ne commence pas avec ça, Malefoy ! Les Moldus sont tout ce qu'il y a de plus humain ! Les sorciers le sont sûrement moins que les Moldus, ils ont des pouvoirs magiques, bon sang ! »

Un sourire moqueur se dessina sur les lèvres du jeune homme, mais il ne répondit pas plus, suffisamment amusé pour l'heure. « Enfin, je crois qu'on en a fini là, non ? » clama-t-il en retenant un bâillement.

« Euh… Oui, je crois. Est-ce que tu pourrais t'occuper dans la semaine de faire le croquis de la salle ? J'ai entendu dire que tu es assez doué en dessin… »

Il hocha de la tête, s'étira et se leva, empoignant le parchemin pour l'emmener avec lui dans sa chambre.

« Bonne nuit, Malefoy. »

« Gn. »

« C'est agréable de pouvoir avoir des discussions civilisées avec toi, tu sais. »

Un doigt d'honneur. Il était fatigué merde, qu'elle le laisse disparaître dans sa chambre et pioncer en paix. Le réflexe réprobateur de la jeune fille fut contenu, et finalement elle sourit à ce geste grossier. Plus le temps passait et moins il venait chercher les disputes, lui lançant plus de sourires, même moqueurs ou sarcastiques, mais des sourires quand même. Le mot Sang de Bourbe avait été définitivement banni de son vocabulaire, de ce qu'elle avait pu remarquer, et leurs soirées ensemble à parlementer sur le thème de la soirée de Halloween étaient certes épuisantes, mais loin d'être désagréables.


« DE LA MOQUETTE ? Tu n'es pas sérieuse, là ? »

« Si, je le suis, où est le problème ? »

« LE PROBLEME ? Mais c'est de la moquette ! »

« Tout le monde ne peut pas se permettre des tapis persans, Malefoy ! »

« Je n'ai jamais dit que je voulais ça ! »

« Bon sang Malefoy, il y a différentes sortes de moquettes, j'avais dans l'idée d'en faire une bordeaux, avec des poils longs. »

« Des poils longs. T'as conscience du nombre de cochons qui vont manger dessus ? Ce n'est pas moi qui vais la laver cette moquette, hein. Et puisque tu sembles tellement tenir à la cause des elfes de maison… qui crois-tu qui va s'occuper de débarrasser les poils de la moindre miette et de tout l'alcool collé dessus ? Non, en une heure, le truc ne sera plus doux du tout, ce sera juste infect de marcher dessus. Non, je pense que le mieux serait du parquet noir. »

« Pourquoi noir, hm ? »

« Parce que ça va donner un aspect réellement classe au lieu. Et il ne faut pas oublier que c'est Halloween, plus ce sera sombre et plus l'ambiance de cette fête sera respectée. »

« … Je ne sais pas. Ce sera trop, non ? »

« Ah non, pas du tout. Au contraire, il va falloir faire un maximum pour rendre l'ambiance de Halloween. Nan mais sérieusement, quand j'ai vu sur ton parchemin écrit 'moquette', j'avais envie de venir te secouer au milieu de la nuit, estime-toi heureuse que j'aie attendu ce matin. »

« Trop d'honneur. Enfin, je crois que je vais te faire confiance pour ça. Va pour le parquet noir. »

« Ah, quand même. Ce soir, dès la fin des cours, je commence le croquis, et si tout se passe bien, j'en aurai fini après-demain. »

« Merci de t'en occuper, Malefoy. »

« Moquette. Rien que pour ça, je suis content d'avoir à m'occuper du croquis, j'ai pu vérifier ce que tu voulais faire. »

« Je ne manque pas tellement de goût Malefoy, je suis sûre que ça aurait pu être beau. »

« Il ne s'agit pas d'être beau ou non Granger, là on parle du sol, qui va être piétiné toute la soirée par des chaussures en tous genres, voire même à un certain stade sûrement par des pieds nus. Et crois-moi, il n'y a rien de plus chiant à nettoyer qu'une moquette, je n'ose même pas imaginer le massacre après une fête de cette envergure. Et puis bon la moquette, ça reste de la moquette, ce ne sera jamais aussi élégant que du beau parquet. Je t'assure, le parquet noir, c'est ce qu'il y aura de mieux. »

