Bonjour à tous ! Me revoilà avec un nouveau chapitre, j'espère que vous l'apprécierez comme moi j'ai pris du plaisir à l'écrire ! Mais tout d'abord, je vais répondre aux reviews.

Jenifael09 : Merci beaucoup de ta fidélité à chaque chapitre ! ^^

BrunasseLucile : Ton pseudo est délirant, j'aime xD enfin, merci beaucoup, j'espère que ce chapitre te plaira comme les autres !

Pou-pou-pidoouu : Tiens, original le tien, aussi xD merci bien, voilà la suite !

mama : Hm, il est normal que Hermione aie peur de Drago parfois, il est quand même sacrément effrayant quand il veut xD et oui, les deux sont en couple, c'est normal qu'ils couchent ensemble, mais je ne vais pas faire dans le détail ^^ et enfin, pour qui va faire le premier pas... j'ai déjà une petite idée de comment ça va se passer, mais je ne sais pas encore exactement qui va se déclarer en premier, ce sera aux personnages de faire leur choix. x)

Bonne lecture à tous !


« Bon, il… il est l'heure, mon cours d'arithmancie est dans quinze minutes… et toi, tu dois aller dans la tour de divination. »

« … Oui. »

Silence. Elle hocha la tête, fit un sourire crispé et se leva, partant chercher son sac dans sa chambre. Le blond l'imita, et ils se retrouvèrent immédiatement dans leur salle commune, prêts à décoller. Ils firent la route ensemble jusqu'au sixième étage, où leurs chemins se séparèrent. Il lui fit une moue ennuyée, en bon reflet de ce qu'il ressentait pour la matière qu'il suivait, et disparut dans les couloirs. Elle resta quelques secondes immobile, regardant son allure fine et sa démarche légère, sourit, secoua la tête et partit dans la direction de sa salle de cours. Arrivée là, elle retrouva les quatre autres élèves qui suivaient l'arithmancie avec elle. Parmi eux se trouvaient deux élèves qui suivaient le cours de Défense contre les Forces du Mal. Elle les salua brièvement, et sortit le nouveau livre qu'elle lisait pour le moment, le Manuel d'herbologie avancée, que Neville lui avait prêté. Il fallait qu'elle s'avance un peu dans le programme, elle avait deux heures de botanique l'après-midi, et elle devait être prête.

Les retrouvailles du Trio d'Or furent tout sauf discrètes. Alors qu'elle entrait dans la Grande Salle en compagnie de Malefoy, trois jours avant le bal, elle entendit le petit surnom affectueux dont les deux personnes qui comptaient le plus pour elle l'affublaient, et ce ne fut que lorsque celui-ci lui donna un petit coup de coude et partit précipitamment vers sa table qu'elle réalisa qui se tenait devant les immenses portes d'entrée. Elle avait mis deux secondes à réaliser, trois à réagir et cinq pour se retrouver dans les bras de son petit ami. Une bonne minute passa avant qu'elle ne s'en détache, lui donnant des baisers partout où elle pouvait, puis elle se tourna vers le brun. Ses yeux verts qui se détachaient toujours de sa peau plutôt pâle étaient rieurs, son sourire heureux. Elle lui sauta à son tour dessus, et empêcha des larmes d'euphorie de couler.

« Mon dieu, ça fait du bien de vous revoir ! » sanglota-t-elle presque lorsqu'elle relâcha ses bras autour de son meilleur ami.

« 'Mon dieu' ? Ca veut dire quoi ça ? »

« Ron, c'est l'équivalent de 'Merlin' chez les Moldus, tu ne m'as jamais entendu dire ça ? » rigola la brunette, son petit ami avait parfois tendance à s'attacher à des détails sans importance.