« J'ai compris, Malefoy. D'autres remarques ? »

« Non, le reste on l'a discuté ensemble. C'est quand même fou ça, le seul truc que tu vois toute seule, tu fais le pire choix possible. »

« Eh, je n'ai pas proposé du sol artificiel rose non plus ! »

« Je t'aurais égorgée si tu avais fait ça. »

« … Enfin, j'aimerais pouvoir m'habiller maintenant, si ça ne te dérange pas bien sûr. »

Il lui jeta un sourire narquois et partit dans la salle de bain pour ses vingt minutes journalières. Ils avaient doucement pris l'habitude de s'attendre pour se rendre dans la Grande Salle, le plus souvent pour discuter de la préparation du bal ou de leurs rondes, des élèves qu'ils avaient tendance à croiser régulièrement au détour d'un couloir, qui se cachaient derrière des statues ou, pour les plus malins, derrière une porte qu'ils avaient, malheureusement pour eux, le temps de voir se fermer. La personne la plus imaginative que Malefoy ait croisée avait tenté de se cacher dans une armure. Quand il lui avait raconté ça, encore mort de rire de voir le petit première année, le casque de l'armure à peine arraché encore dans ses mains, lui sourire innocemment, à l'air complètement paniqué, elle n'avait pas pu s'empêcher de pouffer. Les élèves ne manquaient pas d'imagination quand il s'agissait de se cacher des préfets dommage pour eux, ils étaient particulièrement observateurs, et même Seamus Finnigan, qui avait pourtant eu la prudence d'utiliser un sortilège de Désillusion, n'avait pas pu échapper à leur œil aguerri. Cette fois-là, ils faisaient leur ronde ensemble, leur tour de faire un binôme ensemble étant arrivé, et alors qu'ils discutaient encore du bal, Malefoy avait vu du coin de l'œil les rideaux à côté d'eux bouger, comme si quelqu'un s'y frottait. Il avait chuchoté deux mots à Hermione, qui avait immédiatement tourné la tête et vu la même chose que lui Seamus s'était tout aussi vite retrouvé immobilisé, face contre terre, alors que les deux préfets en chef désactivaient le sortilège qui le protégeait. « Seamus, je te demanderai juste de ne pas recommencer, tu ne pourras pas échapper à notre vigilance, tu sais. » avait-elle alors murmuré avant de le libérer. « Maintenant, retourne dans ton dortoir. Je transmettrai ton infraction à la règle, les professeurs enlèveront les points en conséquence. » Il avait hoché la tête et disparu sur ces mots. Ne l'ayant pas croisé une nouvelle fois, ils avaient déduit qu'il avait docilement obéi.

A ce jour, ils n'étaient plus qu'à deux semaines de du bal. Deux semaines. Il restait deux semaines à Hermione avant de revoir Ron. Un petit sourire idiot se dessina sur ses lèvres à cette pensée, et son colocataire se planta devant elle à ce moment précis. Ce n'était pas possible, il faisait exprès !

« Alors je sais que tu commences à manquer de baise, mais épargne-moi, et même épargne à tous ces sourires à la con je te prie, t'as l'air idiote comme ça. » Un des nombreux coussins de la pièce aurait pu lui atterrir en pleine figure s'il n'avait pas ses réflexes d'Attrapeur. « Tu as voulu faire quoi là, avec tes joues toutes rouges ? Allez, lève-toi, j'ai faim, moi. »

« Oui, c'est sûr que boire un expresso va calmer ta faim. »

« Et manger une pomme. Ca coupe la faim, ces conneries. »

« Ce n'est pas un vrai repas. »

« Je n'arrive pas à manger le matin, je n'y peux pas grand-chose. »

« … Enfin bon, allons-y. »

Ils sortirent de leurs appartements, leur sac sur l'épaule, et se rendirent dans la Grande Salle, quatre étages plus bas.

« Bon… aujourd'hui on est vendredi. Aujourd'hui, quatre heures de Défenses contre les Forces du Mal nous attendent. »

« Génial, m'en voilà heureux, nous allons encore pouvoir écouter nos estomacs grogner. Ce cours aura notre peau, j'en suis sûr. »

« Mais non, ce n'est pas si terrible, on s'habitue. »

« Tu manges le matin, toi. »

« Fais pareil, tu tiendras mieux. »

« Tu ne comprends pas quoi dans 'je n'arrive pas à manger le matin' ? »

« Prends des réserves alors ! Je sais que Dean et Seamus ont commencé à le faire dès la première semaine, et j'avoue que ce n'est pas une mauvaise idée, j'ai fini par prendre un ou deux morceaux de pain aussi. »

« Mouais. Je n'aime pas manger de pain pour le repas de midi. »

« Si tu es aussi compliqué, alors ne te plains pas de l'état de ton estomac ! »

Il sourit en coin et ils se séparèrent, enfin arrivés dans la Grande Salle.


« Tu as lu le parchemin que je t'ai donné ? »

« Pas encore Granger, je n'ai pas eu le temps entre cette nuit et ce matin. Si tu me laissais me coucher à des heures décentes, peut-être que je pourrais y jeter un œil. »

« Pour une fois que je te demande de veiller aussi tard, tu ne vas pas te plaindre, ça n'arrive pas souvent ! »

« Non, jamais, seulement à chaque fois que tu as une idée pour ce foutu bal et que tu veux en parler avec moi. »

« C'est faux, je t'en parle après les cours, et on se couche toujours à des heures… »

« … totalement anormales. La prochaine fois que tu me fais veiller jusqu'à plus de minuit, je te jure que je te fais avaler ta plume. »

« Franchement Malefoy, tu exagères. Ce n'est pas la première fois que je te fais le coup, je suis d'accord, mais tu me fais aussi l'honneur de me gratifier de tes ébats sexuels avec toutes les Serpentardes que tu arrives à amener dans ton lit jusqu'à trois heures du matin ! »

« Faux ! Ce ne sont pas des Serpentardes, seule Greengrass est venue me voir pendant la nuit, sinon ce sont essentiellement des Serdaigles et des Pouffsouffles. »

« Le résultat est le même Malefoy, je n'arrive pas à dormir plus de quatre heures à cause de ça, et ça a tendance à mettre mes nerfs à vif ! »

« Pauvre petite. Si tu es tellement frustrée, tu n'as qu'à te trouver un amant, qu'est-ce que tu veux que je te dise ? »

« Ne commence pas avec ça ! Je ne suis pas frustrée, seulement énervée par ton côté sans-gêne ! Je suis réveillée une fois par semaine à cause de ça, donc les prochaines fois, tu seras prié de lancer un sort de silence autour de ta pièce ! »

« Ah non, je suis sûr que tu profites autant que moi de… »

Une énorme claque partit, le faisant tituber sous la puissance de l'impact.

« J'en ai marre, Malefoy ! Tu n'es pas le seul à avoir peu dormi aujourd'hui, je n'ai pas arrêté de piquer du nez en métamorphose, et ça m'horripile ! Donc si tu veux continuer à emmener tes copines ici, tu seras prié de faire ce que je te demande, sinon je te jure que je rentrerai dans ta chambre et que nue ou non, la fille qui sera là sera jetée dans le couloir ! »

Il lui jeta des yeux inexpressifs et s'approcha d'elle, jusqu'à être presque collé à elle et à la dominer de toute sa hauteur.