« Jamais tu ne l'as dit avant. »

« Oh, ça doit être l'émotion de vous revoir alors. Viens là Ron, je veux te prendre dans mes bras, tu m'as tellement manqué ! »

Les retrouvailles du Trio d'Or furent également tout sauf reposantes. Si l'émotion du moment avait fait oublier toute la tension que Hermione accumulait depuis le début de l'année, devoir gérer les garçons en même temps que ses cours, son travail, ses devoirs de préfète et la préparation du bal était épuisant. Harry restait majoritairement avec Ginny, profitant du temps qu'il avait, mais Ron restait dans ses pieds, l'accompagnant partout où elle allait et, à son grand désarroi, ne l'aidait pas du tout à ses tâches, bien au contraire, il avait même tendance à la gêner, demandant à la prendre dans ses bras à tout moment, et en particulier quand elle devait travailler ses cours.

« Ron, s'il te plaît, je dois revoir mes notes… »

« Mais tu as tout le temps pour ça, profites un peu de ton temps libre avec moi ! »

« Non, justement Ron, je n'ai pas le temps, j'ai exactement vingt minutes pour revoir mes cours pour demain avant de commencer ma ronde du soir, et je sais très bien que tu ne me laisseras pas tranquille quand je serai rentrée, je n'ai pas d'autre choix que de… » fut-elle coupée par les lèvres de son tendre petit ami. « Ron, je t'en prie ! »

« Tu parles trop, laisse-moi profiter de toi, un peu. »

« Ce soir, Ron. S'il te plaît. »

Il soupira et hocha la tête. Elle le vit se lever et se rallonger sur le lit qu'ils partageaient pendant les jours qu'il passait à Poudlard et sourit enfin elle pourrait un peu travailler.

La porte de sa chambre s'ouvrit d'un coup.

« Granger ! »

« SORS ! »


« Eh, qu'est-ce qui s'est passé, tout à l'heure ? »

Malefoy avait eu la bonté –ou la prudence, ou l'instinct de survie suffisant, elle ne savait pas vraiment- de sortir aussi vite qu'il était entré sans demander son reste suite à son ordre hurlé, les yeux exorbités de surprise –et sûrement de crainte.

« Hm… On va dire que Ron est un peu envahissant, je n'arrive pas à travailler correctement avec lui dans les parages. Tu es arrivé au moment où j'avais enfin réussi à avoir un peu de paix. »

« Ton mec est un petit chien, j'espère que tu l'as remarqué. »

Oh, ça oui, elle l'avait remarqué, pour son grand malheur. Ron était peut-être adorable, attentionné et tout ce qu'il lui fallait pour être heureuse, mais ça, c'était quelque chose qu'elle avait du mal à endurer. Ils ne s'étaient certes pas vus pendant près de deux mois, mais là, c'était trop. Au bout d'une journée, elle craquait déjà. Il avait arrêté sa formation d'Auror juste avant de venir à Poudlard, aussi elle n'avait pas l'avantage de Ginny, qui elle avait un petit ami compréhensif dont le travail pour la formation atteignait des sommets, même pendant la semaine de vacances qu'il avait grâce à ses études, aussi il lui laissait tout le temps nécessaire pour effectuer toutes ses tâches et tous ses devoirs. A vrai dire, elle le soupçonnait de tout faire pour trouver du travail à faire en attendant que la petite rousse puisse s'occuper de lui. Ron, trouve-toi quelque chose à faire !

« Hm, qui ne dit mot consent, n'est-ce pas ? Fais-lui donc comprendre de te lâcher la grappe, sinon c'est moi qui m'en occupe, et je ne serai pas tendre. »

Un petit rire. « Je n'en doute pas. Mais… je me dis qu'il n'est là que pour une semaine, c'est supportable. »

« Ah bon, parce que tu trouves ça supportable ? Tu dois vraiment l'aimer pour être aussi indulgente. » Pas un mot, un sourire mal assuré. « … Oh ? Le grand amour a donc fané ? »

« Pas du tout. Je suis juste lasse d'avoir Ron dans les parages à chaque fois que je fais quelque chose. »

« Tu dis toi-même que tu trouvais ça supportable, arrête donc de te contredire. » Un petit coup de poing sur son épaule et elle traça sa route vers les couloirs, suivie du jeune blond. « Bah, profite bien de tes rondes dans ce cas. »

« C'est ce que je fais. Et avec le bal qui approche, j'arrive à me concentrer sur autre chose, ça fait du bien. »

« Bal auquel tu vas aller avec Weasley. »

« Oui. … J'espère qu'il va danser. »

Silence.