« Très bien, l'épouvantail. »

Elle entrouvrit la bouche, stupéfiée par cette remarque, ne pouvant pas croire qu'il était revenu à ça. Elle revit devant elle le Malefoy qu'elle avait détesté pendant toutes ces années, et une partie d'elle souffrit en le remarquant. Elle avait été habituée à celui avec qui elle pouvait discuter tranquillement, qui lui lançait des piques auxquelles elle répondait volontiers, sans se vexer. Toutes les autres fois où il utilisait ce terme, il avait un sourire collé aux lèvres et un air joueur dans les yeux. Mais aujourd'hui, elle savait qu'il avait dit ça pour réellement la blesser. Aujourd'hui, il la fixait avec ce regard d'acier qui lui donnait des frissons. Malefoy était quelqu'un d'effrayant. Et aujourd'hui, elle avait peur. Elle avait peur que la main qui se ballotait devant elle vienne serrer sa gorge. Elle sentait pourtant au fond d'elle qu'il ne ferait rien, mais ses yeux hurlaient le contraire. Ses yeux lui disaient qu'elle avait fait une grave erreur en laissant une marque rouge sur sa joue gauche. Ses yeux lui conseillaient de s'aplatir devant lui si elle ne voulait pas être réduite en pièces.

« Je… Je… Je… Je suis désolée, je… je n'aurais pas dû te gifler… »

« Tu n'aurais pas dû en effet. »

Un sortilège imprononcé la fit tomber à terre et elle fut ligotée par de fines cordes qui lui laissèrent la bouche libre, lui permettant de parler. Elle était tétanisée, alors que Malefoy se baissait doucement et se glissait au-dessus d'elle, coinçant ses deux jambes entre les siennes et l'empêchant de les plier malgré les cordes. Ses lèvres s'approchèrent à son goût beaucoup trop près des siennes, et il dévia à peine la tête pour venir lui souffler à l'oreille « Je suis quelqu'un de mauvais, Granger. Je pense sincèrement que tu as fait une erreur en me permettant d'échapper à plus de deux mois d'Azkaban. Je t'en suis reconnaissant, c'est une certitude. Mais n'oublie pas que j'ai été élevé par l'une des familles les plus noires et les plus proches du Seigneur des Ténèbres. » Il passa un doigt dans sa tignasse, le coinçant délibérément dans un de ses nœuds et tirant sans aucune pitié dessus, lui arrachant quelques cheveux. « Et ne t'avise plus jamais à me toucher, ou je te jure que tu le regretteras. » Et il se leva. Elle eut l'impression de voir son corps entier onduler à la manière d'un serpent. Ses liens se détachèrent, mais elle resta à terre, encore sous le choc. Elle vit ses yeux orageux se poser sur elle et une pointe de culpabilité passer avant qu'il ne se retourne et ne sorte de leur salle commune. Lorsqu'elle entendit le tableau se refermer, elle fondit en larmes. Toute la tension accumulée depuis la rentrée se libérait en torrents humides qui s'écoulaient sur le sol sur lequel elle restait allongée. Elle se recroquevilla sur le côté et laissa les larmes faire leur chemin jusqu'à l'étouffement, et elle se fit violence pour calmer ses sanglots le temps de respirer un grand coup et reprendre de plus belle.

« PUTAIN ! » Le poing atterrit sur le tronc d'arbre qu'il avait choisi pour cible. Pourquoi s'était-il énervé comme ça ? Pour une gifle ? Ce n'était pas la première fois qu'elle lui en donnait une, et ils étaient juste tous les deux. Son orgueil de Malefoy avait repris un instant le dessus, et avant qu'il ne le réalise, Granger était tétanisée sous lui, alors qu'il la menaçait comme jamais il n'aurait voulu le faire cette année. Il avait décidé de quitter la salle commune avant de voir la culpabilité le submerger, d'autant qu'il avait vu dans ses yeux chocolats la trace de larmes traitresses. Elle allait pleurer, et il s'était juré de ne jamais se faire témoin de ça. Ce n'était pas son rôle à lui, de calmer ses sanglots. Pourtant, il ne pouvait pas s'empêcher de continuer à frapper l'arbre innocent qui était face à lui, se meurtrissant les poings, s'arrachant la peau à chaque coup. Il avait appris à se canaliser pourtant. Il avait appris à ne jamais montrer sa colère ou un quelconque sentiment à quiconque. Mais elle avait blessé son orgueil, et il n'avait pas pu se maîtriser. Il s'en mordrait les doigts, il le savait. Il avait réussi à gagner la confiance approximative de Granger, et il sentait qu'il venait de tout gâcher. Ce fichu orgueil l'empêchait de venir présenter des excuses. Cependant, il repartit vers leur salle commune. La moindre des choses qu'il pouvait faire serait d'assumer.