« … Il ne danse pas ? … Oh, je vois. Eh bien j'espère que tu profiteras bien des sofas que nous avons prévus dans toute la salle, Granger. »

« Merlin, ne parle pas de malheur, il va y avoir une solution, ce n'est pas possible autrement, je vais réussir à le faire danser. »

« Il n'a pas d'autre choix que d'au moins faire la danse d'ouverture. J'ai hâte de voir comment il va se ridiculiser. »

« Malefoy ! »

« Oh si, il n'y aura rien de plus drôle. Bien sûr, je plains quelque peu sa malheureuse cavalière, d'autant qu'il me semble me souvenir d'une danse très prometteuse de sa part en quatrième année… Enfin, qui sait, le chien va peut-être daigner faire plaisir à sa maîtresse. »

Sa maîtresse la loutre. Ce fut la pensée qui traversa son esprit. Elle repensait à leurs Patronus respectifs elle une loutre, lui un Terrier. Un petit sourire atteignit ses lèvres, alors qu'elle pensait que finalement, il se conformait plutôt bien à son Patronus.

« Granger, réveille-toi, on a un élèves à surprendre derrière les rideaux, regarde. »

« Hm ? Ah, oui, désolée. »

Il tira d'un coup sec les bandes de tissu qui cachaient l'intrus qui s'avéra être Astoria Greengrass, de deux ans leur cadette et sœur de Daphnée, dont la jupe mal ajustée qui faisait apparaître de longues cuisses maigres et les cheveux en bataille laissaient plutôt bien imaginer quelles étaient ses dernières activités avant de se retrouver derrière les rideaux.

« S… Salut, Drago… »

Un sourire en coin s'étira sur le visage du blond. « Que fais-tu dans les couloirs Astoria, tu fuis ton potentiel petit ami ? »

Elle devint rouge pivoine Hermione se fit la remarque qu'il serait plutôt amusant de la voir chercher un moyen de se défiler. « Je… Je pense que tu sais, Drago. »

« Oui, quel était le chanceux de la soirée ? »

« Je… Je crois qu'il ne vaut mieux pas que je te le dise. »

« Franchement Malefoy, la coller comme ça contre le mur, c'était obscène et irrespectueux envers elle ! Et tout ça pour quoi ? Juste pour savoir avec qui elle était ce soir ? Laisse-la tranquille, ce sont ses affaires, elle les gère elle-même ! » C'était allé beaucoup trop loin. Elle avait tout d'abord souri à l'idée de voir la Serpentarde rougir à tout ce que disait Malefoy, mais il avait dépassé les bornes.

« Dans la mesure où je suis préfet de Serpentard et qu'elle traînait dans les couloirs à des heures où elle ne devrait pas être hors de son dortoir, je considère qu'elle doit me donner les réponses à toutes mes questions. »

« C'est indécent, Malefoy. »

« Mais non voyons. Gobe Pipe. » lança-t-il au tableau des fondateurs qui s'ouvrit aussitôt. « Ton chien t'attend. »

Un soupir ennuyé et ils entrèrent dans leurs appartements. Malefoy n'avait malheureusement pas tort Ron attendait patiemment sur un des canapés de la pièce commune et se leva d'un bond lorsqu'il les vit entrer.

« Alors, votre ronde, comment s'est-elle passée ? »

« Très bien, on n'a croisé qu'une élève dans les couloirs, nous transmettrons demain l'information au professeur Slughorn, qu'il puisse lui enlever les points en conséquence. »

« Ah, une Serpentarde, comme par hasard. »

« Weasley, je t'apprendrai donc qu'on croise plus souvent des Gryffondor que n'importe quel élève d'une autre maison. Je ne sais pas ce que vous avez avec le règlement, mais visiblement vous aimez beaucoup le transgresser. »

« La ferme Malefoy, je ne te parlais pas à toi. »

« Dans la mesure où je suis aussi concerné par cette ronde que ta petite amie, je pense avoir mon mot à dire, Weasley. »

« Arrêtez, tous les deux. »

« Eh bien sache que mes paroles ne te concernent pas, et ne te concerneront jamais, abruti de Mangemort ! »

« Ron, ne… »

« Comment oses-tu, sale belette, tu ne sais pas par quoi je suis passé, et ce que ça fait d'avoir une marque maudite ! »

« Tu as choisi de porter la Marque, Malefoy, tu avais le choix ! »

« Ron, je t'en prie, arrête… »

« HA ! Parce que tu crois honnêtement que le choix se pose devant le Seigneur des Ténèbres ?! C'est beau de rêver éveillé mon grand, mais devant un monstre pareil, tu te plies aux ordres ! »

« Calmez-vous les garçons, ça… »

« Oui, c'est sûr, il fallait bien sauver ta peau, quitte à mener le monde magique à sa per… »

« LA PEAU DE MA MERE ! » Cela coupa d'une traite toute réplique cinglante que Ron préparait à sa réponse. « Qu'est-ce que tu ferais, toi, si ta mère était menacée par le sorcier le plus noir qui ait existé ?! Tu aurais fait pareil ! Tout le monde aurait fait pareil. »

Hermione tremblait, son corps mince contre le torse de Ron qui avait menacé d'en venir aux mains à tout moment. Elle le sentit se détendre doucement, alors que derrière elle résonnaient les pas furieux de Malefoy, qui partit à grandes enjambées de leurs appartements pour se défouler elle ne savait où. « Ron… Pourquoi ? » Elle planta ses yeux chocolats dans les siens et y vit de l'incompréhension totale.

« Pour sa mère… ? »

« Sérieusement, Ron. Malefoy n'est pas uniquement mauvais, il a des valeurs nobles lui aussi. » Elle se détacha de lui et partit dans sa chambre, fermant sa porte d'un Collaporta. Enfin, elle pourrait travailler un peu, puisque monsieur ne l'avait finalement pas laissée tranquille avant sa ronde. Ce soir, il dormirait sur le canapé, ça lui apprendrait.


La matinée qui suivit débuta pour Hermione dans une énorme tension, alors qu'elle s'extirpait douloureusement de son lit. Elle se leva plus tôt que d'habitude pour laisser le temps aux deux garçons de prendre leur douche après la sienne et se retrouva le dos contre le torse de son petit ami dès le moment où elle sortit de sa chambre.

« Je t'aime. »

« Moi aussi Ron… » Elle se tourna vers lui. « … mais ce qui s'est passé hier n'aurait jamais dû se produire. Malefoy a changé pendant la guerre, comme tout le monde, et je pensais que tu comprendrais ça. »

« Mais Hermione, c'est Malefoy… Il ne sera jamais quelqu'un de bien, tu le sais comme moi, non ? »

Voilà. C'était le genre de pensées qui l'exaspérait de la part de Ron. Elle connaissait les rapports houleux que les Weasley partageaient depuis de nombreuses années avec les Malefoy, mais elle n'arrivait pas à croire qu'il restait si campé sur sa position. Elle le repoussa tendrement pour partir sous la douche elle ne s'attendit pas à le voir entrer dans la salle de bain à sa suite.

« Ron ? Mais qu'est-ce que… »

« On prend notre douche ensemble ? » proposa-t-il, un petit sourire aux lèvres. Un petit soupir amusé et elle acquiesça. Cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas pu profiter l'un de l'autre le matin, et elle l'avait puni la veille au soir, les empêchant de dormir dans les bras l'un de l'autre, et ça lui manquait. Ils se déshabillèrent rapidement et filèrent dans le cabinet de douche, bien assez imposant pour contenir les deux jeunes gens qu'ils étaient. Les doigts du roux se posèrent sur ses hanches et remontèrent la chute de rein en effleurant sa peau, faisant remonter toutes sortes d'émotions qu'elle avait gardé enfouies pendant ces deux derniers mois. Malefoy n'avait pas tout à fait tort l'entendre avec ses filles hurlant à travers le mur qui séparait les chambres lui rappelait ce qu'elle ne pouvait pas faire quand Ron n'était pas là, et elle entrait dans un état de manque qui l'avait rendue irritable. Aussi, la douche fut plus longue que prévu, et le temps qu'elle avait pris en plus sur son sommeil ne fut pas de trop, alors qu'elle étouffait ses soupirs de bien-être dans l'épaule de son petit ami qui lui embrassait la gorge, la nuque, l'arrière de son oreille et la naissance de ses seins. Cela faisait quelque temps que Ron avait repéré les points les plus sensibles de la jeune fille et qu'il se les appropriait chaque fois qu'il lui faisait l'amour. Ses ongles s'enfoncèrent dans sa peau, alors que les derniers points d'extase étaient atteints, et elle se mordit la lèvre inférieure pour s'empêcher de gémir trop fort.