Le tableau se rouvrit, alors qu'elle avait réussi à se mettre debout sur ses jambes encore tremblantes. Elle réussit à sécher ses dernières larmes et à se tourner vers son collègue.

« Granger. »

« Malefoy. »

Silence. Il détournait le regard à présent. Que s'était-il passé pendant qu'elle pleurait ? Elle le vit faire quelques pas vers elle, fixant un point sous ses yeux. Elle amorça un mouvement de recul, mais il fut plus rapide et réussit à lui attraper l'épaule avant qu'elle ne fuie dans sa chambre et s'enferme. Elle vit sa seconde main s'approcher de son visage et essuyer la larme rebelle qui s'était écoulée jusque son menton. Elle lui accorda un petit sourire triste, auquel il répondit après un temps de réflexion. Elle ne s'attendait pas à ça. Elle pensait qu'il se moquerait encore d'elle, qu'il lui ferait une remarque désobligeante de plus. Non, il détournait les yeux, lui séchait sa larme, lui adressait un sourire triste, comme elle n'en avait jamais vu sur son visage. Il lui lâcha l'épaule, planta ses yeux vers la porte qui indiquait son nom en lettres dorées et la quitta là-dessus, s'enfermant silencieusement dans sa chambre. Elle, elle partit s'asseoir sur l'un des canapés noirs qui ornaient la pièce et fixa ses yeux sur les flammes qui léchaient l'âtre de la cheminée. Aujourd'hui, ils commençaient tous les deux à onze heures, puisque Angelina était tombée malade pendant la semaine et qu'ainsi, leur heure de métamorphose avait été supprimée de la journée, ils avaient encore un peu de temps devant eux.

« J'ai lu le parchemin. »

« Ah, bien. »

« Ce que tu proposes est vraiment une bonne idée. »

« Je sais. »

« Je vais bosser sur… ce que tu me demandes dedans. »

« Je n'en attendais pas moins de toi, Malefoy. »

Une heure après leur altercation violente, le blond sortait de sa chambre, gêné, tenant dans une main le rouleau qu'elle lui avait donné dedans, les dernières indications à rajouter au croquis, qu'il donnerait le soir même à la directrice et qu'il tenait présentement dans l'autre main avec une plume et un encrier aux armoiries Malefoy. Il se posa à ses côtés sur le canapé et posa les deux documents sur la table basse devant eux, s'empara de sa plume et commença à griffonner des petits symboles à côté des indications qu'elle lui donnait sur son rouleau. Il lui tendit le parchemin lorsqu'il eut fini, à peine quelques minutes plus tard, et la laissa juger.

« C'est… exactement ce qu'il nous faut, Malefoy. Tu penses pouvoir… »

« … l'insérer dans la décoration ? Aucun problème, regarde. » Aussitôt, il commença à ajouter de petits détails à son croquis de la Grande Salle complètement transformée sous sa plume. Plus la confection de la salle avançait, plus elle se rendait compte que Malefoy était réellement doué. Les petits symboles qu'elle lui demandait se calquèrent parfaitement au reste, rendant l'endroit plus accueillant et lugubre à la fois. Elle sourit.

« Oui, c'est… c'est parfait, Malefoy. » Elle posa une main sur l'avant-bras de son collègue et lui donna deux petites caresses du bout du pouce avant de se rendre compte de ce qu'elle faisait et la retira précipitamment. Le jeune homme lui jeta un regard amusé et posa la sienne sur sa tête, lui ébouriffant doucement ses cheveux complètement emmêlés.

« Ton allure d'épouvantail a son petit charme, finalement. »


Et voilà ! J'espère que ce nouveau chapitre vous a plu ! A bientôt !