Il sortit de sa chambre au même moment où la porte de la salle de bain s'ouvrit sur Granger et Weasley. Ainsi donc, ils avaient profité de ce moment ensemble. Un petit nettoyage des lieux s'imposerait donc avant de poser ne serait-ce qu'un pied dans la cabine de douche. La jeune fille avait les joues encore rosies de plaisir, les lèvres bombées d'avoir trop embrassé, une serviette autour de sa poitrine au-dessus de laquelle trônait fièrement un suçon tout frais et son petit ami avait un air hagard qui ne changeait en fin de compte pas trop de l'ordinaire. Lorsqu'elle croisa son regard, son visage devint plus rouge encore et elle attrapa le poignet du roux pour partir précipitamment dans sa chambre et la ferma tout aussi vite. Il secoua la tête et sourit, amusé de la scène. Oh, bien sûr, il s'empêchait de penser une seule seconde à la copulation de ces deux-là. La belette et l'épouvantail, et puis quoi encore ? Il s'enferma dans la salle de bain, dans laquelle il passa ses vingt minutes journalières.

« Tiens, tu sors enfin, Malefoy ? Tu as eu le temps de tester ton tout nouveau fond de teint ? »

Il haussa un sourcil et continua sa route pourquoi répondre à ce genre de remarques stériles ? Le lendemain, le bal aurait lieu, et il n'allait pas se prendre la tête avec cet abruti une seconde fois en moins de dix heures. Ils avaient mis suffisamment longtemps avec Granger pour trouver un terrain d'entente et éviter les sujets sensibles, il ne comptait pas se remettre la situation à zéro à cause de Weasley. Elle aurait à gérer son petit ami de sorte qu'il le laisse tranquille le temps qu'il passait à Poudlard. En attendant, il ne lui adresserait plus un mot et ignorerait ce qu'il dirait, et tout irait pour le mieux pour tout le monde. Ce n'était pas qu'il ne s'amusait pas de se prendre le chou avec le rouquin, mais il voyait bien de Granger voulait profiter du temps qu'il était là pour se ressourcer, et il n'allait pas l'en empêcher en lui donnant des raisons supplémentaires pour s'encombrer l'esprit alors qu'elle en trouvait bien assez toute seule. Non, elle arrivait, de ce qu'il avait vu dans ses yeux à la sortie de leur douche, à purger la tension qui l'habitait depuis que l'année avait repris. Tant mieux si Weasley était au moins bon à ça.


Le soir du bal arriva deux jours plus tard. L'euphorie et le trac gagnait toutes les filles, alors qu'elles se préparaient dans leurs robes rouges, de toutes les teintes et de toutes les formes. Toutes mettaient leur visage d'une autre manière en valeur, par un maquillage discret ou non, en ajoutant ou non des bijoux plus ou moins voyants, et enfilaient leurs chaussures, allant des petites ballerines aux longues bottes à talons hauts. Hermione, elle, s'était enfermée avec Malefoy dans la salle de bain, et avait obligé Ron à rejoindre Harry, elle ne voulait pas qu'il voie le résultat final avant qu'elle ne descende les marches du château jusqu'à la Grande Salle chacun son miroir, nom de dieu, et pas de remarque sur son physique, n'est-ce pas Malefoy ?! Elle entreprit de discipliner ses mèches bouclées qu'elle avait passé, suite aux insistances de plus en plus pressantes du blond, au soin capillaire qu'il lui avait tendu sous le nez pendant vingt minutes avant de daigner sortir de la pièce pour la laisser prendre sa douche. Et à vrai dire, elle n'aurait jamais cru que l'effet serait aussi miraculeux. Le sort qu'elle leur lançait prenait bien plus vite qu'à la normale, et chaque boucle se dessina parfaitement et encadra son visage rond. Sa robe au col rond, virant vers le bordeaux, dessinait la courbe de ses seins et sa chute de reins. De la naissance de ses fesses aux genoux continuait le tracé moulant de sa robe alors que jusque ses chevilles s'envolaient des tissus joliment plissés qui entouraient tout le bas de son corps. Elle surprit du coin de l'œil le regard appréciateur que lui lançait son colocataire et sourit, alors qu'il revenait à sa coiffure, étudiée au millimètre près, de ce qu'elle observait. Si même lui la trouvait désirable, alors elle savait qu'elle ferait tourner plus d'une tête ce soir. Et une bonne nuit avec Ron était assurée. Un petit rire, et le blond tourna la tête vers elle.

« Qu'est-ce qui se passe ? Tu t'admires au point de tomber sous ton propre charme ? » Surprise de sa remarque, elle planta ses yeux dans les siens.

« Eh bien… merci pour ce compliment à peine masqué, Malefoy. »

Il lui sourit et ébaucha un mouvement qu'elle interpréta étrangement un instant en le voyant approcher sa main de son visage, elle aurait juré qu'il le lui caresserait, mais elle sentit ses doigts effleurer ses boucles.

« Le soin ne t'a vraiment pas fait de mal, l'épouvantail. Viens là, je vais m'occuper de tes cheveux. » Ses paroles à peine prononcées, il se retrouva derrière elle, attrapant chaque boucle qui encadrait son visage et la plaçant méthodiquement derrière sa tête lorsque seules les deux mèches qui longeaient sa mâchoire restèrent, il ouvrit le placard qui lui était réservé et en sortit la plus belle broche dont elle aurait pu rêver. Elle ouvrit la bouche, mais ne pu prononcer un seul son. « Ma mère me l'a envoyée quand elle a appris pour le bal. Elle voulait que je le laisse à ma cavalière pour la soirée, mais je pense qu'elle t'ira beaucoup mieux. » Certainement en ébène, sertie de rubis éclatants, dont la couleur rappelait exactement les tons de sa robe. Il coinça les mèches entre ses doigts et l'armature, puis passa le bâton noir dans les trous prévus à cet effet. Sa coiffure était en place. « Si avec ça, tu ne fais pas bander tous les hommes qui croisent ta route, je ne saurais plus quoi faire. » Elle rit et sortit son propre bijou, qui vint entourer sa gorge de délicates teintes noires. Ni trop voyant, ni trop discret. Juste parfait, jugea Drago derrière la brunette. Hermione vit son sourire qui semblait rêveur dans le miroir, mais ne releva pas. Après tout, il le disait lui-même elle était largement désirable. Il fallait mettre la touche finale le maquillage. Elle prit sa trousse et commença par passer une couche très fine de fond de teint, suivie d'un rouge très discret sur les lèvres, juste destiné à les mettre un poil plus en valeur –et surtout à cacher les déchirures qui s'y trouvaient à cause de sa manie à les mordiller lorsqu'elle était en état de stress, et acheva par un coup de mascara et de crayon sous les yeux. Ses iris noisette semblaient briller sous ce maquillage, et elle se tourna toute entière vers son colocataire, revenu à son miroir pour ajuster sa cravate et arranger une dernière fois ses cheveux.

« Alors ? » Elle ne reçut jamais de réponse orale, mais le jeune homme était si obnubilé par ses yeux, qu'il avait regardés plus d'une fois lors du processus, par sa robe, par ses épaules délicatement montées de bretelles d'un centimètre de large qu'elle n'en eut pas besoin. Elle lui sourit –s'attirant un sourire hagard et sans aucun doute incontrôlé- et sortit de la pièce sous le regard enflammé du blond.

« … Bordel. » Elle était devenue la plus belle créature qu'il ait pu admirer dans sa courte vie. Il fallait qu'il vérifie, d'une manière ou d'une autre, si elle n'avait pas de sang de Vélane quelque part, ce n'était pas humain d'être aussi belle. Ah, il savait bien que la broche de sa mère serait du gâchis sur Daphnée. Comme il avait eu raison de la garder cachée dans la salle de bain, Granger la portait à merveille. Et ce collier au ras du cou, et ces yeux. Il était tombé sous le charme de ses yeux, c'était devenu une certitude. Bruns, tirant vers le doré autour de la pupille. Cette jeune fille était magnifique. Tout simplement magnifique. Il se regarda dans le miroir. Merlin, c'était quoi ce sourire stupide sur son visage ?! Il l'effaça immédiatement et remarqua par la même occasion que ses propres yeux avaient changé de couleur. De gris métallique qu'il connaissait normalement, hérités de son père, il aperçut des éclairs bleus, lui rappelant ceux de sa mère. Il s'accrocha à l'évier et regarda plus en détail. Mais ils disparurent bientôt, revenant à deux orbes acier. Une légère déception lui étreignit la poitrine il avait toujours souhaité avoir les yeux bleus, plutôt que cette couleur qu'il jugeait bien trop inexpressive et froide. Pourtant, les filles les adoraient, lui disaient que le gris était inhabituel et que ça faisait tout son charme, qu'elles l'aimaient pour ses yeux. Mais lui détestait cette couleur. Il préférait amplement le bleu. Un bleu électrique, comme ceux de sa mère aimante quand elle prenait son visage entre ses mains et lui murmurait des mots doux qui se reflétaient dans ses pupilles. Il voyait dans son gris la torture et la douleur que lui laissait son père. Des yeux cruels qui venaient de terminer un Doloris et lui chuchotaient 'As-tu compris ?'.

Il vérifia une dernière fois que sa cravate était bien en place et sortit de la salle de bain. La brunette trépignait d'impatience, ses escarpins noirs à petits talons aux pieds, ses mains nouées. Et il voyait au léger mouvement de ses lèvres qu'elle s'empêchait de les mordiller, pour ne pas détruire son maquillage. Il la regarda de haut en bas une fois de plus et vint à ses côtés dès qu'il eut enfilé ses chaussures fraîchement cirées. « Je suis prêt. » Un rire nerveux, et ils sortirent de leurs appartements, prêts à descendre cinq étages. Les portes de la Grande Salle avaient été fermées à leur demande dès que la décoration devait être mise, et se resteraient jusqu'à ce qu'ils viennent personnellement les ouvrir. Arrivés au dernier escalier, il vit Granger se figer, inspirer un grand coup et reprendre la descente. Oui, elle avait forcément conscience de l'effet qu'elle ferait sur les hommes. Lui-même avait eu du mal à s'en remettre. Il lui offrit sa main, avant qu'ils ne fassent leur apparition devant la horde de personnes qui attendaient devant l'immense porte. Les premiers les remarquèrent, et très vite, tout le monde était tourné vers eux. Vers elle en particulier.

Il lâcha sa main avec le sourire et alla à la rencontre de sa propre cavalière, qui lui parut bien fade à côté de la brune. Sa robe, rouge vif, d'un décolleté plongeant, mettait sa poitrine certes très en valeur, mais ce devait être son seul avantage le reste de son corps n'était pas valorisé où il le fallait, son état presque anorexique et ses bras trop fins étaient accentués par les bretelles à peine existantes et le long drapé opaque qui ne laissait rien voir de ses cuisses. Dommage, avec quelques arrangements elle aurait pu être très belle. Il se planta avec devant la porte de la Grande Salle et attendit patiemment que Granger et Weasley –dont le sourire abruti était pour lui très compréhensible cette fois-ci- traversent une foule qui n'arrêtait pas d'arrêter la préfète pour la féliciter de sa tenue. Lorsqu'elle se tint enfin à ses côtés, il lança un grand appel qui fit taire tout le monde.

« Bien. Bonsoir à tous, nous sommes ravis de vous voir aussi nombreux. Comme vous le savez, le bal de ce soir est sous le thème de En rouge et noir, et je suis d'ailleurs ravi de voir que tout le monde a respecté les conditions. »

« Nous n'allons pas vous laisser attendre ici plus longtemps. Malefoy ? » Il hocha la tête et ils se tournèrent vers l'immense porte, à laquelle ils lancèrent un basique Alohomora, et poussèrent chacun une porte, dévoilant le superbe travail qu'ils avaient fait à tous les élèves, qui pénétrèrent lentement dans la salle, détaillant tout ce qu'ils voyaient. Le parquet noir grinçait doucement à chaque pas, les bougies bordeaux entouraient toute la piste, l'illuminant d'une lumière tremblotante, alors que des gargouilles qui se tenaient de chaque côté de l'entrée projetaient un rouge qui engloutissait tout le décor. Sur l'estrade étaient délicatement posées des immenses enceintes qui, grâce à une clé que Hermione avait prêtée, n'avaient pas besoin de chaîne hifi pour renvoyer la musique que les professeurs s'étaient occupés de programmer.

Les arabesques rouge vif que Hermione avait fait ajouter en dernière minute par Malefoy couvraient les murs noirs et venaient disparaître derrière les voiles bordeaux qui ornaient le plafond, et au travers desquels on distinguait sans mal des éclairs fuser. Les préfets avaient reçu l'autorisation exceptionnelle de la directrice d'utiliser les statues armées originellement placées dans le hall d'entrée de Poudlard pour les disposer tout autour de la salle, comme d'immenses poteaux de pierre brute qui menaçaient les élèves qui entraient dans une posture de guerre figée. Si la piste de danse faisait une superficie largement respectable, il restait tout de même une place immense pour que les jeunes gens profitent calmement de leur soirée des sofas, des canapés qui alternaient entre le rouge et le noir, des tables d'ébène, hautes comme basses, accompagnées de leurs chaises et de leurs coussins en cuir de dragon écarlate présentaient le plus beau confort dont ils pourraient rêver lors d'une telle soirée, et les elfes de maison avaient été vêtus pour l'occasion de taies noires qui pendaient jusqu'au sol et ornées de capuches avec lesquelles ils avaient eu l'instruction de cacher leur visage et de servir comme à leur habitude. « C'est encore plus beau que ce que j'avais osé imaginer. » souffla Hermione à son acolyte, qui lui sourit fièrement en retour.

Il lança un regard vers la salle et fit un signe vers le professeur Flitwitch, qui devait s'occuper de la musique et proposa son bras à sa cavalière, qui s'en empara presque violemment et fut emmenée sur la piste de danse, où Granger et Weasley les rejoignirent, se plaçant dans l'autre coin. Lorsque les premières notes de En rouge et noir commencèrent, les deux hommes prirent leur compagne par la taille et débutèrent les premiers pas de danse. Si Hermione et Drago étaient d'excellents danseurs, ils étaient malheureusement tombés sur des éléphants qui n'avaient de cesse de leur écraser le bout des pieds. La brunette n'en fut pas surprise, après tout Ron n'avait jamais prétendu savoir ou même vouloir danser, mais le blond s'arrachait déjà mentalement les cheveux d'avoir choisi une telle catastrophe et risqua un rapide regard vers l'autre couple, qui semblait se débrouiller tant bien que mal, elle pour éviter les pieds de son cavalier, lui pour danser au moins convenablement, avant de retenir un cri de douleur quand les talons aiguilles de Daphnée s'enfoncèrent de manière tout à fait incompréhensible dans le gros orteil, et elle en fut si gênée qu'elle devint plus maladroite encore que ce qu'il pensait possible. Aussi, ce fut une véritable libération lorsque la danse d'ouverture se termina, et il s'échappa des mains de la Sang Pur pour s'assoir sur un tabouret non loin de la piste. Du coin de l'œil, il vit le roux et sa petite amie partir en direction opposée, vers de confortables canapés sur lesquels ils s'assirent et se cajolèrent tendrement, non loin de l'entrée de la Grande Salle. Il sentit une pointe d'amertume dans la gorge qu'avait fait Weasley pour mériter la superbe créature qui lui souriait et l'embrassait ?


Et voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à donner votre avis, à me dire si quelque chose n'allait pas, si quoi que ce soit n'était pas cohérent, si ça va trop vite ! Bonne journée à tous !